Activité mondiale du 18 au 24 juin

Activité volcanique mondiale du 18 au 24 juin

Le Pavlof était entré en fanfare la semaine où j’inaugurais cette rubrique… et le voilà qui s’essouffle désormais. Les volcans, ça va, ça vient, un coup en haut de classement, un coup dans les bas-fonds: exactement comme à l’epoque du top 50…

D’ailleurs je tiens à préciser que la liste que je présente ici n’est pas, ne sera pas et ne peut pas être parfaite ni complète dans l’absolu. Je m’explique : il est impossible de lister tous les volcans qui ont un soubresaut d’activité de part le monde chaque semaine. J’y passerai des nuits entières et le résultats serait tout simplement rébarbatif.

Je fais place à ceux qui ont une activité significative : coulées, panaches, lahars, éjections, explosions et de ceux dont l’actvité est « entre-deux-eaux », continue mais pas toujours franche du collier. Bref, la volcanologie n’est pas une science de la dichotomie et parfois les choses ne sont ni noires, ni blanches mais… grises?

Cette semaine, si vous ne devez n’en lire qu’un, aller donc voir ce qui se passe au Poás,  représentant du Costa Rica et au volcanisme atypique.

Merci au comparse qui, de retour d’Indonésie, me prête la photo en une de cet article et qui se reconnaitra.

Recap de l'activité de cette semaine
Recap de l’activité de cette semaine, cliquez pour agrandir
 Kusatsu-Shiranesan, signes pré-eruptifs Monsieur Shirane !
Honshu (Japon) – Altitude 2165m

Le JMA (Japan Meteorological Agency) note des anomalies de température (c’est chaud !!), des déformations et une sismicité élevée sur le cratère du Kusatsu-Shirane, observés depuis le début mars et marqués entre les 13 et 20 juin.

Le niveau d’alerte est porté à 2 sur une échelle de 1 à 5.

Piton de la Fournaise, oté volcan la pété !!
Ile de La Réunion – Altitude 2632m

Comme je l’ai indiqué samedi, l’activité sur le volcan a repris le samedi 21 juin à 1h20 après une période de forte activité sismique. Ce réveil marque la fin de trois ans de sommeil.

Entre le 7 et le 20 juin, des séismes volcano-tectoniques, dues à des effondrements de roches (et non à des mouvements de magma en profondeur à proprement parler) ont été enregistrés par l’Observatoire Volcanologique du Piton de la Fournaise (OVPDLF). Le plus fort a eut lieu le 17. Ces séismes ont été très localisés à l’intérieur du cratère Dolomieu. Cependant, il n’y eut ni émissions importantes de gaz ni indicateurs de déformation pré-éruptive.

Le 21 juin, à 00h06, une activité sismique intense se manifeste, cet épisode dure 74 minutes. Une déformation localisée est observée à partir de à 00h20 et dure environ 3 heures. De nouveaux séismes se manifestent vers 1h20 et une incandescence est observé par les cameras à partir de 1h35, moment où l’on considère que l’éruption commence. Cette éruption est entièrement contenue dans l’enclos Fouqué, à l’ESE de la zone centrale.

Les survols en hélicoptère ont permis de montrer une fontaine de lave active, accompagnée de projections et à l’origine de deux coulées d’environ 1,5 km de long au total. A 1990m d’altitude, au niveau du cratère Langlois (environ 2 km au SE du Dolomieu), la coulée initiale se sépare distinctement en deux langues de lave, l’une dépasse le cratère Langlois de 250m et part vers l’est, l’autre de 500 m en direction du SE.

L’accès à l’enclos est interdit au public.

Diapositive1
Stromboli, en mode camembert (coulant),
Iles éoliennes (Italie) – Altitude 924 m

Deux épisodes effusifs (ça coule) sont rapportés par l’Osservatorio Etneo, un le 17 juin et un autre le 22.

Le 17 au matin, l’activité se manifeste dans la partie centrale du cratère terrace (Bocca 52). Cet épisode a duré quelques heures et produit une petite coulée, partie en direction de Pizzo Sopra la Fossa. Il s’accompagne de quelques éjections de scories à caractères explosifs.

Le 22, c’est une augmentation nette de l’activité strombolienne (plus d’explosivité) qui a lieu sur tous les cratères, avec pour conséquence des dépôts important le long du Sciara del Fuoco. Une coulée de 200 m de long s’est épanchée depuis la bouche notée N2 partie nord du cratère terrace.

Pendant la soirée, les coulées ralentissent. Elles s’arrêtent complètement le lendemain alors que l’activité strombolienne diminue.

El Misti, sismicité en hausse
Pérou – Altitude 5822m

L’IGP (Instituto Geofisico del Perú) note que pendant les 12 mois qui viennent de s’écouler, le Misti a surtout été le siège de séismes volcano-tectoniques (des séismes dus à des effondrements de lave et dépôts déjà en place). Deux bouquets de seimes (plus de 100 séismes dans une même journée) ont été enregistrés les 19 mai et 3 juin. La sismicité augmente doucement (mais sûrement ?) ces quinze derniers jours et leur fréquence est quotidienne.

L’Etna déborde…
Sicile (Italie) – Altitude 3330m

 Une petite activité strombolienne (alternance d’épisodes explosifs et effusifs) a continué jusqu’au 10 juin sur le nouveau cratère SE de l’Etna (NSEC).

Des explosions ont projeté des matériaux pyroclastiques incandescents quelques dizaines de mètres sous la bordure dudit cratère.

A la mi-juin, la lave déborde sur le bord SE du cratère, formant une coulée qui a descendu sur le coté ouest de la Valle Del Bove. Un cône de projetions s’est également formé sur le secteur est

Poás : Laguna Caliente, un des lacs les plus acides au monde !
Costa Rica – Altitude 2708m

Le Poás est chapeauté par deux lacs de cratère. L’un ne connaît plus d’activité (le Botos, dernière éruption il y a 7500 ans) mais l’autre, le Laguna Caliente, est le siège d’éruptions phréatiques : le réservoir magmatique en profondeur chauffe le fond du lac comme le c… d’une vieille marmite. Le magma et l’eau ne se rencontrent pas pour l’instant mais la chaleur du réservoir vaporise la partie basale de l’eau du lac qui sporadiquement se vaporise, provoquant des explosions dites phréatiques.

