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Activité mondiale du 3 au 9 septembre

L’activité est bien fournie cette semaine, de l’ile lilliputienne la plus inconnue aux mastodontes médiatiques, faisons un tour d’horizon en cartes et vidéos.

Aujourd’hui je laisse la vedette à deux toutes petites iles volcaniques: Barren (en mer d’Andaman) et Manam en Papouasie Nouvelle Guinée. Pour qu’elles existent un petit peu dans l’esprit des hommes…

A l’opposé, je reviens faire le point sur le très médiatique Bardarbunga. Contrairement à ce que vous pouvez lire ou entendre, non, le Bardarbunga n’est pas à l’arrêt ! Explications ci-dessous…

Enfin, comme il est assez peu commun de maitriser sa géographie islandaise sur le bout des jökull(s?), je vous ai rajouté cartes et explications pour essayer d’éclaircir ce brouillard volcanique. Dyngjujökull, au scrabble, ça peut faire son effet. Et vous allez enfin comprendre où il est situé.

tableau 3-9
Tableau récapitulatif – C’est écrit trop petit? Cliquez dessus pour agrandir.
Ile de Barren, vit sa vie mais est surpris de temps à autre
Archipel d’Andaman (Inde) – Altitude 354m

 Le Darwinn VAAC (Volcanic Ash Advisory Centre) rapporte l’émission de cendres depuis l’ile de Barren. Cette information est basée sur un SIGMET émis le 9 septembre à la mi-journée. Un SIGMET est un « SIGnificant METeorological Informaion », message destiné aux aéronefs et signalant les phénomènes météorologiques dangereux.. Le panache étant peu développé, il n’a pu être identifiable sur les images satellites.

L’ile de Barren se trouve 1500km à l’est du continent indien, en Mer d’Andaman (dézoomez la carte ci-dessus pour visualiser)

Manam, pris en flag’ par images satellites
Papouasie Nouvelle Guinée – Altitude 1807m

 Des images satellites en date du 6 septembre montrent une propagation de cendres au dessus de l’île de Manam à 10h32 et 11h32. Le panache atteint 2100m de haut et parcourt 27 km vers le nord-ouest. Manam vient compléter le tableau des deux volcans de Papouasie Nouvelle Guinée dont j’ai parlé la semaine dernière : le Tavurvur (Rabaul) et le Bagana (plus discret cette semaine).

Manam
Manam, le Tavurvur et le Bagana
Aira, un volcan à hauts risques
Kyushu (Japon) – Altitude 1117 m

 Le niveau d’alerte 3 est maintenu par le JMA (Japan Meteorological Agency) sur la caldeira Aira (volcan Sakurajima).

L’Aira est toujours aussi explosif avec 41 explosions enregistrées entre le 1er et le 7 septembre. L’émission de cendres est rapportée par le VAAC de Tokyo mais elle n’est pas observable sur les images satellites et ce jusqu’au 9 septembre. Le 9 septembre, à 4h37, on peut enfin observer le panache sur les images satellites, il atteint alors 3300m et se dirige vers le sud. Une activité sismique est également enregistrée.

 Asosan, 1200 tonnes de SO2 par jour !
Kyushu (Japon) – Altitude 1592 m

C’est à cela qu’a ressemblé l’activité de notre bon Monsieur Aso cette semaine

Le 1er septembre, une éruption a lieu sur le cratère Nakadake, elle engendre un petit panache de couleur blanc cassé (on est très à cheval sur les couleurs en volcano…), ce qui suggère la présence d’un petite quantité de cendres (source : JMA : Japan Meteorological Agency). Ce panache atteint 1200 m de haut. Les séismes d’origine volcaniques sont importants : entre 48 et 92 par jour du 1er au 4 septembre ; et entre 55 et 129 par jour du 5 au 7.

Une éruption a également lieu le 6 avec un panache consécutif de 600 m de haut.

Le taux de SO2 émis est toujours notable : 1200 tonnes par jour.

Barbarbunga, non, il n’est pas à l’arrêt !
Islande – Altitude 2009m
Le site de l'éruption, en Islande
Le site de l’éruption, en Islande

 Entre le 3 et le 9, les émissions de lave, de gaz et une activité sismique élevée continuent dans le secteur de Holuhraun. Les observations de terrain montrent toutefois que la production de cendres est négligeable.

Des images radar montre une dépression de 0,5 à 1 km de large au niveau du glacier Dyngjujökull (situé à environ 2 km au sud de l’endroit où se déroule l’éruption). Le Dyngjujökull est un lobe glaciaire situé à l’extrémité septentrionale du Vatnajökull, l’énorme calotte de glace située au sud-est de l’Islande).

