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Activité mondiale du 12 au 18 novembre 2014

Cette semaine, ça y est

La planète se déchaine !!

Jugez par vous-même, tous ces volcans en éruption, c’est forcèment qu’il se passe un truc qu’on nous aurait caché…

Tableau récapitulatif – C’est écrit trop petit? Cliquez dessus pour agrandir.
Tableau récapitulatif – C’est écrit trop petit? Cliquez dessus pour agrandir.

 

Accès direct aux textes concernant les volcans de la semaine:

Pavlof
Sinarka
Zhupanovsky

Aira
Bardarbunga
Fuego
Kilauea
Mayon
Poás
Reventador
Sinabung
Shiveluch
Turrialba

 

  • Pavlof, orange – rouge – orange
USA – altitude 2493 m

 Le 12 novembre, l’Alaska Volcano Observatory (AVO) élève l’alerte pour l’aviation à orange en raison d’une nouvelle phase d’activité sur le volcan Pavlof, initié ce même jour.

Pavlof et Shishal
Le Pavlof, voisin du Shishaldin. Ici on voit nettement la zone de subduction (ligne épaisse et bleue foncé en bas de l’image) qui est la cause du volcanisme dans cette region du Pacifique nord.

Des observateurs locaux (dont une webcam de la FAA) rapportent qu’un panache s’élève du sommet. Il est faiblement chargé en cendres. La sismicité est élevée et de la lave commence à s’écouler depuis un évent situé juste au nord du sommet. Des blocs et des cendres descendent également la pente nord du volcan. Enfin, une anomalie thermique est détectée sur les images satellites.

L’éruption se poursuit les jours qui suivent. Le 14, un étroit panache de cendres atteint 4800 m d’altitude et parcourt 200 km.

Le 15, l’éruption s’intensifie. L’AVO porte alors le code pour l’aviation à ROUGE. Le panache atteint alors 7600 m et se dirige 200 km au NW. L’activité sismique augmente encore d’un cran. Des pilotes rapportent qu’à 12h30, le panache atteint 9100m.

15 novembre: Panache éruptif pointé par les flèches rouges (image MODIS). En jaune les contours des terres. Image courtesy of of AVO/USGS – Photographe : Dave Schneider
15 novembre: Panache éruptif pointé par les flèches rouges (image MODIS). En jaune les contours des terres. Image courtesy of of AVO/USGS – Photographe : Dave Schneider

 

Puis, vers 19h, l’activité sismique décroit brusquement puis reste faible. Au même moment, les images satellites montrent que les émissions de cendres baissent significativement.

Le code d’alerte pour l’aviation est rabaissé à orange.

Le 16, les pilotes indiquent qu’il n’y a plus de signe d’activité et les images satellites ne montrent plus d’anomalie thermique.

Les 17 et 18, l’activité sismique reste faible mais les températures de surface élevées traduisent la présence d’une coulée et/ou d’éboulements chauds.

Vous trouverez les webcam de la FAA sur ce lien: choisissez celle de Cold Bay pour tenter d’apercevoir le Pavlof.

  • Sinarka, émission de gaz
Ile Shiashkotan (Russie) – altitude 934 m

 

 Le SVERT (Sakhalin Volcanic Eruption Response Team) rapporte que, dans la journée du 11 novembre, des images satellites montrent des émissions de gaz et de vapeur sur le volcan Sinarka. Le lendemain, une faible anomalie thermique est enregistrée. Les dégagements gazeux s’intensifient. Une anomalie thermique est à nouveau détectée le 16.

  • Zhupanovsky, explosif mais modéré
Kamchatka – Altitude 2899 m

 Le KVERT (Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team) rapporte qu’un activité explosive modérée se poursuit au Zhupanovsky entre le 7 et le 14 novembre. Des panaches de cendres sont détectés sur des images satellites. Ils se dispersent sur 270 km en direction du SE.

 Le code d’alerte pour l’aviation reste à orange.

  •  Aira, on compte ses explosions
Kyushu (Japon) – Altitude 1117 m

 Le Tokyo VAAC (Volcanic Ash Advisory Center) rapporte que, entre le 10 et le 14 novembre, 3 explosions ont eu lieu sur le cratère Showa dans la caldera Aira (volcan Sakurajima). Elles ont conduit à l’éjection de tephras jusqu’à une distance de 800m.

Le VAAC note qu’entre les 12 et 17 novembre, la hauteur mesurée des panaches varie de 1800 à 2400 m d’altitude et qu’ils se dispersent vers l’est et le SE.

 Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 5).

  •  Barbarbunga, mais qui l’arrêtera ???
Islande – Altitude 2009m

 Du 12 au 18 novembre, l’IMO (Icelandic MET Office) maintient l’alerte orange pour l’aviation du fait de l’activité incessante sur la fissure éruptive de Holuhraun. Le cratère Baugur est toujours le siège d’une intense activité effusive et les coulées partent en direction de l’ESE. La surface recouverte par la lave atteignait 71,9 km2 le 14 novembre.

Image thermique (FLIR) de l'event le 18/11. Vue depuis l'eosut: le nord est dance gate de la photo et le sud à droite. La température est comprise entre 1147 et 1188°C. Image courtesy of IMO (Icelandic MET office) and Institute of Earth Sciences, information from the field group.
Image thermique (FLIR) de l’évent le 18/11. Vue depuis l’ouest: le nord est donc à gauche de la photo et le sud à droite. La température est comprise entre 1147 et 1188°C.
Image courtesy of IMO (Icelandic MET office) and Institute of Earth Sciences.

 

La subsidence de la caldera se poursuit et la sismicité demeure élevée.

Une pollution locale de l’air persiste à cause de l’émission importante de gaz volcaniques.

  •  Fuego, explosions, cendres et secousses
Guatemala – Altitude 3763 m

L’INSIVUMEH (Instituto Nacional de Sismologia, Vulcanologia, Meteorologia e Hidrologia) rapporte que, entre le 13 et le 18 novembre, les explosions sur le Fuego ont généré des panache de cendres de 550 à 750 m de haut et se dispersant de 10 à 12 km au sud et à l’ouest.

Les secousses liées à ces explosions ont été ressenties dans les environs du volcan.

Des retombées de cendres sont observées à Panimaché I and II (8 km au SW), Morelia (9 km au SW) et Santa Sofía (12 km au SW).

  • Kilauea, fuite dans le tuyau
Iles d’Hawaii (USA) – Altitude 1222m

 

 Le HVO (Hawaiian Volcano Observatory) nous rapporte que, entre le 12 et le 18 novembre, le niveau du lac de lave monte et descend occasionnellement dans le cratère Halema’uma’u (l’un des cratères du Kilauea). Les dépôts de cendres, petites bombes et cheveux de Pelé (tephras) se poursuivent autour de l’évent. Les petites particules peuvent parcourir plusieurs kilomètres. Les émissions de gaz restent élevées (source HVO – Hawaiian Volcano Observatory).

La coulée du 27 juin est toujours active. Comme la semaine passée, différents lobes de la coulée sont actifs et continuent de progresser aux environs de la Rue Apa’a et de la rue du cimetière (Pahoa). Une partie de la coulée a d’ailleurs traversé la rue du cimetière.

Un survol de la zone le 17 a permis de montrer une baisse de l’alimentation de la coulée. Cette baisse est due à ce que l’on pourrait appeler une « fuite » du tube de lave (comme une fuite sur un tuyau d’eau donc) localisée en amont, à Pu’u Kahauale’a, près de Pu’u ‘O’o. Cette fuite a débuté dans la nuit du 14 au 15 novembre. La portion de la coulée la plus en aval, près de Kaohe et Pahoa s’est, de fait, immobilisée.

Situation generale de la coulée du 27 juin avec la source: le  Image courtesy of HVO/US Geological Survey
Situation générale de la coulée du 27 juin avec la source: le cratère Pu’u O’o et la zone de Kahauale’a, citée dans le texte.
Image courtesy of HVO/US Geological Survey

 

Pour rappel, le cratère Pu’u O’o (zone est du volcan Kilauea) est en activité depuis le 3 janvier 1983. Depuis 31 ans, son activité est sans relâche.

  •  Mayon, gonflé
Ile de Luçon (Philippine) – Altitude 2462 m

 Du 12 au 18 novembre, ce sont des panaches blancs (dépourvus de cendres) qui s’élèvent au-dessus du cratère du Mayon (source : PHIVOLCS – Philippine Insitute of Volcanology and Seismology). Environ 3 tremblements de terre et un éboulement sont enregistrés chaque jour pendant cette période.

Une étude de la déformation menée du 9 au 13 novembre montre que les flancs du volcan tendent à être dans une phase de déflation par rapport aux observations du 21 au 28 octobre. Cependant, les flancs reste encre gonflés comparativement à la normale.

 Le niveau d’alerte est maintenu à 3 (sur une échelle de 0 à 5).

  •  Poás, pas verdâtre, plutôt laiteux…
Costa Rica – altitude 2708 m

 

Eruption phréatique du 8 octobre:

 

 Le 13 novembre, le OVSICORI-UNA (Observatorio Vulcanologico y Sismologico de Costa Rica – Univsersidad Nacional) rapporte que la température et le taux d’émission des gaz ont significativement diminué autour du dôme de lave situé sur le bord est du lac chaud du Poás. L’activité fumerolienne sur le lac diminue également et sa couleur est passée de verdâtre à laiteuse (et oui, c’est assez subtil).

On n’a enregistré aucune éruption phréatique depuis le mois d’octobre.

  • Reventador, des panaches mais peu de cendres
Equateur – altitude 3562 m

 Entre les 12 et le 18 novembre, l’IG (Instituto Geofisico) nous fait part d’une activité explosive modérée avec des séismes longues périodes, des trémors et des explosions.

Du 12 au 14 et le 18 novembre, des panaches de vapeur, avec de très faibles quantités de cendres atteignent au mieux 1000 m de haut et se dispersent vers le NW et le N.

La couverture nuageuse rend fréquemment impossibles les observations directes du sommet.

  • Sinabung, une très intense activité
Indonésie – Altitude 2460 m

Le 14 novembre, le BNPB (Badan Nacional Penanggulangan Bencana) rapporte que l’activité au Sinabung est encore élevée. Des avalanches sont fréquentes, entrainant parfois la formation d’écoulements pyroclastiques (ils parcourent par trois fois 4 km sur le flanc sud).

Des panaches de cendres s’élèvent à 1000 m de haut et une coulée est active : elle descend à 500 m sous le cratère sur les flancs sud et ouest. Les panaches se dispersent vers l’ouest, SW et le sud. De denses panaches blancs et des écoulements pyroclastiques sont encore observés le 19 novembre.

En tout, ce sont 2986 personnes (pour 956 familles) qui sont toujours déplacées.

  • Shiveluch, dim dam dôme
Kamchatka (Russie) – Altitude 3283m

 Du 7 au 14 novembre, l’extrusion (= mise en place) du dôme de lave sur le flanc nord du Shiveluch continue et s’accompagne d’avalanches de débris chaudes et d’une activité fumerolienne (source : KVERT – Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team).

Le 12 novembre, une anomalie thermique est détectée sur le dôme via les images satellites. La couverture nuageuse empêche toute observation les autres jours.

Le code couleur pour l’aviation reste à orange.

  • Turrialba, de nouvelles explosions
Costa Rica – Altitude 3340 m

 

 

 Le OVSICORI-UNA (Observatorio Vulcanologico y Sismologico de Costa Rica – Univsersidad Nacional) nous informe qu’un explosion a eu lieu le 13 novembre à 19h26. Elle a duré 10 minutes. Une autre explosion a eu lieu à 13h42 le 14 et a duré 15 minutes.

Activité mondiale du 29 octobre au 4 novembre 2014

Turrialba ! ! ! !

Pendant les deux semaines qui viennent de passer, nous guettions l’activté sismique du Cerro Negro de Mayasquer, ce volcan situé à la frontière entre la Colombie et l’Equateur. Et bien ce n’est pas de là qu’est venue l’éruption de la semaine mais d’un volcan costaricain: le Turrialba. Lui aussi connaissait une forte sismique depuis le mois de septembre, et cette semaine, c’est le volcan vedette de cette rubrique !

Petite mise en bouche:

(la journaliste évoque plusieurs volcans du Costa Rica, et le fait que ce petit pays soit intensément volcanique)

Avec le Popocatépetl et le Santa Maria, cela denote de la très grande forme des volcans sud-américains (était-il besoin de le rappeler?)

Tableau récapitulatif – C’est écrit trop petit? Cliquez dessus pour agrandir.
Tableau récapitulatif – C’est écrit trop petit? Cliquez dessus pour agrandir.