Le Laguna Caliente est l’un des lacs naturels les plus acides au monde avec un pH proche de zéro (précision importante qui provoquera l’émotion chez les scientifiques de coeur, dont je fais partie : « un pH»0 ? Waooh ! »)

Le 20 juin, à 10h08, une éruption phréatique ébranle le Poás (source : Observatorio Vulcanologico y Sismologico de Costa Rica : OVSICORI-UNA). L’explosion a entrainé la formation d’un panache de 200m de haut. Ce panache était principalement constitué de vapeur d’eau et de sédiments pulvérisés du lac de cratère ainsi que d’autres gaz tels que SO2, H2S, HCL, HF. C’est la seconde explosion phréatique qui a lieu en juin (la première a été mise en évidence par le personnel du Parc National et a eut lieu la nuit du 1er au 2 juin).

Hélas, il n’y a pas d’images de ces évènements.

Le personnel de l’observatoire a noté que de petites éruptions phréatiques ont eu lieu DANS le lac le 18 juin entre 10h et 13h43, l’une d’elles ayant relâchées dans l’air une forte odeur de soufre et provoqué des vagues de grandes amplitudes dans les eaux du lac. La température de l’eau est actuellement de 44.6°C et le pH de 0,49 (et donc extrêmement acide).

Popocatépetl,
Mexique – Altitude 5426m

Entre les 18 et 23 juin, la sismicité est significative, elle traduit l’émission de vapeur, gaz et sporadiquement de cendres. Des explosions au sommet sont détectées, et il y en a de 5 à 30 par jour ! J’ai accordé une petite brève, à l’une d’elle, pour revoir cet instant magique où le panache part: cliquez sur ce lien. Ces explosions produisent des panaches de 500 à 2500 m de haut qui ne contiennent que de faibles quantités de cendres.

Reventador, explosions nombreuses
Equateur – Altitude 3562m

Au Reventador, les observations ne sont pas faciles, à cause de la fréquente couverture nuageuse. Cependant, l’IG (Instituto Geofisico – Escuela Politécnica Nacional) rapporte que, entre les 18 et 24 juin, des panaches de cendres pouvaient êtres observés ainsi qu’une zone incandescente dans la nuit du 17 juin.

Au total, 30 explosions ont été mises en évidence par leurs signatures sismiques.

Les cameras infrarouges ont enregistré le mouvement de matériel incandescent descendant le flanc NE. Les habitants de San Rafael (8 km ESE du volcan) disent avoir entendu des grondements les 19 et 20 juin.

Sinabung, moitié dôme, moitié coulée
Indonésie – Altitude

Au Sinabung, un dôme de lave est en croissance avec une morphologie inhabituelle, assez allongé. Ni vraiment une coulée (la lave y est trop visqueuse), ni vraiment un dôme. Cette croissance continue et s’accompagne d’avalanches de front de coulée, avalanches qui représente une menace tangible pour les zones S et SE dans un rayon de 5 km à compter du sommet.

L’alerte est maintenue au niveau 3 sur une échelle de 1 à 4.

Tungurahua, des lahars petits mais costauds…
Equateur – Altitude 5023m

Les conditions d’observations sont mauvaises entre le 18 et le 23 juin mais le niveau de sismicité reste faible.

Cependant, de fortes pluies dans la nuit du 22 ont causé la formation de petits lahars mobilisant des blocs de plus de 25 cm de diamètre.

Zhupanovsky
Kamtchatka (Russie) – Altitude 2958 m

Des images satellites laissent apercevoir des panaches de gaz et vapeur mêlés avec de discrets panaches de cendres, atteignant plus de 4500m de haut. Les images satellites permettent aussi de relever une anomalie thermique les 14-15 et 17-19 juin.

Le niveau d’alerte pour l’aviation est élevé de jaune à orange.

 Aira,
Kyushu (Japon) – Altitude 1117 m

 Le JMA (Japan Meteorological Agency) note qu’entre les 13 et 23 juin ce sont entre 4 et 10 explosions qui sont enregistrées chaque jour dans le cratère Showa (Caldeira de Aira, volcan Sakurajima). Les tephras émis lors de ces explosions sont transportés jusqu’à 1800 de leur point d’émission.

Le 19, une explosion d’importance plus marquée a duré 17 minutes, produisant un panache de 3000 m de haut environ.

Fuego, il gronde…
Guatemala – Altitude 3763m

L’INSIVUMEH (Instituto Nacional de Sismologia, Vulcanologia, Meteorologia e Hidrologia) rapporte que, entre les 18 et 23 juin, entre 7 et 23 explosions sont enregistrées chaque jour, provoquant la formation de panaches de cendres de faible ampleur (3900 à 4400 m de haut quand même). Des grondements sont entendus les 17-18, 22 et 24 juin, ressemblant parfois à des bruits de turboréacteurs, selon les témoins.

De petites avalanches ont lieu à l’intérieur du cratère.

Les 18 et 19 juin, des retombées de cendres assez ténues sont relevées dans les villes se situant dans un rayon de 15 km à compter du sommet, particulièrement : El Porvenir (8 km ENE), Los Yucales (12 km SW), Santa Sofía (12 km SW), Morelia (10 km SW), et Panimaché (8 km SW). L’activité fumerolienne continue entre les 18 et 24 juin avec des panaches de gaz allant jusqu’à 4200m de haut.

Kilauea,
Iles d’Hawaii (USA) – Altitude 1222m

 Le HVO (Hawaiian Volcano Observatory) nous rapporte que… le niveau du lac de lave monte et descend dans le cratère Halema’uma’u…Vraiment poignante cette info !

