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Activité mondiale du 3 au 9 décembre 2014

Le Bardarbunga, une éruption majeure

 

Cette semaine, j’ouvre mon introduction sur le volcan qui fut, à la fin de l’été, entre les articles sur les méduses et ceux sur le prix des fournitures scolaires, la coqueluche des journalistes.

Le Bardarbunga…

Si dans la presse traditionnelle, on ne le voit plus guère, il n’a cessé d’habiter le Volcablog. Et cette semaine, il a la place d’honneur. Pourquoi? D’une part, parce que, le 9 décembre, le Bardarbunga a passé les 100 jours consécutifs d’activité; d’autre part, parce qu’un travail de synthèse, effectué par la Proctection Civile islandaise montre que le Bardarbunga entre dans le domaine des éruptions effusives majeures de l’histoire en Islande et donc dans l’histoire de la volcanologie (vous pourrez lire les details ci-dessous).

Allez également faire un tour du coté du Fogo. Une accélération dans la progression de la coulée a malheureusement conduit à la destruction de deux villages situés dans la caldera de Cha.

christmasvolcano

Enfin, je reparle de quelques volcans du bout du monde où l’activité continue mais dont les nouvelles nous arrivent de façon sporadiques. Nous avons par exemple l’Ambrym : le VGO nous fait part de ces travaux pour les mois de novembre et début décembre.

Pour finir cette longue introduction, je tiens à préciser que rien ne se passe de nouveau au Piton de la fournaise. Et ben donc, je n’en parlerai pas davantage!

Bonne lecture à vous tous.

Tableau récapitulatif – C’est écrit trop petit? Cliquez dessus pour agrandir.
Tableau récapitulatif – C’est écrit trop petit? Cliquez dessus pour agrandir.

 

Accès direct aux textes concernant les volcans de la semaine:

Ambrym
Mayon
Ontakesan
Popocatepetl
Reventador
Turrialba

Aira
Asosan
Bardarbunga
Fogo
Kilauea
Sinabung
Shishaldin
Shiveluch
Zhupanovsky

  • Ambrym, en baisse
Vanuatu – Altitude 1334 m

 

 Le 8 décembre, l’observatoire des risques géologiques du Vanuatu (Vanuatu Geohazards Observatory ou VGO) fait le point sur les observations et analyses, menées au cours du mois de novembre et tout début décembre, concernant le volcan Ambrym. Il conclut que le niveau d’activité a légèrement baissé. Du coup, le niveau d’alerte a été abaissé à 1 (sur une échelle de 0 à 4).

Le VGO souligne tout de même que les zones à proximité des bouches éruptives (Benbow, Maben-Mbwelesu, Niri-Mbwelesu, and Mbwelesu) restent dangereuses.

  •  Mayon, une pause toute relative
Ile de Luçon (Philippine) – Altitude 2462 m

 

 Le Mayon est toujours dans un état d’activité latent. En effet, du 3 au 8 décembre, ce sont des panaches blancs (dépourvus de cendres) qui s’élèvent occasionnellement au-dessus du cratère du Mayon (source : PHIVOLCS – Philippine Insitute of Volcanology and Seismology). Ils se dispersent au WSW, SSW et NW.

Au moins 3 tremblements de terre d’origine volcanique sont enregistrés chaque jour.

Les mesures d’évacuation sont maintenues et le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 0 à 5).

  • Ontakesan, statu quo
Honshu (Japon) – Altitude 3067m

Depuis sa violente éruption du 27 septembre, le Mont Ontake connaît un net retour au calme. Les observations sur le Mont Ontake sont toujours difficiles à cause de la fréquente couverture nuageuse. Le 7 décembre, on peut néanmoins apercevoir des panaches blancs (dépourvus de cendres) qui s’élèvent 100 m au-dessus du cratère (source : JMA – Japan Meteorological Agency).

Le bilan de l’éruption brutale du 27 septembre, est toujours de 56 tués et 7 disparus.

Le niveau d’alerte est maintenu à 3 (sur une échelle de 1 à 5).

  • Popocatépetl, il explose
Mexique – Altitude 5426 m

 Entre le 3 et le 9 décembre, les données sismiques permettent de mettre en évidence une activité marquée par l’émission continue de vapeur et autres gaz, avec, occasionnellement, de petites quantités de cendres (source : CENAPRED – Centro Nacional de Prevencion de Desastres).

PacifiqueEst

Le 3 décembre, un panache de cendres s’élève à 800 m au-dessus du cratère et se dirige vers le WSW. Une explosion ce produit ce jour-là à 21h54. D’autres explosions ont lieu, avec la production de panaches dont les hauteurs sont comprises entre 600 et 800m.

Le lendemain, deux panaches sont observés et atteignent des hauteurs de 400 à 600 m, il se disperse vers le SW.

Le 6, deux explosions ont lieu à 5h44 et 6h08, elles entrainent la formation de panaches contenant peu de cendres et s’élevant à 800m de haut. Ce même jour, un petit éboulement est enregistré par une webcam, il a lieu sur le flanc nord.

Une explosion a lieu à 4h31 le 8 décembre, elle provoque l’éjection de tephras incandescents et la formation d’un panache de cendres qui s’élève à 3000 m au-dessus du cratère.

De petites retombées de cendres ont lieu à Tetela del Volcán (20 km au SW).

Deux explosions ont encore lieu le 9 à 9h17 et 9h33.

  •  Reventador, panaches, panaches…
Equateur – altitude 3562 m

 Entre les 3 et 9 décembre, l’IG (Instituto Geofisico) fait état d’une activité sismique modérée sur le Reventador. Le 3 décembre, on peut observer des émissions de vapeur. Le 4, les panaches contiennent un petit peu de cendres, il s’élèvent à 200 m au-dessus du cratère et se dispersent vers le sud. Le 5 décembre, une webcam permet d’observer les émissions de gaz et de vapeur ainsi qu’une coulée de lave sur le flanc est.

Les panaches de vapeur atteignent jusqu’à 700 m de haut le 7 décembre, ils se dispersent vers le NW, le 9, c’est vers le SW qu’ils se dirigent.

  •  Turrialba, coup de gueule
Costa Rica – Altitude 3340 m

 

 Le 8 décembre, une forte explosion « strombolienne » secoue le Turrialba. Elle dure environ 10 minutes. Il est à noter qu’aucun signe précurseur ne l’a précédée. Environ 1 cm de cendres se dépose jusqu’à 300m du cratère et en direction de l’ouest (source : OVSICORI-UNA – Observatorio Vulcanologico y Sismologico de Costa Rica – Univsersidad Nacional).

  •  Aira, explosions sur stratovolcan
Kyushu (Japon) – Altitude 1117 m

 Entre les 5 et 8 décembre, le VAAC de Tokyo (Volcanic Ash Advisory Center) rapporte que 3 explosions se sont produites sur le cratère Showa dans la caldera Aira (stratovolcan Sakurajima). Les tephras sont éjectés jusqu’à 1800 m du cratère. Les panaches atteignent des altitudes comprises entre 1800 et 3000 m et se dispersent vers le SE et l’est.

 Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 5).

  •  Asosan, activité en cours
Ile Kyushu (Japon) – Altitude 1592 m

 Sur la preuve de données sismiques et de mesures d’infrasons, le JMA (Japan Meteorological Agency) rapporte que l’éruption qui a débuté le 25 novembre sur le cratère Nakadake se poursuit entre les 1er et 8 décembre. Le mauvais temps masque fréquemment le volcan, empêchant les observations directes. Le 2 décembre, de petites retombées de cendres sont observées à Sensui Gorges, 2 km au NE du cratère Nakadake.

 Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 5).

  •  Barbarbunga, les 100 jours
Islande – Altitude 2009m

 Du 3 au 9 décembre, l’IMO (Icelandic MET Office) maintient l’alerte orange pour l’aviation du fait de l’activité incessante sur la fissure éruptive de Holuhraun.

Le 9 décembre, cela a fait 100 jours exactement que le Bardarbunga est entré en éruption. Voilà l’occasion de faire un petit bilan.