Accès direct aux textes concernant les volcans de la semaine:

Turrialba
Aira
Bardarbunga
Kilauea
Mayon
Ontakesan
Popocatepetl
Santa Maria
Sinabung
Shiveluch
Zhupanovsky

  • Turrialba, la physionomie du volcan chamboulée
Costa Rica – Altitude 3340 m

L’activité sismique sur le Turrialba a commencé à augmenter dès le mois de septembre, à la mi-octobre des séismes se sont produits en série (source : OVSICORI-UNA – Observatorio Vulcanologico y Sismologico de Costa Rica – Univsersidad Nacional). Le séisme le plus important a eu lieu le 16 octobre (magnitude : 2,8) et se situait à 5 km de profondeur ; sous le cratère actif du Turrialba.

Les émissions de gaz se sont intensifiées les 28 et 29 octobre. Le taux de SO2 était de 2000 tonnes produites chaque jour.

Le matin du 29 octobre, le signal sismique s’intensifie encore un peu plus, il continue d’augmenter l’après-midi puis le soir. Un observateur sur place rapporte que le panache était plus foncé que d’habitude et devait donc être chargé en cendres. A 23h10, une petite éruption phréato-magmatique se produit sur le cratère ouest, elle dure 25 minutes et se termine par une violente explosions, entendues dans les villages avoisinants. Un panache de cendres se forme et se dirige vers le WSW.

Panache au-dessus du Turrialba

Des retombées de cendres sont rapportées à San Gerardo de Irazú, San Ramón de Tres Ríos, Coronado, Moravia, Curridabat, Desamparados, Aserrí, Escazú, Santa Ana, Belén, Guácima de Alajuela, Río Segundo de Alajuela, San Pedro Montes de Oca, Guadalupe, dans le secteur de Heredia, et à San José, la capitale (70 km à l’ouest).

Cette éruption a provoqué la destruction du mur rocheux qui était présent entre le cratère ouest et le cratère central. Cela a entrainé des dépôts tout autour du cratère central ainsi que l’enfouissement partiel de ce dernier.

Selon les journaux, 11 personnes ont été évacuées depuis Santa Cruz de Turrialba vers des centres national et le Parc National du volcan Turrialba a été fermé. Des écoles ont également été fermées temporairement (300 élèves concernés).

L’éruption a continué les 30 et 31 octobre. Le magma n’avait pas rejoint la surface sur le Turrialba depuis 1866.Le 1er novembre, une nouvelle explosion entraine la formation d’un panache de cendres.

Le 3 novembre, un rapport fait état d’une diminution significative de la sismicité, ainsi que l’absence d’explosion durant les 24 heures qui viennent de s’écouler. La sismicité reste cependant à un niveau supérieur à la normale.

  • Aira, panaches sur stratovolcan
Kyushu (Japon) – Altitude 1117 m

Le Tokyo VAAC (Volcanic Ash Advisory Center) rapporte une explosion le 1er novembre sur le cratère Showa (caldera Aira, volcan Sakurajima) et plusieurs le 2, ayant entrainé la formation de panaches de cendres atteignant 2400 à 3000 m d’altitude et se dispersant vers l’est et le SE. Les 3 et 4 novembre, les panaches atteignent 3000 à 3700 m d’attitude et se dirigent vers le sud et l’ouest.

  • Barbarbunga, stable dans sa fureur
Islande – Altitude 2009m

Du 29 octobre au 4 novembre, l’IMO (Icelandic MET Office) maintient l’alerte orange pour l’aviation du fait de l’activité incessante sur la fissure éruptive de Holuhraun. La subsidence de la caldera se poursuit, sa profondeur cumulée était de 42 m le 31 octobre.

Diapositive1

Ce même jour, la surface mesurée du champ de lave est de 65,7 km2 (totalité de surface de lave émise depuis le début de l’éruption).

  •  Kilauea, la coulée s’invite chez les gens…
Iles d’Hawaii (USA) – Altitude 1222m
Etat de l'avancée de la couée dans le village de Pāhoa, le 5 novembre 2014. Image courtesy of HVO/US Geological Survey
Etat de l’avancée de la coulée dans le village de Pāhoa, le 5 novembre 2014.
Image courtesy of HVO/US Geological Survey

 

Le HVO (Hawaiian Volcano Observatory) nous rapporte que, entre le 29 octobre et le 4 novembre, le niveau du lac de lave monte et descend occasionnellement dans le cratère Halema’uma’u (l’un des cratères du Kilauea).

Les dépôts de cendres, petites bombes et cheveux de Pelé (tephras) se poursuivent autour de l’évent. Les petites particules peuvent parcourir plusieurs kilomètres.

Les émissions de gaz restent élevées (source HVO – Hawaiian Volcano Observatory).

La coulée du 27 juin est toujours active sur sa portion NE, en particulier aux abords du cimetière de Pahoa. Elle provoque des feux de forêt ainsi que de bruyants dégagements de méthane. Le 31 octobre, à 16h45, une partie de la coulée pénètre dans une zone résidentielle. L’intérieur de la coulée ne cesse d’être alimenté et donc de gonfler.

Feux de forêt au passage de la coulée.

Le code couleur pour l’aviation reste à orange.

Pour rappel, le cratère Pu’u O’o (zone est du volcan Kilauea) est en activité depuis le 3 janvier 1983. Depuis 31 ans, son activité est sans relâche.

  • Mayon, gonflement sur le flanc NW
Ile de Luçon (Philippine) – Altitude 2462 m

Du 29 octobre au 4 novembre, ce sont des panaches blancs (dépourvus de cendres) qui s’élèvent au-dessus du cratère du Mayon (source : PHIVOLCS – Philippine Insitute of Volcanology and Seismology).

Etonnant volcan et étonnante coulée… Le Mayon est un volcan … étonnant!

Quelques séismes d’origine volcaniques et d’autres dus à des chutes de pierres sont enregistrées du 29 au 31 octobre ainsi que le 4 novembre. La déformation du flanc NW se poursuit depuis le début de l’année (il s’agit d’un gonflement du flanc). Ce gonflement est considéré comme l’expression de la présence d’une poche de magma, d’approximativement 107 m3 et qui s’introduit doucement en profondeur.

Le niveau d’alerte est maintenu à 3 (sur une échelle de 0 à 5).

  • Ontakesan, statu quo
Honshu (Japon) – Altitude 3067m

Entre le 29 octobre et le 4 novembre, la couverture nuageuse rend les observations difficiles sur le volcan Ontake (source : JMA – Japan Meteorological Agency). Seuls des panaches blancs sont observés les 29 et 30 octobre ainsi que le 4 novembre, ils atteignent entre 100 et 300 m de haut et se dispersent vers le NE ou SE.

 

Le bilan de l’éruption du 27 septembre, est toujours de 56 tués et 7 disparus.

Le niveau d’alerte est maintenu à 3 (sur une échelle de 1 à 5).

  • Popocatépetl, explosif
Mexique – Altitude 5426 m

Du 29 octobre au 4 novembre, l’activité sismique sur le Popocatépetl traduit l’émission de vapeur, gaz et de petites quantités de cendres (source : CENAPRED – Centro Nacional de Prevencion de Desastres).

Le réseau sismique a également permis de détecter 9 explosions les 29 et 30 octobre et 2 le 31 octobre. Les panaches de cendres se sont élevés jusqu’à 1200 m et se sont dispersés vers le SW.

Les explosions se succèdent sur le Popocatépetl

Le 1er novembre, les panaches atteignent 1000 m de haut et se dirigent vers l’est, ils se dirigent vers le SW le 3 novembre. Périodiquement, dans la journée du 4 novembre, des tephras incandescents sont éjectés à 600 m de distance vers le nord ou l’est.

  •  Santa Maria, toujours dans le rouge
Guatemala – Altitude 3772 m
Palajunoj, aux pieds du Santa Maria
Palajunoj, aux pieds du Santa Maria

Entre le 1er et le 4 novembre, des panaches de cendres se sont élevés jusqu’à 500 m de haut depuis la zone active (flanc sud du complexe Santiaguito). Le 3 et le 4, des explosions ont lieu. Des retombées sont observées à Monte Claro (S) et dans la région montagneuse du village de Palajunoj (18 km au SSW).

Source : INSIVUMEH  – Instituto Nacional de Sismologia, Vulcanologia, Meteorologia e Hidrologia.

  •  Sinabung, panaches et écoulements pyroclastiques
Indonésie – Altitude 2460 m

Sur la base des observations d’un pilote d’avion, un panache de cendres est localisé le 2 novembre. Cependant, la couverture nuageuse en rend le suivi difficile (source : VAAC de Darwin – Volcanic Ash ).

Le 3 novembre, un écoulement pyroclastique et un panache de cendres se produisent. Le panache atteint 4600 m d’altitude et se disperse vers le NE (cette altitude est estimée, elle n’est pas certaine, toujours à cause de l’importante couverture nuageuse).

Le 4 novembre, la webcam permet de détecter un nouveau panache qui s’élève à 4300 m et se disperse en direction du nord.

  • Shiveluch, dim dam dôme
Kamchatka (Russie) – Altitude 3283m

L’extrusion (= mise en place) du dôme de lave sur le flanc nord du Shiveluch continue et s’accompagne d’explosions, de production de cendres, d’avalanches de débris chaudes et d’une activité fumerolienne (source : KVERT – Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team).

Cette video évoque les Shiveluch et Zhupanovsky… rien que pour le plaisir d’entendre ces noms prononcés en russe…

Une anomalie thermique est détectée sur les images satellites des 27, 29 et 30 octobre. La couverture nuageuse empêche toute observations les autres jours.

De fortes explosions ont lieu des 28 et 30 octobre, provoquant la formation de panaches de cendres allant jusqu’à 11000 m d’altitude le 28 et entre 7000 et 8000 m le 30.

Ces panaches se sont dispersés jusqu’à 500 km en direction du nord-est.

Le code couleur pour l’aviation reste à orange.

  •  Zhupanovsky, complètement à l’arrêt ?
Kamchatka – Altitude 2899 m

Le KVERT (Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team) a présenté ses conclusions cette semaine : l’éruption au Zhupanovsky semble s’être terminée à la mi-octobre.

Le dernier signe d’activité date des 11 et 12 octobre (avec une explosion le 11 et une anomalie thermique le 12). Des volcanologues ont procédé à un survol de la zone le 17 octobre : la cratère actif n’émettait plus que gaz er vapeur.

En conséquence, Le code couleur pour l’aviation civile est abaissé de orange à jaune.

Activité mondiale du 15 au 28 octobre 2014

Braderie d’automne…

Je suis un peu à la bourre, donc aujourd’hui, je vous offre deux semaines d’activité volcanique pour le prix d’une… voici le bilan de l’activité volcanique mondiale et terrestre entre les 15 et 28 octobre.

Et dans la série GLOIRE AU VOLCAN INCONNU, allez donc voir ce qui se passe sur le volcan Cerro Negro de Mayasquer. La forte sismicité dont il est le siège fait crainte l’imminence d’un éruption dans les semaines à venir: le suspens est à son comble!!

tableauFINoct
ableau récapitulatif – C’est écrit trop petit? Cliquez dessus pour agrandir.

 

Accès direct aux textes concernant les volcans de la semaine:

Asosan
Cerro Negro de Mayasquer
Etna
Karangetang Api
Sabancaya
Aira
Bardarbunga
Copahue
Kilauea
Mayon
Ontakesan
Poas
Popocatepetl
Santa Maria
Sinabung
Shishaldin
Shiveluch
Stromboli
Zhupanovsky

  • Asosan, brève eruption
Kyushu (Japon) – Altitude 1592m

 Encore une fois, l’Aso fait partie de ces volcans qui ne sont jamais vraiment à l’arrêt. Le JMA (Japan Meteorological Agency) rapporte qu’une activité sismique (de type trémors) traduit une petite éruption dans le nuit du 22 octobre. Le lendemain, on découvre de la cendre agglutinée sur la webcam situé à proximité du cratère. Lors d’une séance de travail sur le volcan, les volcanologues japonais ont remarqué des retombées de cendres fraiches autour du cratère Nakadake. Tout ceci confirmant évidemment ce que laisser penser les données sismiques.

Le niveau d’alerte est maintenu à 2 (sur une échelle de 1 à 5)

  • Cerro Negro de Mayasquer, une très forte activité sismique
    Frontière Colombie/Equateur – Altitude 4445m

 Le 20 octobre, le Servicio Geologico Colombiano (SGC) enregistre un séisme de magnitude 5,8 au voisinage des volcans Cerro Negro et Chiles et à une profondeur inférieure à 10 km.

Les conséquences immédiates de la série de séismes de cette fin octobre.

Le 21, le SGC élève le niveau d’alerte sur le volcan. En effet, en l’espace de 18 heures, ce sont 4300 séismes qui ont été détectées à des profondeurs comprises entre 3 et 5 km et des magnitudes de 0,2 à 4,5. Les habitants du secteur ont ressenti 11 de ces évènements. Le 22, un rapport note que 7717 séismes ont été enregistrés dans la journée du 21.

 La semaine suivante, la sismicité continue à un rythme soutenu (source : SGC et IGEPN – Instituto Geofísico de la Escuela Politécnica Nacional).

La zone autour des volcans Cerro et Chiles est en alerte orange.

