Activité hebdomadaire du 28 mai au 3 juin 2014

Voici un résumé de l’activité mondiale du 28 mai au 3 juin 2014.

Cette semaine, l’activité est centré sur le pourtour de l’océan pacifique.

28mai-3juin

Au Pavlov, la grosse activité de la semaine!

Alaska (USA) – Altitude 2519m

Des images satellites  ont permis de détecter une augmentation de température dès le 31 mai. Un petit panache est également visible sur la webcam de la FAA localisée à Cold Bay ce jour-là.  Plusieurs pilotes rapportent que ce panache se dirige vers le nord et atteint des altitudes de 2100 à 2400m.

Cependant, le premier juin, l’activité sismique est faible. Elle augmente brutalement le 2. Le niveau d’alerte passe à « rouge ». Le panache de cendres atteint 6700 m et parcourt 80 km en direction de l’est. Les webcams de Cold Bay permettent d’observer une fontaine de lave au sommet, assez intense et une coulée sur le flanc nord. Le 3 juin, le panache atteint 7300 m et se dirige vers le SSW.

Le 4, l’activité sismique diminue puis se stabilise. Le panache est nettement divisé en deux parties: des gaz et des cendres légères en haut et des écoulements pyroclastiques à la base.

pacifiqueN

Au San Miguel,

El Salvador – Altitude 2130m

La sismicité reste importante. Les personnes sur place notent une augmentation de l’importance des panache émanant du cratère ainsi que des « grondements »

Sangeang Api, 7328 personnes évacuées.

Indonésie – Altitude 1949 m

Entre le mois de janvier et le 29 mai un panache blanc s’échappe du cratère (25 m de haut). Le 30 mai, la sismicité augmente ; le panache atteint 3000 et se dirige vers l’ouest. Sur une échelle de 1 à 4, le niveau d’alerte est porté à 3. L’ile où se trouve précisément le volcan n’est pas habitée en permanence mais seulement durant la saison des récoltes.

Les autorités civiles ont évacué 135 personnes sur l’ile principale.

Puis, deux grosses explosions ont lieu le 31 mai, engendrant des panaches atteignant 13700 à 15200 m de haut, allant jusqu’à 280 km au NW.

Les retombées atteignent alors Bima et Wera entrainant l’évacuation de 7328 personnes. Les aéroports de Bima et Tambolaka sont temporairement fermés.

Le panache redescend à 4300 m dans la journée du 1er juin, puis 3000m le 3 juin.

PacifiqueO

Au Santa Maria, inondations et lahars

Guatemala – Altitude 3772 m

Le 29 mai, un lahar chaud rejoint la rivière Nimá, sur le flanc sud du dôme de lave du Santiaguito. Ce lahar de 25 m de large et 3 m de profondeur, charrie des blocs de plus de 50 cm de diamètre, des troncs d’arbres et des branches. L’odeur de soufre est notable.

Des explosions les 31 mai et 1er juin génèrent des panaches (600m de haut). De nouveaux lahars, les 1er et 3 juin rejoignent les rivières Nimá, San Isidro (S), and Samala (E and S) provoquant des inondations. Le 3 juin, c’est une coulée qui descend doucement la pente est du dôme

PacifiqueE

Aira, baie de Kagoshima

Ile de Kyushu (Japon) – Altitude 1117m

Les explosions du 31 mai depuis la caldera du Sakurajima provoque des panaches allant jusqu’à 3000m de haut et allant vers l’ouest

Dukono, série de panaches

Indonésie – Altitude 1335 m

Des images satellites montrent que, le 28 mai, des panaches émanant du Dukono atteignent 2100m d’altitude et se dirigent jusqu’à 75 km vers le NW. Le lendemain, le panache atteint 3000 m. Le 3 juin, le panache redescend à 2100 m d’altitude.

 Fuego, des lahars sur la chaussée

Guatemala – Altitude 3763m

Les 31 mai et 1er juin , des explosions génèrent des panaches de 300 à 550m de haut. Durant l’après-midi du 1er juin, des lahars (entrainant des blocs jusqu’à 1,5m de diamètre) descendent les flancs SE, E et W, perturbant le trafic automobile.

Karymsky

Kamchatka, Russie – Altitude 1536m

Du 23 au 30 mai, l’activité a été strombolienne avec une tendance faiblement vulcanienne

Les données satellite signalent une anomalie thermique sous le volcan entre le 25 et le 27 mai.