Le 4, l’activité effusive est constante et la coulée émise recouvre alors 10,8 km2. Le 5, deux nouvelles fissures sont observées au sud de la zone active. Ces fissures produisent de la lave, mais à un taux moindre que la fissure principale. Un panache de vapeur est observé ce jour-là, il atteint 460 m de haut.

Le 6, de grands changements sont observées au niveau du glacier situé au-dessus du Bardarbunga (le Vatnajökull) : une large zone, correspondant au plancher de la caldera du Bardarbunga s’est enfoncée. Il n’y a pas de signes d’éruption. Il s’agirait donc « seulement » d’une subsidence d’origine tectonique (disons « mécanique »).

Le Bardarbunga est situé sous le Vatnajökull et les fissures actuellement actives à Holuhraun en sont le prolongement.

Parallèlement, on remarque que deux petites dépressions sont apparues au niveau du Dyngjujökull (pointe nord du Vatnajökull), suggérant que de brèves éruptions sous-glaciaires ont eu lieu.

bardarZOOM
C’est vrai qu’on s’y perd un peu dans les jökull(s?) islandais. Dyngjujökull est un lobe glaciaire situé à la pointe nord du Vatnajökull

Le 7 septembre, le taux d’effusion sur la fissure principale est de 100 à 200 m3 par seconde… c’est pas mal. Ce jour-là, la coulée rejoint une rivière (Jökulsá á Fjöllum), de la vapeur est produite mais aucune activité explosive significative due à la rencontre entre l’eau et la lave n’est rapportée.

Les 8 et 9, les deux petites fissures méridionales, ouvertes le 5, semblent se mettre à l’arrêt. La totalité de l’ère recouverte par les coulées atteint alors 19 km2.

Le code pour l’aviation civile est orange.

Non, décidément, on ne peut pas dire que le Bardarbunga ait ni cessé, ni diminué en activité…

Bezymianny, pour qu’on ne l’oublie pas
Kamchatka Central (Russie) – Altitude 2882m

 Une activité sismique de faible intensité continue ainsi qu’une activité fumerolienne modérée. Une petite anomalie thermique est également rapportée par les données satellite (c’est un peu chaud). Bref, le Bezymianny n’est pas complètement au repos mais pas franchement actif non plus… Volcan « ni-ni ».

Fuego, un lahar de 75m et une route coupée.
Guatemala – Altitude 3763 m

Le 2 septembre, un lahar roule sur le flanc sud-ouest : 75 m de large pour 2,5m de haut. Cet écoulement boueux coupe la route qui relie Santa Lucia Cotzulmaguapa et les petits villages de Morelia, Santa Sofía, and Panimaché.

Du 3 au 9, le INSIVUMEH (Instituto Nacional de Sismologia, Vulcanologie, Meteorologia e Hidrologia) rapporte que des panaches de fumerolles atteignent de 300 à 600 m au-dessus du sommet du Fuego. Des explosions faibles à modérées avec expulsions de cendres ont lieu chaque jour avec des panaches de 500 à 800 m. On rapporte également de petites avalanches de débris, toujours sur le quart sud-ouest des flancs du volcan.

Les villages de Yepocapa (8 km au WNW), Sangre de Cristo (8 km au WSW), Panimaché I and II (8 km au SW), Morelia (10 km au SW), Santa Sofía (12 km au SW), Yucales (12 km au SW), et Porvenir (8 km au ENE), entre autres, subissent des retombées de cendres.

 Karymsky, discret
Kamchatka oriental (Russie) – Altitude 1536m

L’activité sismique demeure modérée à faible cette semaine. Un panache de cendres de 4000m de haut a pu être observé par satellite le 3, il s’est propagé 9km vers le ouest-sud-ouest. C’est donc une activité bien réelle mais relativement discrète. (source : KVERT : Kamchatkan Volcanic Erutpion Response Team)

Brochette de volcans, Pacifique nord
Brochette de volcans, Pacifique nord
 Kilauea, et la coulée ? Et ben… elle coule toujours
Iles d’Hawaii (USA) – Altitude 1222m

 Le HVO (Hawaiian Volcano Observatory) nous rapporte que, entre le 3 et le 9 septembre, le niveau du lac de lave monte et descend dans le cratère Halema’uma’u, restant entre 50 et 60 m en dessous des lèvres du cratère.

Les dépôts de cendres, petites bombes et cheveux de Pelé se poursuivent autour de l’évent. Les petites particules parcourent plusieurs kilomètres. Les émissions de gaz restent élevées, particulièrement le 2 (entre 3300 et 6700 tonnes de gaz par jour).

Quelques imprécisions dans le commentaire mais cette video donne une bonne idée de ce qui se passe à Hawaii.

