Archives du mot-clé Dyngjujökull

Les 100 jours du Bardarbunga!

100 jours d’activité…c’est le seuil franchi le 9 décembre 2014 par le Bardarbunga. L’occasion de dresser un petit bilan et de comparer cette éruption avec d’autres éruptions islandaises majeures. Car c’est désormais certain, le Bardarbunga fait partie des éruptions effusives majeures en Islande. Cet article est basé sur un travail de synthèse, effectué par la Protection Civile islandaise et sur les comptes-rendus quotidiens de l’IMO (Iceladnic MET Office).

Sommaire

Résumé des épisodes précédents
100 jours d’activité sismique
100 jours d’écoulement de lave
100 jours de gaz volcaniques
100 jours d’affaissement dans la caldeira
Les scenarios possibles

Je tiens particulièrement à remercier le Icelandic MET Office qui m’autorise à utiliser son matériel et à rediffuser et expliquer le travail et les données récoltés par nos collègues sur le terrain. Si vous voulez ne rien rater, consultez leur site (en anglais), mis à jour quotidiennement : ici

I really thank the Icelandic MET Office to let me use his own pictures and datas from fieldwork.

  • Résumé des épisodes précédents

Il est là:

Le site de l'éruption, en Islande
Le site de l’éruption, en Islande


Pour tout savoir en détails sur le Bardarbunga, je vous conseille un petit retour sur cet article que je lui consacrai à la fin du mois de septembre : BARDARBUNGA… OU PAS?

bardarZOOM

Depuis plus de trois mois, le Bardarbunga est en activité continue. Cette activité s’exprime en quatre points : une émission importante et régulière de lave, une activité sismique soutenue, une subsidence au niveau de la caldera qui constitue le cœur de ce volcan (et recouverte par la calotte glaciaire du le Vatnajokull) et une forte émission de gaz volcaniques.

  • 100 jours d’activité sismique

L’activité sismique sur le Bardarbunga est la plus intense observée en Islande depuis que les mesures sismiques sont possibles. Pour vous donner une idée, dans la journée du 10 décembre, 10 séismes ont été enregistrés avec une magnitude supérieure à 4 ; le plus important ayant une magnitude de 4,4. Et c’est comme ça depuis 100 jours ! En tout, ce sont 836 séismes avec des magnitudes comprises entres 3,0 et 3,9 qui ont été enregistrés, 462 avec des magnitudes entre 4,0 et 4,9 et 74 de magnitudes supérieure à 5,0.

Les mouvements de lave en profondeur ont également pu être mesurés (mesures GPS), Le volume estimé de l’intrusion est de 0,5 km3, elle a été entièrement formée dès les premiers stades de l’éruption.

  •  100 jours d’écoulement de lave

L’émission de lave Holuhraun est surprenante par la constance de son débit. C’est un magma très primitif avec une composition tout ce qu’il y a de plus classique sur le système du Bardarbunga. Il s’est stabilisé entre 9 et 20 km de profondeur.

La zone recouverte par la lave atteint désormais (le 9 décembre) 76 km2. Point particulièrement important, cela en fait le plus grand champ de lave observé en Islande depuis l’éruption du Laki (1783-1784), ce qui n’est pas la moindre des références.

Progression de la coulée entre le 29/08/14 et le 14/11/14. image courtesy of Icelandic MET Office
Progression de la coulée entre le 29/08/14 et le 14/11/14. image courtesy of Icelandic MET Office

Mais il faut raison garder et carte ci-dessous regarder. Elle permet de mettre en parallèle les surfaces recouvertes par la lave lors de l’éruption de l’ Eldgjá (en 934), du Laki et sur la zone de Holuhraun.

Comparaison des surfaces recouvertes par trois eruption majeures en islande:  Eldgjá (934), Laki (1783-1784) et Bardarbunga (2014). References: Eldgjá and Laki outlines and Eldgjá volume from Thordarson et al. 2001. Volume of Laki from Thordarson et al. 1993. Bardarbunga: données de l'université d'Islande, Institute of Earth Sciences' Volcanology and Natural Hazards Group. Specialist: William Moreland.
Comparaison des surfaces recouvertes par trois éruptions majeures en Islande: Eldgjá (934), Laki (1783-1784) et Bardarbunga (2014).
References: Eldgjá and Laki outlines and Eldgjá volume from Thordarson et al. 2001. Volume of Laki from Thordarson et al. 1993. Bardarbunga: données de l’Université d’Islande, Institute of Earth Sciences Volcanology and Natural Hazards Group. Specialist: William Moreland.