Le Conseil Scientifique de la Protection Civile Islandaise a compilé les données depuis le début de l’éruption (soit du 31 août au 3 décembre) : il se dégage de cette analyse une diminution du taux de subsidence sur la caldera : de 80 cm par jour au début, on est passé à 25 cm par jour actuellement. La subsidence est concentrée au centre de la caldera. Cette analyse montre également une diminution de l’intensité de l’activité éruptive sur la zone de Holuhraun. La zone recouverte par la lave atteint une surface de 76 km2 (mesure du 9 décembre). Cela en fait le plus grand champ de lave observé en Islande depuis l’éruption du Laki (1783-1784) ce qui n’est pas la moindre des références. Il est également important de noter que la sismicité reste élevée.

Le Bardarbunga, une éruption effusive majeure Vu depuis le NNW, début décembre 2014 Image courtesy of Icelandic MET Office - Photographe: Martin Hensch
Le Bardarbunga, une éruption effusive majeure
Vu depuis le NNW, début décembre 2014
Image courtesy of Icelandic MET Office – Photographe: Martin Hensch

 

Enfin, les émissions de gaz ont eu un impact dans toute l’Islande pour la première fois en 150 ans. La pollution de l’air liée à l’éruption provoque des mises en garde quotidiennes pour les populations locales.

Progression de la coulée entre le 29/08/14 et le 14/11/14. image courtesy of Icelandic MET Office
Progression de la coulée entre le 29/08/14 et le 14/11/14. image courtesy of Icelandic MET Office.

En d’autres termes, l’éruption du Bardarbunga est une éruption majeure en Islande durant toute la période historique. Je suis désolée de devoir déboulonner un mythe médiatique, mais à côté du Bardarbunga, l’éruption de l’Eyjafjallajökull fut somme toute bien fade…

  •  Fogo, deux villages quasiment rayés de la carte.
Cap Vert – altitude 2829 m

 L’éruption continue sur la zone du Pico de Fogo, dans la caldera de Cha.

L’éruption s’est intensifiée le 6 décembre : la coulée émise par le Pico de Fogo a atteint une vitesse de progression jusqu’à 30 mètres par heure !

Dans l’après-midi de ce même jour, 20 maisons se situant dans la partie nord du village de Portela ont été détruites. Les autorités ont prononcé une évacuation complète de la zone. Une nouvelle route a été coupée par la coulée et plus tard, toujours dans la journée du 6, cette dernière a rejoint le village de Bangaeira. En peu de temps, plus de la moitié de ce village a été recouvert par la lave, très fluide. Le soir, il ne restait que quelques maisons intactes.

Diapositive1

De plus, les émissions de cendres ont conduit à annuler les vols sur l’île.

Le 8 décembre, environ 90% du village de Bangaeira et 95 % du village de Portela ont été détruits par la coulée. 1500 personnes ont été évacuées, 848 de ces personnes doivent loger dans des abris d’urgence.

Apres avoir traversé ces deux villages le front de coulée mesurait 300 m de large. Le 9 la coulée a connu un ralentissement.

  • Kilauea, place du marché, y’a une coulée
Iles d’Hawaii (USA) – Altitude 1222m

 Le HVO (Hawaiian Volcano Observatory) nous rapporte que, entre le 3 et le 9 décembre, le niveau du lac de lave monte et descend occasionnellement dans le cratère Halema’uma’u (l’un des cratères du Kilauea).

Les dépôts de cendres, petites bombes et cheveux de Pelé (tephras) se poursuivent autour de l’évent. Les petites particules peuvent parcourir plusieurs kilomètres.

Les émissions de gaz restent élevées (source HVO – Hawaiian Volcano Observatory).

 La coulée du 27 juin est toujours active. Toutefois sa progression connaît un affaiblissement. Un lobe étroit se détache sur la bordure ouest de la coulée principale et avance à une vitesse de plusieurs centaines de mètres par jour. Le 9 décembre, le front de coulée est mesurée à 3,5 km de l’intersection entre la rue principale de Pahoa et l’autoroute n° 130, à proximité de la place du marché de Pahoa.

Carte de la coulée du 27 juin actualisée le 9/12/14: la partie active est en rouge (à gauche donc). Image courtesy of HVO/US Geological Survey.
Carte de la coulée du 27 juin actualisée le 9/12/14: la partie active est en rouge (à gauche donc). Image courtesy of HVO/US Geological Survey.

 

Pour rappel, le cratère Pu’u O’o (zone est du volcan Kilauea) est en activité depuis le 3 janvier 1983. Depuis 31 ans, son activité est sans relâche.

  • Sinabung, panaches à répétition
Indonésie – Altitude 2460 m

 A partir des webcams sur le site et de modèles météo, le VAAC de Darwin (Volcanic Ash Advisory Center) note qu’un panache de cendres, produit le 3 décembre, s’est élevé à une altitude de 3000 m et s’est dispersé vers l’est. Les éruptions du 5 au 7 décembre ont également produit des panaches de cendres qui ont parcouru entre 2 et 20 km dans de multiples directions. Le 9, un panache s’est élevé jusqu’à 4300 m d’altitude et s’est ensuite dirigé vers l’ouest.

  • Shishaldin, Christmas volcano 2014
Fox Islands (USA) – Altitude 2857 m

 L’AVO (Alaska Volcano Observatory ) rapporte que la sismicité est toujours élevée sur le Shishaldin. Lorsque le temps le permet, les images satellites mettent en évidence une anomalie thermique (c’est chaud).

Le 9, les webcam montre de faibles émissions de vapeur. Il est probable que la production d’une petite quantité de lave se poursuive à l’intérieur du cratère du volcan.

Le code couleur pour l’aviation reste à orange.

Et accessoirement, le Shishaldin est Chritsmas volcano 2014…

christmasvolcano

  • Shiveluch, c’est toujours pareil
Kamchatka (Russie) – Altitude 3283m

 Du 27 novembre au 4 décembre, l’extrusion (= mise en place) du dôme de lave sur le flanc nord du Shiveluch continue et s’accompagne d’avalanches de débris chaudes et d’une activité fumerolienne (source : KVERT – Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team).

Une anomalie thermique est détectée sur le dôme via les images satellites les 28 et 29 novembre ainsi que le 2 décembre. La couverture nuageuse empêche toute observation les autres jours.

Le code couleur pour l’aviation reste à orange.

  •  Zhupanovsky, toujours très actif
Kamchatka – Altitude 2899 m

 Les explosions avec production de cendres se poursuivent sur le Zhupanovsky entre le 25 novembre et le 1er décembre (source : KVERT – Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team). Les panaches de cendres atteignent une altitude de 6000 m et parcourent jusqu’à 422 km en direction de l’est et du SE.

Une anomalie thermique (c’est chaud) est détectée sur les images satellites les 28 et 29 novembre. Les autres jours, soit le volcan est calme, soit il est caché sous l’épaisse couverture nuageuse.

Le code couleur pour l’aviation civile est maintenu à orange.

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Activité mondiale du 15 au 28 octobre 2014

Braderie d’automne…

Je suis un peu à la bourre, donc aujourd’hui, je vous offre deux semaines d’activité volcanique pour le prix d’une… voici le bilan de l’activité volcanique mondiale et terrestre entre les 15 et 28 octobre.

Et dans la série GLOIRE AU VOLCAN INCONNU, allez donc voir ce qui se passe sur le volcan Cerro Negro de Mayasquer. La forte sismicité dont il est le siège fait crainte l’imminence d’un éruption dans les semaines à venir: le suspens est à son comble!!

tableauFINoct
ableau récapitulatif – C’est écrit trop petit? Cliquez dessus pour agrandir.