Au niveau du cratère Pu’u O’o, il n’y a pas beaucoup de changement. Le 3, le niveau d’alerte a cependant était élevé du fait de l’avancée de la coulée du 27 juin. Le 10 septembre, elle avait parcouru 14,5 km et n’est plus qu’à 600 m de la lisière est de la réserve forestière Wao Kele. Contrairement à ce que l’ont pensait la semaine passée, elle n’a pas encore atteint les habitations. Elle devrait atteindre Kaohe dans un jour et demi et la route de Pāhoa d’ici 14 à 16 jours. Cette prévision est appelée à être revue constamment en fonction des obstacles que la coulée va rencontrer ou non durant son parcours.

Pour rappel, le cratère Pu’u O’o (zone est du volcan Kilauea) est en activité depuis le 3 janvier 1983. Depuis 31 ans, son activité est sans relâche.

Kuchinoerabujima, sur le pied de guerre
Iles Ryukyu (Japon) – Altitude 657 m

 A classer parmi les volcans « ni-ni ». Il montre des signes tangibles d’activité. Pourtant, il n’y a pas de manifestations « extérieures » de cette activité (explosions, panaches de cendres, coulées…)

Le niveau d’alerte est maintenu à 3. La sismicité augmente entre les 3 et 5 septembre et des panaches de gaz et vapeur sont fréquents. A surveiller donc.

Poás, l’impulsif
Costa Rica – Altitude 2708m

 Trois éruptions phréatiques ont eu lieu dans le lac de cratère du Poás (le lac naturel le plus acide au monde : pour rappel, son pH avoisine zéro). Ces éruptions associant eau et magma ont eu lieu de 27 août, à 2 minutes d’intervalle les unes des autres. L’une d’elle a généré un panache qui s’est élevé 200m au-dessus de la surface du lac.

Sur le Poás, ce type d’éruption a tendance à se produire de façon « impulsive », sans singes précurseurs et elles sont de courtes durées (5 à 10 secondes). Source : OVSICORI-UNA : Observatorio Vulcanologico y Sismologico de Costa Rica – Universidad Nacional.

Popocatépetl, activité continue
Mexique – Altitude 5426m

 L’activité est sismique et s’accompagne de l’émission de gaz dont de la vapeur. Le 7, un panache de cendres atteint 1000 m de haut et se dirige cap ouest-nord-ouest.

 Rabaul (Tavurvur), il récupère…
Papouasie Nouvelle Guinée (Nouvelle Bretagne) – Altitude 688m

 Du 31 août au 5 septembre, le Tavurvur, situé dans la caldeira de Rabaul, est demeuré plutôt calme. Toutefois, de la vapeur a pu être aperçue, s’échappant du sommet et prenant parfois des teintes bleutées. Des grondements sont perceptibles les 30 et 31 août.

La sismicité reste élevée avec une fréquence en nette baisse toutefois (10 évènements enregistrés par jour début septembre contre 80 fin août). Le Tavurvur semble donc marquer une pause par rapport à son coup d’éclat de la semaine passée (source : Rabaul Volcano Observatory).

Revendator, vapeur, cendres et explosions
Equateur – Altitude 3562 m

 L’IG (Instituto Geofisico) qualifie l’activité du Reventador de modérée avec des explosions et des tremblements de terre.

Comme la semaine passée, la couverture nuageuse rend souvent les observations difficiles. Toutefois, du 5 au 8 septembre, l’émission de vapeur ainsi que d’une faible quantité de cendres est mise en évidence. Dans la matinée du 5, une explosion engendre un panache et éjecte des blocs jusqu’à 500 m en dessous du cratère (flanc ouest). Une explosion est également détectée par caméra thermique dans la journée suivante. Le 7, des grondements sont entendus et un panache de 1000m de haut est observable. Le 8, c’est un nuage de vapeur contenant un petit peu de cendres qui est produit.

Une anomalie thermique est mesurée par satellite.

Santa Maria, spécialiste des lahars
Guatemala – Altitude 3772m
Palajunoj, aux pieds du Santa Maria
Palajunoj, aux pieds du Santa Maria

 Du 3 au 9, le Santa Maria connaît une activité fumerolienne (INSIVUMEH : Instituto Nacional de Sismologia, Vulcanologie, Meteorologia e Hidrologia). De plus, une coulée de lave active sur le flanc est continue de générer des panaches de cendres. Le 4, c’est une fine pluie de cendres qui se disperse à l’ouest dans le secteur de Palajunoj (18 km au SSW). Le 7 septembre, un puissant lahar est détectée grâce à sa signature sismique (avec mobilisation de particules de tailles fines jusqu’aux blocs : plus de 40 m).

Des odeurs de soufre sont également rapportées.