 

Oui, on aime bien comparer à la monstrueuse éruption du Laki et oui, le Bardarbunga vient juste derrière pour la période historique. Mais ? Mais il est sans commune mesure, heureusement pour nous…car on sait les conséquences dramatiques qu’a eu l’éruption du Laki (si on ne sait pas : allez jeter un œil de ce coté là : Quel risque volcanique en Europe?)

Si le taux d’émission de la lave demeure aussi régulier, l’éruption devrait durer encore quelques mois.

  • 100 jours de gaz volcaniques

L’éruption en cours à Holuhraun produit de grandes quantités de gaz. Il faut remonter 150 ans en arrière pour trouver un évènement (celui de Trolladyngja) qui ait eu un impact comparable sur l’Islande et ses habitants, en termes de questions environnementales et de santé (l’IMO met à disposition une page d’information sur la pollution atmosphérique).

Les gaz en présence sont essentiellement : SO2, CO2, HCl, HF et H2O.

Jusqu’à la mi-octobre les taux moyens d’émission des gaz mesurés étaient de 400 kg/s (environ 35 000 tonnes par jour) avec des pics à 1300 kg/s (environ 112 000 tonnes par jour). La quantité totale de SO2 produit depuis le début de l’éruption est de 3,5 millions de tonnes (on monte à 11,2 millions de tonnes si on prend en considération les pics de dégazage).

Là aussi,on peut comparer avec l’éruption dramatique du Laki : en 1783 et 1784, 122 millions de tonnes de SO2 furent injectés dans l’atmosphère en l’espace de 8 mois. Sur 100 jours, le Laki aurait donc expulsé environ 51 millions de tonnes de SO2. Le Bardarbunga est donc bien en dessous… heureusement, encore une fois.

  • 100 jours d’affaissement dans la caldeira

L’activité sur la caldera est également sans précédant. C’est la première fois que l’on peut suivre un affaissement de caldera en Islande, au jour le jour, avec des mesures précises et des méthodes scientifiques modernes.

Le 26 novembre, la subsidence avait atteint 50 m pour un volume estiéme de 1,4 km3.

Subsidence au niveau de la caldeira du Bardarbunga, mis à jour le 27 novembre 2014. L'échelle verticale est exagérée pour rendre le prahique lisible.  Institute of Earth Sciences.
Subsidence au niveau de la caldeira du Bardarbunga, mis à jour le 27 novembre 2014. L’échelle verticale est exagérée pour rendre le prahique lisible. Institute of Earth Sciences.

Toutefois, le Conseil Scientifique de la Protection Civile Islandaise a compilé les données depuis le début de l’éruption (soit du 31 aout au 3 décembre) : il se dégage de cette analyse une diminution du taux de subsidence sur la caldera : de 80 cm par jour au début, on est passé à 25 cm par jour actuellement. La subsidence est toujours concentrée au centre de la caldera.

  • Les scenarios possibles :

L’IMO (Icelandic MET Office) conclut l’ensemble de ses études par trois scénarios possibles concernant la suite de l’éruption :

1 – L’éruption de Holuhraun continue jusqu’à ce que la subsidence de la caldeira cesse. L’éruption peut encore durer ainsi pendant plusieurs mois.

2- La fissure active se prolonge vers le sud, en direction puis sous le glacier Dyngjujokull (situé entre le Bardarbunga et la fissure de Holuhraun). Cela provoquerait alors une de ces fameuses débâcle glaciaire (jökulhlaups) ainsi que d’une production de cendres. Il est également possibles que d’autres fissures se développent à des endroits divers sous le glacier.

3- Une éruption se produit au sein de la caldera de Bardarbunga (sous la glace). Une telle éruption provoquerait une fonte massive de la calotte glaciaire et un jokulhlaup de grande ampleur, s’accompagnant de production et de chutes de cendres.

Evidemment, d’autres scenarios ne sont pas exclus. Et ce n’est pas le téléspectateur qui vote pour 1, 2 ou 3… seul le volcan choisit la suite du film!

 La Bardarbunga, avec l’activité centrée sur la fissure de Holuhraun, est donc une éruption effusive (= une éruption où « ça coule ») majeure dans l’histoire de l’Islande pour les temps historiques, et par voie de conséquences, une éruption majeure dans l’histoire de l’Europe. Encore une fois, elle est loin d’être à l’arrêt et le seul le volcan sait quand mettre un point final à son histoire.

