Ontake: éruption imprévue?

Au Japon, après l’éruption du Mont Ontake samedi dernier, le bilan humain s’alourdit. Pourquoi n’avait-on pas évacué? Cette éruption était-elle imprévisible? Elements de réponse sur le Volcablog.

Lire la suite Ontake: éruption imprévue?

Publicités

Bardarbunga… ou pas?

Le Bárðarbunga, le volcan islandais qui donne l’impression que Eyjafjallajökull était facile à prononcer…

Lire la suite Bardarbunga… ou pas?

Activité mondiale du 17 au 23 septembre 2014

Instabilités, construction et destruction

 

Encore une fois, les volcans entrent et sortent d’ici comme dans un moulin!

Lire la suite Activité mondiale du 17 au 23 septembre 2014

Activité mondiale du 10 au 16 septembre 2014

Ouais j’ai craqué, j’ai mis une photo avec de la lave qui coule et qui rougeoie en couv’… Je suis FAIBLE.

Lire la suite Activité mondiale du 10 au 16 septembre 2014

Avant le Christ ou avant le présent?

Où le simple fleurte toujours dangereusement avec le compliqué…

Quand on parle de datation de vieux machins (cailloux, fossiles ou restes d’hominidés), faut-il dire « avant le présent» ou « avant le Christ » ? BP ou BC ? Où commence le présent et où  finit le passé…

Dans le texte qui suit, et qui tente d’apporter une explication rigoureuse mais néanmoins compréhensible, je vais utiliser les termes anglo-saxons. En effet, les datations sont souvent notées avec ces termes anglo-saxons, même dans les texte écrits en français. Je résume :

Avant le christ = Before Christ ou BC

Avant le présent = Before Present ou BP

Posons le décor.

En pérégrinant cet été, je me suis rendue compte qu’appréhender le sens de ces abréviations était loin d’être évident pour tout le monde. Ce n’est pas un thème en lien direct avec la volcanologie, mais il me semble que c’est un thème important en géologie au sens large et qui sera utile à tous les curieux.

Cet été donc, devant les petites pancartes du Musée National de Préhistoire, puis au cours de discussions à bâtons rompus, j’ai observé les trois réactions suivantes :

Réaction 1 : il faut dire « Before Christ », ou plutôt avant Jésus Christ. Before présent est un terme qu’utilise les anglo-saxons. On l’utilise peu dans les pays francophones.

 Réaction 2 : Ah ben tiens on dit « Before present »… au nom de la laïcité. Exit le Christ dans le langage scientifique.

 Réaction 3 : face à deux articles différents sur Otzi, l’un le situant à -5300 et l’autre -3300 : deux dates différentes ? Ils n’en savent pas tant qu’ils disent les soi-disant scientifiques, hein ? (Voir ma petite infographie ci-dessous)

Otzi, homme des glaces...mais quel âge a t'il??
Otzi, homme des glaces…mais quel âge a t’il??

Alors, qui a bon ?

Et ben personne. « Before Present » et « Before Christ » sont deux appellations différentes avec des significations différentes.

Avant le Christ (BC)…

Before Christ, « avant le Christ », c’est plutôt simple, cela réfère à Jésus-Christ. C’est l’Anno Domini qui en est le point de départ, l’année estimée de la naissance du Christ parfois notée AD.

Encore que, ça ne soit pas simple…D’abord, avant le Christ prend l’an 1 comme année de référence et non pas l’an zéro (qui n’a jamais eu lieu). Ensuite, il convient également de préciser que cette année 1, telle que nous l’utilisons, et basée sur la naissance du Christ, est également ouverte à de larges discussions. Elle est le fruit de l’interprétation de textes anciens (les évangiles entre autres) par nos prédécesseurs… mais je ne vais pas davantage vous pimenter la tambouille.

Before Present ou Before Christ? FIGHT!
Before Present ou Before Christ?
FIGHT!
Avant le présent (BP)

Et Before Present ? Avant le présent ? Le présent, c’est maintenant donc c’est 2014. Bon, c’est vraiment compliqué alors, parce que le présent ça change tout le temps! Si Otzi avait 5300 ans BP en 1991, il devrait avoir maintenant 5323 ans BP… C’est pénible si ça change tous les ans !

Oui, mais heureusement pour nous ( ?), les datations « BP » sont des datations absolues et il est convenu que le présent s’est arrêté en 1950 ! Mais pourquoi donc me direz-vous ? A cause de l’activité humaine vous répondrai-je.