 Shiveluch, la croissance du dôme continue
Kamchatka (Russie) – Altitude 3283m

L’activité explosive et effusive continue au Shiveluch (KVERT : Kamchatkan Volcanic Erutpion Response Team). C’est la mise en place (extrusion) d’un dôme de lave (lave visqueuse) sur le flanc sud-est qui domine le dynamisme du Shiveluch actuellement : explosions modérées avec production de cendres, activité fumerolienne et avalanches de débris. Les données stellites montre la persistance d’une anomalie thermique dans la zone du dôme, ce qui est, somme toute, logique.

Le niveau d’alerte est maintenu à « orange ».

 Tungurahua, de nombreux villages sous les cendres
Equateur – Altitude 5023 m

 L’activité demeure modérée à forte (IG : Instituto Geofisico). Des explosions sont observées quotidiennement.

¡Esa es la mamá!

Le 3 septembre, les secteurs de Manzano (8 km au SW), Choglontus (13 km au WSW), Tisaleo (29 km au NW), Quero Alto (20 km au NW), et Quinchicoto subissent des retombées de cendres grises voir noires. L’après-midi de ce même jour, un écoulement pyroclastique dévale 500 m sous le cratère. Des retombées de cendres ont à nouveau lieu le 5 dans les villes de Manzano et Palitahua (6 km au SSW). A 12h10, un panache atteint 1500m et se disperse dans un quart sud-ouest.

Les 6, 7 et 8, plusieurs villages sont à nouveau touchés par des retombées de cendres noires : zones de Penipe (15 km au SW), Puela (8 km au SW), Pillate (8 km à l’ouest), Galán (au WNW), sud de Quero (20 km au NW), Palitagua (au SW), Manzano, Cevallos (23 km au NW), Mocha (25 km à l’ouest), Tisaleo et Bilbao (8 km à l’ouest).

Ubinas, l’éruption continue et c’est pas de la blague
Pérou – Altitude 5672 m

 Des panaches de vapeur s’élèvent du cratère les 3, 4 et 9 septembre. Une sismicité faible est rapportée. Un panache de cendres est observé le 5 à 8h58 atteignant 1000m de haut et se dispersant vers le sud. Un second se produit la même journée à 13h27 mais il n’atteint « que » 500 m de haut.

L'Amérique Centrale est immensément riche... de volcans
L’Amérique Centrale est immensément riche… de volcans

Le 8, ce sont 5 explosions qui se succèdent, la plus forte ayant lieu le matin et produisant un panache de 1200 m de haut. Le plus haut panache produit ce jour-là atteint 1900m de haut. Des retombées de cendres sont rapportées au sud.

Les 8 et 9, le VAAC de Buenos Aires (Volcanic Ash advisory Centre) passe le code couleur pour l’aviation à « orange ».

Le 9, les émissions de vapeur et gaz atteignent 7300 m de haut.

 Zhupanovsky, le fidèle petit dernier du classement
Kamchatka (Russie) – Altitude 2958 m

Selon le KVERT (Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team) une éruption explosive d’intensité modérée se poursuit au Zhupanovsky. Le 1er, il produit un panache de 3500m de haut et se dirigeant vers le nord-ouest. D’autres panaches sont détectés le 4 septembre. L’anomalie thermique mesurée au sommet est persistante.

Le 7 septembre; le KVERT a pu observé 3 importants panaches : 10, puis 38, puis 72 km de long pour une altitude de 2500 à 3000 m.

En bref, l’émission de panaches y est casi-continue mais il n’est pas toujours aisé de les observer du fait de la couverture nuageuse qui masque fréquemment les abords du volcan.

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Activité mondiale du 16 au 22 juillet 2014

Pas de vacances pour les volcans ? Evidemment non.

Cependant, l’activité cette semaine est relativement calme, non pas que rien ne se passe mais plus tôt que pas grand chose ne change dans ce qui se passe… enfin, je me comprends…

De mon côté, je ne suis pas en mesure de mettre à jour mon activité hebdo toutes les semaines. Je suis bien consciente d’engendrer le paradoxe et de semer la plus grande confusion dans l’esprit du lecteur, mais voyez vous, l’été, je voyage et je ne suis pas toujours reliée au réseau mondial et global. Et j’en suis fort aise.

Ceci dit, j’essaie de faire au mieux et dès que j’en ai l’opportunité, je viens faire le point, comme aujourd’hui quoi.

tableau16-22Tableau récapitulatif – C’est écrit trop petit? cliquez ici pour agrandir 
Aira, activité explosive
Kyushu (Japon) – Altitude 1117 m

Le JMA (Japan Meteorological Agency) a pu observé 7 éruptions explosives sur le cratère Showa sur la caldeira Aira (volcan Sakurajima) avec des projections entre 500 à 800 m du cratère.

Le VAAC (Volcanic Ash Advisory Center) de Tokyo rapporte que les panaches du 16 au 20 ont atteint des altitudes de 2 à 3 km, se déplaçant vers l’est et le sud-est et vers le nord le 22.