On précise toutefois que le niveau du lac de lave a chuté significativement (plusieurs mètres) le 21 Juin pour ensuite revenir environ 34-35 m sous le plancher de cratère Halema’uma’u le 22 Juin.

Les émissions de gaz restent élevées. Les émissions de SO2 sont généralement supérieures à 10 ppm et dépassent fréquemment les 50 ppm (limite supérieur des détecteurs) quand les alizés sont modérés (les gaz se dispersent moins).

Les dépôts de cendres, petites bombes et cheveux de Pélé se poursuivent autour de l’évent. Les petites particules parcourent plusieurs kilomètres.

Du cratère Pu’u O’o continuent de s’échapper de petites coulées (5 cartographiées le 17) ainsi qu’une plus importante qui provoque toujours des feux de forêts et de végétation au sens large. C’est une coulée lente s’affaiblit depuis quelques mois.

Au Santa Maria, explosions et panaches
Guatemala – Altitude 3772 m

Cette semaine, l’éruption continue sur le dôme de lave du Santa Maria.

La 18 juin, des avalanches mineures sont rapportées par l’INSIVUMEH ainsi qu’un lahar chaud dévalant la pente sud et charriant des blocs de 50 à 150 cm de diamètre, des troncs d’arbres et des branches. Ce lahar mesurait 30 m de large pour 1,5 m de profondeur et sentait très nettement le soufre.

Des grondements et une éruption sont observés le 19 juin à 6h30, avec la formation d’un panache de cendres de 3100m de haut, se dispersant vers le SW. Un autre panache est engendré le 21 à 5h52 atteignant 3000m de haut et dérivant toujours vers le SW. Le 22, trois explosions produisent un nouveau panache, il y a également une faible explosion le 23 à 6h15 (accompagnée d’un panache de 3200m) et une autre le 24 à 6h11.

Des avalanches sont observées en front de coulées.

Des panaches dus au dégazage du volcan sont également produits

Les 23 et 24, les retombées de cendres, abondantes, provoquent la formation de lahars de tailles modérées.

 Shiveluch
Kamchatka, Russie – Altitude 3283m

 La mise en place du dôme s’accompagne d’explosions, d’expulsion de cendres, d’avalanches chaudes et d’activité fumerolienne. Les images satellites montrent une anomalie thermique et une panache de cendres dérivant de 70 km vers le SW entre les 15 et 18 juin.

 Ubinas, pluies de cendres aux environs
Pérou – Altitude 5672m

 Des explosions et des séismes intermittents sont relevées du 18 au 23 juin. Les panaches qui accompagnent cette activité sont suivis de dépôts de cendres, notamment relevés à Querapi (4 km au S) le 18 juin.

Le 19 juin, le réseau sismique et les enregistrements mettent en évidence deux explosions. Les émissions de gaz et cendres consécutives à ces explosions atteignent 1200m de haut. Les retombées frappent les villes de : Ubinas (6,5 km au SSE), Querapi, Escacha, Tonohaya (7 km au SSE), et San Miguel (10 km au SE).

Il n’y a pas d’explosion le 2O mais les émissions de gaz et cendres se poursuivent. Le 21 on enregistre 6 explosions (retombées de cendres à Ubinas, Lloque, et Yunga), et une seule le 22. Il n’y a pas d’explosion le 23 mais la production de cendres et gaz n’est pas interrompue (6 panaches reportés ce jour-là)

 

Activité du 11 au 17 juin 2014

Activité du 11 au 17 juin 2014

 

Ah, du nouveau cette semaine !

Du nouveau du côté des volcans et du nouveau dans cette rubrique.

Du côté des volcans ? Des entrées, des sorties, comme dans feu le top 50

Du coté de la rub ? J’ai essayé de la rendre plus synthétique en me contentant de résumer, en quelques mots et dans le tableau qui suit (cliquer dessus pour l’agrandir),  l’activité des volcans pour lesquels il n’y a pas eu beaucoup de changement ou pas grand chose de frappant cette semaine.

Le point sur la situation au Piton de la Fournaise.

La 21 juin à 1h35 locales, le Piton de la Fournaise entre en éruption.

Voir « Volcan la pété » sur le volcablog

Sans titre2

Bezymianny, dôme en croissance, lentement mais sûrement.
Kamchatka (Russie) – Altitude 2882 m

Le mardi 17 juin, le KVERT (Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team) rapporte une augmentation de la sismicité avec l’enregistrement de 12 séismes peu profonds causés par l’extrusion de lave au sommet du dôme du Bezymianny. Les données satellites montrent également une anomalie thermique (c’est chaud). Le niveau d’alerte pour l’aviation est élevé de jaune à orange.

Nishinoshima, prétendant au titre de plus petit volcan du monde ?
Japon – Altitude 25 m !

Des photos prises par les garde-côtes japonais les 11 et 13 juin montrent bien que l’activité sur le Nishinoshima continue.

Les dégagements de vapeur le long du littoral laisse supposer qu’il y a au moins deux zones actives avec entrée de la lave dans l’océan et avec peut être existence de tubes de lave puisqu’il n’y a pas de zones incandescentes visibles en surface. Les vidéos nocturnes montrent un cône actif avec émission d’une coulée depuis une fontaine de lave. Des éjections de tephras et de cendres brunes sont aussi observées sur deux plus petits cratères, avec présence d’un lac de lave dans l’un de ces petits cratères.

Semisopochnoi, sismicité suspecte
USA – Altitude 1221m

L’AVO (Alaska Volcano Observatory) rapporte qu’une série de séismes suspects a été enregistrée entre le 9 et le 17 juin poussant à augmenter le niveau d’alerte pour l’aviation à jaune.