 

Accès direct aux textes concernant les volcans de la semaine:

Asosan
Cerro Negro de Mayasquer
Etna
Karangetang Api
Sabancaya
Aira
Bardarbunga
Copahue
Kilauea
Mayon
Ontakesan
Poas
Popocatepetl
Santa Maria
Sinabung
Shishaldin
Shiveluch
Stromboli
Zhupanovsky

  • Asosan, brève eruption
Kyushu (Japon) – Altitude 1592m

 Encore une fois, l’Aso fait partie de ces volcans qui ne sont jamais vraiment à l’arrêt. Le JMA (Japan Meteorological Agency) rapporte qu’une activité sismique (de type trémors) traduit une petite éruption dans le nuit du 22 octobre. Le lendemain, on découvre de la cendre agglutinée sur la webcam situé à proximité du cratère. Lors d’une séance de travail sur le volcan, les volcanologues japonais ont remarqué des retombées de cendres fraiches autour du cratère Nakadake. Tout ceci confirmant évidemment ce que laisser penser les données sismiques.

Le niveau d’alerte est maintenu à 2 (sur une échelle de 1 à 5)

  • Cerro Negro de Mayasquer, une très forte activité sismique
    Frontière Colombie/Equateur – Altitude 4445m

 Le 20 octobre, le Servicio Geologico Colombiano (SGC) enregistre un séisme de magnitude 5,8 au voisinage des volcans Cerro Negro et Chiles et à une profondeur inférieure à 10 km.

Les conséquences immédiates de la série de séismes de cette fin octobre.

Le 21, le SGC élève le niveau d’alerte sur le volcan. En effet, en l’espace de 18 heures, ce sont 4300 séismes qui ont été détectées à des profondeurs comprises entre 3 et 5 km et des magnitudes de 0,2 à 4,5. Les habitants du secteur ont ressenti 11 de ces évènements. Le 22, un rapport note que 7717 séismes ont été enregistrés dans la journée du 21.

 La semaine suivante, la sismicité continue à un rythme soutenu (source : SGC et IGEPN – Instituto Geofísico de la Escuela Politécnica Nacional).

La zone autour des volcans Cerro et Chiles est en alerte orange.

Depuis le 29 septembre, ce sont 81 000 séismes qui ont été détectés, 6300 d’entre eux ont eu lieu le 25 octobre. Les épicentres sont situés entre 2 et 3,5 km au sud de Chiles.

3500 familles ont été évacuées (Chiles, Panam et villages de Mayasquer).

Le niveau d’alerte est orange.

  • Etna, Activité au NSEC
Sicile (Italie) – Altitude 3330m

 Dans l’après-midi du 7 octobre, le nouveau cratère sud-est de l’Etna (ou NSEC : New Southeast Crater) a connu une période d’activité faible et intermittente. Le matériel incandescent est éjecté à quelques dizaines de mètres du cratère. Les cendres fines sont rapidement dispersées par le vent.

  •  Karangetang Api, panaches…
Ile Siau (Indonésie) – Altitude 1784 m

 Le 20 octobre, des panaches de cendres s’échappent du Karangetang, ils atteignent 3000 m d’altitude et se dispersent 75 km vers le NW (analyses d’images satellites par le Darwin Volcanic Ash Advisory Center)

  •  Sabancaya, cendres ou pas cendres ?
Pérou – Altitude 5967 m

 Du 21 au 27 octobre, l’activité sismique est faible et sporadique. Des panaches blancs s’élèvent jusqu’à 1200 m au-dessus du cratère (source : IGP – Instituto Geofisico del Perú). Un pilote d’avion rapporte avoir vu un panache de cendres s’échapper du Sabancaya et se diriger vers l’est. Cependant, le VAAC de Buenos Aires indique qu’aucune émission de cendres n’a été détectée sur les images satellites ce jour-là. La webcam in situ montre des émissions de gaz et de vapeur avec vraisemblablement de la cendre très diffuse. La même chose se reproduit le 25, un pilot rapporte avoir vu des cendres se dirigeant vers l’est mais les images satellites ne les ont, encore une fois, pas détectées.

  • Aira, explosions et panaches
Kyushu (Japon) – Altitude 1117 m

 Du 14 au 17 octobre, 3 explosions sont enregistrées sur le cratère Showa, dans la caldera Aira sur le volcan Sakurajima (source JMA : Japan Meteorological Agency). Ces explosions ont été à l’origine de l’éjection de tephras jusqu’à 1300 m de distance. Les 16, 18 et 21 octobre, le VAAC (Volcanic Ash Advisory Center) de Tokyo rapporte la présence de panaches de cendres s’élevant de 1800 à 3000 m d’altitude.

Deux explosions ont également lieu entre le 20 et le 24 octobre sur le cratère Showa. Celle du 24 a entrainé la formation d’un panache entre 3000 et 4600m de haut et si dirigeant vers l’est. La hauteur des panaches émis baisse à 2700m les 25-26 puis 2400 le 28.

 Le niveau d’alerte est maintenu à 3 (sur une échelle de 1 à 5)

  •  Barbarbunga, aucun répit depuis plus de deux mois
Islande – Altitude 2009m

Du 15 au 28 octobre, l’IMO (Icelandic MET Office) maintient l’alerte orange pour l’aviation du fait de l’activité incessante sur la fissure éruptive de Holuhraun. La subsidence de la caldera continue à un rythme de 30 à 40 cm par jour, ce qui n’est pas négligeable. La subsidence se concentre désormais dans le NE de la caldera et le volume totale de celle-ci, en date du 15 octobre, était estimé à 0,75 km3.

Le 18 octobre, un séisme de magnitude 5,4 est détecté au nord du Bardarbunga. C’est l’un des plus important enregistré depuis le début de l’éruption.

La production de lave sur la fissure éruptive de Holuhraun continue à un taux inchangé. Le 27 octobre, la surface recouverte par la lave depuis le début de l’éruption est de 64,6 km2.

Dans la semaine du 22 au 28, l’activité se concentre sur l’évent principal, appelé cratère Baugur. Celui-ci atteignait 80 m de haut le 24 octobre.

Le cratere Baugur, ici en septembre de cette année.

La subsidence au niveau de la caldera se poursuit également dans la semaine du 22 au 28. Un survol de la zone effectué le 24 permet de la mesurer : elle a atteint 40 m ! Le 27, des mesures géothermales montrent que la température des eaux souterraines a augmenté.

En un mot, durant les deux semaines qui viennent de s’écouler, l’activité sur le Bardarbunga est persistante et ne connaît pas de répit.

  •  Copahue, explosions en série.
Frontière Chili/Argentine – Altitude 2953 m

 Le 15 octobre, 4 explosions sont enregistrées et des panaches de cendres gris s’élèvent jusqu’à 300 m au-dessus du cratère El Agrio (source : SERNAGEOMIN – Servicio Nacional de Geologia y Mineria). Le 17, les panaches sont blancs (donc quasiment dépourvus de cendres) et atteignent 100 m de haut. Le 18, l’activité sismique est faible.

Le 19 marque un regain d’activité avec 6 explosions et la production de panaches de cendres atteignant, cette fois-là encore, 300 m de haut. Le 20 octobre, le Copahue est secoué par une série de 12 explosions.

Le 24, le SERNAGEOMIN rapporte une tendance à la baisse de la sismicité avec également des émissions de tephras beaucoup plus sporadiques et diffuses et concernant seulement quelques panaches.

Un petit lac de boue s’est formé dans le cratère.

 Le SERNAGEOMIN baisse le niveau d’alerte à jaune et recommande de ne pas pénétrer dans la zone située dans un rayon de 3 km autour du cratère.

  •  Kilauea, la commune de Pahoa touchée par la coulée du 27/06
Iles d’Hawaii (USA) – Altitude 1222m

 Le HVO (Hawaiian Volcano Observatory) nous rapporte que, entre le 15 et le 21 octobre, le niveau du lac de lave monte et descend occasionnellement dans le cratère Halema’uma’u (l’un des cratères du Kilauea). Les dépôts de cendres, petites bombes et cheveux de Pelé (tephras) se poursuivent autour de l’évent. Les petites particules peuvent parcourir plusieurs kilomètres.

Les émissions de gaz restent élevées (source HVO – Hawaiian Volcano Observatory).

La coulée du 27 juin, issue du cratère Pu’u O’o poursuit sa progression. Le 22, un écoulement étroit (moins de 50 m de large) se détache de la coulée principal et s’engage dans une ravine. Sa vitesse est variable mais peut parfois atteindre 300 m par jour (ce qui est beaucoup).