Depuis le 29 septembre, ce sont 81 000 séismes qui ont été détectés, 6300 d’entre eux ont eu lieu le 25 octobre. Les épicentres sont situés entre 2 et 3,5 km au sud de Chiles.

3500 familles ont été évacuées (Chiles, Panam et villages de Mayasquer).

Le niveau d’alerte est orange.

  • Etna, Activité au NSEC
Sicile (Italie) – Altitude 3330m

 Dans l’après-midi du 7 octobre, le nouveau cratère sud-est de l’Etna (ou NSEC : New Southeast Crater) a connu une période d’activité faible et intermittente. Le matériel incandescent est éjecté à quelques dizaines de mètres du cratère. Les cendres fines sont rapidement dispersées par le vent.

  •  Karangetang Api, panaches…
Ile Siau (Indonésie) – Altitude 1784 m

 Le 20 octobre, des panaches de cendres s’échappent du Karangetang, ils atteignent 3000 m d’altitude et se dispersent 75 km vers le NW (analyses d’images satellites par le Darwin Volcanic Ash Advisory Center)

  •  Sabancaya, cendres ou pas cendres ?
Pérou – Altitude 5967 m

 Du 21 au 27 octobre, l’activité sismique est faible et sporadique. Des panaches blancs s’élèvent jusqu’à 1200 m au-dessus du cratère (source : IGP – Instituto Geofisico del Perú). Un pilote d’avion rapporte avoir vu un panache de cendres s’échapper du Sabancaya et se diriger vers l’est. Cependant, le VAAC de Buenos Aires indique qu’aucune émission de cendres n’a été détectée sur les images satellites ce jour-là. La webcam in situ montre des émissions de gaz et de vapeur avec vraisemblablement de la cendre très diffuse. La même chose se reproduit le 25, un pilot rapporte avoir vu des cendres se dirigeant vers l’est mais les images satellites ne les ont, encore une fois, pas détectées.

  • Aira, explosions et panaches
Kyushu (Japon) – Altitude 1117 m

 Du 14 au 17 octobre, 3 explosions sont enregistrées sur le cratère Showa, dans la caldera Aira sur le volcan Sakurajima (source JMA : Japan Meteorological Agency). Ces explosions ont été à l’origine de l’éjection de tephras jusqu’à 1300 m de distance. Les 16, 18 et 21 octobre, le VAAC (Volcanic Ash Advisory Center) de Tokyo rapporte la présence de panaches de cendres s’élevant de 1800 à 3000 m d’altitude.

Deux explosions ont également lieu entre le 20 et le 24 octobre sur le cratère Showa. Celle du 24 a entrainé la formation d’un panache entre 3000 et 4600m de haut et si dirigeant vers l’est. La hauteur des panaches émis baisse à 2700m les 25-26 puis 2400 le 28.

 Le niveau d’alerte est maintenu à 3 (sur une échelle de 1 à 5)

  •  Barbarbunga, aucun répit depuis plus de deux mois
Islande – Altitude 2009m

Du 15 au 28 octobre, l’IMO (Icelandic MET Office) maintient l’alerte orange pour l’aviation du fait de l’activité incessante sur la fissure éruptive de Holuhraun. La subsidence de la caldera continue à un rythme de 30 à 40 cm par jour, ce qui n’est pas négligeable. La subsidence se concentre désormais dans le NE de la caldera et le volume totale de celle-ci, en date du 15 octobre, était estimé à 0,75 km3.

Le 18 octobre, un séisme de magnitude 5,4 est détecté au nord du Bardarbunga. C’est l’un des plus important enregistré depuis le début de l’éruption.

La production de lave sur la fissure éruptive de Holuhraun continue à un taux inchangé. Le 27 octobre, la surface recouverte par la lave depuis le début de l’éruption est de 64,6 km2.

Dans la semaine du 22 au 28, l’activité se concentre sur l’évent principal, appelé cratère Baugur. Celui-ci atteignait 80 m de haut le 24 octobre.

Le cratere Baugur, ici en septembre de cette année.

La subsidence au niveau de la caldera se poursuit également dans la semaine du 22 au 28. Un survol de la zone effectué le 24 permet de la mesurer : elle a atteint 40 m ! Le 27, des mesures géothermales montrent que la température des eaux souterraines a augmenté.

En un mot, durant les deux semaines qui viennent de s’écouler, l’activité sur le Bardarbunga est persistante et ne connaît pas de répit.

  •  Copahue, explosions en série.
Frontière Chili/Argentine – Altitude 2953 m

 Le 15 octobre, 4 explosions sont enregistrées et des panaches de cendres gris s’élèvent jusqu’à 300 m au-dessus du cratère El Agrio (source : SERNAGEOMIN – Servicio Nacional de Geologia y Mineria). Le 17, les panaches sont blancs (donc quasiment dépourvus de cendres) et atteignent 100 m de haut. Le 18, l’activité sismique est faible.

Le 19 marque un regain d’activité avec 6 explosions et la production de panaches de cendres atteignant, cette fois-là encore, 300 m de haut. Le 20 octobre, le Copahue est secoué par une série de 12 explosions.

Le 24, le SERNAGEOMIN rapporte une tendance à la baisse de la sismicité avec également des émissions de tephras beaucoup plus sporadiques et diffuses et concernant seulement quelques panaches.

Un petit lac de boue s’est formé dans le cratère.

 Le SERNAGEOMIN baisse le niveau d’alerte à jaune et recommande de ne pas pénétrer dans la zone située dans un rayon de 3 km autour du cratère.

  •  Kilauea, la commune de Pahoa touchée par la coulée du 27/06
Iles d’Hawaii (USA) – Altitude 1222m

 Le HVO (Hawaiian Volcano Observatory) nous rapporte que, entre le 15 et le 21 octobre, le niveau du lac de lave monte et descend occasionnellement dans le cratère Halema’uma’u (l’un des cratères du Kilauea). Les dépôts de cendres, petites bombes et cheveux de Pelé (tephras) se poursuivent autour de l’évent. Les petites particules peuvent parcourir plusieurs kilomètres.

Les émissions de gaz restent élevées (source HVO – Hawaiian Volcano Observatory).

La coulée du 27 juin, issue du cratère Pu’u O’o poursuit sa progression. Le 22, un écoulement étroit (moins de 50 m de large) se détache de la coulée principal et s’engage dans une ravine. Sa vitesse est variable mais peut parfois atteindre 300 m par jour (ce qui est beaucoup).

Aux environs de 3h50 le 25 octobre, la coulée du 27 juin traverse la rue Apa’a (ville de Pāhoa, disctrict de Puna) puis continue sa progression en direction de la ville de Pahoa. Durant la matinée du 25, la coulée s’est avancée en direction du cimetière puis a tourné vers le SE. Le 27, la coulée est à environ 570 m de la rue principale de Pahoa. Le 28, vers 2h00, elle pénètre, pour la première fois depuis le début de son parcourt, dans une propreté privée. A 17h30, elle n’est plus qu’à 310 m de la rue principale et 900 m (en ligne droite) de l’autoroute n°130.

Hawaï: la coulée traverse la rue Apa’a (commune de Pahoa) Image courtesy of HVO/US Geological Survey
Hawaï: la coulée traverse la rue Apa’a (commune de Pahoa)
Image courtesy of HVO/US Geological Survey

Pahoa compte entre 800 et 900 habitants. L’école et plusieurs routes ont été fermées. Des travaux sont en cours pour réaliser des routes temporaires ainsi que des barrages pour essayer de détourner la coulée de l’autoroute 130.

Le code couleur pour l’aviation reste à orange.

Pour rappel, le cratère Pu’u O’o (zone est du volcan Kilauea) est en activité depuis le 3 janvier 1983. Depuis 31 ans, son activité est sans relâche.

  • Mayon, l’activité continue mais plus clamement
Ile de Luçon (Philippine) – Altitude 2462 m

 Du 14 au 28 octobre, ce sont des panaches blancs (dépourvus de cendres) qui s’élèvent au-dessus du cratère du Mayon (source : PHIVOLCS – Philippine Insitute of Volcanology and Seismology). Des chutes de blocs ont lieu le 14, du 23 au 25 et le 28 et sont détectées par leur signature sismique. Entre le 18 et le 21 des séismes d’origine volcanique sont enregistrés. Une nouvelle coulée est repérée lors d’un survol de la zone, elle mesure environ 400 m de long le 20 octobre.

Le niveau d’alerte est maintenu à 3 (sur une échelle de 0 à 5)

  • Ontakesan, l’hiver interrompt les recherches
Honshu (Japon) – Altitude 3067m

 Entre le 15 et le 28 octobre, la couverture nuageuse rend les observations difficiles sur le volcan Ontake (source : JMA – Japan Meteorological Agency). Seuls des panaches blancs sont observés entre les 16 et 19 octobre, ils atteignent au maximum 600 m de haut et se dispersent vers le NE ou SE.

Entre le 22 et le 28 octobre, la couverture nuageuse empêche souvent toute observation mais lorsque celles-ci sont possibles, on ne voit toujours que quelques panaches blancs s’élevant entre 100 et 300 m au-dessus du cratère. La sismicité est faible.

Les recherches des 7 personnes toujours portées disparues ont été interrompues en raison des conditions hivernales qui s’installent dans la région. Elles reprendront au printemps.

Le bilan de l’éruption du 27 septembre, est donc toujours de 56 tués et 7 disparus.

Malgré ces signes d’une relative accalmie, le niveau d’alerte est maintenu à 3 (sur une échelle de 1 à 5).

  •  Poás, une éruption phréatique
Costa Rica – Altitude 2708 m

 L’ l’OVSICORI-UNA (Observatorio Vulcanologico y Sismologico de Costa Rica – Univsersidad Nacional) rapporte qu’une éruption phréatique (voir DICO) a été enregistrée sur le Poás le 13 octobre à 8h58. Elle a duré une minute et demie et des matériaux issus de cette éruption ont été éjectés jusqu’à 250 m en dessous du lac de cratère. Des retombées de cendres ont également été observées.

  • Popocatépetl
Mexique – Altitude 5426 m

 Le 14 octobre, lors d’un survol du cratère du Popocatépetl, les volcanologues ont pu constater que le cratère formé en juillet 2013 s’était agrandi de 350 m (source : CENAPRED – Centro Nacional de Prevencion de Desastres). Le sommet de ce nouveau cratère se situe 100 m en dessous du cratère principal. Le dôme mis en place à partir d’août de cette année n’était pas visible à ce moment-là. L’activité se manifeste cette semaine par l’émission de vapeur, de gaz et occasionnellement de petites quantités de cendres.

Deux explosions de faible intensité sont détectées les 17 et 19 octobre.

Du 22 au 28 octobre, les émissions de vapeur, gaz et de petites quantités de cendres se poursuivent. Une petite explosion a lieu le 25 et provoque l’éjection de tephras jusqu’a 100 m sur le flanc sud du volcan et la formation d’un panache de vapeur et de gaz s’élevant à 1500 m au-dessus du cratère et se dispersant vers le SW. Des retombées de cendres sont rapportées à Tetela del Volcán (20 km au SW).

Le 26, une nouvelle explosion a lieu, les tephras parcourent 200 m sur le flanc nord et le panache (toujours peu chargé en cendres) atteint 1100 m et se disperse au NW

  •  Santa Maria,
Guatemala – Altitude 3772 m

 Les 22 et 23 octobre, des avalanches se produisent au front de la coulée active située sur le flanc sud du volcan (les front de coulée sont toujours assez instable et il est fréquent que des « éboulis » s’y produisent). La partie la plus active de la coulée se dirige vers le sud. Des explosions phréatiques (rencontre de magma et d’eau) ont lieu dans le milieu et les parties basses de la coulée (source : INSIVUMEH  – Instituto Nacional de Sismologia, Vulcanologia, Meteorologia e Hidrologia).

Le 24, un lahar descend sur le flanc SW du volcan, charriant des blocs de 1 à 2 m de diamètre.

Les 25 et 26, un épais nuage blanc s’élève à 500 m au-dessus du cratère puis se disperse vers le SW.

  •  Sinabung, éruptions casi-quotidiennes
Indonésie – Altitude 2460 m

 Du 15 au 20 octobre, on peut observer quotidiennement de petites éruptions sur le Sinabung. Ces éruptions entraînent la formation de panaches de cendres allant jusqu’à une altitude de 4300 m et se dirigeant 55 km au NW du 15 au 17 octobre puis vers le ESE le 19.

Du 23 au 24 octobre, les panaches de cendres se dispersent de 15 à 40 km vers le nord et le SW. Une petite éruption est observée le 25 et produit une petite quantité de cendres avec un panache se dispersant 30 km WNW.(source : VAAC de Darwin – Volcanic Ash Advisory Center). D’autres éruptions génèrent des panaches les 26 et 27. Le 27, le PVMBG note que le panache a atteint 5500 m d’altitude avant de se dissiper.

Enfin, le BNPB note que l’activité est importante le 27 et que le 26 des écoulements pyroclastiques ont dévalé le flanc sud sur 3,5 km.