 Fuego, des explosions plus nombreuses
Guatemala – Altitude 3763 m

L’INSIVUMEH (Instituto Nacional de Sismologia, Vulcanologia, Meteorologia e Hidrologia) rapporte des explosions modérées à fortes avec production de blocs incandescents éjectés de 200 à 500m sous le cratère. Le 22, les explosions produisent également des cendres. Des avalanches de faible ampleur sont également observées sur les flancs du volcan. Le 18, l’éruption semble changer de visage : les explosions deviennent plus nombreuses, des grondements sont entendus. Ces fortes explosions sont à l’origine d’ondes de choc perceptibles jusqu’à 12 à 15 km de distance.

Kilauea, apparition d’un tunnel de lave

Iles d’Hawaii (USA) – Altitude 1222m

Le HVO (Hawaiian Volcano Observatory) nous rapporte que, entre le 16 et le 22 juillet, le niveau du lac de lave monte et descend dans le cratère Halema’uma’u.

Les émissions de gaz restent élevées. Les dépôts de cendres, petites bombes et cheveux de Pélé se poursuivent autour de l’évent. Les petites particules parcourent plusieurs kilomètres.

A partir du 27 juin, un tube de lave se forme sur une rupture de pente à la base du cratère Pu’u O’o. La coulée continue de s’y écouler lentement en formant deux lobesà la sortie, s’étendant sur 2 km au nord-est.

 Santa Maria, une activité assez intense
Guatemala – Altitude 3772m

Sur le Santiaguito, le dôme dégaze ce qui engendre la formation de panaches. Une colonne de cendres est observée les 16 et 29 juillet (jusqu’à 3200m de haut et se dispersant vers le SW. Quasiment tous les jours, une colonne de fumerolle est présente (allant jusqu’à 1200m de haut). Des avalanches de débris, faibles à modérées ont lieu sur le canyon de la rivière Nima.

Shiveluch, activité explosive autour de l’extrusion du dôme.
Kamchatka, Russie – Altitude 3283m

Entre les 11 et 18 juillet, la mise en place du dôme sur le flanc sud-est du volcan s’accompagne d’explosions modérées, de nuées ardentes, d’activité fumerolienne et de production de cendres (source : KVERT – Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team). Le 18, le panache atteint 8200m (quand même !).

Le code pour l’aviation reste à orange.

Cette video date de février, elle permet simplement de localiser le dôme en formation (new lava dome) sur l’édifice pré-existant du Shiveluch.
Ubinas,
Pérou – Altitude 5672m

Du 16 au 22, l’éruption de l’Ubinas se poursuit avec des émissions de gaz et cendres, et ce quasiment tous les jours (Sources INGEMMET – Instituto Geológico Minero y Metalúrgico et IGP – Instituto Geofísico del Perú).

Une explosion est enregistrée le 17, générant une colonne éruption de 5000m de haut et projetant de gros blocs incandescents tout autour du sommet. Des explosions ont lieu également les 19 et 21 avec des colonnes allant jusqu’à 2800m de haut. Les colonnes éruptives ont dérivé vers l’est, nord-est et sud-est.

Des retombées de cendres ont été signalés pour les villes sous le vent : Querapi (4km au sud) ; Ubinas (6,5km au SSE), Tonohaya (7km au SSE), San Miguel (1 km au SE), Escacha, Yalahua, Lloque, et Sacuhaya.

Zhupanovsky,
Kamchatka (Russie) – Altitude 2958 m

Le KVERT (Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team) et le VAAC (Volcanic Ash Advisory Center) rapportent des émissions de gaz et de vapeur le 15, des panaches de cendres du 16 au 18 (jusqu’à 6500m de haut) ainsi que le 21 (jusqu’à 8500m)

Des anomalies thermiques sont montrées par mesure satellite le 16.

Activité mondiale du 18 au 24 juin

Activité volcanique mondiale du 18 au 24 juin

Le Pavlof était entré en fanfare la semaine où j’inaugurais cette rubrique… et le voilà qui s’essouffle désormais. Les volcans, ça va, ça vient, un coup en haut de classement, un coup dans les bas-fonds: exactement comme à l’epoque du top 50…

D’ailleurs je tiens à préciser que la liste que je présente ici n’est pas, ne sera pas et ne peut pas être parfaite ni complète dans l’absolu. Je m’explique : il est impossible de lister tous les volcans qui ont un soubresaut d’activité de part le monde chaque semaine. J’y passerai des nuits entières et le résultats serait tout simplement rébarbatif.

Je fais place à ceux qui ont une activité significative : coulées, panaches, lahars, éjections, explosions et de ceux dont l’actvité est « entre-deux-eaux », continue mais pas toujours franche du collier. Bref, la volcanologie n’est pas une science de la dichotomie et parfois les choses ne sont ni noires, ni blanches mais… grises?