Aux environs de 3h50 le 25 octobre, la coulée du 27 juin traverse la rue Apa’a (ville de Pāhoa, disctrict de Puna) puis continue sa progression en direction de la ville de Pahoa. Durant la matinée du 25, la coulée s’est avancée en direction du cimetière puis a tourné vers le SE. Le 27, la coulée est à environ 570 m de la rue principale de Pahoa. Le 28, vers 2h00, elle pénètre, pour la première fois depuis le début de son parcourt, dans une propreté privée. A 17h30, elle n’est plus qu’à 310 m de la rue principale et 900 m (en ligne droite) de l’autoroute n°130.

Hawaï: la coulée traverse la rue Apa’a (commune de Pahoa) Image courtesy of HVO/US Geological Survey
Hawaï: la coulée traverse la rue Apa’a (commune de Pahoa)
Image courtesy of HVO/US Geological Survey

Pahoa compte entre 800 et 900 habitants. L’école et plusieurs routes ont été fermées. Des travaux sont en cours pour réaliser des routes temporaires ainsi que des barrages pour essayer de détourner la coulée de l’autoroute 130.

Le code couleur pour l’aviation reste à orange.

Pour rappel, le cratère Pu’u O’o (zone est du volcan Kilauea) est en activité depuis le 3 janvier 1983. Depuis 31 ans, son activité est sans relâche.

  • Mayon, l’activité continue mais plus clamement
Ile de Luçon (Philippine) – Altitude 2462 m

 Du 14 au 28 octobre, ce sont des panaches blancs (dépourvus de cendres) qui s’élèvent au-dessus du cratère du Mayon (source : PHIVOLCS – Philippine Insitute of Volcanology and Seismology). Des chutes de blocs ont lieu le 14, du 23 au 25 et le 28 et sont détectées par leur signature sismique. Entre le 18 et le 21 des séismes d’origine volcanique sont enregistrés. Une nouvelle coulée est repérée lors d’un survol de la zone, elle mesure environ 400 m de long le 20 octobre.

Le niveau d’alerte est maintenu à 3 (sur une échelle de 0 à 5)

  • Ontakesan, l’hiver interrompt les recherches
Honshu (Japon) – Altitude 3067m

 Entre le 15 et le 28 octobre, la couverture nuageuse rend les observations difficiles sur le volcan Ontake (source : JMA – Japan Meteorological Agency). Seuls des panaches blancs sont observés entre les 16 et 19 octobre, ils atteignent au maximum 600 m de haut et se dispersent vers le NE ou SE.

Entre le 22 et le 28 octobre, la couverture nuageuse empêche souvent toute observation mais lorsque celles-ci sont possibles, on ne voit toujours que quelques panaches blancs s’élevant entre 100 et 300 m au-dessus du cratère. La sismicité est faible.

Les recherches des 7 personnes toujours portées disparues ont été interrompues en raison des conditions hivernales qui s’installent dans la région. Elles reprendront au printemps.

Le bilan de l’éruption du 27 septembre, est donc toujours de 56 tués et 7 disparus.

Malgré ces signes d’une relative accalmie, le niveau d’alerte est maintenu à 3 (sur une échelle de 1 à 5).

  •  Poás, une éruption phréatique
Costa Rica – Altitude 2708 m

 L’ l’OVSICORI-UNA (Observatorio Vulcanologico y Sismologico de Costa Rica – Univsersidad Nacional) rapporte qu’une éruption phréatique (voir DICO) a été enregistrée sur le Poás le 13 octobre à 8h58. Elle a duré une minute et demie et des matériaux issus de cette éruption ont été éjectés jusqu’à 250 m en dessous du lac de cratère. Des retombées de cendres ont également été observées.

  • Popocatépetl
Mexique – Altitude 5426 m

 Le 14 octobre, lors d’un survol du cratère du Popocatépetl, les volcanologues ont pu constater que le cratère formé en juillet 2013 s’était agrandi de 350 m (source : CENAPRED – Centro Nacional de Prevencion de Desastres). Le sommet de ce nouveau cratère se situe 100 m en dessous du cratère principal. Le dôme mis en place à partir d’août de cette année n’était pas visible à ce moment-là. L’activité se manifeste cette semaine par l’émission de vapeur, de gaz et occasionnellement de petites quantités de cendres.

Deux explosions de faible intensité sont détectées les 17 et 19 octobre.

Du 22 au 28 octobre, les émissions de vapeur, gaz et de petites quantités de cendres se poursuivent. Une petite explosion a lieu le 25 et provoque l’éjection de tephras jusqu’a 100 m sur le flanc sud du volcan et la formation d’un panache de vapeur et de gaz s’élevant à 1500 m au-dessus du cratère et se dispersant vers le SW. Des retombées de cendres sont rapportées à Tetela del Volcán (20 km au SW).

Le 26, une nouvelle explosion a lieu, les tephras parcourent 200 m sur le flanc nord et le panache (toujours peu chargé en cendres) atteint 1100 m et se disperse au NW

  •  Santa Maria,
Guatemala – Altitude 3772 m

 Les 22 et 23 octobre, des avalanches se produisent au front de la coulée active située sur le flanc sud du volcan (les front de coulée sont toujours assez instable et il est fréquent que des « éboulis » s’y produisent). La partie la plus active de la coulée se dirige vers le sud. Des explosions phréatiques (rencontre de magma et d’eau) ont lieu dans le milieu et les parties basses de la coulée (source : INSIVUMEH  – Instituto Nacional de Sismologia, Vulcanologia, Meteorologia e Hidrologia).

Le 24, un lahar descend sur le flanc SW du volcan, charriant des blocs de 1 à 2 m de diamètre.

Les 25 et 26, un épais nuage blanc s’élève à 500 m au-dessus du cratère puis se disperse vers le SW.

  •  Sinabung, éruptions casi-quotidiennes
Indonésie – Altitude 2460 m

 Du 15 au 20 octobre, on peut observer quotidiennement de petites éruptions sur le Sinabung. Ces éruptions entraînent la formation de panaches de cendres allant jusqu’à une altitude de 4300 m et se dirigeant 55 km au NW du 15 au 17 octobre puis vers le ESE le 19.

Du 23 au 24 octobre, les panaches de cendres se dispersent de 15 à 40 km vers le nord et le SW. Une petite éruption est observée le 25 et produit une petite quantité de cendres avec un panache se dispersant 30 km WNW.(source : VAAC de Darwin – Volcanic Ash Advisory Center). D’autres éruptions génèrent des panaches les 26 et 27. Le 27, le PVMBG note que le panache a atteint 5500 m d’altitude avant de se dissiper.

Enfin, le BNPB note que l’activité est importante le 27 et que le 26 des écoulements pyroclastiques ont dévalé le flanc sud sur 3,5 km.

3284 personnes (soit 1018 familles) ont été évacuées et vivent toujours dans des campements.

  • Shishaldin
Fox Islands (USA) – altitude 2857 m

 La sismicité indique qu’une éruption de faible intensité se poursuit au Shishaldin (source : AVO – Alaska Volcano Observatory). Une anomalie thermique est régulièrement détectée par satellite (dès que la couverture nuageuse se délite et que les observations sont possibles). L’activité sismique traduit, quant à elle, des explosions, occasionnelles et de faible ampleur.

Toutefois, l’activité sismique marque une augmentation le augmente le 25, laquelle s’accompagne de l’élévation des températures de surfaces au sommet (mesurée sur les images satellites). Le 26, un dépôt de tephras était visible au sommet (sur la webcam) et à quelques centaines de mètres de celui-ci, traduisant un évènement de relativement haute énergie .

Le code couleur pour l’aviation reste à orange.

  • Shiveluch
Kamchatka (Russie) – Altitude 3283m

L’extrusion (= mise en place) du dôme de lave sur le flanc nord du Shiveluch continue et s’accompagne d’explosions, de production de cendres, d’avalanches de débris chaudes et d’une activité fumerolienne (source : KVERT – Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team). Une anomalie thermique est détectée par satellite au niveau du dôme Les 10, 11, 15 , 17, 20 et 22 octobre. Les nuages masquent le volcan les autres jours.