En effet, à partir de 1950, l’homme pratique des essais nucléaires, cette activité perturbera drastiquement la répartition des isotopes utilisés en radiochronologie (en particulier le carbone mais pas que). D’ailleurs en anglais BP est parfois interprété comme « Before Physics ». Les essais ont radicalement changé le rapport mondial carbone 14 sur carbone 12. D’un point de vue de la radioactivité, le présent de notre planète s’est figé en 1950… tout un symbole.

«Soyez rassurés, le présent s’est arrêté en 1950!»

Cependant, il y a une autre raison dans le choix de cette date. 1950 marque les premières datations au carbone 14, les balbutiements de la radiochronologie. Mais il ne s’agit pas d’être sentimental : en 1950 sont constitués des échantillons de référence. Il faut savoir que, pour utiliser les méthodes de radiochronologie (cliquez sur le lien pour avoir une définition), il ne suffit pas de faire des rapports isotopiques: des calibrations sont nécessaires et qui dit calibrations dits échantillons de référence (une sorte de mètre étalon en somme). Il s’agit enfin d’une convention bien nécessaire pour palier au premier problème que j’ai évoqué : le présent change tout le temps.

Le choix de cette date (présent=1950) a donc une triple raison : début des essais nucléaires qui troublent les rapport isotopiques mondiaux, création d’échantillons de référence nécessaires aux calibrations, et enfin obligation de se fixer un cadre conventionnel de calcul.

La conversion selon Sainte Datation

Comment donc maintenant passer d’un âge BP (avant le présent) à un âge BC (avant le Christ), et réciproquement ?

Si on regarde la chose simplement, 1949 ans séparent le BP du BC… Mais en fait, ce n’est pas vraiment le cas. Pour être précise, il me faut donc être cruelle et vous préciser qu’il n’y a pas de relation linéaire entre les 2. Une année calendaire n’est pas égale à une année de radiochronologie.

Je n’insisterai pas davantage là-dessus, car il est vrai qu’un écart de 2000 ans entre âges BP et BC est un bon ordre de grandeur. Et c’est celui qu’il faut retenir.

Exemple2
Voilà un autre exemple

Si on veut simplifier, on a

Age BP= âge BC + 1949 ans

Et en arrondissant :

Age BP= âge BC + 2000 ans

Oui, on peut arrondir à 2000 ans, il faut rester modeste. Parfois, on n’est pas à 50 ans près. C’est vrai.

Signification et cogitation

Ainsi, on comprendra que, quand on se promène dans un musée ou qu’on lit des articles sur des vieux nonos ou des vieux cailloux, il faut être vigilant quand on lit les datations. Dans des cas comme celui d’Otzi, 5300 et 3300 ans qui ne sont apparemment pas la même chose, sont en fait équivalents. Tout est question d’unité si on peu dire. 5300 ans BP c’est bien à peu près 3300 ans BC.

Ceci étant dit, cette différence va devenir pour ainsi dire négligeable dans des cas comme celui de mon mégacéros, qui est là haut en photo de Une (il est kawaï pas vrai?). Le mégacéros est apparu il y a 2 millions d’années. Imaginez 2 millions d’années. Si on en trouve un spécimen et qu’on le date, on se devra de préciser BP ou BC, c’est évident. Ceci dit, que seront 2000 ans pour 2 millions d’années. Cela ne représente plus que 0,1% d’erreur, une très faible marge d’erreur.

De même ; lorsque nous utilisons la radiochronologie pour dater des roches dans un complexe volcanique: quand on travaille sur des complexes récents (disons la chaine des Puys), il est important de préciser BP ou BC: 2000 ans de plus ou de moins, sur des volcans vieux de 10000 ans et moins, cela compte. Mais quand on travaille sur des complexes beaucoup plus âgés (disons le Cantal, plusieurs millions d’années) ces 2000 ans de différence ne revêtent qu’une importance relative. Tant et si bien que parfois, le « BP » n’est pas mentionné mais sous-entendu pour les âges géologiques les plus reculés. Pourtant, dans tous les cas, il est également important de savoir quelle méthode a servi à la datation. Une question de rigueur, encore et toujours

Les amours impossibles du simple et du compliqué vous dis-je…

Tout cela pour dire que l’important n’est pas toujours le chiffre au sens strict de sa valeur. L’important c’est de savoir et de comprendre de quoi on cause, voilà tout

Activité mondiale du 3 au 9 septembre

L’activité est bien fournie cette semaine, de l’ile lilliputienne la plus inconnue aux mastodontes médiatiques, faisons un tour d’horizon en cartes et vidéos.