Cette semaine, si vous ne devez n’en lire qu’un, aller donc voir ce qui se passe au Poás,  représentant du Costa Rica et au volcanisme atypique.

Merci au comparse qui, de retour d’Indonésie, me prête la photo en une de cet article et qui se reconnaitra.

Recap de l'activité de cette semaine
Recap de l’activité de cette semaine, cliquez pour agrandir
 Kusatsu-Shiranesan, signes pré-eruptifs Monsieur Shirane !
Honshu (Japon) – Altitude 2165m

Le JMA (Japan Meteorological Agency) note des anomalies de température (c’est chaud !!), des déformations et une sismicité élevée sur le cratère du Kusatsu-Shirane, observés depuis le début mars et marqués entre les 13 et 20 juin.

Le niveau d’alerte est porté à 2 sur une échelle de 1 à 5.

Piton de la Fournaise, oté volcan la pété !!
Ile de La Réunion – Altitude 2632m

Comme je l’ai indiqué samedi, l’activité sur le volcan a repris le samedi 21 juin à 1h20 après une période de forte activité sismique. Ce réveil marque la fin de trois ans de sommeil.

Entre le 7 et le 20 juin, des séismes volcano-tectoniques, dues à des effondrements de roches (et non à des mouvements de magma en profondeur à proprement parler) ont été enregistrés par l’Observatoire Volcanologique du Piton de la Fournaise (OVPDLF). Le plus fort a eut lieu le 17. Ces séismes ont été très localisés à l’intérieur du cratère Dolomieu. Cependant, il n’y eut ni émissions importantes de gaz ni indicateurs de déformation pré-éruptive.

Le 21 juin, à 00h06, une activité sismique intense se manifeste, cet épisode dure 74 minutes. Une déformation localisée est observée à partir de à 00h20 et dure environ 3 heures. De nouveaux séismes se manifestent vers 1h20 et une incandescence est observé par les cameras à partir de 1h35, moment où l’on considère que l’éruption commence. Cette éruption est entièrement contenue dans l’enclos Fouqué, à l’ESE de la zone centrale.

Les survols en hélicoptère ont permis de montrer une fontaine de lave active, accompagnée de projections et à l’origine de deux coulées d’environ 1,5 km de long au total. A 1990m d’altitude, au niveau du cratère Langlois (environ 2 km au SE du Dolomieu), la coulée initiale se sépare distinctement en deux langues de lave, l’une dépasse le cratère Langlois de 250m et part vers l’est, l’autre de 500 m en direction du SE.

L’accès à l’enclos est interdit au public.

Diapositive1
Stromboli, en mode camembert (coulant),
Iles éoliennes (Italie) – Altitude 924 m

Deux épisodes effusifs (ça coule) sont rapportés par l’Osservatorio Etneo, un le 17 juin et un autre le 22.

Le 17 au matin, l’activité se manifeste dans la partie centrale du cratère terrace (Bocca 52). Cet épisode a duré quelques heures et produit une petite coulée, partie en direction de Pizzo Sopra la Fossa. Il s’accompagne de quelques éjections de scories à caractères explosifs.

Le 22, c’est une augmentation nette de l’activité strombolienne (plus d’explosivité) qui a lieu sur tous les cratères, avec pour conséquence des dépôts important le long du Sciara del Fuoco. Une coulée de 200 m de long s’est épanchée depuis la bouche notée N2 partie nord du cratère terrace.

Pendant la soirée, les coulées ralentissent. Elles s’arrêtent complètement le lendemain alors que l’activité strombolienne diminue.

El Misti, sismicité en hausse
Pérou – Altitude 5822m

L’IGP (Instituto Geofisico del Perú) note que pendant les 12 mois qui viennent de s’écouler, le Misti a surtout été le siège de séismes volcano-tectoniques (des séismes dus à des effondrements de lave et dépôts déjà en place). Deux bouquets de seimes (plus de 100 séismes dans une même journée) ont été enregistrés les 19 mai et 3 juin. La sismicité augmente doucement (mais sûrement ?) ces quinze derniers jours et leur fréquence est quotidienne.

L’Etna déborde…
Sicile (Italie) – Altitude 3330m

 Une petite activité strombolienne (alternance d’épisodes explosifs et effusifs) a continué jusqu’au 10 juin sur le nouveau cratère SE de l’Etna (NSEC).

Des explosions ont projeté des matériaux pyroclastiques incandescents quelques dizaines de mètres sous la bordure dudit cratère.