Batu Tara
Indonésie – Altitude 748 m

Le 15 juin, le panache atteint 2100m et dérivent 55 km vers le sud-ouest. Durant la journée du 16, il perd en altitude pour atteindre seulement 1500m et dériver 37 km au nord-ouest

Fuego, explosions et avalanches
Guatemala – Altitude 3763m

L’INSIVUMEH (Instituto Nacional de Sismologia, Vulcanologia, Meteorologia e Hidrologia) rapporte que l’activité explosive du Fuego continue en cette mi-juin. Des explosions, entre les 12 et 14 juin, expulsent dans le ciel un panache de cendres de 4600m de haut dérivant entre 9 et 11 km vers le sud et l’ouest. Des avalanches de débris continuent également sur ses flancs.

Karymsky, caché sous un lit de nuages
Kamchatka, Russie – Altitude 1536m

L’activité strombolienne ainsi que faiblement vulcanienne continue au Karymsky du 6 au 13 juin, selon le KVERT (Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team).

Les images stellites révèlent une anomalie thermique (c’est chaud) le 11 juin. Les nuages rendent les observations difficiles les autres jours.

Kilauea, constant et rassurant comme un vieil ami !
Iles d’Hawaii (USA) – Altitude 1222m

Le HVO (Hawaiian Volcano Observatory) indique que le niveau du lac de lave monte et descend à l’intérieur du cratère Halema’uma’u… comme d’hab’ quoi ! Le taux de production de gaz reste élevé.

Autour de l’évent, continuent de se déposer : cendres, petites bombes et cheveux de Pelé. Des petites particules ont pu être emportées sur plusieurs kilomètres.

Un petit lac de lave est observé dans le cratère Pu’u ‘O’o. Une brèche dans ce cratère laisse échapper une coulée qui provoque l’incendie des forêts avoisinantes mais dont le débit semble faiblir sur l’ensemble de ces derniers mois.

San Miguel
El Salvador – Altitude 2130 m

D’après un rapport du SNET, (Servicio Nacional de Estudios Territoriales) la sismicité a significativement augmenté les 11 et 12 juin et était encore très élevée dans la journée du 17. Les images fournies par les webcams le 17 montrent un petit panache de vapeur s’élevant au sommet du cratère.

Au Santa Maria,
Guatemala – Altitude 3772 m

L’éruption continue sur le complexe volcanique du Santa Maria (volcan avec dôme de lave). Des avalanches de petites amplitudes sont observées sur le flanc ouest et des panaches se dirigent vers le sud-ouest et atteignent des altitudes de 2800 à 3200 m (source : INSIVUMEH)

Shiveluch
Kamchatka, Russie – Altitude 3283m

Le KVERT nous informe que l’extrusion du dôme (il pousse !) sur le flanc sud-est du Shiveluch s’accompagne de production de cendres, d’avalanches chaudes et d’une activité fumerolienne. Les images satellites montrent une anomalie thermique et un panache dérivant 70 km au sud-ouest.

Dans la journée du 11 juin, des retombées de cendres sont rapportés à Klyuchi, petite ville à 50 km au sud-ouest du volcan.

Ubinas, un panache de 7400m… quand même !
Pérou – Altitude 5672m

Lors d’un communiqué de presse, l’observatoire volcanologique d’Arequipa (IGP-OVA) signale que l’activité du volcan Ubinas diminue depuis avril. Cependant, des épisodes de sismicité intense sont encore enregistrés et principalement corrélés aux périodes d’émissions de cendres. Les retombées affectent les zones proximales : en particulier les 6 km à l’est et le sud-sud-ouest.

Le 17 juin, une explosion provoque un panache de cendre qui a atteint jusqu’à 7400 m d’altitude

Volcan la pété!

C’est ce que titre les journaux réunionnais ce matin et LE volcan c’est le Piton de la Fournaise (bien sûr).

Au non de l’amitié zoreills-kreols, cela méritait bien une petite brève!


L’observatoire indiquait dans la semaine des séismes volcano-tectoniques sans reprise significative ou évidente de l’activité et pourtant, à 1h35 locales: volcan la pété!

Le préfet a mis en oeuvre le plan d’alerte spécifique. L’accès à la partie haute de l’enclos ainsi que la dépose en hélicoptère sont interdits.

J’aurai l’occasion de revenir sur l’éruption en cours. Il faut, pour l’instant, laisser au volcan le temps de s’exprimer.

 

La gâchette du Popo, 18 juin 2014.

Le 18 juin 2014, à 11:10 heure locale, une explosion modérée a eu lieu sur le volcan mexicain Popocatépetl (la montagne fumante en langue nahuatl)

Bien que modérée, cette explosion a engendré un panache de 2500 mètres de haut et se dirigeant vers le nord ouest.

Je relaye l’information, transmise par le Centro Nacional de Prevención de Desastres (Cenapred) pour le plaisir des images, celui de la « gâchette », ce moment magique où l’équilibre précaire est rompu…

L’activité du volcan a été faible ces dernières semaines. La surveillance reste maintenue au niveau 2 et les villes proches de Yecapixtla, Ocuituco, Zacualpan y Tetela del Volcán semblent avoir été épargnée par les retombées de cendres

L’ange barbu du Mont Saint Helens

David Johnston

L’ange barbu du Mont Saint Helens

Me voici, pour l’instant, seule maitresse en cette demeure. Aussi, pour ce premier sujet, je ne peux pas résister à la tentation d’ouvrir mon livre de la passion volcanologique aux pages de ce volcan que j’affectionne tant : le mont Saint Helens et l’éruption de mai 1980.

Fascination sans failles

Pourquoi est-il fascinant le St Helens ? En quoi est-il diffèrent des autres volcans qui produisent des panaches, chaque semaine, partout dans le monde et dont je vous parle tout les jeudis ?

D’un point de vue de la volcanologie pure et dure, c’est sa dynamique éruptive qui est assez inhabituelle et qui donc pique la curiosité. La dynamique éruptive, c’est la façon dont il a fonctionné: ici, il s’agit de la croissance d’un dôme sous un volcan pré-existant. Je ne détaillerai pas aujourd’hui, j’aurai l’occasion d’y revenir.