Kilauea, toujours une valeur sure du volcanisme effusif

Iles d’Hawaii (USA) – Altitude 1222m

Ah, Kilauea!
Ah, Kilauea!

Du 28 mais au 3 juin, le niveau du lac de lave monte et descend dans le cratère du Kilauea.

Les émissions de gaz restent importantes. Les dépôts issus de l’activité continuent à s’accumuler : cendres, projections et cheveux de Pelé, les particules les plus petites vont jusqu’à plusieurs kilomètres de distance.

Deux petites coulées sont répertoriées le 22 mai.

Bref, le Kilauea va bien.

Merapi, statu quo

Java, Indonésie – Altitude 2698m

L’activité sismique et la déformation se maintiennent sur le Merapi. Les panaches soufrés s’élèvent à 300m d’altitude. Le niveau l’alerte reste à 1 (sur une échelle de 1 à 4).

Shishaldin, sous surveillance

Fox Islands (USA) – Altitude 2857m

Les satellites renseignent sur une élévation de température au sommet et des émissions de vapeur de moindre amplitude.

Shiveluch, naissance d’un dôme et avalanche de débris associé : mon cocktail préféré.

Kamchatka, Russie – Altitude 3283m

L’extrusion (mise en place) du dôme de lave sur le flanc SE du Shiveluch s’accompagne d’expulsion de cendres incandescentes, avalanches de débris chaudes et activité fumerolienne.

Le 26 mai, une explosion entraine la formation d’un panache de 10 000m de haut, se déplaçant jusqu’à 800km vers le SSE. Les images satellites révèlent également une anomalie thermique (c’est chaud) sous le dôme.

Ubinas

Pérou – Altitude 5672m

Les 28 et 29 mai, les émissions de cendres se poursuivent. Les panaches de gaz et cendres montent entre 600m et 2500m de haut. Des retombées sont reportées dans différentes villes « sous le vent » : Querapi ; Ubinas ; Escacha, Chojata, San Miguel, and Tonohaya.

Les 2 et 3 juin, les pilotes de ligne rapportent des panaches de gaz et cendres atteignant jusqu’à 10700m.

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T’aurais pu faire un boulot sérieux mais….

T’es devenue volcanologue…

Là, assise le regard perdu devant la silhouette de cette montagne pas comme les autres. Happée, fascinée, tu as basculé. Ta vie a basculé à cet instant.

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Et oui!

Ben voilà quoi, je ne sors pas d’une école de journalisme, je ne suis pas une journaliste qui parle des volcans parce que c’est beau. Je suis une volcanologue qui parle de volcans, parce que c’est ma vie, parce qu’un jour j’ai fait la folie de choisir de faire des études de volcanologie, au grand désespoir de ma famille qui voulait que je fasse un métier sérieux. Je suis docteur en volcanologie, j’ai écrit des articles très sérieux dans des revues internationales. Je dis ça pour préciser que je n’écris pas que des trucs pour amuser la galerie.

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Heureusement, Florent Chavouet relève le niveau!

 

 

Mais pourquoi? Pourquoi on choisit cette discipline plutôt que la physique nucléaire ou la chimie organique??

D’abord la volcanologie, c’est beaucoup plus « fun », on va sur le terrain, on échantillonne, on carotte, on mesure, on se salit, on boit des bières. Quel bonheur. Jamais je n’aurai pu faire une discipline scientifique où on reste enfermé dans son labo, entouré de tubes à essais… brrr.

T’as voulu être volcanologue pour être bronzée? Ah ben non quand même. En volcanologie, on passe aussi des heures au labo, devant l’ordinateur ou les équations. Mais pas seulement, c’est donc une discipline très complète et très riche.

Mais ce que j’aime aussi dans la volcanologie, ce sont les histoires, toutes les histoires qui entourent les volcans, tout ce qui n’est pas scientifique justement, tout ce qui nous autorise à naviguer entre ce monde très cartésien de la science et ce monde rêvé des fantasmes, des peurs et des fascinations.

Ici, j’ai décidé de parler d’un peut tou ça: la science, en en parlant avec le plus de précision et de réflexion possibles et le reste, les histoires d’homme, les histoires de volcans, ces volcans qui sont de si merveilleux personnages. La science et tout ce qui n’est pas la science.

 

Ici, je suis libre, je ne suis pas payée et personne ne me dicte ce que je dois écrire. Ma seule ligne éditoriale, c’est mon envie de partager, avec vous, des histoires de volcans.

La Volcadoc