Aujourd’hui je laisse la vedette à deux toutes petites iles volcaniques: Barren (en mer d’Andaman) et Manam en Papouasie Nouvelle Guinée. Pour qu’elles existent un petit peu dans l’esprit des hommes…

A l’opposé, je reviens faire le point sur le très médiatique Bardarbunga. Contrairement à ce que vous pouvez lire ou entendre, non, le Bardarbunga n’est pas à l’arrêt ! Explications ci-dessous…

Enfin, comme il est assez peu commun de maitriser sa géographie islandaise sur le bout des jökull(s?), je vous ai rajouté cartes et explications pour essayer d’éclaircir ce brouillard volcanique. Dyngjujökull, au scrabble, ça peut faire son effet. Et vous allez enfin comprendre où il est situé.

tableau 3-9
Tableau récapitulatif – C’est écrit trop petit? Cliquez dessus pour agrandir.
Ile de Barren, vit sa vie mais est surpris de temps à autre
Archipel d’Andaman (Inde) – Altitude 354m

 Le Darwinn VAAC (Volcanic Ash Advisory Centre) rapporte l’émission de cendres depuis l’ile de Barren. Cette information est basée sur un SIGMET émis le 9 septembre à la mi-journée. Un SIGMET est un « SIGnificant METeorological Informaion », message destiné aux aéronefs et signalant les phénomènes météorologiques dangereux.. Le panache étant peu développé, il n’a pu être identifiable sur les images satellites.

L’ile de Barren se trouve 1500km à l’est du continent indien, en Mer d’Andaman (dézoomez la carte ci-dessus pour visualiser)

Manam, pris en flag’ par images satellites
Papouasie Nouvelle Guinée – Altitude 1807m

 Des images satellites en date du 6 septembre montrent une propagation de cendres au dessus de l’île de Manam à 10h32 et 11h32. Le panache atteint 2100m de haut et parcourt 27 km vers le nord-ouest. Manam vient compléter le tableau des deux volcans de Papouasie Nouvelle Guinée dont j’ai parlé la semaine dernière : le Tavurvur (Rabaul) et le Bagana (plus discret cette semaine).

Manam
Manam, le Tavurvur et le Bagana
Aira, un volcan à hauts risques
Kyushu (Japon) – Altitude 1117 m

 Le niveau d’alerte 3 est maintenu par le JMA (Japan Meteorological Agency) sur la caldeira Aira (volcan Sakurajima).

L’Aira est toujours aussi explosif avec 41 explosions enregistrées entre le 1er et le 7 septembre. L’émission de cendres est rapportée par le VAAC de Tokyo mais elle n’est pas observable sur les images satellites et ce jusqu’au 9 septembre. Le 9 septembre, à 4h37, on peut enfin observer le panache sur les images satellites, il atteint alors 3300m et se dirige vers le sud. Une activité sismique est également enregistrée.

 Asosan, 1200 tonnes de SO2 par jour !
Kyushu (Japon) – Altitude 1592 m

C’est à cela qu’a ressemblé l’activité de notre bon Monsieur Aso cette semaine

Le 1er septembre, une éruption a lieu sur le cratère Nakadake, elle engendre un petit panache de couleur blanc cassé (on est très à cheval sur les couleurs en volcano…), ce qui suggère la présence d’un petite quantité de cendres (source : JMA : Japan Meteorological Agency). Ce panache atteint 1200 m de haut. Les séismes d’origine volcaniques sont importants : entre 48 et 92 par jour du 1er au 4 septembre ; et entre 55 et 129 par jour du 5 au 7.

Une éruption a également lieu le 6 avec un panache consécutif de 600 m de haut.

Le taux de SO2 émis est toujours notable : 1200 tonnes par jour.

Barbarbunga, non, il n’est pas à l’arrêt !
Islande – Altitude 2009m
Le site de l'éruption, en Islande
Le site de l’éruption, en Islande

 Entre le 3 et le 9, les émissions de lave, de gaz et une activité sismique élevée continuent dans le secteur de Holuhraun. Les observations de terrain montrent toutefois que la production de cendres est négligeable.