 Le code couleur pour l’aviation reste à orange.

  • Stromboli, tellement « strombolien »
Iles éoliennes (Italie) – Altitude 924 m

Durant les deux mois qui viennent de s’écouler, l’activité sur le Stromboli s’est poursuivie depuis un évent situé à 650 m d’altitude (source : INGV – ). Les coulées s’étendent jusqu’à la partie basse de la Sciara del Fuoco. Durant les semaines qui viennent de s’écouler, on a également pu observer de sporadiques émissions de cendres depuis les évents situés à proximité du sommet.

  • Zhupanovsky,
Kamchatka – Altitude 2899 m

L’éruption explosive du Zhupanovsky se poursuit du 10 au 24 octobre (source : KVERT : Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team). Les données satellite ont permis de détecter une anomalie thermique et des panaches de cendres. L’un de ces panaches a atteint 9000 m d’altitude le 11 octobre et s’est dispersé jusqu’à 411 km au NE les 11 et 12. La couverture nuageuse rend les observations impossibles les autres jours.

Le code couleur pour l’aviation civile reste à orange.

Activité mondiale du 1er au 7 octobre 2014

Cette semaine, la Terre ne se déchaine pas…

 

Ah merde alors… Ben oui, mais autant parler franchement, ce n’est pas cette semaine que la terre se déchaîne. Pas de gros titres, pas de une de journaux TV. C’est le calme plat… enfin presque.

Lire la suite Activité mondiale du 1er au 7 octobre 2014

Activité mondiale du 3 au 9 septembre

L’activité est bien fournie cette semaine, de l’ile lilliputienne la plus inconnue aux mastodontes médiatiques, faisons un tour d’horizon en cartes et vidéos.

Aujourd’hui je laisse la vedette à deux toutes petites iles volcaniques: Barren (en mer d’Andaman) et Manam en Papouasie Nouvelle Guinée. Pour qu’elles existent un petit peu dans l’esprit des hommes…

A l’opposé, je reviens faire le point sur le très médiatique Bardarbunga. Contrairement à ce que vous pouvez lire ou entendre, non, le Bardarbunga n’est pas à l’arrêt ! Explications ci-dessous…

Enfin, comme il est assez peu commun de maitriser sa géographie islandaise sur le bout des jökull(s?), je vous ai rajouté cartes et explications pour essayer d’éclaircir ce brouillard volcanique. Dyngjujökull, au scrabble, ça peut faire son effet. Et vous allez enfin comprendre où il est situé.

tableau 3-9
Tableau récapitulatif – C’est écrit trop petit? Cliquez dessus pour agrandir.
Ile de Barren, vit sa vie mais est surpris de temps à autre
Archipel d’Andaman (Inde) – Altitude 354m

 Le Darwinn VAAC (Volcanic Ash Advisory Centre) rapporte l’émission de cendres depuis l’ile de Barren. Cette information est basée sur un SIGMET émis le 9 septembre à la mi-journée. Un SIGMET est un « SIGnificant METeorological Informaion », message destiné aux aéronefs et signalant les phénomènes météorologiques dangereux.. Le panache étant peu développé, il n’a pu être identifiable sur les images satellites.

L’ile de Barren se trouve 1500km à l’est du continent indien, en Mer d’Andaman (dézoomez la carte ci-dessus pour visualiser)

Manam, pris en flag’ par images satellites
Papouasie Nouvelle Guinée – Altitude 1807m

 Des images satellites en date du 6 septembre montrent une propagation de cendres au dessus de l’île de Manam à 10h32 et 11h32. Le panache atteint 2100m de haut et parcourt 27 km vers le nord-ouest. Manam vient compléter le tableau des deux volcans de Papouasie Nouvelle Guinée dont j’ai parlé la semaine dernière : le Tavurvur (Rabaul) et le Bagana (plus discret cette semaine).

Manam
Manam, le Tavurvur et le Bagana
Aira, un volcan à hauts risques
Kyushu (Japon) – Altitude 1117 m

 Le niveau d’alerte 3 est maintenu par le JMA (Japan Meteorological Agency) sur la caldeira Aira (volcan Sakurajima).

L’Aira est toujours aussi explosif avec 41 explosions enregistrées entre le 1er et le 7 septembre. L’émission de cendres est rapportée par le VAAC de Tokyo mais elle n’est pas observable sur les images satellites et ce jusqu’au 9 septembre. Le 9 septembre, à 4h37, on peut enfin observer le panache sur les images satellites, il atteint alors 3300m et se dirige vers le sud. Une activité sismique est également enregistrée.

 Asosan, 1200 tonnes de SO2 par jour !
Kyushu (Japon) – Altitude 1592 m

C’est à cela qu’a ressemblé l’activité de notre bon Monsieur Aso cette semaine

Le 1er septembre, une éruption a lieu sur le cratère Nakadake, elle engendre un petit panache de couleur blanc cassé (on est très à cheval sur les couleurs en volcano…), ce qui suggère la présence d’un petite quantité de cendres (source : JMA : Japan Meteorological Agency). Ce panache atteint 1200 m de haut. Les séismes d’origine volcaniques sont importants : entre 48 et 92 par jour du 1er au 4 septembre ; et entre 55 et 129 par jour du 5 au 7.

Une éruption a également lieu le 6 avec un panache consécutif de 600 m de haut.

Le taux de SO2 émis est toujours notable : 1200 tonnes par jour.

Barbarbunga, non, il n’est pas à l’arrêt !
Islande – Altitude 2009m
Le site de l'éruption, en Islande
Le site de l’éruption, en Islande

 Entre le 3 et le 9, les émissions de lave, de gaz et une activité sismique élevée continuent dans le secteur de Holuhraun. Les observations de terrain montrent toutefois que la production de cendres est négligeable.

Des images radar montre une dépression de 0,5 à 1 km de large au niveau du glacier Dyngjujökull (situé à environ 2 km au sud de l’endroit où se déroule l’éruption). Le Dyngjujökull est un lobe glaciaire situé à l’extrémité septentrionale du Vatnajökull, l’énorme calotte de glace située au sud-est de l’Islande).

Le 4, l’activité effusive est constante et la coulée émise recouvre alors 10,8 km2. Le 5, deux nouvelles fissures sont observées au sud de la zone active. Ces fissures produisent de la lave, mais à un taux moindre que la fissure principale. Un panache de vapeur est observé ce jour-là, il atteint 460 m de haut.

Le 6, de grands changements sont observées au niveau du glacier situé au-dessus du Bardarbunga (le Vatnajökull) : une large zone, correspondant au plancher de la caldera du Bardarbunga s’est enfoncée. Il n’y a pas de signes d’éruption. Il s’agirait donc « seulement » d’une subsidence d’origine tectonique (disons « mécanique »).

Le Bardarbunga est situé sous le Vatnajökull et les fissures actuellement actives à Holuhraun en sont le prolongement.

Parallèlement, on remarque que deux petites dépressions sont apparues au niveau du Dyngjujökull (pointe nord du Vatnajökull), suggérant que de brèves éruptions sous-glaciaires ont eu lieu.

bardarZOOM
C’est vrai qu’on s’y perd un peu dans les jökull(s?) islandais. Dyngjujökull est un lobe glaciaire situé à la pointe nord du Vatnajökull

Le 7 septembre, le taux d’effusion sur la fissure principale est de 100 à 200 m3 par seconde… c’est pas mal. Ce jour-là, la coulée rejoint une rivière (Jökulsá á Fjöllum), de la vapeur est produite mais aucune activité explosive significative due à la rencontre entre l’eau et la lave n’est rapportée.

Les 8 et 9, les deux petites fissures méridionales, ouvertes le 5, semblent se mettre à l’arrêt. La totalité de l’ère recouverte par les coulées atteint alors 19 km2.

Le code pour l’aviation civile est orange.