Quoi d’autre ? L’abondance avec laquelle il a été documenté, les photos, les mesures du gonflement du volcan, les semaines de surveillance en amont de l’éruption, puis l’étude des dépôts. Ce foisonnement était assez nouveau au début des années 80 et toutes ces données ont abreuvé des pages et des pages d’études pour certains de mes petits camarades. Abreuver, oui, c’est le mot qui convient, parce que c’est bien de soif dont il s’agit. Nous avons soif, tous soif de les comprendre, de les voir, de les sentir. Nos volcans.  Au St. Helens, l’experience fut plus que désaltérante, les cryptodômes, les déstabilisations de flancs de volcans, les formations de panaches et de dépôts ont pu y être mieux compris. De même la gestion du risque y fut enrichie par une expérience plus que positive.

Et puis enfin… Enfin, si on choisissait de faire de la volcanologie uniquement sur des bases cartésiennes et raisonnables, on irait pas bien loin. Alors il y a aussi l’inexplicable, le St. Helens est beau, majestueux, fièrement assis sur la chaine des Cascades, un brin provocateur.  Tout ne peut pas être démontré, tout le temps et c’est une chose dont il faut, à mon sens, se réjouir.

David Johnston, premier témoin de l’éruption

Pour donner à lire dans un premier temps quelque chose qui ne soit pas d’emblée chargé de vocabulaire scientifique et d’aspects théoriques, Je vais attaquer l’éruption du St. Helens par la petite histoire, l’histoire du volcanologue qui, malgré lui, en est devenu l’emblème, le 18 mai 1980. David Johnston.

Ce matin là, David Johnston occupait un poste d’observation réputé comme étant à l’écart de la zone à risque et situé à 10 km au nord du sommet du mont Saint Helens. Le ciel était limpide, tout respirait la tranquillité avec le chant des oiseaux, les tâches de couleurs des fleurs, tout ce qu’il faut pour faire un tableau bucolique et apaisant.

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Johnston, alors chargé de l’étude des gaz volcaniques, conversait par radio avec ses collègues de Vancouver ; le regard posé sur le somment du Saint Helens, dont la déformation sur un côté du sommet atteint alors plus de 100m.

Et puis soudain:

« Vancouver! Vancouver! This is it! »

« Vancouver! Vancouver! Le voilà! »

Ce furent ses dernières paroles. C’était le 18 mai 1980, à 8h32. Ensuite, ne resta que le silence radio et l’image de Johnston, figée dans son éternelle jeunesse, avec sa gueule mal rasée, ses cheveux en bataille et le sourire effleurant les lèvres.

Le saint Helens est entré en éruption. Johnston est le premier à informer ses collègues et toute la communauté scientifique de ce qui se passe sur ce volcan de la chaîne des Cascades, à l’ouest des Etats-Unis, ce que tous attendent depuis plusieurs semaines.

L’éruption qui suivra sera cataclysmique, dévastatrice, apocalyptique, dégageant une énergie équivalente à 350 mégatonnes de TNT soit la puissance de  27 000 bombes atomiques type Hiroshima. Tout ça sous ce que certains appelaient le « Fuji américain », avec ses pentes fleuries et ses petits oiseaux.

Le sommet du volcan perd 400m d’altitude, il est décapité en quelques secondes et David Johnston n’y survivra pas, soufflé par la violence de l’explosion, son corps engloutit par les coulées pyroclastiques et les cendres. Avec lui périrent cinquante-sept personnes, des bûcherons, des personnes ayant refusé d’être évacuées et surtout des curieux qui avaient pénétré clandestinement dans la zone malgré l’interdiction formelle en cours.

Johnston fut celui qui, plus que tous, estimait le risque sur ce volcan comme éminemment tangible. En partie grâce à lui, le dispositif d’évacuation est poursuivi et 30 000 personnes sont maintenus hors de la proximité du volcan, tout cela malgré les pressions politiques et l’opinion publique. Haroun Tazieff n’a t’il pas affirmé que l’avacuation des populations autour de la zone du St Helens est « absolument inutile»?

Pour ce qui est de son parcours personnel, Johnston contracte le « virus » des volcans vers 1971, en étudiant des « vestiges » de volcans, filons de gabbro et diorites (ouh, deux gros mots…), dans des roches précambriennes du Michigan.

Sa première expérience des volcans actifs a lieu en 1975 lors d’un relevé géophysique sur le Mont Augustine en Alaska. Lorsque l’Augustine entre en éruption l’année suivante, Johnston décide de lui consacrer son travail de thèse. Et la passion ne le quitte plus.

En 1978, Johnston intègre l’USGS (United States Geological Survey). Il travaille sur l’activité volcanique de l’arc des Cascades et des Aléoutiennes. Il est convaincu que les éruptions sont prévisibles par la mesure des changements dans la composition des gaz volcaniques et donc par le suivi systématique des émissions de fumerolles.

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David Johnston sur le St Helens; avec un instrument dédié à la mesure du SO2; le 2 avril 1980; courtesy of the U.S. Geological Survey

Lorsqu’un tremblement de terre a secoue le mont St. Helens le 16 Mars 1980, sa curiosité est aiguisée par l’avènement possible d’une éruption. Il devient en toute logique chef de file au sein de l’équipe de l’USGS pour la prise en charge de la surveillance des émissions de gaz volcaniques sur le site.

Le poste d’observation « Coldwater II »; où il se trouve au moment où le St. Helens entre en éruption;  aurait du être occupé par l’un de ses collègues, Harry Glicken. Mais, ce dernier ayant du se rendre à un entretien important pour obtenir un poste en Californie, Johnston le remplace au pied levé le 17 au soir. Ironie ou acharnement du sort, Glicken meurt dans des circonstances similaires, 11 ans plus tard, au Japon, sur le mont Unzen, en compagnie des époux Krafft.

L’éruption du 18 mai fauche Johnston dans sa trente et unième année. La communauté scientifique qui lui rendra hommage de multiples façons.

Le 18 mai 1982, le bureau de l’USGS à Vancouver est renommé David A. Johnston Cascades Volcano Observatory (CVO) à sa mémoire.