3284 personnes (soit 1018 familles) ont été évacuées et vivent toujours dans des campements.

  • Shishaldin
Fox Islands (USA) – altitude 2857 m

 La sismicité indique qu’une éruption de faible intensité se poursuit au Shishaldin (source : AVO – Alaska Volcano Observatory). Une anomalie thermique est régulièrement détectée par satellite (dès que la couverture nuageuse se délite et que les observations sont possibles). L’activité sismique traduit, quant à elle, des explosions, occasionnelles et de faible ampleur.

Toutefois, l’activité sismique marque une augmentation le augmente le 25, laquelle s’accompagne de l’élévation des températures de surfaces au sommet (mesurée sur les images satellites). Le 26, un dépôt de tephras était visible au sommet (sur la webcam) et à quelques centaines de mètres de celui-ci, traduisant un évènement de relativement haute énergie .

Le code couleur pour l’aviation reste à orange.

  • Shiveluch
Kamchatka (Russie) – Altitude 3283m

L’extrusion (= mise en place) du dôme de lave sur le flanc nord du Shiveluch continue et s’accompagne d’explosions, de production de cendres, d’avalanches de débris chaudes et d’une activité fumerolienne (source : KVERT – Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team). Une anomalie thermique est détectée par satellite au niveau du dôme Les 10, 11, 15 , 17, 20 et 22 octobre. Les nuages masquent le volcan les autres jours.

 Le code couleur pour l’aviation reste à orange.

  • Stromboli, tellement « strombolien »
Iles éoliennes (Italie) – Altitude 924 m

Durant les deux mois qui viennent de s’écouler, l’activité sur le Stromboli s’est poursuivie depuis un évent situé à 650 m d’altitude (source : INGV – ). Les coulées s’étendent jusqu’à la partie basse de la Sciara del Fuoco. Durant les semaines qui viennent de s’écouler, on a également pu observer de sporadiques émissions de cendres depuis les évents situés à proximité du sommet.

  • Zhupanovsky,
Kamchatka – Altitude 2899 m

L’éruption explosive du Zhupanovsky se poursuit du 10 au 24 octobre (source : KVERT : Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team). Les données satellite ont permis de détecter une anomalie thermique et des panaches de cendres. L’un de ces panaches a atteint 9000 m d’altitude le 11 octobre et s’est dispersé jusqu’à 411 km au NE les 11 et 12. La couverture nuageuse rend les observations impossibles les autres jours.

Le code couleur pour l’aviation civile reste à orange.

Activité mondiale du 8 au 14 octobre 2014

Vous voilà maintenant coutumiers de cette rubrique. Vous remarquerez donc qu’il n’y a pas de semaine « avec » et de semaine « sans ». Vous trouvez toujours ici une vingtaine de volcans. Certains sont fidèles au poste quand d’autres vont et viennent. Aira (volcan Sakurajima), Kilauea, Shiveluch, Zhupanovsky et Stromboli font partie des piliers de comptoirs, toujours présents…

La petite nouveauté pour cette rubrique, c’est l’accès direct à chacun des volcans dont je détaille l’activité. Il suffit de cliquer sur les noms qui se trouve en dessous du tableau récapitulatif des volcans de la semaine.. fini le scroll nerveux et saccadé pour accéder à son volcan préféré!

Et le petit cadeau bonus? Cette video du Fuego, où les images de la webcam sont mises en parallèle avec l’enregistrement de l’activité sismique , c’est assez parlant (les explosions sont synchrones du signal sismique… hmm, à moins que ça ne soit le contraire):

 

tableau 8-14
Tableau récapitulatif – C’est écrit trop petit? Cliquez dessus pour agrandir.

 

Accès direct aux textes concernant les volcans de la semaine:

Copahue
Fuego
Poas
Aira
Bardarbunga
Kilauea
Mayon
Ontakesan
Popocatepetl
Sinabung
Shiveluch
Ubinas

 

Copahue, après les singes précurseurs, l’éruption !
Frontière Chili/Argentine – Altitude 2953 m

J’ai déjà évoqué le cas du Copahue pendant le mois de septembre. Des séismes et des émissions de vapeur et de gaz (sous forme de panaches blancs) y avaient été observés.

Le Copahue avant l’eruption…

Et bien, le Copahue est un bon élève, car après nous avoir montré tous les signes que nous aimons avoir pour anticiper une reprise d’activité, il est entré en éruption le 11 octobre.

Ce jour-là, à 7h52 et 13h49, deux explosions secouent le cratère El Agrio, sur le volcan Copahue (source : SERNAGEOMIN – Servicio Nacional de Geologia y Mineria) générant une série de panaches de cendres gris foncé qui s’élèvent à plus de 3600 m au-dessus du cratère. D’autres petites explosions font suite à ces deux épisodes majeurs. Le niveau d’alerte passe de jaune à orange. Des cameras à proximité du volcan permettent d’observer les panaches qui font alors 1900 m de haut et parcourt 35 km en direction du nord le 12 octobre, puis 2200 m de haut avec une dispersion vers l’est le 13 et enfin 400 m de haut toujours pour une dispersion à l’est le 14.

Actuellement, le volcan Copahue est toujours le siège d’explosions, toutefois, elles sont de plus faible ampleur que celles que je viens d’évoquer.

Fuego, des villages sous les cendres
Guatemala – Altitude 3763 m

 Les 11 et 12 octobre, des explosions ont lieu et produisent des panaches de cendres qui s’élèvent jusqu’à 1950m de haut et parcourent jusqu’à 12 km en direction WSW. Des tephras et blocs sont également éjectées et roulent jusqu’ à 150m sous le cratère, provoquant des tremblements de terre perceptibles dans un rayon de 13 km (source : INSIVUMEH : Instituto Nacional de Sismologia, Vulcanologia, Meteorologia e Hidrologia).

Les retombées de cendres touchent Panimaché (8 km au SW), Morelia (9 km au SW), Santa Sofía (12 km au SW), San Pedro, et Yepocapa (8 km au NW).

Des explosions se produisent jusqu’au 14 octobre, avec des panaches associés et toujours des chutes de blocs, qui par ailleurs sont bien visibles la nuit du fait de leur incandescence.

Voilà ce qu’on peut voir, la nuit, à proximité du Fuego: les blocs incandescents qui dévalent ses pentes sont facilement observables.
Poás, une violente éruption phréatique
Costa Rica – Altitude 2708 m

 Une éruption phréatique de forte intensité a été enregistrée au niveau du lac (chaud) du Poás, le 8 octobre à 17h45 par l’OVSICORI-UNA (Observatorio Vulcanologico y Sismologico de Costa Rica – Univsersidad Nacional). Cette éruption a duré une minute et projeté du matériel volcanique jusqu’à 250 m sous le cratère. La signature sismique indique que cet évènement est le plus violent parmi tous ceux enregistrées en 2014.

Consultez le site de l’OVSICORI-UNA pour en savoir plus.

Aira, infaillible…
Kyushu (Japon) – Altitude 1117 m

Entre le 6 et le 10 octobre, le JMA (Japan Meteorological Agency) rapporte 6 explosions dans le cratère Showa (caldera Aira, volcan Sakurajima) conduisant à l’éjection de tephras jusqu’à 1300 m de distance… quand même !Le VAAC (Volcanic Ash Advisory Center) de Tokyo note que les panaches consécutifs à ces explosions ont atteint des altitudes comprises entre 1500 et 1800 m et se sont dirigés vers l’ouest. Le niveau d’alerte est maintenu à 3 (sur une échelle de 1 à 5).

Barbarbunga, il continue sur sa lancée
Islande – Altitude 2009m

Pour en savoir plus sur le Bardarbunga et l’activité en cours: consultez cet article:  « Bardarbunga ou pas? »

 Du 8 au 14 octobre, l’IMO (Icelandic MET Office) maintient l’alerte orange pour l’aviation du fait de l’activité incessante sur la fissure éruptive de Holuhraun. La subsidence de la caldera continue, de même que l’effusion de lave dont le taux de production demeure inchangé. La sismicité quant à elle est relativement faible.

Les gaz, issus de l'éruption fissurale de Holuhraun provoquent une pollution du ciel islandais. Ici Le 10/10 à 8h20, vue depuis les bureaux de l'IMO. Image Courtesy of IMO (Icelandic MET Office). Photographe: Þórður Arason.
Les gaz, issus de l’éruption fissurale de Holuhraun provoquent une pollution du ciel islandais. Ici Le 10/10 à 8h20, vue depuis les bureaux de l’IMO. Image Courtesy of IMO (Icelandic MET Office). Photographe: Þórður Arason.

 

En un mot, cette semaine encore, l’activité sur le Bardarbunga est d’une constance sans faille.

 

Kilauea, tranquille, pépère…
Iles d’Hawaii (USA) – Altitude 1222m

 Le HVO (Hawaiian Volcano Observatory) nous rapporte que, entre le 8 et le 14 octobre, le niveau du lac de lave monte et descend occasionnellement dans le cratère Halema’uma’u (l’un des cratères du Kilauea).

Les dépôts de cendres, petites bombes et cheveux de Pelé (tephras) se poursuivent autour de l’évent. Les petites particules peuvent parcourir plusieurs kilomètres.

Les émissions de gaz restent élevées.

 hawai large

La coulée du 27 juin, issue du cratère Pu’u O’o poursuit sa progression. Les volcanologues, qui ont pu survoler la zone le 13, rapportent que la coulée a avancé de 220 m depuis le 10 avec une vitesse moyenne d’environ 75 m par jour depuis le 6 octobre. Le front de coulée est à 1,1 km de la rue Apa’a (ville de Pāhoa, disctrict de Puna). La progression de la coulée provoque encore et toujours des feux de végétation.

 pahoazoom

Le code couleur pour l’aviation reste à orange.

Pour rappel, le cratère Pu’u O’o (zone est du volcan Kilauea) est en activité depuis le 3 janvier 1983. Depuis 31 ans, son activité est sans relâche.

Mayon, ça coule
Ile de Luçon (Philippines) – Altitude 2462 m

 Entre le 8 et le 12 octobre, des panaches blancs (donc dépourvus de cendres) s’échappent du cratère du Mayon et se dispersent dans divers directions : NW, NE, ESE, SE et SSW (source : PHIVOLCS – Philippine Insitute of Volcanology and Seismology). Un survol du volcan, effectué le 12 octobre a permis d’observer une coulée le long du flanc SE. Le nombre de séismes a été faible ces derniers jours, tout comme le nombre d’éboulements, ceci indiquant que l’extrusion de lave se fait lentement, « tranquillement » et que la vitesse de la coulée est peu élevée.

Le niveau d’alerte est maintenu à 3 (sur une échelle de 0 à 5)

Ontakesan, vers un calme tout relatif
Honshu (Japon) – Altitude 3067m

 Les émissions de cendres continuent sur le volcan Ontake les 8 et 9 octobre (source : JMA – Japan Meteorological Agency). Le 10, le panache devient blanc et entre le 10 et le 14, la quantité de cendres émises s’affaiblit. Les séismes sont en dessous du seuil de détection entre le 8 et le 14. Il est vraisemblable qu’après l’explosion violente qui l’a secoué à la fin du mois dernier, le volcan revienne rapidement à son état de repos (tout relatif), ce qui est un comportement assez classique pour ce genre d’éruption.

Le 12 octobre, le bilan humain, suite de l’éruption brutale du 27 septembre, fait état de 56 tués ; 7 personnes sont toujours portées disparues.

Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 5).

Pour plus de details, consultez ces articles:  « Monsieur Ontake pique une colère » et« Etait-ce prévisible? »

Popocatépetl, jamais vraiment à l’arrêt
Mexique – Altitude 5426 m

L’activité fumerolienne et sismique est continue sur le Popo, je n’en parle pas systématiquement mais il ne faut pas l’oublier, d’autant que cette semaine, cette activité devient plus tangible.

Les émissions de vapeur, gaz et occasionnellement de petites quantités de cendres se poursuivent sur le Popocatépetl, essentiellement trahies par leurs signatures sismiques puisque la couverture nuageuse rend souvent les observations visuelles impossibles (source : CENAPRED – Centro Nacional de Prevencion de Desastres).

Les 7 et 8 octobre, les panaches de cendres atteignent 1000 m de haut et se dispersent vers l’ouest. Des retombées sont rapportées dans les secteurs de Cuautla (43 km au SW), Tetela del Volcán (20 km au SW), Huaquechula (30 km au SSW), et Morelos (60 km au SW).

Activité sur le Popo le 7/10

Le 9, les panaches de cendres atteignent 800 m et se dirigent en direction du NW. Le 10, ce sont des panaches de cendres et gaz qui sont observés (1400 m de haut). Le 12, un nouveau panache de cendres s’élève à 2000 m et se disperse vers le NE. Les retombées touchent cette fois-ci Paso de Cortés (8 km au NNW) et Tlalmanalco (30 km au NW).

