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Activité mondiale du 26 novembre au 2 décembre 2014

Trop de bonheur…

Cette semaine je suis en joie avec un florilège de volcans aux noms impossibles, connus de personnes ou presque et perdus dans les terres australes ou sur des îles dont personne ne sait très bien comment elles fonctionnent ni à quelle nationalité elles appartiennent.

La palme d’or revient tout de même au Moyorodake-Medvezh’Ya-Moyoroyama- Medvezhia (enfin qui est fait le Kudriavy…), je vous conseille vivement la lecture du paragraphe qui lui est consacré.

A part ça, les inconditionnels de stars volcaniques trouveront un petit topo sur le Piton de la Fournaise.

Tableau récapitulatif – C’est écrit trop petit? Cliquez dessus pour agrandir.
Tableau récapitulatif – C’est écrit trop petit? Cliquez dessus pour agrandir.

 

Accès direct aux textes concernant les volcans de la semaine:

Chirinkotan
Heard
Moyorodake
Piton de la Fournaise

Aira
Asosan
Bardarbunga
Copahue
Fogo
Fuego
Kilauea
Shishaldin
Shiveluch
Zhupanovsky

  • Chirinkotan, suspect
Iles Kouriles (Russie) – Altitude 724 m

 Le SVERT (Sakhalin Volcanic Eruption Response Team) rapporte que, depuis le 21 novembre, une anomalie thermique (c’est chaud) et une augmentation des émissions de gaz ont été détectées sur les images satellites du Chirinkotan. Le 27 novembre, le panache de gaz a parcouru 40 km en direction du SE.

Le code couleur pour l’aviation est élevé à jaune.

  •  Heard, mais où est-il ??
Plateau des Kerguelen, territoire australien – Altitude 2745 m

 Ce petit bout d’île perdu dans les terres australes fait partie de ceux dont on n’entend quasiment jamais parler et dont il n’est pas évident de savoir où ils se trouvent.

Donc, voilà, c’est là :

C’est peu dire que les informations provenant de cette partie des terres australes sont rares. C’est donc un honneur d’en avoir quelques bribes de nouvelles.

D’après les données s’un satellite appartenant à la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration), il y aurait une anomalie thermique (c’est chaud) sur le flanc est du volcan de l’île Heard. Il s’agit d’images faites entre le 2 et le 30 novembre. La couverture nuageuse rend les prises de vues impossibles les 1er et 2 décembre. Ces anomalies thermiques sont confirmées par des images MODIS (Moderate Resolution Imaging Spectroradiometer : en gros ce sont des appareils photos qui photographie la chaleur). Ces anomalies serrant dues à la persistance d’un lac de lave sur le volcan et également de probables coulées de lave.

  •  Moyorodake, à moins que ce ne soit le Medvezh’Ya ?
Ile Etorofu – Altitude 1124 m

 Le statut de l’île Etorofu n’est pas un long fleuve tranquille. Elle est à la fois revendiquée par les russes et les japonais. Raison pour laquelle la plupart des lieux ont deux noms : russe et japonais. Il faut donc maitriser ces deux langues… pas simple.

Alors voilà : le mont Moyorodake est aussi le Medvezh’Ya et l’île Etorofu n’est autre que l’île Iturup. Sahcant que l’on trouve diverses orthographes de ces noms dans notre modeste alphabet latin (Itouroup, Medvezhia, Moyoro-yama …), on est carrément mal barrés.

Enfin, bref, ce volcan, il est là :

Le 27 novembre, le SVERT (Sakhalin Volcanic Eruption Response Team) rapporte que, durant les 10 jours qui viennent de s’écouler une anomalie thermique et un renforcement des dégagements de gaz ont été détectés sur le ? Moyorodake ? Ah ah ben non, sur le Kudriavy, (ah ah ah), un édifice qui appartient au grand complexe volcanique de Moroyodake.

La taille et l’intensité de l’anomalie thermique ont considérablement augmenté le 27 novembre.

Des émissions de gaz sont encore observées le 29 novembre.

Le code couleur pour l’aviation est élevé à jaune.