Des images radar montre une dépression de 0,5 à 1 km de large au niveau du glacier Dyngjujökull (situé à environ 2 km au sud de l’endroit où se déroule l’éruption). Le Dyngjujökull est un lobe glaciaire situé à l’extrémité septentrionale du Vatnajökull, l’énorme calotte de glace située au sud-est de l’Islande).

Le 4, l’activité effusive est constante et la coulée émise recouvre alors 10,8 km2. Le 5, deux nouvelles fissures sont observées au sud de la zone active. Ces fissures produisent de la lave, mais à un taux moindre que la fissure principale. Un panache de vapeur est observé ce jour-là, il atteint 460 m de haut.

Le 6, de grands changements sont observées au niveau du glacier situé au-dessus du Bardarbunga (le Vatnajökull) : une large zone, correspondant au plancher de la caldera du Bardarbunga s’est enfoncée. Il n’y a pas de signes d’éruption. Il s’agirait donc « seulement » d’une subsidence d’origine tectonique (disons « mécanique »).

Le Bardarbunga est situé sous le Vatnajökull et les fissures actuellement actives à Holuhraun en sont le prolongement.

Parallèlement, on remarque que deux petites dépressions sont apparues au niveau du Dyngjujökull (pointe nord du Vatnajökull), suggérant que de brèves éruptions sous-glaciaires ont eu lieu.

bardarZOOM
C’est vrai qu’on s’y perd un peu dans les jökull(s?) islandais. Dyngjujökull est un lobe glaciaire situé à la pointe nord du Vatnajökull

Le 7 septembre, le taux d’effusion sur la fissure principale est de 100 à 200 m3 par seconde… c’est pas mal. Ce jour-là, la coulée rejoint une rivière (Jökulsá á Fjöllum), de la vapeur est produite mais aucune activité explosive significative due à la rencontre entre l’eau et la lave n’est rapportée.

Les 8 et 9, les deux petites fissures méridionales, ouvertes le 5, semblent se mettre à l’arrêt. La totalité de l’ère recouverte par les coulées atteint alors 19 km2.

Le code pour l’aviation civile est orange.

Non, décidément, on ne peut pas dire que le Bardarbunga ait ni cessé, ni diminué en activité…

Bezymianny, pour qu’on ne l’oublie pas
Kamchatka Central (Russie) – Altitude 2882m

 Une activité sismique de faible intensité continue ainsi qu’une activité fumerolienne modérée. Une petite anomalie thermique est également rapportée par les données satellite (c’est un peu chaud). Bref, le Bezymianny n’est pas complètement au repos mais pas franchement actif non plus… Volcan « ni-ni ».

Fuego, un lahar de 75m et une route coupée.
Guatemala – Altitude 3763 m

Le 2 septembre, un lahar roule sur le flanc sud-ouest : 75 m de large pour 2,5m de haut. Cet écoulement boueux coupe la route qui relie Santa Lucia Cotzulmaguapa et les petits villages de Morelia, Santa Sofía, and Panimaché.

Du 3 au 9, le INSIVUMEH (Instituto Nacional de Sismologia, Vulcanologie, Meteorologia e Hidrologia) rapporte que des panaches de fumerolles atteignent de 300 à 600 m au-dessus du sommet du Fuego. Des explosions faibles à modérées avec expulsions de cendres ont lieu chaque jour avec des panaches de 500 à 800 m. On rapporte également de petites avalanches de débris, toujours sur le quart sud-ouest des flancs du volcan.

Les villages de Yepocapa (8 km au WNW), Sangre de Cristo (8 km au WSW), Panimaché I and II (8 km au SW), Morelia (10 km au SW), Santa Sofía (12 km au SW), Yucales (12 km au SW), et Porvenir (8 km au ENE), entre autres, subissent des retombées de cendres.

 Karymsky, discret
Kamchatka oriental (Russie) – Altitude 1536m

L’activité sismique demeure modérée à faible cette semaine. Un panache de cendres de 4000m de haut a pu être observé par satellite le 3, il s’est propagé 9km vers le ouest-sud-ouest. C’est donc une activité bien réelle mais relativement discrète. (source : KVERT : Kamchatkan Volcanic Erutpion Response Team)

Brochette de volcans, Pacifique nord
Brochette de volcans, Pacifique nord
 Kilauea, et la coulée ? Et ben… elle coule toujours
Iles d’Hawaii (USA) – Altitude 1222m

 Le HVO (Hawaiian Volcano Observatory) nous rapporte que, entre le 3 et le 9 septembre, le niveau du lac de lave monte et descend dans le cratère Halema’uma’u, restant entre 50 et 60 m en dessous des lèvres du cratère.