A la mi-juin, la lave déborde sur le bord SE du cratère, formant une coulée qui a descendu sur le coté ouest de la Valle Del Bove. Un cône de projetions s’est également formé sur le secteur est

Poás : Laguna Caliente, un des lacs les plus acides au monde !
Costa Rica – Altitude 2708m

Le Poás est chapeauté par deux lacs de cratère. L’un ne connaît plus d’activité (le Botos, dernière éruption il y a 7500 ans) mais l’autre, le Laguna Caliente, est le siège d’éruptions phréatiques : le réservoir magmatique en profondeur chauffe le fond du lac comme le c… d’une vieille marmite. Le magma et l’eau ne se rencontrent pas pour l’instant mais la chaleur du réservoir vaporise la partie basale de l’eau du lac qui sporadiquement se vaporise, provoquant des explosions dites phréatiques.

Le Laguna Caliente est l’un des lacs naturels les plus acides au monde avec un pH proche de zéro (précision importante qui provoquera l’émotion chez les scientifiques de coeur, dont je fais partie : « un pH»0 ? Waooh ! »)

Le 20 juin, à 10h08, une éruption phréatique ébranle le Poás (source : Observatorio Vulcanologico y Sismologico de Costa Rica : OVSICORI-UNA). L’explosion a entrainé la formation d’un panache de 200m de haut. Ce panache était principalement constitué de vapeur d’eau et de sédiments pulvérisés du lac de cratère ainsi que d’autres gaz tels que SO2, H2S, HCL, HF. C’est la seconde explosion phréatique qui a lieu en juin (la première a été mise en évidence par le personnel du Parc National et a eut lieu la nuit du 1er au 2 juin).

Hélas, il n’y a pas d’images de ces évènements.

Le personnel de l’observatoire a noté que de petites éruptions phréatiques ont eu lieu DANS le lac le 18 juin entre 10h et 13h43, l’une d’elles ayant relâchées dans l’air une forte odeur de soufre et provoqué des vagues de grandes amplitudes dans les eaux du lac. La température de l’eau est actuellement de 44.6°C et le pH de 0,49 (et donc extrêmement acide).

Popocatépetl,
Mexique – Altitude 5426m

Entre les 18 et 23 juin, la sismicité est significative, elle traduit l’émission de vapeur, gaz et sporadiquement de cendres. Des explosions au sommet sont détectées, et il y en a de 5 à 30 par jour ! J’ai accordé une petite brève, à l’une d’elle, pour revoir cet instant magique où le panache part: cliquez sur ce lien. Ces explosions produisent des panaches de 500 à 2500 m de haut qui ne contiennent que de faibles quantités de cendres.

Reventador, explosions nombreuses
Equateur – Altitude 3562m

Au Reventador, les observations ne sont pas faciles, à cause de la fréquente couverture nuageuse. Cependant, l’IG (Instituto Geofisico – Escuela Politécnica Nacional) rapporte que, entre les 18 et 24 juin, des panaches de cendres pouvaient êtres observés ainsi qu’une zone incandescente dans la nuit du 17 juin.

Au total, 30 explosions ont été mises en évidence par leurs signatures sismiques.

Les cameras infrarouges ont enregistré le mouvement de matériel incandescent descendant le flanc NE. Les habitants de San Rafael (8 km ESE du volcan) disent avoir entendu des grondements les 19 et 20 juin.

Sinabung, moitié dôme, moitié coulée
Indonésie – Altitude

Au Sinabung, un dôme de lave est en croissance avec une morphologie inhabituelle, assez allongé. Ni vraiment une coulée (la lave y est trop visqueuse), ni vraiment un dôme. Cette croissance continue et s’accompagne d’avalanches de front de coulée, avalanches qui représente une menace tangible pour les zones S et SE dans un rayon de 5 km à compter du sommet.

L’alerte est maintenue au niveau 3 sur une échelle de 1 à 4.

Tungurahua, des lahars petits mais costauds…
Equateur – Altitude 5023m

Les conditions d’observations sont mauvaises entre le 18 et le 23 juin mais le niveau de sismicité reste faible.

Cependant, de fortes pluies dans la nuit du 22 ont causé la formation de petits lahars mobilisant des blocs de plus de 25 cm de diamètre.

Zhupanovsky
Kamtchatka (Russie) – Altitude 2958 m

Des images satellites laissent apercevoir des panaches de gaz et vapeur mêlés avec de discrets panaches de cendres, atteignant plus de 4500m de haut. Les images satellites permettent aussi de relever une anomalie thermique les 14-15 et 17-19 juin.

Le niveau d’alerte pour l’aviation est élevé de jaune à orange.

 Aira,
Kyushu (Japon) – Altitude 1117 m

 Le JMA (Japan Meteorological Agency) note qu’entre les 13 et 23 juin ce sont entre 4 et 10 explosions qui sont enregistrées chaque jour dans le cratère Showa (Caldeira de Aira, volcan Sakurajima). Les tephras émis lors de ces explosions sont transportés jusqu’à 1800 de leur point d’émission.