Non, décidément, on ne peut pas dire que le Bardarbunga ait ni cessé, ni diminué en activité…

Bezymianny, pour qu’on ne l’oublie pas
Kamchatka Central (Russie) – Altitude 2882m

 Une activité sismique de faible intensité continue ainsi qu’une activité fumerolienne modérée. Une petite anomalie thermique est également rapportée par les données satellite (c’est un peu chaud). Bref, le Bezymianny n’est pas complètement au repos mais pas franchement actif non plus… Volcan « ni-ni ».

Fuego, un lahar de 75m et une route coupée.
Guatemala – Altitude 3763 m

Le 2 septembre, un lahar roule sur le flanc sud-ouest : 75 m de large pour 2,5m de haut. Cet écoulement boueux coupe la route qui relie Santa Lucia Cotzulmaguapa et les petits villages de Morelia, Santa Sofía, and Panimaché.

Du 3 au 9, le INSIVUMEH (Instituto Nacional de Sismologia, Vulcanologie, Meteorologia e Hidrologia) rapporte que des panaches de fumerolles atteignent de 300 à 600 m au-dessus du sommet du Fuego. Des explosions faibles à modérées avec expulsions de cendres ont lieu chaque jour avec des panaches de 500 à 800 m. On rapporte également de petites avalanches de débris, toujours sur le quart sud-ouest des flancs du volcan.

Les villages de Yepocapa (8 km au WNW), Sangre de Cristo (8 km au WSW), Panimaché I and II (8 km au SW), Morelia (10 km au SW), Santa Sofía (12 km au SW), Yucales (12 km au SW), et Porvenir (8 km au ENE), entre autres, subissent des retombées de cendres.

 Karymsky, discret
Kamchatka oriental (Russie) – Altitude 1536m

L’activité sismique demeure modérée à faible cette semaine. Un panache de cendres de 4000m de haut a pu être observé par satellite le 3, il s’est propagé 9km vers le ouest-sud-ouest. C’est donc une activité bien réelle mais relativement discrète. (source : KVERT : Kamchatkan Volcanic Erutpion Response Team)

Brochette de volcans, Pacifique nord
Brochette de volcans, Pacifique nord
 Kilauea, et la coulée ? Et ben… elle coule toujours
Iles d’Hawaii (USA) – Altitude 1222m

 Le HVO (Hawaiian Volcano Observatory) nous rapporte que, entre le 3 et le 9 septembre, le niveau du lac de lave monte et descend dans le cratère Halema’uma’u, restant entre 50 et 60 m en dessous des lèvres du cratère.

Les dépôts de cendres, petites bombes et cheveux de Pelé se poursuivent autour de l’évent. Les petites particules parcourent plusieurs kilomètres. Les émissions de gaz restent élevées, particulièrement le 2 (entre 3300 et 6700 tonnes de gaz par jour).

Quelques imprécisions dans le commentaire mais cette video donne une bonne idée de ce qui se passe à Hawaii.

Au niveau du cratère Pu’u O’o, il n’y a pas beaucoup de changement. Le 3, le niveau d’alerte a cependant était élevé du fait de l’avancée de la coulée du 27 juin. Le 10 septembre, elle avait parcouru 14,5 km et n’est plus qu’à 600 m de la lisière est de la réserve forestière Wao Kele. Contrairement à ce que l’ont pensait la semaine passée, elle n’a pas encore atteint les habitations. Elle devrait atteindre Kaohe dans un jour et demi et la route de Pāhoa d’ici 14 à 16 jours. Cette prévision est appelée à être revue constamment en fonction des obstacles que la coulée va rencontrer ou non durant son parcours.

Pour rappel, le cratère Pu’u O’o (zone est du volcan Kilauea) est en activité depuis le 3 janvier 1983. Depuis 31 ans, son activité est sans relâche.

Kuchinoerabujima, sur le pied de guerre
Iles Ryukyu (Japon) – Altitude 657 m

 A classer parmi les volcans « ni-ni ». Il montre des signes tangibles d’activité. Pourtant, il n’y a pas de manifestations « extérieures » de cette activité (explosions, panaches de cendres, coulées…)

Le niveau d’alerte est maintenu à 3. La sismicité augmente entre les 3 et 5 septembre et des panaches de gaz et vapeur sont fréquents. A surveiller donc.

Poás, l’impulsif
Costa Rica – Altitude 2708m

 Trois éruptions phréatiques ont eu lieu dans le lac de cratère du Poás (le lac naturel le plus acide au monde : pour rappel, son pH avoisine zéro). Ces éruptions associant eau et magma ont eu lieu de 27 août, à 2 minutes d’intervalle les unes des autres. L’une d’elle a généré un panache qui s’est élevé 200m au-dessus de la surface du lac.

Sur le Poás, ce type d’éruption a tendance à se produire de façon « impulsive », sans singes précurseurs et elles sont de courtes durées (5 à 10 secondes). Source : OVSICORI-UNA : Observatorio Vulcanologico y Sismologico de Costa Rica – Universidad Nacional.

Popocatépetl, activité continue
Mexique – Altitude 5426m

 L’activité est sismique et s’accompagne de l’émission de gaz dont de la vapeur. Le 7, un panache de cendres atteint 1000 m de haut et se dirige cap ouest-nord-ouest.

 Rabaul (Tavurvur), il récupère…
Papouasie Nouvelle Guinée (Nouvelle Bretagne) – Altitude 688m

 Du 31 août au 5 septembre, le Tavurvur, situé dans la caldeira de Rabaul, est demeuré plutôt calme. Toutefois, de la vapeur a pu être aperçue, s’échappant du sommet et prenant parfois des teintes bleutées. Des grondements sont perceptibles les 30 et 31 août.

La sismicité reste élevée avec une fréquence en nette baisse toutefois (10 évènements enregistrés par jour début septembre contre 80 fin août). Le Tavurvur semble donc marquer une pause par rapport à son coup d’éclat de la semaine passée (source : Rabaul Volcano Observatory).

Revendator, vapeur, cendres et explosions
Equateur – Altitude 3562 m

 L’IG (Instituto Geofisico) qualifie l’activité du Reventador de modérée avec des explosions et des tremblements de terre.

Comme la semaine passée, la couverture nuageuse rend souvent les observations difficiles. Toutefois, du 5 au 8 septembre, l’émission de vapeur ainsi que d’une faible quantité de cendres est mise en évidence. Dans la matinée du 5, une explosion engendre un panache et éjecte des blocs jusqu’à 500 m en dessous du cratère (flanc ouest). Une explosion est également détectée par caméra thermique dans la journée suivante. Le 7, des grondements sont entendus et un panache de 1000m de haut est observable. Le 8, c’est un nuage de vapeur contenant un petit peu de cendres qui est produit.

Une anomalie thermique est mesurée par satellite.

Santa Maria, spécialiste des lahars
Guatemala – Altitude 3772m
Palajunoj, aux pieds du Santa Maria
Palajunoj, aux pieds du Santa Maria

 Du 3 au 9, le Santa Maria connaît une activité fumerolienne (INSIVUMEH : Instituto Nacional de Sismologia, Vulcanologie, Meteorologia e Hidrologia). De plus, une coulée de lave active sur le flanc est continue de générer des panaches de cendres. Le 4, c’est une fine pluie de cendres qui se disperse à l’ouest dans le secteur de Palajunoj (18 km au SSW). Le 7 septembre, un puissant lahar est détectée grâce à sa signature sismique (avec mobilisation de particules de tailles fines jusqu’aux blocs : plus de 40 m).

Des odeurs de soufre sont également rapportées.

 Shiveluch, la croissance du dôme continue
Kamchatka (Russie) – Altitude 3283m

L’activité explosive et effusive continue au Shiveluch (KVERT : Kamchatkan Volcanic Erutpion Response Team). C’est la mise en place (extrusion) d’un dôme de lave (lave visqueuse) sur le flanc sud-est qui domine le dynamisme du Shiveluch actuellement : explosions modérées avec production de cendres, activité fumerolienne et avalanches de débris. Les données stellites montre la persistance d’une anomalie thermique dans la zone du dôme, ce qui est, somme toute, logique.