Sinabung, reprise d’une activité bien marquée
Indonésie – Altitude 2460 m

Le VAAC de Darwin (Volcanic Ash Advisory Center) rapporte une éruption sur le Sinabung, observée grâce à une webcam, le 8 octobre à 12h48. Cette dernière a donné naissance à un écoulement pyroclastique et à un panache de cendres qui a atteint 4900 m d’altitude et s’est dispersé vers l’est.

D’autres éruptions ont eu lieu le 9 octobre à 6h36 et 11h07, entraînant la formation de panaches de cendres allant jusqu’à 6100 m d’altitude. Des panaches sont également observés le 11 (3000 m d’altitude) et le 14 (4000 m d’altitude).

Shiveluch, s’extrude tout seul dans son coin
Kamchatka (Russie) – Altitude 3283m

L’extrusion (= mise en place) du dôme de lave sur le flanc nord du Shiveluch continue et s’accompagne d’explosions, de production de cendres, d’avalanches chaudes et d’une activité fumerolienne (source : KVERT – Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team). Une anomalie thermique est mesurée par satellite au niveau du dôme le 3, 8 et le 9 octobre. Les nuages masquent le volcan les autres jours.

Le code couleur pour l’aviation reste à orange.

Ubinas, l’activité semble s’essouffler
Pérou – Altitude 5672 m

Une activité explosive se déroule sur l’Ubinas depuis quelques mois mais cette semaine celle-ci semble s’affaiblir.

Le niveau d’alerte sur l’Ubinas a été abaissé à jaune. En effet, la sismicité, le nombre d’explosions et la production de dioxyde de soufre ont nettement diminué. Cependant, l’IGP (Instituto Geofisico del Perú) et le INGEMMET (Instituto Geologico Minero y Metalúrgico) s’attendent tout de même à ce que des émissions sporadiques de cendres et des explosions se produisent encore.

Activité mondiale du 1er au 7 octobre 2014

Cette semaine, la Terre ne se déchaine pas…

 

Ah merde alors… Ben oui, mais autant parler franchement, ce n’est pas cette semaine que la terre se déchaîne. Pas de gros titres, pas de une de journaux TV. C’est le calme plat… enfin presque.

Lire la suite Activité mondiale du 1er au 7 octobre 2014

Activité mondiale du 24 au 30 septembre 2014

United Colors of Volcans

 

En début de semaine, j’ai fait le point sur l’entrée en éruption du volcan Ontake.Vous trouverez également sur le Volcablog un article de synthèse sur le volcan Bardarbunga.

Lire la suite Activité mondiale du 24 au 30 septembre 2014

Activité mondiale du 3 au 9 septembre

L’activité est bien fournie cette semaine, de l’ile lilliputienne la plus inconnue aux mastodontes médiatiques, faisons un tour d’horizon en cartes et vidéos.

Aujourd’hui je laisse la vedette à deux toutes petites iles volcaniques: Barren (en mer d’Andaman) et Manam en Papouasie Nouvelle Guinée. Pour qu’elles existent un petit peu dans l’esprit des hommes…

A l’opposé, je reviens faire le point sur le très médiatique Bardarbunga. Contrairement à ce que vous pouvez lire ou entendre, non, le Bardarbunga n’est pas à l’arrêt ! Explications ci-dessous…

Enfin, comme il est assez peu commun de maitriser sa géographie islandaise sur le bout des jökull(s?), je vous ai rajouté cartes et explications pour essayer d’éclaircir ce brouillard volcanique. Dyngjujökull, au scrabble, ça peut faire son effet. Et vous allez enfin comprendre où il est situé.

tableau 3-9
Tableau récapitulatif – C’est écrit trop petit? Cliquez dessus pour agrandir.
Ile de Barren, vit sa vie mais est surpris de temps à autre
Archipel d’Andaman (Inde) – Altitude 354m

 Le Darwinn VAAC (Volcanic Ash Advisory Centre) rapporte l’émission de cendres depuis l’ile de Barren. Cette information est basée sur un SIGMET émis le 9 septembre à la mi-journée. Un SIGMET est un « SIGnificant METeorological Informaion », message destiné aux aéronefs et signalant les phénomènes météorologiques dangereux.. Le panache étant peu développé, il n’a pu être identifiable sur les images satellites.

L’ile de Barren se trouve 1500km à l’est du continent indien, en Mer d’Andaman (dézoomez la carte ci-dessus pour visualiser)

Manam, pris en flag’ par images satellites
Papouasie Nouvelle Guinée – Altitude 1807m

 Des images satellites en date du 6 septembre montrent une propagation de cendres au dessus de l’île de Manam à 10h32 et 11h32. Le panache atteint 2100m de haut et parcourt 27 km vers le nord-ouest. Manam vient compléter le tableau des deux volcans de Papouasie Nouvelle Guinée dont j’ai parlé la semaine dernière : le Tavurvur (Rabaul) et le Bagana (plus discret cette semaine).

Manam
Manam, le Tavurvur et le Bagana
Aira, un volcan à hauts risques
Kyushu (Japon) – Altitude 1117 m

 Le niveau d’alerte 3 est maintenu par le JMA (Japan Meteorological Agency) sur la caldeira Aira (volcan Sakurajima).

L’Aira est toujours aussi explosif avec 41 explosions enregistrées entre le 1er et le 7 septembre. L’émission de cendres est rapportée par le VAAC de Tokyo mais elle n’est pas observable sur les images satellites et ce jusqu’au 9 septembre. Le 9 septembre, à 4h37, on peut enfin observer le panache sur les images satellites, il atteint alors 3300m et se dirige vers le sud. Une activité sismique est également enregistrée.

 Asosan, 1200 tonnes de SO2 par jour !
Kyushu (Japon) – Altitude 1592 m

C’est à cela qu’a ressemblé l’activité de notre bon Monsieur Aso cette semaine

Le 1er septembre, une éruption a lieu sur le cratère Nakadake, elle engendre un petit panache de couleur blanc cassé (on est très à cheval sur les couleurs en volcano…), ce qui suggère la présence d’un petite quantité de cendres (source : JMA : Japan Meteorological Agency). Ce panache atteint 1200 m de haut. Les séismes d’origine volcaniques sont importants : entre 48 et 92 par jour du 1er au 4 septembre ; et entre 55 et 129 par jour du 5 au 7.

Une éruption a également lieu le 6 avec un panache consécutif de 600 m de haut.

Le taux de SO2 émis est toujours notable : 1200 tonnes par jour.

Barbarbunga, non, il n’est pas à l’arrêt !
Islande – Altitude 2009m
Le site de l'éruption, en Islande
Le site de l’éruption, en Islande

 Entre le 3 et le 9, les émissions de lave, de gaz et une activité sismique élevée continuent dans le secteur de Holuhraun. Les observations de terrain montrent toutefois que la production de cendres est négligeable.

Des images radar montre une dépression de 0,5 à 1 km de large au niveau du glacier Dyngjujökull (situé à environ 2 km au sud de l’endroit où se déroule l’éruption). Le Dyngjujökull est un lobe glaciaire situé à l’extrémité septentrionale du Vatnajökull, l’énorme calotte de glace située au sud-est de l’Islande).

Le 4, l’activité effusive est constante et la coulée émise recouvre alors 10,8 km2. Le 5, deux nouvelles fissures sont observées au sud de la zone active. Ces fissures produisent de la lave, mais à un taux moindre que la fissure principale. Un panache de vapeur est observé ce jour-là, il atteint 460 m de haut.

Le 6, de grands changements sont observées au niveau du glacier situé au-dessus du Bardarbunga (le Vatnajökull) : une large zone, correspondant au plancher de la caldera du Bardarbunga s’est enfoncée. Il n’y a pas de signes d’éruption. Il s’agirait donc « seulement » d’une subsidence d’origine tectonique (disons « mécanique »).

Le Bardarbunga est situé sous le Vatnajökull et les fissures actuellement actives à Holuhraun en sont le prolongement.

Parallèlement, on remarque que deux petites dépressions sont apparues au niveau du Dyngjujökull (pointe nord du Vatnajökull), suggérant que de brèves éruptions sous-glaciaires ont eu lieu.

bardarZOOM
C’est vrai qu’on s’y perd un peu dans les jökull(s?) islandais. Dyngjujökull est un lobe glaciaire situé à la pointe nord du Vatnajökull

Le 7 septembre, le taux d’effusion sur la fissure principale est de 100 à 200 m3 par seconde… c’est pas mal. Ce jour-là, la coulée rejoint une rivière (Jökulsá á Fjöllum), de la vapeur est produite mais aucune activité explosive significative due à la rencontre entre l’eau et la lave n’est rapportée.

Les 8 et 9, les deux petites fissures méridionales, ouvertes le 5, semblent se mettre à l’arrêt. La totalité de l’ère recouverte par les coulées atteint alors 19 km2.

Le code pour l’aviation civile est orange.

Non, décidément, on ne peut pas dire que le Bardarbunga ait ni cessé, ni diminué en activité…

Bezymianny, pour qu’on ne l’oublie pas
Kamchatka Central (Russie) – Altitude 2882m

 Une activité sismique de faible intensité continue ainsi qu’une activité fumerolienne modérée. Une petite anomalie thermique est également rapportée par les données satellite (c’est un peu chaud). Bref, le Bezymianny n’est pas complètement au repos mais pas franchement actif non plus… Volcan « ni-ni ».

Fuego, un lahar de 75m et une route coupée.
Guatemala – Altitude 3763 m

Le 2 septembre, un lahar roule sur le flanc sud-ouest : 75 m de large pour 2,5m de haut. Cet écoulement boueux coupe la route qui relie Santa Lucia Cotzulmaguapa et les petits villages de Morelia, Santa Sofía, and Panimaché.

Du 3 au 9, le INSIVUMEH (Instituto Nacional de Sismologia, Vulcanologie, Meteorologia e Hidrologia) rapporte que des panaches de fumerolles atteignent de 300 à 600 m au-dessus du sommet du Fuego. Des explosions faibles à modérées avec expulsions de cendres ont lieu chaque jour avec des panaches de 500 à 800 m. On rapporte également de petites avalanches de débris, toujours sur le quart sud-ouest des flancs du volcan.

Les villages de Yepocapa (8 km au WNW), Sangre de Cristo (8 km au WSW), Panimaché I and II (8 km au SW), Morelia (10 km au SW), Santa Sofía (12 km au SW), Yucales (12 km au SW), et Porvenir (8 km au ENE), entre autres, subissent des retombées de cendres.

 Karymsky, discret
Kamchatka oriental (Russie) – Altitude 1536m

L’activité sismique demeure modérée à faible cette semaine. Un panache de cendres de 4000m de haut a pu être observé par satellite le 3, il s’est propagé 9km vers le ouest-sud-ouest. C’est donc une activité bien réelle mais relativement discrète. (source : KVERT : Kamchatkan Volcanic Erutpion Response Team)

Brochette de volcans, Pacifique nord
Brochette de volcans, Pacifique nord
 Kilauea, et la coulée ? Et ben… elle coule toujours
Iles d’Hawaii (USA) – Altitude 1222m

 Le HVO (Hawaiian Volcano Observatory) nous rapporte que, entre le 3 et le 9 septembre, le niveau du lac de lave monte et descend dans le cratère Halema’uma’u, restant entre 50 et 60 m en dessous des lèvres du cratère.

Les dépôts de cendres, petites bombes et cheveux de Pelé se poursuivent autour de l’évent. Les petites particules parcourent plusieurs kilomètres. Les émissions de gaz restent élevées, particulièrement le 2 (entre 3300 et 6700 tonnes de gaz par jour).

Quelques imprécisions dans le commentaire mais cette video donne une bonne idée de ce qui se passe à Hawaii.

Au niveau du cratère Pu’u O’o, il n’y a pas beaucoup de changement. Le 3, le niveau d’alerte a cependant était élevé du fait de l’avancée de la coulée du 27 juin. Le 10 septembre, elle avait parcouru 14,5 km et n’est plus qu’à 600 m de la lisière est de la réserve forestière Wao Kele. Contrairement à ce que l’ont pensait la semaine passée, elle n’a pas encore atteint les habitations. Elle devrait atteindre Kaohe dans un jour et demi et la route de Pāhoa d’ici 14 à 16 jours. Cette prévision est appelée à être revue constamment en fonction des obstacles que la coulée va rencontrer ou non durant son parcours.

Pour rappel, le cratère Pu’u O’o (zone est du volcan Kilauea) est en activité depuis le 3 janvier 1983. Depuis 31 ans, son activité est sans relâche.

Kuchinoerabujima, sur le pied de guerre
Iles Ryukyu (Japon) – Altitude 657 m

 A classer parmi les volcans « ni-ni ». Il montre des signes tangibles d’activité. Pourtant, il n’y a pas de manifestations « extérieures » de cette activité (explosions, panaches de cendres, coulées…)

Le niveau d’alerte est maintenu à 3. La sismicité augmente entre les 3 et 5 septembre et des panaches de gaz et vapeur sont fréquents. A surveiller donc.