Le 19, une explosion d’importance plus marquée a duré 17 minutes, produisant un panache de 3000 m de haut environ.

Fuego, il gronde…
Guatemala – Altitude 3763m

L’INSIVUMEH (Instituto Nacional de Sismologia, Vulcanologia, Meteorologia e Hidrologia) rapporte que, entre les 18 et 23 juin, entre 7 et 23 explosions sont enregistrées chaque jour, provoquant la formation de panaches de cendres de faible ampleur (3900 à 4400 m de haut quand même). Des grondements sont entendus les 17-18, 22 et 24 juin, ressemblant parfois à des bruits de turboréacteurs, selon les témoins.

De petites avalanches ont lieu à l’intérieur du cratère.

Les 18 et 19 juin, des retombées de cendres assez ténues sont relevées dans les villes se situant dans un rayon de 15 km à compter du sommet, particulièrement : El Porvenir (8 km ENE), Los Yucales (12 km SW), Santa Sofía (12 km SW), Morelia (10 km SW), et Panimaché (8 km SW). L’activité fumerolienne continue entre les 18 et 24 juin avec des panaches de gaz allant jusqu’à 4200m de haut.

Kilauea,
Iles d’Hawaii (USA) – Altitude 1222m

 Le HVO (Hawaiian Volcano Observatory) nous rapporte que… le niveau du lac de lave monte et descend dans le cratère Halema’uma’u…Vraiment poignante cette info !

On précise toutefois que le niveau du lac de lave a chuté significativement (plusieurs mètres) le 21 Juin pour ensuite revenir environ 34-35 m sous le plancher de cratère Halema’uma’u le 22 Juin.

Les émissions de gaz restent élevées. Les émissions de SO2 sont généralement supérieures à 10 ppm et dépassent fréquemment les 50 ppm (limite supérieur des détecteurs) quand les alizés sont modérés (les gaz se dispersent moins).

Les dépôts de cendres, petites bombes et cheveux de Pélé se poursuivent autour de l’évent. Les petites particules parcourent plusieurs kilomètres.

Du cratère Pu’u O’o continuent de s’échapper de petites coulées (5 cartographiées le 17) ainsi qu’une plus importante qui provoque toujours des feux de forêts et de végétation au sens large. C’est une coulée lente s’affaiblit depuis quelques mois.

Au Santa Maria, explosions et panaches
Guatemala – Altitude 3772 m

Cette semaine, l’éruption continue sur le dôme de lave du Santa Maria.

La 18 juin, des avalanches mineures sont rapportées par l’INSIVUMEH ainsi qu’un lahar chaud dévalant la pente sud et charriant des blocs de 50 à 150 cm de diamètre, des troncs d’arbres et des branches. Ce lahar mesurait 30 m de large pour 1,5 m de profondeur et sentait très nettement le soufre.

Des grondements et une éruption sont observés le 19 juin à 6h30, avec la formation d’un panache de cendres de 3100m de haut, se dispersant vers le SW. Un autre panache est engendré le 21 à 5h52 atteignant 3000m de haut et dérivant toujours vers le SW. Le 22, trois explosions produisent un nouveau panache, il y a également une faible explosion le 23 à 6h15 (accompagnée d’un panache de 3200m) et une autre le 24 à 6h11.

Des avalanches sont observées en front de coulées.

Des panaches dus au dégazage du volcan sont également produits

Les 23 et 24, les retombées de cendres, abondantes, provoquent la formation de lahars de tailles modérées.

 Shiveluch
Kamchatka, Russie – Altitude 3283m

 La mise en place du dôme s’accompagne d’explosions, d’expulsion de cendres, d’avalanches chaudes et d’activité fumerolienne. Les images satellites montrent une anomalie thermique et une panache de cendres dérivant de 70 km vers le SW entre les 15 et 18 juin.

 Ubinas, pluies de cendres aux environs
Pérou – Altitude 5672m

 Des explosions et des séismes intermittents sont relevées du 18 au 23 juin. Les panaches qui accompagnent cette activité sont suivis de dépôts de cendres, notamment relevés à Querapi (4 km au S) le 18 juin.

Le 19 juin, le réseau sismique et les enregistrements mettent en évidence deux explosions. Les émissions de gaz et cendres consécutives à ces explosions atteignent 1200m de haut. Les retombées frappent les villes de : Ubinas (6,5 km au SSE), Querapi, Escacha, Tonohaya (7 km au SSE), et San Miguel (10 km au SE).

Il n’y a pas d’explosion le 2O mais les émissions de gaz et cendres se poursuivent. Le 21 on enregistre 6 explosions (retombées de cendres à Ubinas, Lloque, et Yunga), et une seule le 22. Il n’y a pas d’explosion le 23 mais la production de cendres et gaz n’est pas interrompue (6 panaches reportés ce jour-là)