  •  Piton de la Fournaise, favoritisme honteux !
Ile de La Réunion (France) – Altitude 2632 m

 Et oui, parler du Piton de la Fournaise dans cette rub, cette semaine, relève d’un favoritisme honteux. En effet, rien de folichon sous le soleil de l’océan indien. Mais le volcanologue est faible, il cède facilement aux tentations… donc je cède et j’en parle quand même.

Entre le 1er novembre et le 1er décembre, la vigilance avait déjà été prononcée, en effet, une augmentation de l’activité géophysique était rapportée par l’OVPF (Observatoire Volcanologique du Piton de la Fournaise) avec 113 séismes volcano-tectnoiques enregistrés durant cette période, des déformations (constantes depuis septembre 2014) et un changement dans les émissions de gaz. Cependant, la vigilance avait été levée lundi dernier.

Or, le jeudi 4 décembre, à 10h, l’état de vigilance est de nouveau prononcé en raison d’une reprise de l’activité sismique et des déformations.

Affaire à suivre, quand même: vous pouvez consulter ce lien.

  •  Aira, volcan vache-qui-rit
Kyushu (Japon) – Altitude 1117 m

 Ah, là on tient un candidat fidèle, un vrai.

Le JMA (Japan Meteorological Agency) indique que, entre les 25 et 28 novembre, des explosions de petite ampleur se déroulent sur le cratère Showa, dans la caldeira Aira sur le volcan Sakurajima.

De plus, le VAAC (Volcanic Ash Advisory Center) de Tokyo rapporte que, entre les 27 et 30 novembre, les panaches consécutifs aux explosions sur le cratère Showa, ont atteint des altitudes comprises entre 1500 et 4900 m. Ils se sont dispersés dans des direction NE, E ou SE.

Une éruption a lieu le 2 décembre, elle entraine la formation d’un panache de atteignant 1500 m d’altitude et se dispersant vers le SE.

Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 5).

  •  Asosan des cendres sur Miyazaki
Ile Kyushu (Japon) – Altitude 1592 m

 Le JMA rapporte que le 25 novembre, une éruption a lieu après une augmentation de l’activité sismique quelques heures auparavant. Des panaches de cendres s’élèvent alors, atteignant jusqu’à 1000 m de haut. Ils sont a l’origine de retombées de cendres à l’est,  à Hanoi Aso (région de Kumamoto ), Taketa (30 km au NE, région d’Oita ), Gokase (25 km au WSW, région de Miyazaki ) et à  Minamiaso (10 km au SW, région de Kumamoto ). Ce même jour du 25, des tephras sont éjectés depuis le cratère jusqu’à une distance de 100 m.

Aso et autour

L’activité sismique reste élevée et l’éruption fort jusqu’au 27 novembre. Les panaches de cendres montent alors jusqu’à 1500 m de haut.

Une campagne de terrain sur le secteur sud du cratère Nakadake permet d’observer une activité de type strombolien (terme que je ne cautionne pas mais bon) avec un dépôt de cendres épais de 7 cm et l’émission de scories allant jusqu’à la taille d’un poing.

Les retombées de cendres atteignent alors une large portion ouest: principalement à  Kumamoto (38 km au WSW). Les vols en direction et au départ de Kumamoto sont annulés ou déroutés.

Le 28, les panaches de cendres atteignent toujours 1500 m de haut. Il en va ainsi jusqu’au 30 novembre. Les 1er et 2 décembre, le mauvais temps rend les observations impossibles mais des indices laissent supposer que l’éruption continue.

Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 5).

  •  Barbarbunga, la caldera s’est affaissée de 50m !
Islande – Altitude 2009m

Du 26 novembre au 2 décembre, l’IMO (Icelandic MET Office) maintient l’alerte orange pour l’aviation du fait de l’activité incessante sur la fissure éruptive de Holuhraun.

L’activité se fait toujours par impulsions, comme je l’ai déjà évoqué la semaine dernière (voir l’article) : toutes les 5 à 10 minutes, de la lave est expulsée depuis l’évent et ce pendant une durée de 2 à 3 minutes. Le 1er décembre, la surface totale recouverte par la lave est estimée à 75 km2.

La subsidence de la caldera se poursuit. Une mesure effectuée lors d’un survol de la zone le 26 novembre montre qu’elle atteint désormais 50 m (la caldera a perdu 50 m en hauteur !) pour un volume correspondant estimé de 1,4 km3. Toutefois, la vitesse à laquelle la subsidence se fait a diminué dans la partie centrale de la caldera comparativement aux premiers mois de l’activité.