Le niveau d’alerte est maintenu à « orange ».

 Tungurahua, de nombreux villages sous les cendres
Equateur – Altitude 5023 m

 L’activité demeure modérée à forte (IG : Instituto Geofisico). Des explosions sont observées quotidiennement.

¡Esa es la mamá!

Le 3 septembre, les secteurs de Manzano (8 km au SW), Choglontus (13 km au WSW), Tisaleo (29 km au NW), Quero Alto (20 km au NW), et Quinchicoto subissent des retombées de cendres grises voir noires. L’après-midi de ce même jour, un écoulement pyroclastique dévale 500 m sous le cratère. Des retombées de cendres ont à nouveau lieu le 5 dans les villes de Manzano et Palitahua (6 km au SSW). A 12h10, un panache atteint 1500m et se disperse dans un quart sud-ouest.

Les 6, 7 et 8, plusieurs villages sont à nouveau touchés par des retombées de cendres noires : zones de Penipe (15 km au SW), Puela (8 km au SW), Pillate (8 km à l’ouest), Galán (au WNW), sud de Quero (20 km au NW), Palitagua (au SW), Manzano, Cevallos (23 km au NW), Mocha (25 km à l’ouest), Tisaleo et Bilbao (8 km à l’ouest).

Ubinas, l’éruption continue et c’est pas de la blague
Pérou – Altitude 5672 m

 Des panaches de vapeur s’élèvent du cratère les 3, 4 et 9 septembre. Une sismicité faible est rapportée. Un panache de cendres est observé le 5 à 8h58 atteignant 1000m de haut et se dispersant vers le sud. Un second se produit la même journée à 13h27 mais il n’atteint « que » 500 m de haut.

L'Amérique Centrale est immensément riche... de volcans
L’Amérique Centrale est immensément riche… de volcans

Le 8, ce sont 5 explosions qui se succèdent, la plus forte ayant lieu le matin et produisant un panache de 1200 m de haut. Le plus haut panache produit ce jour-là atteint 1900m de haut. Des retombées de cendres sont rapportées au sud.

Les 8 et 9, le VAAC de Buenos Aires (Volcanic Ash advisory Centre) passe le code couleur pour l’aviation à « orange ».

Le 9, les émissions de vapeur et gaz atteignent 7300 m de haut.

 Zhupanovsky, le fidèle petit dernier du classement
Kamchatka (Russie) – Altitude 2958 m

Selon le KVERT (Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team) une éruption explosive d’intensité modérée se poursuit au Zhupanovsky. Le 1er, il produit un panache de 3500m de haut et se dirigeant vers le nord-ouest. D’autres panaches sont détectés le 4 septembre. L’anomalie thermique mesurée au sommet est persistante.

Le 7 septembre; le KVERT a pu observé 3 importants panaches : 10, puis 38, puis 72 km de long pour une altitude de 2500 à 3000 m.

En bref, l’émission de panaches y est casi-continue mais il n’est pas toujours aisé de les observer du fait de la couverture nuageuse qui masque fréquemment les abords du volcan.

Activité mondiale du 27 août au 2 septembre 2014

Pendant un gros mois, j’ai vécu loin de toute forme de réseau internet… raison pour laquelle cette rubrique a été laissée en friche. Voici donc un retour et une mise à jour, nécessaire semble-t’il, autour du thème « tempête médiatique dans un verre d’eau », puisque, même à l’apéro; il m’a fallu disserter le volcanisme islandais (j’ai pas une vie facile…)

Si on devait se référer au tapage médiatique, il n’y a eu qu’un volcan au monde cette semaine : la vedette, c’est le Bardabunga… mais sauf son respect (c’est un volcan très intéressant, je ne dirais pas le contraire), d’autres ont eu beaucoup plus de « panache » en cette fin d’été.

Gardons la tête froide, bien que le contexte géodynamique de l’Islande en face une perle géologique unique au monde, le Bardabunga ne doit pas être l’unique point d’attention. D’autres volcans ont connu cette semaine de forts épisodes d’activité, soit qu’ils s’expriment par de simples coulées (au Kilauea, elles menacent des habitations), soit par d’impressionnants explosions et panaches (Tavurvur en tête mais n’oublions pas l’Aira et le Tungurahua)

Ma vedette à moi est sans conteste le Tavurvur (que j’aime ce nom!) ; je lui laisse un large place dans cette rubrique, je vous invite à faire sa connaissance.

tableau 27-2

Tableau récapitulatif – C’est écrit trop petit? Cliquez dessus pour agrandir.
Asosan, le retour de l’impétueux Monsieur Aso
Kyushu (Japon) – Altitude 1592 m

 La JMA (Japan Meteorological Agency) rapporte une activité sismique et des températures élevées dans le lac du cratère Nakadake. Le 30 août, une éruption produit un panache de couleur gris clair. Le niveau d’alerte est alors porté à 2 sur une échelle de 1 à 5. Les panaches de cendres se succèdent entre le 30 août et le 1er septembre atteignant au maximum 2100 m de haut et se dirigeant au nord ou nord-est.

Le niveau 2 est maintenu.

Tavurvur, caldera de Rabaul ; mon chouchou de la semaine
Papouasie Nouvelle Guinée – altitude 688m

Le 29 août, le panache de cendres qui s’élève au dessus du Tavurvur atteint 18300m !!! Une éruption colossale… mais si peu relayée et documentée. C’est que la Papouasie nous est bien loin et que, par conséquent, les medias en sont indifférents.

La Papouasie Nelle Guinée, un grand archipel au nord de l'Australie
La Papouasie Nelle Guinée, c’est là: un grand archipel au nord de l’Australie
La Papouasie, c’est là: un grand archipel au nord de l’Australie.

Pourtant, la ville de Rabaul est à proximité du volcan et les populations à l’abord du volcan sont évacuées. Et oui, quand même, imaginez une colonne de cendres de plus de 18 km de haut au-dessus de votre tête… ça en refroidirait plus d’un.

La Bagana et le Tavruvur dont je vous parle cette semaine
La Bagana et le Tavruvur dont je vous parle cette semaine
tarvurvur
La baie de Rabaul avec le Tavurvur à l’est

En conséquence de l’éruption, le niveau d’alerte pour l’aviation est passé à « rouge » le 29 août, elle sera abaissée de nouveau à « orange » le lendemain, le panache n’atteignant plus « que » 2100 m. (source ; Darwinn Volcanic Ash Advisory Centre)

Afin que vous connaissiez mieux ce fascinant volcan des antipodes, je lui dédie plusieurs cartes et quelques images.

Suwanosejima, du panache, du vrai
Iles Ryukyu (Japon) – Altitude 796 m

Le VAAC (Volcanic Ash Advisory Centre) de Tokyo rapporte une série de panaches allant de 1800 à 2700 m de haut et se dirigeant vers l’est, sud-est, sur et nord-est (partout sauf à l’ouest en gros…)

Barbarbunga, le très médiatique
Islande – Altitude 2009m

 Le Bardarbunga a amusé la sphère médiatique quelques temps. Mais, ne voyant pas grand chose de sensationnel ni de dramatique venir, il est déjà tombé aux oubliettes journalistiques.

Qu’en est t’il donc ?

Le Bardarbunga est bel et bien en activité.

Tout d’abord, l’activité sismique y est toujours d’actualité, même si globalement, elle est plutôt en baisse ces jours-ci.

Ensuite, il y a cette fissure qui s’est ouverte le 29 août à Holuhraun. Cette fissure a déjà été active par le passé et se situe au nord du glacier Dyngjujökull. La lave s’échappe donc à l’air libre sur une ouverture quasiment linéaire et ce type d’éruption est dit tout simplement « fissurale » (on va pas non plus vous inventer l’eau tiède). Le 31 août, la fissure atteint 1500 m de long. Le code d’alerte pour l’aviation est passé à « rouge » ce jour-là puis redescendu à « orange » plus tard dans la fin de la journée. Les 1er et 2 septembre, un panache de gaz (dépourvu de cendres) apparaît et atteint 4500 m de haut. Il parcourt 60 km en direction du NNE et ENE.