Poás, l’impulsif
Costa Rica – Altitude 2708m

 Trois éruptions phréatiques ont eu lieu dans le lac de cratère du Poás (le lac naturel le plus acide au monde : pour rappel, son pH avoisine zéro). Ces éruptions associant eau et magma ont eu lieu de 27 août, à 2 minutes d’intervalle les unes des autres. L’une d’elle a généré un panache qui s’est élevé 200m au-dessus de la surface du lac.

Sur le Poás, ce type d’éruption a tendance à se produire de façon « impulsive », sans singes précurseurs et elles sont de courtes durées (5 à 10 secondes). Source : OVSICORI-UNA : Observatorio Vulcanologico y Sismologico de Costa Rica – Universidad Nacional.

Popocatépetl, activité continue
Mexique – Altitude 5426m

 L’activité est sismique et s’accompagne de l’émission de gaz dont de la vapeur. Le 7, un panache de cendres atteint 1000 m de haut et se dirige cap ouest-nord-ouest.

 Rabaul (Tavurvur), il récupère…
Papouasie Nouvelle Guinée (Nouvelle Bretagne) – Altitude 688m

 Du 31 août au 5 septembre, le Tavurvur, situé dans la caldeira de Rabaul, est demeuré plutôt calme. Toutefois, de la vapeur a pu être aperçue, s’échappant du sommet et prenant parfois des teintes bleutées. Des grondements sont perceptibles les 30 et 31 août.

La sismicité reste élevée avec une fréquence en nette baisse toutefois (10 évènements enregistrés par jour début septembre contre 80 fin août). Le Tavurvur semble donc marquer une pause par rapport à son coup d’éclat de la semaine passée (source : Rabaul Volcano Observatory).

Revendator, vapeur, cendres et explosions
Equateur – Altitude 3562 m

 L’IG (Instituto Geofisico) qualifie l’activité du Reventador de modérée avec des explosions et des tremblements de terre.

Comme la semaine passée, la couverture nuageuse rend souvent les observations difficiles. Toutefois, du 5 au 8 septembre, l’émission de vapeur ainsi que d’une faible quantité de cendres est mise en évidence. Dans la matinée du 5, une explosion engendre un panache et éjecte des blocs jusqu’à 500 m en dessous du cratère (flanc ouest). Une explosion est également détectée par caméra thermique dans la journée suivante. Le 7, des grondements sont entendus et un panache de 1000m de haut est observable. Le 8, c’est un nuage de vapeur contenant un petit peu de cendres qui est produit.

Une anomalie thermique est mesurée par satellite.

Santa Maria, spécialiste des lahars
Guatemala – Altitude 3772m
Palajunoj, aux pieds du Santa Maria
Palajunoj, aux pieds du Santa Maria

 Du 3 au 9, le Santa Maria connaît une activité fumerolienne (INSIVUMEH : Instituto Nacional de Sismologia, Vulcanologie, Meteorologia e Hidrologia). De plus, une coulée de lave active sur le flanc est continue de générer des panaches de cendres. Le 4, c’est une fine pluie de cendres qui se disperse à l’ouest dans le secteur de Palajunoj (18 km au SSW). Le 7 septembre, un puissant lahar est détectée grâce à sa signature sismique (avec mobilisation de particules de tailles fines jusqu’aux blocs : plus de 40 m).

Des odeurs de soufre sont également rapportées.

 Shiveluch, la croissance du dôme continue
Kamchatka (Russie) – Altitude 3283m

L’activité explosive et effusive continue au Shiveluch (KVERT : Kamchatkan Volcanic Erutpion Response Team). C’est la mise en place (extrusion) d’un dôme de lave (lave visqueuse) sur le flanc sud-est qui domine le dynamisme du Shiveluch actuellement : explosions modérées avec production de cendres, activité fumerolienne et avalanches de débris. Les données stellites montre la persistance d’une anomalie thermique dans la zone du dôme, ce qui est, somme toute, logique.

Le niveau d’alerte est maintenu à « orange ».

 Tungurahua, de nombreux villages sous les cendres
Equateur – Altitude 5023 m

 L’activité demeure modérée à forte (IG : Instituto Geofisico). Des explosions sont observées quotidiennement.

¡Esa es la mamá!

Le 3 septembre, les secteurs de Manzano (8 km au SW), Choglontus (13 km au WSW), Tisaleo (29 km au NW), Quero Alto (20 km au NW), et Quinchicoto subissent des retombées de cendres grises voir noires. L’après-midi de ce même jour, un écoulement pyroclastique dévale 500 m sous le cratère. Des retombées de cendres ont à nouveau lieu le 5 dans les villes de Manzano et Palitahua (6 km au SSW). A 12h10, un panache atteint 1500m et se disperse dans un quart sud-ouest.

Les 6, 7 et 8, plusieurs villages sont à nouveau touchés par des retombées de cendres noires : zones de Penipe (15 km au SW), Puela (8 km au SW), Pillate (8 km à l’ouest), Galán (au WNW), sud de Quero (20 km au NW), Palitagua (au SW), Manzano, Cevallos (23 km au NW), Mocha (25 km à l’ouest), Tisaleo et Bilbao (8 km à l’ouest).

Ubinas, l’éruption continue et c’est pas de la blague
Pérou – Altitude 5672 m

 Des panaches de vapeur s’élèvent du cratère les 3, 4 et 9 septembre. Une sismicité faible est rapportée. Un panache de cendres est observé le 5 à 8h58 atteignant 1000m de haut et se dispersant vers le sud. Un second se produit la même journée à 13h27 mais il n’atteint « que » 500 m de haut.

L'Amérique Centrale est immensément riche... de volcans
L’Amérique Centrale est immensément riche… de volcans

Le 8, ce sont 5 explosions qui se succèdent, la plus forte ayant lieu le matin et produisant un panache de 1200 m de haut. Le plus haut panache produit ce jour-là atteint 1900m de haut. Des retombées de cendres sont rapportées au sud.

Les 8 et 9, le VAAC de Buenos Aires (Volcanic Ash advisory Centre) passe le code couleur pour l’aviation à « orange ».

Le 9, les émissions de vapeur et gaz atteignent 7300 m de haut.

 Zhupanovsky, le fidèle petit dernier du classement
Kamchatka (Russie) – Altitude 2958 m

Selon le KVERT (Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team) une éruption explosive d’intensité modérée se poursuit au Zhupanovsky. Le 1er, il produit un panache de 3500m de haut et se dirigeant vers le nord-ouest. D’autres panaches sont détectés le 4 septembre. L’anomalie thermique mesurée au sommet est persistante.

Le 7 septembre; le KVERT a pu observé 3 importants panaches : 10, puis 38, puis 72 km de long pour une altitude de 2500 à 3000 m.

En bref, l’émission de panaches y est casi-continue mais il n’est pas toujours aisé de les observer du fait de la couverture nuageuse qui masque fréquemment les abords du volcan.

Activité mondiale du 27 août au 2 septembre 2014

Pendant un gros mois, j’ai vécu loin de toute forme de réseau internet… raison pour laquelle cette rubrique a été laissée en friche. Voici donc un retour et une mise à jour, nécessaire semble-t’il, autour du thème « tempête médiatique dans un verre d’eau », puisque, même à l’apéro; il m’a fallu disserter le volcanisme islandais (j’ai pas une vie facile…)

Si on devait se référer au tapage médiatique, il n’y a eu qu’un volcan au monde cette semaine : la vedette, c’est le Bardabunga… mais sauf son respect (c’est un volcan très intéressant, je ne dirais pas le contraire), d’autres ont eu beaucoup plus de « panache » en cette fin d’été.

Gardons la tête froide, bien que le contexte géodynamique de l’Islande en face une perle géologique unique au monde, le Bardabunga ne doit pas être l’unique point d’attention. D’autres volcans ont connu cette semaine de forts épisodes d’activité, soit qu’ils s’expriment par de simples coulées (au Kilauea, elles menacent des habitations), soit par d’impressionnants explosions et panaches (Tavurvur en tête mais n’oublions pas l’Aira et le Tungurahua)

Ma vedette à moi est sans conteste le Tavurvur (que j’aime ce nom!) ; je lui laisse un large place dans cette rubrique, je vous invite à faire sa connaissance.

tableau 27-2

Tableau récapitulatif – C’est écrit trop petit? Cliquez dessus pour agrandir.
Asosan, le retour de l’impétueux Monsieur Aso
Kyushu (Japon) – Altitude 1592 m

 La JMA (Japan Meteorological Agency) rapporte une activité sismique et des températures élevées dans le lac du cratère Nakadake. Le 30 août, une éruption produit un panache de couleur gris clair. Le niveau d’alerte est alors porté à 2 sur une échelle de 1 à 5. Les panaches de cendres se succèdent entre le 30 août et le 1er septembre atteignant au maximum 2100 m de haut et se dirigeant au nord ou nord-est.

Le niveau 2 est maintenu.

Tavurvur, caldera de Rabaul ; mon chouchou de la semaine
Papouasie Nouvelle Guinée – altitude 688m

Le 29 août, le panache de cendres qui s’élève au dessus du Tavurvur atteint 18300m !!! Une éruption colossale… mais si peu relayée et documentée. C’est que la Papouasie nous est bien loin et que, par conséquent, les medias en sont indifférents.

La Papouasie Nelle Guinée, un grand archipel au nord de l'Australie
La Papouasie Nelle Guinée, c’est là: un grand archipel au nord de l’Australie
La Papouasie, c’est là: un grand archipel au nord de l’Australie.

Pourtant, la ville de Rabaul est à proximité du volcan et les populations à l’abord du volcan sont évacuées. Et oui, quand même, imaginez une colonne de cendres de plus de 18 km de haut au-dessus de votre tête… ça en refroidirait plus d’un.

La Bagana et le Tavruvur dont je vous parle cette semaine
La Bagana et le Tavruvur dont je vous parle cette semaine
tarvurvur
La baie de Rabaul avec le Tavurvur à l’est

En conséquence de l’éruption, le niveau d’alerte pour l’aviation est passé à « rouge » le 29 août, elle sera abaissée de nouveau à « orange » le lendemain, le panache n’atteignant plus « que » 2100 m. (source ; Darwinn Volcanic Ash Advisory Centre)

Afin que vous connaissiez mieux ce fascinant volcan des antipodes, je lui dédie plusieurs cartes et quelques images.

Suwanosejima, du panache, du vrai
Iles Ryukyu (Japon) – Altitude 796 m

Le VAAC (Volcanic Ash Advisory Centre) de Tokyo rapporte une série de panaches allant de 1800 à 2700 m de haut et se dirigeant vers l’est, sud-est, sur et nord-est (partout sauf à l’ouest en gros…)

Barbarbunga, le très médiatique
Islande – Altitude 2009m

 Le Bardarbunga a amusé la sphère médiatique quelques temps. Mais, ne voyant pas grand chose de sensationnel ni de dramatique venir, il est déjà tombé aux oubliettes journalistiques.

Qu’en est t’il donc ?

Le Bardarbunga est bel et bien en activité.

Tout d’abord, l’activité sismique y est toujours d’actualité, même si globalement, elle est plutôt en baisse ces jours-ci.

Ensuite, il y a cette fissure qui s’est ouverte le 29 août à Holuhraun. Cette fissure a déjà été active par le passé et se situe au nord du glacier Dyngjujökull. La lave s’échappe donc à l’air libre sur une ouverture quasiment linéaire et ce type d’éruption est dit tout simplement « fissurale » (on va pas non plus vous inventer l’eau tiède). Le 31 août, la fissure atteint 1500 m de long. Le code d’alerte pour l’aviation est passé à « rouge » ce jour-là puis redescendu à « orange » plus tard dans la fin de la journée. Les 1er et 2 septembre, un panache de gaz (dépourvu de cendres) apparaît et atteint 4500 m de haut. Il parcourt 60 km en direction du NNE et ENE.

Il y a, ces jours-là, une diminution sensible de la sismicité : de 500 séismes enregistré dans la journée du 1er, on passe à 300 pour celle du 2 (magnitude maximum 5,4).

Le 2, la coulée issue de la fissure éruptive couvre 4,2 km2 et est à environ 4,5 km de la bordure du glacier. Le 4, elle atteint presque 11km2.

Le code couleur pour l’aviation reste à « orange ».

Pour avoir des informations mises à jour pluri-quotidiennement et des photos authentiques (pas des faisandées): rendez-vous sur le site du MET

Aira, à classer parmi les volcans qui pètent
Kyushu (Japon) – Altitude 1117 m

 Entre le 27 août et le 2 septembre, la JMA (Japan Meteorological Agency) a pu répertorié 42 explosions depuis le cratère Showa, dans la caldera Aira (volcan Sakurajima). Ces explosions provoquent des projections jusqu’ 1300 m du cratère. Elles sont accompagnées de séismes. Les panaches consécutifs ont atteint jusqu’à 3000m.

Le niveau d’alerte reste à 3.