La sismicité est toujours importante.

  •  Copahue ? Régulier…
Frontière Chili/Argentine – Altitude 2953 m

 Des émissions de gaz et vapeur, avec peut être une petite quantité de cendres s’échappent du Copahue le 26 novembre (source : Buenos Aires VAAC – Volcanic Ash Advisory Center). Le panache atteint des altitudes comprises entre 3400 et 3700 m et se disperse jusqu’à 65 km en direction de l’est. Le 30 novembre, la présence d’un panache diffus mais continuellement présent est confirmée par un pilote. Ce même panache persistant est détecté sur des images satellites les 1er et 2 décembre. Il s’accompagne de l’émission de cendres.

  •  Fogo, des maisons détruites, la zone de la caldera évacuée
Cap Vert – altitude 2829 m

 L’éruption se poursuit sur le Fogo (dans la caldera de Cha) entre les 26 novembre et 2 décembre. Dans la matinée du 30, l’éruption s’intensifie et la lave progresse à une vitesse de 20 m par jour. La seule route qu’il était encore possible d’emprunter entre le Parc National et Portela (la principale ville située dans la caldera) est fermée.

Diapositive1

Les autorités déclenche l’évacuation de tous les habitants qui se trouvent dans la caldera.

La coulée a déjà détruit au moins 25 maisons, des terres agricoles ainsi que le musée du Parc Naturel du Fogo.

En date du 2 décembre, il y a deux fronts de coulée. La lave atteint d’autres maisons, une école et un hôtel.

  • Fuego, explosions, ondes de chocs, panaches et retombées de cendres
Guatemala – Altitude 3763 m

L’INSIVUMEH (Instituto Nacional de Sismologia, Vulcanologia, Meteorologia e Hidrologia) rapporte que des explosions ont lieu au Fuego du 28 au 30 novembre, provoquant des panaches de cendres qui atteignent 1200 m de hauteur et se disperse jusqu’à 25 km au S, SW ou W. Les ondes de chocs liées aux explosions sont parfois ressenties par les riverains.

Fuego
Fogo, Fuego et Fuego… de Colima

Du matériel incandescent est éjecté jusqu’à une distance de 100 à 150 en dessous du cratère les 29 et 30 novembre.

Des retombées de cendres sont rapportées à Panimaché I and II (8 km au SW), Morelia (9 km au SW) et Santa Sofía (12 km au SW).

Dans un bulletin spécial du 1er décembre, le INSIVUMEH note que l’activité est similaire à celle des jours précédents et qu’elle est caractérisée par des périodes d’explosions fréquentes et intenses (6 à 8 par jour)

Tout début décembre, les panaches atteignent 1300 m de haut et se dispersent 20 km au SW ou W. Les explosions sont parfois entendues jusqu’à 30 km à la ronde. Les retombées atteignent Morelia, Santa Sofía, Panimaché, et Yepocapa

  •  Kilauea, déflation au sommet, alimentation en baisse
Iles d’Hawaii (USA) – Altitude 1222m

 Le HVO (Hawaiian Volcano Observatory) nous rapporte que, entre le 26 novembre et le 2 décembre, le niveau du lac de lave monte et descend occasionnellement dans le cratère Halema’uma’u (l’un des cratères du Kilauea).

Les dépôts de cendres, petites bombes et cheveux de Pelé (tephras) se poursuivent autour de l’évent. Les petites particules peuvent parcourir plusieurs kilomètres.

Les émissions de gaz restent élevées (source HVO – Hawaiian Volcano Observatory).

Localisation des zones actives de la coulée mentionnées dans le texte: active tip of new lobe"= nouveau lobe actif géothermique abandonné – A droite « leading tip of active breakouts »= partie active de la coulée proche de Pahoa. Image courtesy of HVO/US Geological Survey.
Localisation des zones actives de la coulée mentionnées dans le texte: voir surtout « active tip of new lobe »= nouveau lobe actif qui évolue en marge de la coulée principale. Image courtesy of HVO/US Geological Survey.