Activité mondiale du 3 au 9 septembre

L’activité est bien fournie cette semaine, de l’ile lilliputienne la plus inconnue aux mastodontes médiatiques, faisons un tour d’horizon en cartes et vidéos.

Aujourd’hui je laisse la vedette à deux toutes petites iles volcaniques: Barren (en mer d’Andaman) et Manam en Papouasie Nouvelle Guinée. Pour qu’elles existent un petit peu dans l’esprit des hommes…

A l’opposé, je reviens faire le point sur le très médiatique Bardarbunga. Contrairement à ce que vous pouvez lire ou entendre, non, le Bardarbunga n’est pas à l’arrêt ! Explications ci-dessous…

Enfin, comme il est assez peu commun de maitriser sa géographie islandaise sur le bout des jökull(s?), je vous ai rajouté cartes et explications pour essayer d’éclaircir ce brouillard volcanique. Dyngjujökull, au scrabble, ça peut faire son effet. Et vous allez enfin comprendre où il est situé.

tableau 3-9
Tableau récapitulatif – C’est écrit trop petit? Cliquez dessus pour agrandir.
Ile de Barren, vit sa vie mais est surpris de temps à autre
Archipel d’Andaman (Inde) – Altitude 354m

 Le Darwinn VAAC (Volcanic Ash Advisory Centre) rapporte l’émission de cendres depuis l’ile de Barren. Cette information est basée sur un SIGMET émis le 9 septembre à la mi-journée. Un SIGMET est un « SIGnificant METeorological Informaion », message destiné aux aéronefs et signalant les phénomènes météorologiques dangereux.. Le panache étant peu développé, il n’a pu être identifiable sur les images satellites.

L’ile de Barren se trouve 1500km à l’est du continent indien, en Mer d’Andaman (dézoomez la carte ci-dessus pour visualiser)

Manam, pris en flag’ par images satellites
Papouasie Nouvelle Guinée – Altitude 1807m

 Des images satellites en date du 6 septembre montrent une propagation de cendres au dessus de l’île de Manam à 10h32 et 11h32. Le panache atteint 2100m de haut et parcourt 27 km vers le nord-ouest. Manam vient compléter le tableau des deux volcans de Papouasie Nouvelle Guinée dont j’ai parlé la semaine dernière : le Tavurvur (Rabaul) et le Bagana (plus discret cette semaine).

Manam
Manam, le Tavurvur et le Bagana
Aira, un volcan à hauts risques
Kyushu (Japon) – Altitude 1117 m

 Le niveau d’alerte 3 est maintenu par le JMA (Japan Meteorological Agency) sur la caldeira Aira (volcan Sakurajima).

L’Aira est toujours aussi explosif avec 41 explosions enregistrées entre le 1er et le 7 septembre. L’émission de cendres est rapportée par le VAAC de Tokyo mais elle n’est pas observable sur les images satellites et ce jusqu’au 9 septembre. Le 9 septembre, à 4h37, on peut enfin observer le panache sur les images satellites, il atteint alors 3300m et se dirige vers le sud. Une activité sismique est également enregistrée.

 Asosan, 1200 tonnes de SO2 par jour !
Kyushu (Japon) – Altitude 1592 m

C’est à cela qu’a ressemblé l’activité de notre bon Monsieur Aso cette semaine

Le 1er septembre, une éruption a lieu sur le cratère Nakadake, elle engendre un petit panache de couleur blanc cassé (on est très à cheval sur les couleurs en volcano…), ce qui suggère la présence d’un petite quantité de cendres (source : JMA : Japan Meteorological Agency). Ce panache atteint 1200 m de haut. Les séismes d’origine volcaniques sont importants : entre 48 et 92 par jour du 1er au 4 septembre ; et entre 55 et 129 par jour du 5 au 7.

Une éruption a également lieu le 6 avec un panache consécutif de 600 m de haut.

Le taux de SO2 émis est toujours notable : 1200 tonnes par jour.

Barbarbunga, non, il n’est pas à l’arrêt !
Islande – Altitude 2009m
Le site de l'éruption, en Islande
Le site de l’éruption, en Islande

 Entre le 3 et le 9, les émissions de lave, de gaz et une activité sismique élevée continuent dans le secteur de Holuhraun. Les observations de terrain montrent toutefois que la production de cendres est négligeable.