Les dépôts de cendres, petites bombes et cheveux de Pelé se poursuivent autour de l’évent. Les petites particules parcourent plusieurs kilomètres. Les émissions de gaz restent élevées, particulièrement le 2 (entre 3300 et 6700 tonnes de gaz par jour).

Quelques imprécisions dans le commentaire mais cette video donne une bonne idée de ce qui se passe à Hawaii.

Au niveau du cratère Pu’u O’o, il n’y a pas beaucoup de changement. Le 3, le niveau d’alerte a cependant était élevé du fait de l’avancée de la coulée du 27 juin. Le 10 septembre, elle avait parcouru 14,5 km et n’est plus qu’à 600 m de la lisière est de la réserve forestière Wao Kele. Contrairement à ce que l’ont pensait la semaine passée, elle n’a pas encore atteint les habitations. Elle devrait atteindre Kaohe dans un jour et demi et la route de Pāhoa d’ici 14 à 16 jours. Cette prévision est appelée à être revue constamment en fonction des obstacles que la coulée va rencontrer ou non durant son parcours.

Pour rappel, le cratère Pu’u O’o (zone est du volcan Kilauea) est en activité depuis le 3 janvier 1983. Depuis 31 ans, son activité est sans relâche.

Kuchinoerabujima, sur le pied de guerre
Iles Ryukyu (Japon) – Altitude 657 m

 A classer parmi les volcans « ni-ni ». Il montre des signes tangibles d’activité. Pourtant, il n’y a pas de manifestations « extérieures » de cette activité (explosions, panaches de cendres, coulées…)

Le niveau d’alerte est maintenu à 3. La sismicité augmente entre les 3 et 5 septembre et des panaches de gaz et vapeur sont fréquents. A surveiller donc.

Poás, l’impulsif
Costa Rica – Altitude 2708m

 Trois éruptions phréatiques ont eu lieu dans le lac de cratère du Poás (le lac naturel le plus acide au monde : pour rappel, son pH avoisine zéro). Ces éruptions associant eau et magma ont eu lieu de 27 août, à 2 minutes d’intervalle les unes des autres. L’une d’elle a généré un panache qui s’est élevé 200m au-dessus de la surface du lac.

Sur le Poás, ce type d’éruption a tendance à se produire de façon « impulsive », sans singes précurseurs et elles sont de courtes durées (5 à 10 secondes). Source : OVSICORI-UNA : Observatorio Vulcanologico y Sismologico de Costa Rica – Universidad Nacional.

Popocatépetl, activité continue
Mexique – Altitude 5426m

 L’activité est sismique et s’accompagne de l’émission de gaz dont de la vapeur. Le 7, un panache de cendres atteint 1000 m de haut et se dirige cap ouest-nord-ouest.

 Rabaul (Tavurvur), il récupère…
Papouasie Nouvelle Guinée (Nouvelle Bretagne) – Altitude 688m

 Du 31 août au 5 septembre, le Tavurvur, situé dans la caldeira de Rabaul, est demeuré plutôt calme. Toutefois, de la vapeur a pu être aperçue, s’échappant du sommet et prenant parfois des teintes bleutées. Des grondements sont perceptibles les 30 et 31 août.

La sismicité reste élevée avec une fréquence en nette baisse toutefois (10 évènements enregistrés par jour début septembre contre 80 fin août). Le Tavurvur semble donc marquer une pause par rapport à son coup d’éclat de la semaine passée (source : Rabaul Volcano Observatory).

Revendator, vapeur, cendres et explosions
Equateur – Altitude 3562 m

 L’IG (Instituto Geofisico) qualifie l’activité du Reventador de modérée avec des explosions et des tremblements de terre.

Comme la semaine passée, la couverture nuageuse rend souvent les observations difficiles. Toutefois, du 5 au 8 septembre, l’émission de vapeur ainsi que d’une faible quantité de cendres est mise en évidence. Dans la matinée du 5, une explosion engendre un panache et éjecte des blocs jusqu’à 500 m en dessous du cratère (flanc ouest). Une explosion est également détectée par caméra thermique dans la journée suivante. Le 7, des grondements sont entendus et un panache de 1000m de haut est observable. Le 8, c’est un nuage de vapeur contenant un petit peu de cendres qui est produit.

Une anomalie thermique est mesurée par satellite.