La coulée du 27 juin est toujours active. Un survol de la coulée effectué le 1er décembre montre qu’une étroite langue de coulée a pris naissance sur la portion ouest de la coulée principale. Cette coulée secondaire a parcouru 2,8 km et provoqué des feux de végétation sur son passage. Il a été également observé que l’alimentation en lave a baissé (via un tube de lave qui alimente l’ensemble de la coulée). Cette baisse est due à une déflation du sommet qui est en cours depuis le 29 novembre. On peut donc dire qu’il y a un certain ramollissement de l’activité pour cette coulée du 27 juin.

 Pour rappel, le cratère Pu’u O’o (zone est du volcan Kilauea) est en activité depuis le 3 janvier 1983. Depuis 31 ans, son activité est sans relâche.

  •  Shishaldin, p’tet ben qu’il est en éruption
Fox Islands (USA) – altitude 2857 m

La sismicité ainsi que les températures de surface, au niveau du cratère, demeurent élevées sur le Shishaldin (source : AVO – Alaska Volcano Observatory).

Le sommet du Shishaldin avec son panache de vapeur 3 décembre 2014 à 18h47 Image courtesy of AVO/USGS – Photographe : Levi Musselwhite
Le sommet du Shishaldin avec son panache de vapeur. Photo en date du 3 décembre 2014 à 18h47. Levi Musselwhite, le photographe, se trouve dans un bateau en mer de Bering à environ 120 km au nord du Shishaldin.
Image courtesy of AVO/USGS – Photographe : Levi Musselwhite

 

Il est probable qu’une éruption marquée par une émission de lave soit en cours au sommet de ce volcan.

Le code couleur pour l’aviation est maintenu à orange.

  •  Shiveluch, balaise !
Kamchatka (Russie) – Altitude 3283m

 L’extrusion (= mise en place) du dôme de lave sur le flanc nord du Shiveluch continue et s’accompagne d’explosions, de production de cendres, d’avalanches de débris chaudes et d’une activité fumerolienne (source : KVERT – Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team).

De fortes explosions ont lieu le 23 novembre à 10h26 et le 26 à 3h38. Elles provoquent la formation d’un panache de cendres qui atteint des altitudes comprises entre 8000 et 9000 m. Ces panaches parcourent des distances allant jusqu’à 400 km en direction du NE et 200 km en direction du SE.

L’anomalie thermique sur le dôme est identifiée sur les images satellites des 22 et 23 novembre ainsi que des 26 et 27 novembre. La couverture nuageuse masque le volcan les autres jours.

 Le code couleur pour l’aviation reste à orange.

  •  Zhupanovsky, explose seul dans son coin
Kamchatka – Altitude 2899 m

 Le KVERT (Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team) rapporte que de fortes explosions ont ébranlé le Zhupanovsky le 23 novembre à 2h06 et le 25 novembre à 12h14. Les panaches de cendres produits par ces explosions ont atteint 7000 à 8000 m d’altitude et se sont dispersés jusqu’à 350 km à l’est et au SE.

Les images satellites montrent une anomalie thermique sur le volcan les 22, 25 et 27 novembre. La couverture nuageuse masque le volcan les autres jours.

Activité mondiale du 19 au 25 novembre 2014

Allez, on sort l’artillerie lourde, des cartes, des videos, des digrammes… du LOURD

D’abord, cette semaine, il faut se concentrer. Nous avons en éruption le Fogo et le Fuego mais qui n’est pas le Fuego… ah ok, ok, ok…

Eruption du Fogo (Cap Vert)

 

Faut pas confondre les enfants : le Fogo est au Cap Vert et est entré en éruption le 23 novembre, tandis que nous avons le Fuego au Guatemala (en activité les semaines passées mais pour qui il ne se passe pas grand chose cette semaine) et le Fuego au Mexique qui s’appelle en fait le Fuego de Colima et qui est aussi en activité…

Voula, on va regarder une petite carte et touuuuut va bien se passer:

Fuego

Quant à l’Ontake, il est pour ainsi dire à l’arrêt et il quitte la rubrique cette semaine. Il avait tenu le haut du pavé fin septembre avec une éruption qui a malheureusement causé la disparition de 56 personnes auxquelles s’ajoutent 7 qui sont toujours portées disparues. (voir sur le Volcablog: « Mr. Ontake pique une colère! » et « Ontake: éruption imprévue? »). Il a disparu du paysage médiatique aussitôt sa colère passée. Ce n’est, hélas, pas un scoop mais les volcans n’attirent les medias qu’avec l’odeur de la chair brulée. Pas de mort, pas de reportage.