Des images radar montre une dépression de 0,5 à 1 km de large au niveau du glacier Dyngjujökull (situé à environ 2 km au sud de l’endroit où se déroule l’éruption). Le Dyngjujökull est un lobe glaciaire situé à l’extrémité septentrionale du Vatnajökull, l’énorme calotte de glace située au sud-est de l’Islande).

Le 4, l’activité effusive est constante et la coulée émise recouvre alors 10,8 km2. Le 5, deux nouvelles fissures sont observées au sud de la zone active. Ces fissures produisent de la lave, mais à un taux moindre que la fissure principale. Un panache de vapeur est observé ce jour-là, il atteint 460 m de haut.

Le 6, de grands changements sont observées au niveau du glacier situé au-dessus du Bardarbunga (le Vatnajökull) : une large zone, correspondant au plancher de la caldera du Bardarbunga s’est enfoncée. Il n’y a pas de signes d’éruption. Il s’agirait donc « seulement » d’une subsidence d’origine tectonique (disons « mécanique »).

Le Bardarbunga est situé sous le Vatnajökull et les fissures actuellement actives à Holuhraun en sont le prolongement.

Parallèlement, on remarque que deux petites dépressions sont apparues au niveau du Dyngjujökull (pointe nord du Vatnajökull), suggérant que de brèves éruptions sous-glaciaires ont eu lieu.

bardarZOOM
C’est vrai qu’on s’y perd un peu dans les jökull(s?) islandais. Dyngjujökull est un lobe glaciaire situé à la pointe nord du Vatnajökull

Le 7 septembre, le taux d’effusion sur la fissure principale est de 100 à 200 m3 par seconde… c’est pas mal. Ce jour-là, la coulée rejoint une rivière (Jökulsá á Fjöllum), de la vapeur est produite mais aucune activité explosive significative due à la rencontre entre l’eau et la lave n’est rapportée.

Les 8 et 9, les deux petites fissures méridionales, ouvertes le 5, semblent se mettre à l’arrêt. La totalité de l’ère recouverte par les coulées atteint alors 19 km2.

Le code pour l’aviation civile est orange.

Non, décidément, on ne peut pas dire que le Bardarbunga ait ni cessé, ni diminué en activité…

Bezymianny, pour qu’on ne l’oublie pas
Kamchatka Central (Russie) – Altitude 2882m

 Une activité sismique de faible intensité continue ainsi qu’une activité fumerolienne modérée. Une petite anomalie thermique est également rapportée par les données satellite (c’est un peu chaud). Bref, le Bezymianny n’est pas complètement au repos mais pas franchement actif non plus… Volcan « ni-ni ».

Fuego, un lahar de 75m et une route coupée.
Guatemala – Altitude 3763 m

Le 2 septembre, un lahar roule sur le flanc sud-ouest : 75 m de large pour 2,5m de haut. Cet écoulement boueux coupe la route qui relie Santa Lucia Cotzulmaguapa et les petits villages de Morelia, Santa Sofía, and Panimaché.

Du 3 au 9, le INSIVUMEH (Instituto Nacional de Sismologia, Vulcanologie, Meteorologia e Hidrologia) rapporte que des panaches de fumerolles atteignent de 300 à 600 m au-dessus du sommet du Fuego. Des explosions faibles à modérées avec expulsions de cendres ont lieu chaque jour avec des panaches de 500 à 800 m. On rapporte également de petites avalanches de débris, toujours sur le quart sud-ouest des flancs du volcan.

Les villages de Yepocapa (8 km au WNW), Sangre de Cristo (8 km au WSW), Panimaché I and II (8 km au SW), Morelia (10 km au SW), Santa Sofía (12 km au SW), Yucales (12 km au SW), et Porvenir (8 km au ENE), entre autres, subissent des retombées de cendres.

 Karymsky, discret
Kamchatka oriental (Russie) – Altitude 1536m

L’activité sismique demeure modérée à faible cette semaine. Un panache de cendres de 4000m de haut a pu être observé par satellite le 3, il s’est propagé 9km vers le ouest-sud-ouest. C’est donc une activité bien réelle mais relativement discrète. (source : KVERT : Kamchatkan Volcanic Erutpion Response Team)

Brochette de volcans, Pacifique nord
Brochette de volcans, Pacifique nord
 Kilauea, et la coulée ? Et ben… elle coule toujours
Iles d’Hawaii (USA) – Altitude 1222m

 Le HVO (Hawaiian Volcano Observatory) nous rapporte que, entre le 3 et le 9 septembre, le niveau du lac de lave monte et descend dans le cratère Halema’uma’u, restant entre 50 et 60 m en dessous des lèvres du cratère.