A l’Université de Washington (où il avait poursuivi son travail de maîtrise et de doctorat) un fonds commémoratif porte son nom, mettant en place un système de bourses et de récompenses.

En 1997, à l’endroit où il pérît un petit observatoire voit le jour : le Johnston Ridge Observatory (JRO). Il permet au public de contempler le cratère actuel du St Helens, l’activité et les conséquences de l’éruption de 1980. Il dispose également d’un théâtre et d’une salle d’exposition et il est équipé de matériel de surveillance.

Car le Mont St. Helens n’a pas dit son dernier mot.

Activité volcanique du 4 au 10 juin 2014

Activité 4 au 10 juin 2014

Je n’ai pas encore beaucoup de temps pour alimenter ce blog, donc je m’en tiens à actualiser l’activité volcanique hebdomadaire en espérant pouvoir prochainement  ajouter d’autres articles, encore plus palpitants… évidemment.

En attendant et pour pimenter un peu la chose,  j’ai décidé de décerner le prix de « volcan de la semaine » (je suis seule sur ce blog: I do what I want ha ha ha).

Cette semaine, le prix est attribué à… Santa Maria !

Bravo à ce premier lauréat.

Ce choix est complètement totalitaire et anti-démocratique, j’essaye de mettre en place assez rapidement un vote dispo en ligne, pour que chacun puisse soutenir son favori et élire le volcan le plus éruptif de la semaine (ou du mois, on verra)

activité

Pavlof, trafic aérien perturbé

Alaska (USA) – Altitude 2519m

L’éruption au Pavlof se poursuit avec des nuages de vapeur, des émissions de cendres, des coulées pyroclastiques, sismicité constante et des températures élevées en surface pour les 3 et 4 juin. Une fontaine de lave incandescente a été repérée sur les webcams.

Les vols au-dessus de « Cold Bay », où se trouve le volcan sont annulés la journée du 4 juin, ce qui a concerné environ 200 personnes.

Deux fortes explosions sont détectées par leurs signatures sismiques le 5 juin.

L’activité diminue les 5 et 6 juin (notamment la production de cendres).

San Miguel

El Salvador – Altitude 2130 m

La sismicité reste importante (d’après un rapport du SNET, Servicio Nacional de Estudios Territoriales, en date du 1er juin). Les observateurs locaux rapportent des grondements ainsi que des nuages de gaz émanant du cratère avec occasionnellement production de quantités faibles de cendres.

Sangeang Api, le volcan sans sous-titre

Indonésie – Altitude 1949 m

D’après l’analyse d’images satellite, le VAAC (Volcanic Ash Advisory Centre) rapporte simplement la formation de panaches de cendres entre les 4 et 7 juin, atteignant 3 000 m de haut et ayant parcouru entre 45 et 110 km vers l’ouest et nord-ouest.

Au Santa Maria, un lahar de 9 m de haut !

Le personnel de l’observatoire évacué.

Guatemala – Altitude 3772 m

Le 6 juin, l’observatoire de Santiaguito (OBSAN) a été sévèrement touché par un important lahars qui a emprunté le rivière Nima, sur le flanc sud du volcan. Le lahar est arrivé par vagues de 5 à 9 mètres de haut, pour 80 m de large, charriant des blocs de plus de 5 m de diamètre. Il déborde du lit de la rivière et le personnel de l’observatoire de Santiaguito est évacué. Le 7 juin des lahars, de moindre importance sont produits, accompagnés d’une odeur de soufre.

Les 7 et 8, une coulée descend lentement le flanc est du volcan, puis les 8 et 9, se sont des explosions qui ont lieu, entrainant la formation de panaches de cendres (500 m de haut et dispersées en direction du SW).

Les 9 et 10, d’autres explosions et panaches sont produits, les coulées se poursuivent sur le flanc est accompagné d’avalanches de débris.

Lahars: cendres et blocs issus du volcan, remobilisés par des eaux d’origines diverses, constituent des courants potentiellement très meurtriers.

Zhupanovski

Kamtchatka (Russie) – Altitude 2958 m

Le KVERT (Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team) rapporte qu’une éruption a débuté le 6 juin, produisant un nuage de cendres ayant atteint 6 000 m de haut. Le 9 juin,  des images satellites montrent que les nuages de cendres atteignent 3 à 4 km de haut et se dirige 60 km vers l’est.

Aira, caldera du Sakurajima. Le changement dans la continuité.

Ile de Kyushu (Japon) – Altitude 1117m

Le VAAC (Volcanic Ash Advisory Centre) de Tokyo rapporte que les 6 et 9 juin, des panaches s’échappent de la caldera Aira du Sakurajima atteignent entre 2,1 et 5,5 km de haut.

Bagana, si loin pourtant si proche

Bougainville (Paouasie Nouvelle Guinée) – Altitude 1750 m

Le 10 juin, un panache de cendres atteint 2400 m et se dirige vers le SW.

Batu Tara, un p’tit air de Stromboli

Indonésie – Altitude 748 m

Sur la preuve des images satellites, un nuage de cendres est observé le 6 juin. Il atteint 2100 m de haut et  se dirige jusqu’à 150 km au NW. Des panaches de la même hauteur sont observés du 7 au 9 juin mais ils ne parcourent « que » 35 km vers le NW

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Chirinkotan, une accalmie ?

Kuril Islands (Russie) – Altitude 724 m

Le SVERT (Sakhalin Volcanic Eruption Response Team) nous informe sur une éruption qui a débuté le 24 mai dernier avec des anomalies thermiques et des émissions de gaz contenant parfois des cendres. La 5 juin, le SVERT note un affaiblissement de l’anomalie thermique (=c’est moins chaud), suggérant un refroidissement des coulées mise en place précédemment.

L’alerte pour l’aviation civile est levée.

Dukono, les panaches ne faiblissent pas

Indonésie – Altitude 1335 m

Comme la semaine passée, le Dukono a été le siège d’une série de panaches : celui du 4 juin atteint 2100m et parcours 150 km au nord. Le lendemain, le panache atteint 3700m et le 9 juin entre 1500 et 1800 m de haut, se dirigeant toujours vers le NW

Fuego, lahars et explosions, à moins que ça ne soit l’inverse ?