A contrario, personne ne parlera jamais de ces volcans du bout du monde, tel le Shiveluch, à l’origine d’une explosion dantesque, dont il est assez coutumier, mais si loin de tout, si loin de nous, choubidou, choubidou (je m’entraine pour faire une chanson…)

La complainte du volcan qui voulait qu’on parle de lui au journal de TF1…

 

Tableau récapitulatif – C’est écrit trop petit? Cliquez dessus pour agrandir.
Tableau récapitulatif – C’est écrit trop petit? Cliquez dessus pour agrandir.

 

Accès direct aux textes concernant les volcans de la semaine:

Fogo
Ubinas

Aira
Bardarbunga
Kilauea
Mayon
Pavlof
Sinabung
Shishaldin
Shiveluch
Zhupanovsky

  • Fogo, coulée en plat principal ; panache soufré au dessert
Cap Vert – Altitude 2829 m

 

 

Selon la presse locale (et la BBC), une éruption a débuté sur le volcan Fogo, située dans la caldera de Cha, dans la matinée du 23 novembre, et ce après une augmentation de l’activité sismique dans les semaines qui ont précédé.

L’éruption a débuté sur un évent situé du coté WSW et à la base du volcan Fogo, là où des explosions avaient eu lieu en 1995.

L’activité s’est manifestée par des explosions, des fontaines de lave et l’émission de cendres.

Une video assez longue qui montre les différents aspects de l’activité en cours au Fogo

Environ 700 personnes ont été évacuées de Chã das Caldeiras et l’aéroport a été fermé.

Dans l’après-midi du 24, les employés du quartier général du Parc National sont obligés de plier bagage. Dans la soirée, le bâtiment où ils travaillent est rejoint par la lave. La coulée émise par le Fogo traverse la route principale et met à mal les moyens de communication.

Progression de la coulée

Le VAAC (Volcanic Ash Advisory Center) de Toulouse a pu observer le panache issu du Fogo. Il est principalement compté de dioxyde de soufre (SO2) et il se disperse jusqu’à 220 km en direction du NW à une altitude de 9100 m. De faibles quantités de cendres sont détectées dans ce panache et elles demeurent cantonnées à des altitudes plus faible.

En date du 25 novembre, la coulée émise par le Fogo mesurait 4 km de long.

  • Ubinas, deux explosions le 23 novembre
Pérou – Altitude 5672 m

 Une petite explosion débute sur l’Ubinas le 23 novembre à 7h41. Elle dure 64 secondes et produit une panache de cendres de 2500 m de haut qui se disperse en direction du sud et sud-est. Une seconde explosion a lieu à 10h04, cette dernière produit un panache de cendres de 2200 m de haut et se dispersant au sud. Au moment de cette seconde explosion, les habitants des pentes de l’Ubinas rapportent avoir ressenti un léger grondement (source : IGP – Instituto Geofisico del Perú).

  • Aira, infatigable et inusable ?
Kyushu (Japon) – Altitude 1117 m

 Le JMA (Japan Meteorological Agency) rapporte que, entre les 17 et 21 novembre, deux explosions ont eu lieu sur la caldera de Aira (volcan Sakurajima), conduisant à l’éjection de tephras jusqu’à 1300 m de distance.

Le Tokyo VAAC (Volcanic Ash Advisory Center) rajoute qu’une explosion a lieu le 19 novembre et qu’elle entraine la formation d’un panache qui s’élève à 3000 m d’altitude et se dirige vers le NE. Le 23 novembre, une autre explosion produit un panache de 2400 m d’altitude et qui se dirige vers l’est.

 Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 5).

  •  Barbarbunga, éruption giclative ?
Islande – Altitude 2009 m

 Du 18 au 25 novembre, l’IMO (Icelandic MET Office) maintient l’alerte orange pour l’aviation du fait de l’activité incessante sur la fissure éruptive de Holuhraun.

Les images du cratère prises avec la camera thermique FLIR (forward looking infrared ) le 18 novembre montre que la partie où la convection thermique est la plus intense se situe sur la partie nord du site, en un lieu appelé Heimasæta. Les coulées partent toujours en direction de l’ESE.