Les dépôts de cendres, petites bombes et cheveux de Pelé se poursuivent autour de l’évent. Les petites particules parcourent plusieurs kilomètres. Les émissions de gaz restent élevées, particulièrement le 2 (entre 3300 et 6700 tonnes de gaz par jour).

Quelques imprécisions dans le commentaire mais cette video donne une bonne idée de ce qui se passe à Hawaii.

Au niveau du cratère Pu’u O’o, il n’y a pas beaucoup de changement. Le 3, le niveau d’alerte a cependant était élevé du fait de l’avancée de la coulée du 27 juin. Le 10 septembre, elle avait parcouru 14,5 km et n’est plus qu’à 600 m de la lisière est de la réserve forestière Wao Kele. Contrairement à ce que l’ont pensait la semaine passée, elle n’a pas encore atteint les habitations. Elle devrait atteindre Kaohe dans un jour et demi et la route de Pāhoa d’ici 14 à 16 jours. Cette prévision est appelée à être revue constamment en fonction des obstacles que la coulée va rencontrer ou non durant son parcours.

Pour rappel, le cratère Pu’u O’o (zone est du volcan Kilauea) est en activité depuis le 3 janvier 1983. Depuis 31 ans, son activité est sans relâche.

Kuchinoerabujima, sur le pied de guerre
Iles Ryukyu (Japon) – Altitude 657 m

 A classer parmi les volcans « ni-ni ». Il montre des signes tangibles d’activité. Pourtant, il n’y a pas de manifestations « extérieures » de cette activité (explosions, panaches de cendres, coulées…)

Le niveau d’alerte est maintenu à 3. La sismicité augmente entre les 3 et 5 septembre et des panaches de gaz et vapeur sont fréquents. A surveiller donc.

Poás, l’impulsif
Costa Rica – Altitude 2708m

 Trois éruptions phréatiques ont eu lieu dans le lac de cratère du Poás (le lac naturel le plus acide au monde : pour rappel, son pH avoisine zéro). Ces éruptions associant eau et magma ont eu lieu de 27 août, à 2 minutes d’intervalle les unes des autres. L’une d’elle a généré un panache qui s’est élevé 200m au-dessus de la surface du lac.

Sur le Poás, ce type d’éruption a tendance à se produire de façon « impulsive », sans singes précurseurs et elles sont de courtes durées (5 à 10 secondes). Source : OVSICORI-UNA : Observatorio Vulcanologico y Sismologico de Costa Rica – Universidad Nacional.

Popocatépetl, activité continue
Mexique – Altitude 5426m

 L’activité est sismique et s’accompagne de l’émission de gaz dont de la vapeur. Le 7, un panache de cendres atteint 1000 m de haut et se dirige cap ouest-nord-ouest.

 Rabaul (Tavurvur), il récupère…
Papouasie Nouvelle Guinée (Nouvelle Bretagne) – Altitude 688m

 Du 31 août au 5 septembre, le Tavurvur, situé dans la caldeira de Rabaul, est demeuré plutôt calme. Toutefois, de la vapeur a pu être aperçue, s’échappant du sommet et prenant parfois des teintes bleutées. Des grondements sont perceptibles les 30 et 31 août.

La sismicité reste élevée avec une fréquence en nette baisse toutefois (10 évènements enregistrés par jour début septembre contre 80 fin août). Le Tavurvur semble donc marquer une pause par rapport à son coup d’éclat de la semaine passée (source : Rabaul Volcano Observatory).

Revendator, vapeur, cendres et explosions
Equateur – Altitude 3562 m

 L’IG (Instituto Geofisico) qualifie l’activité du Reventador de modérée avec des explosions et des tremblements de terre.

Comme la semaine passée, la couverture nuageuse rend souvent les observations difficiles. Toutefois, du 5 au 8 septembre, l’émission de vapeur ainsi que d’une faible quantité de cendres est mise en évidence. Dans la matinée du 5, une explosion engendre un panache et éjecte des blocs jusqu’à 500 m en dessous du cratère (flanc ouest). Une explosion est également détectée par caméra thermique dans la journée suivante. Le 7, des grondements sont entendus et un panache de 1000m de haut est observable. Le 8, c’est un nuage de vapeur contenant un petit peu de cendres qui est produit.