Guatemala – Altitude 3763m

Le 5 juin, des lahars descendent le long des flancs est, sud-est, sud-sud-ouest et sud du volcan, transportant des blocs jusqu’à 1,5 m de diamètre. Les 5 et 6 juin, des explosions entrainent la formation de panaches de cendres allant jusqu’à 350 m de haut et se dirigeant jusqu’à 10 km au N et NW. D’autres explosions surviennent les 8 et 10 juin, avec des panaches de 750 m de haut parcourant jusqu’à 10 km en direction du nord.

Des matériaux incandescents, éjectés depuis le cratère atterrissent sur les flancs du volcan et forment des avalanches de débris. Le 9 juin, de nouveaux lahars sont observés dans les drainages de El Jute et Las Lajas.

Karymsky, caché sous un lit de nuages

Kamchatka, Russie – Altitude 1536m

Le KVERT rapporte qu’une activité strombolienne et faiblement vulcanienne a eu lieu entre le 30 mai et le 6 juin. Par la suite, l’observation satellite a été perturbée par la présence de nuages.

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Kilauea, ça monte et ça descend

Iles d’Hawaii (USA) – Altitude 1222m

Le HVO (Hawaiian Volcano Observatory) indique que le niveau du lac de lave joue le yoyo (monte et descend…) à l’intérieur du cratère Halema’uma’u. Le taux de production de gaz reste élevé.

Autour de l’évent, continuent de se déposer : cendres, petites bombes et cheveux de Pelé.

Le 6 juin, des fumées s’élevaient de zones boisées, suggérant la progression de coulées.

Merapi, rien de très nouveau

Java, Indonésie – Altitude 2698m

Début juin, la sismicité diminue comparativement aux semaines précédentes.

Le niveau d’alerte reste à 1.

Shishaldin, sous surveillance

Fox Islands (USA) – Altitude 2857m

Les données sismiques traduisent qu’une éruption de faible intensité y est toujours en cours. Des élévations de température au sommet sont détectées les 7 et 9 juin.

Shiveluch, avec un dôme, il se passe toujours plein de choses…

Kamchatka, Russie – Altitude 3283m

Du 30 mai au 6 juin, la croissance d’un dôme de lave dans le flanc sud-est s’accompagne d’explosions, d’incandescence, d’avalanches chaudes ainsi que d’une activité fumerolienne.

Ubinas, évacuation des populations maintenue

Pérou – Altitude 5672m

Lors d’un communiqué de presse, l’observatoire volcanologique d’Arequipa et le INGEMMET (Instituto Geológico Minero y Metalùrgico) signalent que le niveau d’alerte orange est maintenu pour les habitants de la zone concernée par l’éruption du volcan Ubinas. Les habitants des villes de Querapi et Tonohaya ne peuvent pas revenir chez eux.

De significatifs dégagements de cendres et de gaz ont été observés. Les panaches de cendres et gaz atteignent de 200 à 2000 m de haut du 5 au 7 juin.

 

Activité hebdomadaire du 28 mai au 3 juin 2014

Voici un résumé de l’activité mondiale du 28 mai au 3 juin 2014.

Cette semaine, l’activité est centré sur le pourtour de l’océan pacifique.

28mai-3juin

Au Pavlov, la grosse activité de la semaine!

Alaska (USA) – Altitude 2519m

Des images satellites  ont permis de détecter une augmentation de température dès le 31 mai. Un petit panache est également visible sur la webcam de la FAA localisée à Cold Bay ce jour-là.  Plusieurs pilotes rapportent que ce panache se dirige vers le nord et atteint des altitudes de 2100 à 2400m.

Cependant, le premier juin, l’activité sismique est faible. Elle augmente brutalement le 2. Le niveau d’alerte passe à « rouge ». Le panache de cendres atteint 6700 m et parcourt 80 km en direction de l’est. Les webcams de Cold Bay permettent d’observer une fontaine de lave au sommet, assez intense et une coulée sur le flanc nord. Le 3 juin, le panache atteint 7300 m et se dirige vers le SSW.

Le 4, l’activité sismique diminue puis se stabilise. Le panache est nettement divisé en deux parties: des gaz et des cendres légères en haut et des écoulements pyroclastiques à la base.

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Au San Miguel,

El Salvador – Altitude 2130m

La sismicité reste importante. Les personnes sur place notent une augmentation de l’importance des panache émanant du cratère ainsi que des « grondements »

Sangeang Api, 7328 personnes évacuées.

Indonésie – Altitude 1949 m

Entre le mois de janvier et le 29 mai un panache blanc s’échappe du cratère (25 m de haut). Le 30 mai, la sismicité augmente ; le panache atteint 3000 et se dirige vers l’ouest. Sur une échelle de 1 à 4, le niveau d’alerte est porté à 3. L’ile où se trouve précisément le volcan n’est pas habitée en permanence mais seulement durant la saison des récoltes.

Les autorités civiles ont évacué 135 personnes sur l’ile principale.

Puis, deux grosses explosions ont lieu le 31 mai, engendrant des panaches atteignant 13700 à 15200 m de haut, allant jusqu’à 280 km au NW.

Les retombées atteignent alors Bima et Wera entrainant l’évacuation de 7328 personnes. Les aéroports de Bima et Tambolaka sont temporairement fermés.

Le panache redescend à 4300 m dans la journée du 1er juin, puis 3000m le 3 juin.

PacifiqueO

Au Santa Maria, inondations et lahars

Guatemala – Altitude 3772 m

Le 29 mai, un lahar chaud rejoint la rivière Nimá, sur le flanc sud du dôme de lave du Santiaguito. Ce lahar de 25 m de large et 3 m de profondeur, charrie des blocs de plus de 50 cm de diamètre, des troncs d’arbres et des branches. L’odeur de soufre est notable.