Image thermique (FLIR) de l'event le 18/11. Vue depuis l'eosut: le nord est dance gate de la photo et le sud à droite. La température est comprise entre 1147 et 1188°C. Image courtesy of IMO (Icelandic MET office) and Institute of Earth Sciences, information from the field group.
Image thermique (FLIR) de l’event le 18/11. Vue depuis l’eosut: le nord est dance gate de la photo et le sud à droite. La température est comprise entre 1147 et 1188°C.
Image courtesy of IMO (Icelandic MET office) and Institute of Earth Sciences, information from the field group.

La subsidence de la caldera se poursuit. Une pollution locale de l’air persiste à cause de l’émission importante de gaz volcaniques. La sismicité reste élevée.

Cette video représente tous les séismes enregistrées entre les mois d’août et novembre: localisés en coupe puis sur une carte.

Le 20 novembre, les observateurs sur place décrivent précisément le phénomène éruptif : il s’agit d’explosions au sein du cratère qui ont lieu par « pulses » (impulsions) environ toutes les 10 à 15 minutes, ces explosions sont systématiquement suivies par un jet de lave. La majorité de la lave éjectée retombe pour s’écouler dans le canal principal à l’origine de la coulée tandis qu’une une partie provoque des éclaboussures sur les cotés de l’évent. Une explosion, un jet de lave, une explosion, un jet… etc et tout ça toutes les 10 à 15 minutes.

Très belles images aériennes qui donnent une bonne idée de ce qui se passe au Bardar, à la 50ème seconde on peut apprehender le phénomènes d' »impulsions ».

D’où mon terme de giclative… pourquoi pas un nouveau terme pour qualifier ce genre d’éruption ?

  •  Kilauea, pahoehoe style
Iles d’Hawaii (USA) – Altitude 1222m

 Le HVO (Hawaiian Volcano Observatory) nous rapporte que, entre le 19 et le 25 novembre, le niveau du lac de lave monte et descend occasionnellement dans le cratère Halema’uma’u (l’un des cratères du Kilauea).

Les dépôts de cendres, petites bombes et cheveux de Pelé (tephras) se poursuivent autour de l’évent. Les petites particules peuvent parcourir plusieurs kilomètres. Les émissions de gaz restent élevées.

Doucement mais sûrement…

 Entre les 19 et 25 novembre, la partie NE de la coulée du 27 juin demeure active.

Localisation des zones actives de la coulée mentionnée dans le texte: au fond, le cratère Pu'u O'o-A gauche "well site"= - A droite "leading tip of active breakouts": partie active de la coulée proche de Pahoa. Image Courtesy of
Localisation des zones actives de la coulée mentionnées dans le texte: au fond, le cratère Pu’u O’o – A gauche « well site »= site d’exploitation géothermique abandonné – A droite « leading tip of active breakouts »= partie active de la coulée proche de Pahoa. Image courtesy of HVO/US Geological Survey.

Une image satellite, en date du 22, montre que les lobes actifs se localisent à deux endroits en particulier : 1- dans la partie supérieure de la coulée, à environ 4 km au NE du cratère Pu’u O’o et 2- au niveau d’un système de fissures situé à proximité d’un site d’exploitation géothermique abandonné. Le 24 novembre, dans cette dernière zone que je viens d’évoquer, la coulée avance doucement dans le plus pur style pahoehoe, dont le Kilauea a le secret, et se trouve à 5,7 km en amont de la décharge située sur la rue Apa’a de Pahoa (source HVO – Hawaiian Volcano Observatory).

Le plus pur style pahoehoe

Pour rappel, le cratère Pu’u O’o (zone est du volcan Kilauea) est en activité depuis le 3 janvier 1983. Depuis 31 ans, son activité est sans relâche.

  •  Mayon, statu quo
Ile de Luçon (Philippine) – Altitude 2462 m

 Du 18 au 25 novembre, ce sont des panaches blancs (dépourvus de cendres) que l’on peut observer au-dessus du cratère du Mayon, s’élevant ou plutôt se déversant souvent le long des pentes du volcan (source : PHIVOLCS – Philippine Insitute of Volcanology and Seismology). Environ 6 tremblements de terre et un éboulement sont enregistrés chaque jour pendant cette période.