Une anomalie thermique est mesurée par satellite.

Santa Maria, spécialiste des lahars
Guatemala – Altitude 3772m
Palajunoj, aux pieds du Santa Maria
Palajunoj, aux pieds du Santa Maria

 Du 3 au 9, le Santa Maria connaît une activité fumerolienne (INSIVUMEH : Instituto Nacional de Sismologia, Vulcanologie, Meteorologia e Hidrologia). De plus, une coulée de lave active sur le flanc est continue de générer des panaches de cendres. Le 4, c’est une fine pluie de cendres qui se disperse à l’ouest dans le secteur de Palajunoj (18 km au SSW). Le 7 septembre, un puissant lahar est détectée grâce à sa signature sismique (avec mobilisation de particules de tailles fines jusqu’aux blocs : plus de 40 m).

Des odeurs de soufre sont également rapportées.

 Shiveluch, la croissance du dôme continue
Kamchatka (Russie) – Altitude 3283m

L’activité explosive et effusive continue au Shiveluch (KVERT : Kamchatkan Volcanic Erutpion Response Team). C’est la mise en place (extrusion) d’un dôme de lave (lave visqueuse) sur le flanc sud-est qui domine le dynamisme du Shiveluch actuellement : explosions modérées avec production de cendres, activité fumerolienne et avalanches de débris. Les données stellites montre la persistance d’une anomalie thermique dans la zone du dôme, ce qui est, somme toute, logique.

Le niveau d’alerte est maintenu à « orange ».

 Tungurahua, de nombreux villages sous les cendres
Equateur – Altitude 5023 m

 L’activité demeure modérée à forte (IG : Instituto Geofisico). Des explosions sont observées quotidiennement.

¡Esa es la mamá!

Le 3 septembre, les secteurs de Manzano (8 km au SW), Choglontus (13 km au WSW), Tisaleo (29 km au NW), Quero Alto (20 km au NW), et Quinchicoto subissent des retombées de cendres grises voir noires. L’après-midi de ce même jour, un écoulement pyroclastique dévale 500 m sous le cratère. Des retombées de cendres ont à nouveau lieu le 5 dans les villes de Manzano et Palitahua (6 km au SSW). A 12h10, un panache atteint 1500m et se disperse dans un quart sud-ouest.

Les 6, 7 et 8, plusieurs villages sont à nouveau touchés par des retombées de cendres noires : zones de Penipe (15 km au SW), Puela (8 km au SW), Pillate (8 km à l’ouest), Galán (au WNW), sud de Quero (20 km au NW), Palitagua (au SW), Manzano, Cevallos (23 km au NW), Mocha (25 km à l’ouest), Tisaleo et Bilbao (8 km à l’ouest).

Ubinas, l’éruption continue et c’est pas de la blague
Pérou – Altitude 5672 m

 Des panaches de vapeur s’élèvent du cratère les 3, 4 et 9 septembre. Une sismicité faible est rapportée. Un panache de cendres est observé le 5 à 8h58 atteignant 1000m de haut et se dispersant vers le sud. Un second se produit la même journée à 13h27 mais il n’atteint « que » 500 m de haut.

L'Amérique Centrale est immensément riche... de volcans
L’Amérique Centrale est immensément riche… de volcans

Le 8, ce sont 5 explosions qui se succèdent, la plus forte ayant lieu le matin et produisant un panache de 1200 m de haut. Le plus haut panache produit ce jour-là atteint 1900m de haut. Des retombées de cendres sont rapportées au sud.

Les 8 et 9, le VAAC de Buenos Aires (Volcanic Ash advisory Centre) passe le code couleur pour l’aviation à « orange ».

Le 9, les émissions de vapeur et gaz atteignent 7300 m de haut.

 Zhupanovsky, le fidèle petit dernier du classement
Kamchatka (Russie) – Altitude 2958 m

Selon le KVERT (Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team) une éruption explosive d’intensité modérée se poursuit au Zhupanovsky. Le 1er, il produit un panache de 3500m de haut et se dirigeant vers le nord-ouest. D’autres panaches sont détectés le 4 septembre. L’anomalie thermique mesurée au sommet est persistante.

Le 7 septembre; le KVERT a pu observé 3 importants panaches : 10, puis 38, puis 72 km de long pour une altitude de 2500 à 3000 m.

En bref, l’émission de panaches y est casi-continue mais il n’est pas toujours aisé de les observer du fait de la couverture nuageuse qui masque fréquemment les abords du volcan.