Des explosions les 31 mai et 1er juin génèrent des panaches (600m de haut). De nouveaux lahars, les 1er et 3 juin rejoignent les rivières Nimá, San Isidro (S), and Samala (E and S) provoquant des inondations. Le 3 juin, c’est une coulée qui descend doucement la pente est du dôme

PacifiqueE

Aira, baie de Kagoshima

Ile de Kyushu (Japon) – Altitude 1117m

Les explosions du 31 mai depuis la caldera du Sakurajima provoque des panaches allant jusqu’à 3000m de haut et allant vers l’ouest

Dukono, série de panaches

Indonésie – Altitude 1335 m

Des images satellites montrent que, le 28 mai, des panaches émanant du Dukono atteignent 2100m d’altitude et se dirigent jusqu’à 75 km vers le NW. Le lendemain, le panache atteint 3000 m. Le 3 juin, le panache redescend à 2100 m d’altitude.

 Fuego, des lahars sur la chaussée

Guatemala – Altitude 3763m

Les 31 mai et 1er juin , des explosions génèrent des panaches de 300 à 550m de haut. Durant l’après-midi du 1er juin, des lahars (entrainant des blocs jusqu’à 1,5m de diamètre) descendent les flancs SE, E et W, perturbant le trafic automobile.

Karymsky

Kamchatka, Russie – Altitude 1536m

Du 23 au 30 mai, l’activité a été strombolienne avec une tendance faiblement vulcanienne

Les données satellite signalent une anomalie thermique sous le volcan entre le 25 et le 27 mai.

Kilauea, toujours une valeur sure du volcanisme effusif

Iles d’Hawaii (USA) – Altitude 1222m

Ah, Kilauea!
Ah, Kilauea!

Du 28 mais au 3 juin, le niveau du lac de lave monte et descend dans le cratère du Kilauea.

Les émissions de gaz restent importantes. Les dépôts issus de l’activité continuent à s’accumuler : cendres, projections et cheveux de Pelé, les particules les plus petites vont jusqu’à plusieurs kilomètres de distance.

Deux petites coulées sont répertoriées le 22 mai.

Bref, le Kilauea va bien.

Merapi, statu quo

Java, Indonésie – Altitude 2698m

L’activité sismique et la déformation se maintiennent sur le Merapi. Les panaches soufrés s’élèvent à 300m d’altitude. Le niveau l’alerte reste à 1 (sur une échelle de 1 à 4).

Shishaldin, sous surveillance

Fox Islands (USA) – Altitude 2857m

Les satellites renseignent sur une élévation de température au sommet et des émissions de vapeur de moindre amplitude.

Shiveluch, naissance d’un dôme et avalanche de débris associé : mon cocktail préféré.

Kamchatka, Russie – Altitude 3283m

L’extrusion (mise en place) du dôme de lave sur le flanc SE du Shiveluch s’accompagne d’expulsion de cendres incandescentes, avalanches de débris chaudes et activité fumerolienne.

Le 26 mai, une explosion entraine la formation d’un panache de 10 000m de haut, se déplaçant jusqu’à 800km vers le SSE. Les images satellites révèlent également une anomalie thermique (c’est chaud) sous le dôme.

Ubinas

Pérou – Altitude 5672m

Les 28 et 29 mai, les émissions de cendres se poursuivent. Les panaches de gaz et cendres montent entre 600m et 2500m de haut. Des retombées sont reportées dans différentes villes « sous le vent » : Querapi ; Ubinas ; Escacha, Chojata, San Miguel, and Tonohaya.

Les 2 et 3 juin, les pilotes de ligne rapportent des panaches de gaz et cendres atteignant jusqu’à 10700m.

T’aurais pu faire un boulot sérieux mais….

T’es devenue volcanologue…

Là, assise le regard perdu devant la silhouette de cette montagne pas comme les autres. Happée, fascinée, tu as basculé. Ta vie a basculé à cet instant.

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Et oui!

Ben voilà quoi, je ne sors pas d’une école de journalisme, je ne suis pas une journaliste qui parle des volcans parce que c’est beau. Je suis une volcanologue qui parle de volcans, parce que c’est ma vie, parce qu’un jour j’ai fait la folie de choisir de faire des études de volcanologie, au grand désespoir de ma famille qui voulait que je fasse un métier sérieux. Je suis docteur en volcanologie, j’ai écrit des articles très sérieux dans des revues internationales. Je dis ça pour préciser que je n’écris pas que des trucs pour amuser la galerie.

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Heureusement, Florent Chavouet relève le niveau!

 

 

Mais pourquoi? Pourquoi on choisit cette discipline plutôt que la physique nucléaire ou la chimie organique??

D’abord la volcanologie, c’est beaucoup plus « fun », on va sur le terrain, on échantillonne, on carotte, on mesure, on se salit, on boit des bières. Quel bonheur. Jamais je n’aurai pu faire une discipline scientifique où on reste enfermé dans son labo, entouré de tubes à essais… brrr.

T’as voulu être volcanologue pour être bronzée? Ah ben non quand même. En volcanologie, on passe aussi des heures au labo, devant l’ordinateur ou les équations. Mais pas seulement, c’est donc une discipline très complète et très riche.

Mais ce que j’aime aussi dans la volcanologie, ce sont les histoires, toutes les histoires qui entourent les volcans, tout ce qui n’est pas scientifique justement, tout ce qui nous autorise à naviguer entre ce monde très cartésien de la science et ce monde rêvé des fantasmes, des peurs et des fascinations.

Ici, j’ai décidé de parler d’un peut tou ça: la science, en en parlant avec le plus de précision et de réflexion possibles et le reste, les histoires d’homme, les histoires de volcans, ces volcans qui sont de si merveilleux personnages. La science et tout ce qui n’est pas la science.

 

Ici, je suis libre, je ne suis pas payée et personne ne me dicte ce que je dois écrire. Ma seule ligne éditoriale, c’est mon envie de partager, avec vous, des histoires de volcans.

La Volcadoc