Santa Maria, spécialiste des lahars
Guatemala – Altitude 3772m
Palajunoj, aux pieds du Santa Maria
Palajunoj, aux pieds du Santa Maria

 Du 3 au 9, le Santa Maria connaît une activité fumerolienne (INSIVUMEH : Instituto Nacional de Sismologia, Vulcanologie, Meteorologia e Hidrologia). De plus, une coulée de lave active sur le flanc est continue de générer des panaches de cendres. Le 4, c’est une fine pluie de cendres qui se disperse à l’ouest dans le secteur de Palajunoj (18 km au SSW). Le 7 septembre, un puissant lahar est détectée grâce à sa signature sismique (avec mobilisation de particules de tailles fines jusqu’aux blocs : plus de 40 m).

Des odeurs de soufre sont également rapportées.

 Shiveluch, la croissance du dôme continue
Kamchatka (Russie) – Altitude 3283m

L’activité explosive et effusive continue au Shiveluch (KVERT : Kamchatkan Volcanic Erutpion Response Team). C’est la mise en place (extrusion) d’un dôme de lave (lave visqueuse) sur le flanc sud-est qui domine le dynamisme du Shiveluch actuellement : explosions modérées avec production de cendres, activité fumerolienne et avalanches de débris. Les données stellites montre la persistance d’une anomalie thermique dans la zone du dôme, ce qui est, somme toute, logique.

Le niveau d’alerte est maintenu à « orange ».

 Tungurahua, de nombreux villages sous les cendres
Equateur – Altitude 5023 m

 L’activité demeure modérée à forte (IG : Instituto Geofisico). Des explosions sont observées quotidiennement.

¡Esa es la mamá!

Le 3 septembre, les secteurs de Manzano (8 km au SW), Choglontus (13 km au WSW), Tisaleo (29 km au NW), Quero Alto (20 km au NW), et Quinchicoto subissent des retombées de cendres grises voir noires. L’après-midi de ce même jour, un écoulement pyroclastique dévale 500 m sous le cratère. Des retombées de cendres ont à nouveau lieu le 5 dans les villes de Manzano et Palitahua (6 km au SSW). A 12h10, un panache atteint 1500m et se disperse dans un quart sud-ouest.

Les 6, 7 et 8, plusieurs villages sont à nouveau touchés par des retombées de cendres noires : zones de Penipe (15 km au SW), Puela (8 km au SW), Pillate (8 km à l’ouest), Galán (au WNW), sud de Quero (20 km au NW), Palitagua (au SW), Manzano, Cevallos (23 km au NW), Mocha (25 km à l’ouest), Tisaleo et Bilbao (8 km à l’ouest).

Ubinas, l’éruption continue et c’est pas de la blague
Pérou – Altitude 5672 m

 Des panaches de vapeur s’élèvent du cratère les 3, 4 et 9 septembre. Une sismicité faible est rapportée. Un panache de cendres est observé le 5 à 8h58 atteignant 1000m de haut et se dispersant vers le sud. Un second se produit la même journée à 13h27 mais il n’atteint « que » 500 m de haut.

L'Amérique Centrale est immensément riche... de volcans
L’Amérique Centrale est immensément riche… de volcans

Le 8, ce sont 5 explosions qui se succèdent, la plus forte ayant lieu le matin et produisant un panache de 1200 m de haut. Le plus haut panache produit ce jour-là atteint 1900m de haut. Des retombées de cendres sont rapportées au sud.

Les 8 et 9, le VAAC de Buenos Aires (Volcanic Ash advisory Centre) passe le code couleur pour l’aviation à « orange ».

Le 9, les émissions de vapeur et gaz atteignent 7300 m de haut.

 Zhupanovsky, le fidèle petit dernier du classement
Kamchatka (Russie) – Altitude 2958 m

Selon le KVERT (Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team) une éruption explosive d’intensité modérée se poursuit au Zhupanovsky. Le 1er, il produit un panache de 3500m de haut et se dirigeant vers le nord-ouest. D’autres panaches sont détectés le 4 septembre. L’anomalie thermique mesurée au sommet est persistante.

Le 7 septembre; le KVERT a pu observé 3 importants panaches : 10, puis 38, puis 72 km de long pour une altitude de 2500 à 3000 m.

En bref, l’émission de panaches y est casi-continue mais il n’est pas toujours aisé de les observer du fait de la couverture nuageuse qui masque fréquemment les abords du volcan.