Il y a, ces jours-là, une diminution sensible de la sismicité : de 500 séismes enregistré dans la journée du 1er, on passe à 300 pour celle du 2 (magnitude maximum 5,4).

Le 2, la coulée issue de la fissure éruptive couvre 4,2 km2 et est à environ 4,5 km de la bordure du glacier. Le 4, elle atteint presque 11km2.

Le code couleur pour l’aviation reste à « orange ».

Pour avoir des informations mises à jour pluri-quotidiennement et des photos authentiques (pas des faisandées): rendez-vous sur le site du MET

Aira, à classer parmi les volcans qui pètent
Kyushu (Japon) – Altitude 1117 m

 Entre le 27 août et le 2 septembre, la JMA (Japan Meteorological Agency) a pu répertorié 42 explosions depuis le cratère Showa, dans la caldera Aira (volcan Sakurajima). Ces explosions provoquent des projections jusqu’ 1300 m du cratère. Elles sont accompagnées de séismes. Les panaches consécutifs ont atteint jusqu’à 3000m.

Le niveau d’alerte reste à 3.

 Fuego, le tableau est complet
Guatemala – Altitude 3763 m

 Des explosions faibles à modérées sont observées accompagnées de l’éjection de blocs jusqu’à 800m de distance du cratère.

Les panaches de gaz vont entre 200 et 600 m de haut et ceux qui sont composés de cendres entre 4100 et 4600m de haut. Ces derniers parcourent jusqu’à 15 km dans des directions variées (nord-est, est, sud-est, ouest, sud et sud-ouest).

Des retombées de cendres sont à noter dans les village de Morelia (9 km au SW), Panimaché (8 km au SW), Panimaché II, Sangre de Cristo (8 km au WSW), Hagia Sophia, Santa Sofia, Yepocapa, Alotenango, Antigua, et San Miguel Dueñas.

Les 30 et 31, une coulée se dirige vers le canyon Ceniza. Des avalanches de débris sont également rapportées (source INSIVUMEH : Instituto Nacional de Sismologia, Vulcanologie, Meteorologia e Hidrologia).

Kilauea, la coulée du 27 juin se rapproche des habitations
Iles d’Hawaii (USA) – Altitude 1222m

 Le HVO (Hawaiian Volcano Observatory) nous rapporte que, entre le 27 août et le 2 septembre, le niveau du lac de lave monte et descend dans le cratère Halema’uma’u.

Les émissions de gaz restent élevées (rien de neuf sous le soleil et Halema’uma’u est toujours fidele au poste).

Les dépôts de cendres, petites bombes et cheveux de Pelé se poursuivent autour de l’évent. Les petites particules parcourent plusieurs kilomètres.

La coulée du 27 juin, provenant du cratère Pu’u O’o, est toujours active. A plusieurs reprises, la coulée entre dans des fissures au sol pour reparaitre plus loin en aval.

A ce jour (le 3 septembre), cette coulée atteint 13,2 km de long. Depuis le 10 juillet, elle avance à une vitesse moyenne de 250 m par jour (quand même). A ce rythme, elle devrait rejoindre les habitations de Kaohe d’ici 5 à 7 jours. Kaohe se situe entre la réserve forestière de Wao Kele o Puna, que la coulée a déjà touchée, et la ville de Pahoa, dans le district de Puna.

 

Pour rappel, le cratère Pu’u O’o (zone est du volcan Kilauea) est en activité depuis le 3 janvier 1983. Depuis 31 ans, son activité est sans relâche.

Mayon, déformation du sol
Luçon (Philippines) – Altitude 2462m

 Au sommet du Mayon, un dôme est en voie d’émergence. Cela engendre une faible déformation du sol et une augmentation du taux d’émission des gaz. On enregistre également quelques tremblements de terre et des chutes de blocs et des observateurs locaux rapportent la formation d’un panache blanc. (source : PHIVOLCS : Philippine Institute of Volcanology and Seismology).

Le niveau d’alerte reste à 2 sur une échelle de 1 à 5.

Popocatépetl, activité continue mais modérée
Mexique – Altitude 5426 m

 Du 27 août au 2 septembre, des explosions ont lieu sur le Popo (c’est un ami de plus de 20 ans) et sont accompagnées d’émissions de panaches de gaz quasiment dépourvus de cendres d’une part et de panaches de cendres d’autre part. Ces derniers s’élèvent de 800 à 3000 m au-dessus du cratère.

L’alerte reste au niveau « jaune ».

Revendator, sous les nuages, le volcan
Equateur – Altitude 3562 m

 L’IG (Instituto Geofisico) nous informe d’une activité modérée avec des explosions et des séismes longues périodes. Le 27 août, on peut observer un nuage de vapeur. Le 2, un panache de cendres est observé par satellite (6000 m de haut et se dirigeant vers l’ouest). Malheureusement, les observations sont souvent rendues difficiles par la couverture nuageuse.

Santa Maria,
Guatemala – Altitude 3772m

Le 27 août, une coulée se dirige ver le canyon Nima et vers Santiaguito. Des effondrements se produisant sur la coulée occasionnent une production de cendres fines, qui s’élèvent entre 300 et 2800 m de haut et se propageant dans un quart sud-ouest.

Des retombées sont observées à Finca San José le 28.

Des panaches dus à l’activité fumerolienne atteignent entre 150 et 3000 m de haut.

Le 30 août, des dépôts de lahars atteignent 1 m d’épaisseur pour 30 m de large (source INSIVUMEH : Instituto Nacional de Sismologia, Vulcanologie, Meteorologia e Hidrologia).

Shiveluch, activité explosive autour de l’extrusion du dôme.
Kamchatka, Russie – Altitude 3283m

L’extrusion du dôme de lave se poursuit sur le flanc sud-est du Shiveluch. Elle s’accompagne d’explosions modérées et de production de cendres, d’avalanches de débris, d’une activité fumerolienne ainsi que d’une anomalie thermique sur le dôme (c’est chaud, c’est logique !). Le volcan est masqué par les nuages à partir du 29 août.

Le code de couleur pour l’aviation reste à « orange »

Tungurahua, mama ne décolère pas.
Equateur – Altitude 5023 m

Une activité modérée à élevée se poursuit cette semaine au Tungurahua (la mama pour les locaux) avec des tremblements de terre et des explosions.

Les observateurs locaux décrivent ces explosions comme faisant penser tantôt à des rugissements tantôt à des coups de feu et ajoutent qu’elles provoquent des tremblements des structures environnantes.

La plupart du temps, les panaches atteignent entre 1500 et 2500m (jusqu’à 6000m le 27 août et 6700m le 30 ) et dérivent dans un quart nord-ouest. Les 27 et 28, les explosions produisent des blocs qui dévalent jusqu’à 1000m sur les pentes du volcan. Le 30, ce sont des écoulements pyroclastiques qui parcourent 1500 m sur le flanc nord-ouest. Les explosions et écoulements pyroclastiques continuent le 31. Le 1er et le 2 septembre, les explosions semblent plus faibles et les panaches contiennent beaucoup de vapeur et peu de cendres.

Des retombées sont rapportées pour cette période sur les villages de Motilones, Chontapamba Pillate, Manzano, Chonglontus, Puela, Penipe, Quero, Cevallos Chontapamba, Bilbao, Cusúa, Pillate, La Calera, El Santuario, et El Rosario.

(sources : IG : Instituto Geofisico et VAAC : Washington Volcanic Ash Advisory Centre)

Zhupanovsky, sous les nuages lui aussi
Kamchatka (Russie) – Altitude 2958 m

 Le KVERT (Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team) et le VAAC (Volcanic Ash Advisory Center) rapportent qu’une activité explosive modérée se poursuit au Zhupanovsky. Le 28 août, un panache de cendres atteint 4000m et parcourt 80 km vers le sud-ouest. Une anomalie thermique (c’est chaud !) est mesurée entre les 25 et 27.

Les nuages rendent les observations impossibles le reste de la semaine.