Les émissions de dioxyde de soufre sont en dessous des niveaux de référence, donc plutôt faibles.

 Le niveau d’alerte est maintenu à 3 (sur une échelle de 0 à 5)

  •  Pavlof, ce joli feu de paille qui s’éteint (ou presque)
USA – altitude 2493 m

 L’Alaska Volcano Observatory (AVO) rapporte que l’activité sismique diminue sur le Pavlof les 21 et 22 novembre. Elle reste cependant élevée par rapport à la normale.

Sur cette image on voit à la voit le Pavlof avec sa coulée toute récente (marquée par l'étiquette "lava flow emplaced 12-15 nov") et le Shishaldin avec son panache de vapeur (indiqué par "steam plume"). Le tout étant copieusement revocvert de nuages qui masquent souvent les observations de ces volcans. Image courtesy of AVO/USGS. Photographe: Chris Waythomas.
Sur cette image on voit à la fois le Pavlof avec sa coulée toute récente (marquée par l’étiquette « lava flow emplaced 12-15 nov ») et le Shishaldin avec son panache de vapeur (indiqué par « steam plume »). Le tout étant copieusement recouvert de nuages qui masquent souvent les observations de ces volcans. Image courtesy of AVO/USGS. Photographe: Chris Waythomas.

Les températures en surface diminuent le 22 et les 24 et 25 novembre, traduisant le refroidissement de la coulée située sur le flanc NW. Il n’y a plus aucune preuve d’une activité éruptive en cours.

 Le code couleur pour l’aviation est abaissé à jaune.

  •  Sinabung, sous le joug d’écoulements pyroclastiques
Indonésie – Altitude 2460 m

 Sur la base d’images de webcam et de modèles, le VAAC (Volcanic Ash Advisory Center) de Darwin rapportent que les éruptions du Sinabung des 19 et 20 novembre ont produit des panaches de cendres allant jusqu’à 4300 m d’altitude et dérivant vers l’ouest.

L’activité au Sinabung: un panache blanc permanent. Ici un écoulement pyroclastique visible à la 19ème seconde.

Un panache blanc et épais est observable en continu. De même la production d’écoulements pyroclastiques est régulière. Ceux des 22 et 23 novembre ont dévalé les pentes du volcan jusqu’à sa base.

Le 23 novembre, le panache de cendres atteignait 3000 m d’altitude et se dirigeait en direction du sud.

  •  Shishaldin, ce volcan qui joue à cache-cache
Fox Islands (USA) – Altitude 2857 m

 Les séismes de type tremors volcaniques sont intermittents sur le Shishladin entre le 19 et le 23 novembre (source : AVO : Alaska Volcano Observatory). Des températures de surface élevées ont pu être détectées par satellites quand les conditions météo laissaient les observations possibles. La sismicité a nettement augmenté le 24 novembre, laissant supposé que l’intensité de l’éruption a également augmenté. Le 25, sismicité et températures en surface démeuraient élevées.

 L’alerte pour l’aviation est maintenue au niveau orange.

  • Shiveluch, à l’origine d’un énooOoorme panache
Kamchatka (Russie) – Altitude 3283m

 Du 14 au 21 novembre, l’extrusion (= mise en place) du dôme de lave sur le flanc nord du Shiveluch continue et s’accompagne d’avalanches de débris chaudes et d’une activité fumerolienne (source : KVERT – Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team).

Le 16 novembre à 22h17, une forte explosion se produit, générant un panache de cendres de 30 par 10 km et qui a parcouru jusqu’à 590 km en direction du SW.

Les images satellites révèlent une anomalie thermique (c’est chaud !) entre les 18 et 20 novembre. L’épaisse couverture nuageuse empêche les observations les autres jours.

Le code couleur pour l’aviation reste à orange.

  • Zhupanovsky, on essaye de deviner ce qu’il fait
Kamchatka – Altitude 2899 m

 Les images satellites montrent un Zhupanovsky ou tranquille, ou couvert de nuage. Néanmoins, le KVERT (Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team) rapporte qu’une activité explosive modérée semble se poursuivre au Zhupanovsky entre le 14 et 21 novembre.

Le code d’alerte pour l’aviation reste à orange.