 Fuego, le tableau est complet
Guatemala – Altitude 3763 m

 Des explosions faibles à modérées sont observées accompagnées de l’éjection de blocs jusqu’à 800m de distance du cratère.

Les panaches de gaz vont entre 200 et 600 m de haut et ceux qui sont composés de cendres entre 4100 et 4600m de haut. Ces derniers parcourent jusqu’à 15 km dans des directions variées (nord-est, est, sud-est, ouest, sud et sud-ouest).

Des retombées de cendres sont à noter dans les village de Morelia (9 km au SW), Panimaché (8 km au SW), Panimaché II, Sangre de Cristo (8 km au WSW), Hagia Sophia, Santa Sofia, Yepocapa, Alotenango, Antigua, et San Miguel Dueñas.

Les 30 et 31, une coulée se dirige vers le canyon Ceniza. Des avalanches de débris sont également rapportées (source INSIVUMEH : Instituto Nacional de Sismologia, Vulcanologie, Meteorologia e Hidrologia).

Kilauea, la coulée du 27 juin se rapproche des habitations
Iles d’Hawaii (USA) – Altitude 1222m

 Le HVO (Hawaiian Volcano Observatory) nous rapporte que, entre le 27 août et le 2 septembre, le niveau du lac de lave monte et descend dans le cratère Halema’uma’u.

Les émissions de gaz restent élevées (rien de neuf sous le soleil et Halema’uma’u est toujours fidele au poste).

Les dépôts de cendres, petites bombes et cheveux de Pelé se poursuivent autour de l’évent. Les petites particules parcourent plusieurs kilomètres.

La coulée du 27 juin, provenant du cratère Pu’u O’o, est toujours active. A plusieurs reprises, la coulée entre dans des fissures au sol pour reparaitre plus loin en aval.

A ce jour (le 3 septembre), cette coulée atteint 13,2 km de long. Depuis le 10 juillet, elle avance à une vitesse moyenne de 250 m par jour (quand même). A ce rythme, elle devrait rejoindre les habitations de Kaohe d’ici 5 à 7 jours. Kaohe se situe entre la réserve forestière de Wao Kele o Puna, que la coulée a déjà touchée, et la ville de Pahoa, dans le district de Puna.

 

Pour rappel, le cratère Pu’u O’o (zone est du volcan Kilauea) est en activité depuis le 3 janvier 1983. Depuis 31 ans, son activité est sans relâche.

Mayon, déformation du sol
Luçon (Philippines) – Altitude 2462m

 Au sommet du Mayon, un dôme est en voie d’émergence. Cela engendre une faible déformation du sol et une augmentation du taux d’émission des gaz. On enregistre également quelques tremblements de terre et des chutes de blocs et des observateurs locaux rapportent la formation d’un panache blanc. (source : PHIVOLCS : Philippine Institute of Volcanology and Seismology).

Le niveau d’alerte reste à 2 sur une échelle de 1 à 5.

Popocatépetl, activité continue mais modérée
Mexique – Altitude 5426 m

 Du 27 août au 2 septembre, des explosions ont lieu sur le Popo (c’est un ami de plus de 20 ans) et sont accompagnées d’émissions de panaches de gaz quasiment dépourvus de cendres d’une part et de panaches de cendres d’autre part. Ces derniers s’élèvent de 800 à 3000 m au-dessus du cratère.

L’alerte reste au niveau « jaune ».

Revendator, sous les nuages, le volcan
Equateur – Altitude 3562 m

 L’IG (Instituto Geofisico) nous informe d’une activité modérée avec des explosions et des séismes longues périodes. Le 27 août, on peut observer un nuage de vapeur. Le 2, un panache de cendres est observé par satellite (6000 m de haut et se dirigeant vers l’ouest). Malheureusement, les observations sont souvent rendues difficiles par la couverture nuageuse.

Santa Maria,
Guatemala – Altitude 3772m

Le 27 août, une coulée se dirige ver le canyon Nima et vers Santiaguito. Des effondrements se produisant sur la coulée occasionnent une production de cendres fines, qui s’élèvent entre 300 et 2800 m de haut et se propageant dans un quart sud-ouest.

Des retombées sont observées à Finca San José le 28.

Des panaches dus à l’activité fumerolienne atteignent entre 150 et 3000 m de haut.

Le 30 août, des dépôts de lahars atteignent 1 m d’épaisseur pour 30 m de large (source INSIVUMEH : Instituto Nacional de Sismologia, Vulcanologie, Meteorologia e Hidrologia).

Shiveluch, activité explosive autour de l’extrusion du dôme.
Kamchatka, Russie – Altitude 3283m

L’extrusion du dôme de lave se poursuit sur le flanc sud-est du Shiveluch. Elle s’accompagne d’explosions modérées et de production de cendres, d’avalanches de débris, d’une activité fumerolienne ainsi que d’une anomalie thermique sur le dôme (c’est chaud, c’est logique !). Le volcan est masqué par les nuages à partir du 29 août.

Le code de couleur pour l’aviation reste à « orange »

Tungurahua, mama ne décolère pas.
Equateur – Altitude 5023 m

Une activité modérée à élevée se poursuit cette semaine au Tungurahua (la mama pour les locaux) avec des tremblements de terre et des explosions.

Les observateurs locaux décrivent ces explosions comme faisant penser tantôt à des rugissements tantôt à des coups de feu et ajoutent qu’elles provoquent des tremblements des structures environnantes.

La plupart du temps, les panaches atteignent entre 1500 et 2500m (jusqu’à 6000m le 27 août et 6700m le 30 ) et dérivent dans un quart nord-ouest. Les 27 et 28, les explosions produisent des blocs qui dévalent jusqu’à 1000m sur les pentes du volcan. Le 30, ce sont des écoulements pyroclastiques qui parcourent 1500 m sur le flanc nord-ouest. Les explosions et écoulements pyroclastiques continuent le 31. Le 1er et le 2 septembre, les explosions semblent plus faibles et les panaches contiennent beaucoup de vapeur et peu de cendres.

Des retombées sont rapportées pour cette période sur les villages de Motilones, Chontapamba Pillate, Manzano, Chonglontus, Puela, Penipe, Quero, Cevallos Chontapamba, Bilbao, Cusúa, Pillate, La Calera, El Santuario, et El Rosario.

(sources : IG : Instituto Geofisico et VAAC : Washington Volcanic Ash Advisory Centre)

Zhupanovsky, sous les nuages lui aussi
Kamchatka (Russie) – Altitude 2958 m

 Le KVERT (Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team) et le VAAC (Volcanic Ash Advisory Center) rapportent qu’une activité explosive modérée se poursuit au Zhupanovsky. Le 28 août, un panache de cendres atteint 4000m et parcourt 80 km vers le sud-ouest. Une anomalie thermique (c’est chaud !) est mesurée entre les 25 et 27.

Les nuages rendent les observations impossibles le reste de la semaine.

Saint Pierre aux couleurs de 1902

Faites connaissance avec Saint Pierre l’oubliée.

Assoiffée de toutes les curiosités volcanologiques possibles, j’ai parcouru Herculanum, détruite par le Vésuve en 79 de notre ère (le 24 août, selon certaines sources mais sous réserves) et, à quelques années d’écart, Saint Pierre (Martinique), détruite par l’éruption de la montagne Pelée le 8 mai 1902. Je l’avoue, je ne pus m’empêcher de trouver une grande similitude entre ces deux villes : deux villes martyres de leurs volcans, deux villes aux couleurs de cartes postales, nichées dans une baie enchanteresse puis détruites en quelques secondes dans une nuée ardente. J’essayais d’imaginer la vie des personnes présentes en ces lieux, au moment de l’éruption, saisies dans leur quotidien. Herculanum est plutôt bien conservée, bien documentée, il est assez facile de se faire une idée de ce qu’elle était en lisant des articles sur le sujet, et même, en s’y promenant simplement. Qu’en est-il de Saint Pierre ?

En effet, si ces deux villes ont eu une fin similaire, leur devenir dans la mémoire des hommes semble bien différent. Herculanum a fait l’objet d’études, de publications, de documentaires, de mises en scène et est recommandée dans de nombreux guides touristiques. Tout en étant plus loin dans le temps, elle nous paraît, paradoxalement, plus accessible et plus proche.

Saint Pierre n’est qu’une silhouette fantomatique.

Volcanologue, parcourant la Saint Pierre du XXIème siècle auquel j’appartiens, je fus saisie par ces ruines, si mal préservées, comme à l’abandon, ces ruines mal aimées.

Saint Pierre, rayée de la carte ce matin du 8 mai 1902.

Saint Pierre et ses 28000 vies soufflées.

Saint Pierre la grise, la diaphane. L’oubliée.

Qu’est ce qui se cache derrière ce voile gris ? Comment savoir, comment se faire une idée ?

En me promenant dans ces rues, à la recherche de ce qu’elle était, à la découverte des ruines de Saint Pierre puis au fil des lectures, c’est ce tableau de Gauguin, peint quinze ans avant l’éruption, qui s’est dessiné à mes yeux, petit à petit, comme si j’avais assisté au travail du peintre. Et c’est par ce tableau, en petites touches colorées, que je veux vous faire entrer dans Saint Pierre, la Saint Pierre d’avant la catastrophe.

scène de plage par Gauguin, 1887
Scène de plage par Gauguin, 1887
Un jaune flamboyant. Saint Pierre, ville phare de la Martinique

La ville est rayonnante, elle grouille de vie. La place Bertin y est particulièrement agréable, toutes les maisons sont en solides maçonnerie et certaines même en pierre de taille, ce qui est rare dans les Antilles.

En ce XXème siècle naissant, St Pierre est la ville la plus peuplée de Martinique : 26201 habitants contre 22164 à Fort de France. Il y a une forte concentration de créoles blancs. La moitié de la population béké de l’ile y réside (soit environ 3500 personnes). C’est une population jeune, 26% des pierrotins a moins de 14 ans.

Un pierrotin sur deux ne sait ni lire ni écrire mais la vie culturelle est dynamique et les loisirs variés. On joue des spectacles venus de métropole, et les occasions de faire la fête sont nombreuses (en particulier avec le carnaval).

La presse locale est prospère. Les tirages sont faibles (1880 au maximum pour « le Bien Public ») mais les titres nombreux. Il existe 15 journaux martiniquais et 11 ont leur siège à St Pierre. C’est bien, étant donné que la scolarisation est faible et qu’une partie de la population est illettrée. Cependant, c’est une presse d’opinion et non d’information, le style est souvent cru, parfois violent et n’épargne personne.

Saint Pierre est également une ville thermale. On compte 6 établissements de soins dont le plus gros est la maison coloniale de santé avec 200 malades soignés par des religieuses

De l’ambre, couleur du rhum.

Saint Pierre est la ville du rhum, incontestablement ! On y compte seize rhumeries qui produisent 10000 litres par jour.

Du Bleu intense, les eaux du port.

Saint Pierre sans son port ne serait rien.

Les arrivages et les départs rythment les journées pierrotines.

La Baie de Saint Pierre aujourd'hui - Photo La Volcanissima
La Baie de Saint Pierre aujourd’hui – Photo La Volcanissima

Les relations entre l’Amérique et les Caraïbes sont soutenues. Dix compagnies d’assurance maritime ont un agent à St Pierre. Il y a également de nombreux échanges entre St Pierre et les autres colonies françaises mais aussi avec la métropole, l’Angleterre, Puerto Rico, Cuba, St Domingue, Haïti, le Venezuela et le Canada.

Les échanges entre Saint Pierre et Fort de France se font exclusivement par mer. Le réseau routier est peu développé. La route qui longe la cote n’est qu’un chemin difficilement carrossable.

Saint Pierre doit sa prospérité à ses distilleries, son port et ses activités commerciales. On exporte le rhum mais aussi, du sucre, du cacao, du vin d’orange, de l’indigo, des peaux, du manioc, de la conserve d’ananas, de la vannerie et des meubles.

Un véritable inventaire à la Prévert…

Toutefois, l’importance presque exclusive du port souligne la fragilité économique de St Pierre.

Le blanc, toujours la couleur de la caste dominante

54 ans après l’abolition de l’esclavage, qui vote ?

En théorie tous les hommes, en pratique c’est avant tout la caste blanche ; les riches mulâtres et très rarement les population noires. L’abstention est colossale, seul 10% de participants aux élections ayant précédé les législatives de 1902.

La majorité des travailleurs noirs, (pourtant la population la plus importante en proportion), reste hors du monde politique et des débats militants Ces descendants d’esclaves ont d’autres préoccupations, notamment celle d’assurer leur subsistance. Leur salaire moyen est de 1F/jour et l’aliment de base, la morue est à 1F/kg, la viande 2 et le poisson 0,80

Les élections se font au suffrage universel mais elles sont boudées. Il faut dire qu’il y en a pléthore : 3 scrutins en 1886, 5 en 1888 et 18 en tout de 1885 à 1895. Les noirs sont ceux qui votent le moins et la corruption va bon train pour les attirer vers les urnes. Les votes sont en vente libre. La violence est palpable, des agressions écrites, verbales ou physiques sont monnaie courante. Elles font de St Pierre une ville à éviter en période électorale.

La presse est l’instrument idéal de ces luttes politiques. L’ambiance est électrique.

Toutefois, les institutions républicaines et démocratiques nées de la IIIème République en métropole avec leur cortège d’idées nouvelles émergent lentement. Le suffrage universel va bouleverser peu à peu l’ordre établi. L’oligarchie des anciens esclavagistes blancs, nostalgiques du second empire s’en trouvera ébranlée. Le thème politique majeur est plutôt celui de la lutte des classes que de la lutte des races et tous militent déjà pour l’indépendance de l’ile.

Des législatives ont lieu en cette année 1902, le premier tour se déroule le 27 avril mais le second prévu le 11 mai n’aura jamais lieu. Après le premier tour des législatives de 1902, 328 voix séparent les deux candidats principaux. Le suspens est tel qu’il fait en partie oublier aux dirigeants pierrotins les grondements incessants de la Pelée, perceptibles depuis plusieurs semaines.

La star des ruines de Saint Pierre: la prison de Louis Auguste Cyparis - Photo La Volcanissima
La star des ruines de Saint Pierre: la prison de Louis Auguste Cyparis – Photo La Volcanissima
Rouge, la colère du volcan

A cette époque, le volcan domine Saint Pierre et présente une forme de cône entaillé par des rivières. Le sommet, la caldeira de l’étang sec est une large cuvette parfois remplie d’eau.

Les proches habitants ne sont ni insensibles, ni dupes des signes que leur envoie ce majestueux voisin. En janvier et février une odeur d’œuf pourri indispose les villages dans le secteur sous les alizés, l’odeur est permanente dès mars. L’argenterie noircit. Le 25 avril cette odeur atteint Saint Pierre et accompagne une explosion. Début mai l’activité s’intensifie, la population est plongée dans l’angoisse. Un panache de cendres, des explosions, des lahars se succèdent. Le 7 mai une première nuée ardente pousse les habitants à émigrer.

En 3 jours, le nombre quotidien de voyageurs sur la compagnie Girard qui relie St Pierre à Fort de France est passé de 80 à 300 personnes.

Les animaux sentent le danger ; bœufs et porcs sont apeurés, les serpents quittent leurs nids, les oiseaux migrateurs font un détour.

En un mot, on ne peut pas dire que la population était dans l’ignorance totale de l’éruption qui se préparait. Les pierrotins étaient loin de dormir sur leurs deux oreilles. Cependant, les autorités étouffent ces inquiétudes autant que possible et se veulent à tous prix rassurantes. Le 5 mai, une commission est créée par le gouverneur de la Martinique, Louis Mouttet, pour étudier les risques. Malgré la réticence de certains de ces membres, cette commission publie un rapport édifiant où l’on conclue dans un communiqué de presse que « Saint Pierre n’est pas plus en danger au pied du volcan que Naples au pied du Vésuve ». Et d’ajouter que « la sécurité de Saint Pierre reste entière ». Pour des raisons politiques, pour éviter la panique, les dépêches les plus alarmantes sont gardées secrètes (notamment celles de Gaston Landes, professeur de Sciences naturelles).

A la décharge des autorités de l’époque, il est bon de préciser que l’évacuation aurait été quasi irréalisable. La ville est enclavée, les navires ne sont pas assez nombreux, la route est impraticable et l’éruption a évolué bien trop rapidement.

Le 8 mai à 8h02, une nuée ardente atteint St Pierre en 3 secondes et en cause la destruction complète. 28000 personnes (dont Mouttet et Landes) meurent presque instantanément.

Gris, tout de même, l’avenir de Saint Pierre en ce XXème siècle naissant

Malgré son apparente prospérité, la ville est à son crépuscule depuis une vingtaine d’année. Cela explique en partie pourquoi elle n’a pas été reconstruite après la catastrophe : son déclin était déjà engagé.

Les gros navires transatlantiques vont à Fort de France et non à St Pierre qui ne peut pas les recevoir. Le port de st Pierre ne reçoit que goélettes et navires de faible tonnage. Le centre industriel et commercial tend déjà, à cette époque, à se transférer vers Fort de France. Le port est en eaux plus profondes et équipé de quais, ce n’est pas le cas à St Pierre. En 1902, le port de st Pierre est considéré comme vieillot. La compagnie générale transatlantique envisage même de fermer son escale de St Pierre. En 1891 un cyclone ravage le port, les coffres d’amarrage et les bouées sont rendus inutilisables. En 1900, rien n’a été réparé, ce qui témoigne bien d’un déclin amorcé dès la fin du XIXème siècle.

Le dépôt de la nuée ardente de 1902. Juste en dessous, on peut voir les bois carbonisés, brûlés instantanément par l'éruption - Photo La Volcanissima
Le dépôt de la nuée ardente de 1902. Juste en dessous, on peut voir les bois carbonisés, brûlés instantanément par l’éruption – Photo La Volcanissima

Saint Pierre pâlît au profit de fort de France. Sans l’éruption de la Pelée la ville aurait sans doute connu un lent déclin, un peu à la manière de Basse Terre face à Pointe à Pitre en Guadeloupe.

1902 ne fait pas table rase, le mouvement était amorcé depuis longtemps.

L’éruption de 1902 et la destruction de Saint Pierre marquent une page importante dans l’histoire la volcanologie. Saint Pierre vaut bien un détour.

Et, Saint Pierre mérite qu’on en préserve la mémoire.

Sept risques volcaniques capitaux

Blabla introductif

7 risques volcaniques capitaux …7 comme les 7 pêchés: sulfureux, et à l’origine du Mal.

Ok. J’aurais pu dire comme les 7 nains aussi, oui, mais bon c’était moins « punchy »

Et puis 7, pourquoi se cantonner à 7 ? Oui parce que j’entends déjà des voix s’élever… mais non, il y en a 9, mais non 10 !

Mais je tranche dans le lahar…Et c’est là que les 7 risques volcaniques se mettent en résonance des 7 pêchés capitaux, parce qu’ils sont 7 risques ou plutôt 7 phénomènes capitaux, dans le sens strict du terme « capital » (du latin « caput », la tête qui dirige : le reste suit): d’eux découlent tous les autres malheurs volcaniques tels que famines, changements climatiques … conséquences secondaires pour moi, résultant bien d’un ou plusieurs de mes 7 risques « capitaux ».

In fine, il s’agit de présenter 7 phénomènes volcaniques majeurs à considérer pour envisager des actions de prévention/prévision.

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Cliquer sur ce lien pour agrandir: Tableau des risques
De l’importance de l’information faite aux populations

Le propos est de rester simple et concis et en cela, je me cale, très modestement, sur le travail effectué par Maurice Krafft.

Explications. En 1990, Maurice Krafft sort un film « Understanding volcanic Hazards » qui a était traduit en français par « Vivre sous la menace des volcans ». Cette vidéo est réalisée  en collaboration avec le IAVCEI (International Association of Volcanology and Chemistry of the Earth’s Interior) et diffusée par l’UNESCO.

Quelle est l’importance de ce film ? Ce film est le premier pas vers une information systématique, simple et de qualité donnée aux populations vivant aux pieds des volcans. Pour que les personnes concernées comprennent pourquoi on les évacue, et ce à quoi elles sont exposées. Ce qui n’est pas forcément évident pour des personnes habitant sur les flancs d’un volcan qui a connu des décennies ou des siècles de dormance. Le risque s’est dilué dans la mémoire des hommes et la succession des générations.

Maurice présente, dans un film d’une trentaine de minutes, les 7 phénomènes volcaniques dont ils peuvent être victimes. Enfin, un pas est fait vers les populations qui d’ordinaire, n’ont pas accès à ce genre d’information scientifique.

Malheureusement, il est impossible de vous diffuser ici des images de ce film : elles sont protégées par le droit d’auteur. Cependant le dvd (hé hé, oui quand même ce n’est pas une cassette) est encore en vente via le IAVCEI (suivre ce lien). Pour information, le IAVCEI est une association d’importance dans la vie du volcanologue professionnel : elle organise des congres annuels qui nous permettent de nous rencontrer et édite une revue internationale de grande qualité dans laquelle nous pouvons diffuser nos articles de recherche.

Un outil pour comprendre de que je raconte…

Toujours dans un souci de concision, j’ai reporté dans un tableau ces 7 fameux phénomènes, raccourcis en risques volcaniques. Si vous ne vivez pas au pied d’un volcan, vous ne vous sentirez pas directement concernés, certes. Mais si, malgré tout, vous lisez ces lignes, c’est que vous êtes curieux et une petite synthèse vous sera sûrement utile.

En gros, tout est dans le tableau, je voulais qu’il serve un peu de référence pour tout ce que je vais raconter par ailleurs. En particulier parce que d’ici à peu, je viendrai parler du risque volcanique en Europe (c’est les vacances, vous allez peut être partir n’est ce pas ?).

Comme ce tableau de synthèse le montre, on peut diviser les risques en deux catégories : les directs et les indirects.

Les risques 1 à 4 sont des conséquences directes de l’éruption et se produisent de façon immédiate. Les risques 5 et 6 apparaissent différés dans le temps, ils peuvent suivre l’éruption de plusieurs jours, mois ou années. Le risque 7 peut également être différé dans l’espace.

Un même volcan peut présenter différents types de risques simultanément ou successivement.

A la suite du tableau, vous trouverez des vidéos qui illustrent chacun de ces phénomènes, histoire de savoir à quoi tout ça ressemble.

Mise au point sur le « dynamisme »

Je fais juste une petite explication pour la colonne « dynamisme » : le « dynamisme » d’un volcan, c’est la façon dont il marche, dont il s’exprime. Et la façon dont il marche est éminemment liée aux propriétés du magma (en particulier la viscosité et la teneur en gaz), propriétés elles-mêmes liées au contexte global et local dans lequel ledit magma se met place.

Il existe une graduation continue entre une activité effusive (les laves s’écoulent sans heurt) et purement explosive. La violence de l’éruption va graduellement de l’effusif pur jusqu’à l’explosif le plus extrême atteignant alors des forces cataclysmiques. Entre les deux, tous les intermédiaires sont possibles.

Au début du XXème siècle, Mercalli, géologue italien, initie le classement des éruptions selon leur violence en se basant sur l’observation de volcans bien connus (Vulcano, Stromboli, Pelée). On aboutit à la classification dont on entend souvent les noms (vulcanien, strombolien, peléen). Cette classification est pratique, familière mais elle est éminemment subjective et renvoie de nos jours à la volcanologie de grand-papa. Une même éruption peut connaître successivement des phases correspondant à ces termes. Ces termes ne rendent pas compte de toutes les variantes qu’un même volcan peut subir Si, je me laisse parfois aller les employer, je ne leur ai pas laissé la place ici. J’ai simplement indiqué le degré d’explosivité nécessaire à la production des phénomènes cités.

Je consacrerai un article plus complet à cet épineux sujet : la classification des éruptions, histoire de vous présenter un peu les alternatives au classement de Mercalli. En bref, les classifications modernes se basent plutôt sur le contexte géotectonique où le volcan se trouve (zone de subduction, de divergence de plaque ou intra-plaque). D’autres encore, très pertinentes, s’appuient sur la façon dont les gaz se libèrent du magma (voir en paticulier Yuri Slezin dans « The mechanism of volcanic éruption »).

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Cliquer sur ce lien pour agrandir: Tableau des risques

Quelques vidéos pour illustrer:

 

  • Une coulée de lave (fluide)

C’est classique, c’est su, c’est connu… mais c’est toujours plaisant à regarder.

  • Retombées de cendres et ponces

J’ai déjà mis des photos et vidéos montrant des panaches de cendres et ponces en formation. Tant que le panache s’élève, tout va bien ou presque. Les problèmes arrivent quand le panache s’effondre violemment et/ou que les éléments qui le constituent retombent. Pour simplifier les particules plus fines et légères (les cendres) vont aller loin loin de l’évent et mettre plus de temps à tomber sur le sol, elles constituent alors une « pluie » lourde de conséquences.

Ici, le cas récent du Sinabung, qui a malheureusement causé la mort de plusieurs personnes au début de l’année.

 

  • Un écoulement pyroclastique

Ici, on voit bien le fonctionnement le l’écoulement, avec une ressemblance certaine avec une avalanche « de neige ». L’ecouelement pyroclastique a lieu sur le flanc du volcan, au sol donc.

 

  • Les gaz volcaniques

Difficile de mettre des image de quelque chose d’aussi peu matériel!

Mais cette video tournée sur le Papandayan est assez parlante tout de même.

 

  • Un lahar (coulée de « boues » volcaniques)

 

  • Les éboulements, glissements de terrain

Celui du Saint Helens est le plus important jamais filmé.

 

  • Les tsunamis

Cette video montre un reconstitution des vagues supposées avoir été induites par les éruptions du Krakatoa et à Santorin