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Activité mondiale du 3 au 9 décembre 2014

Le Bardarbunga, une éruption majeure

 

Cette semaine, j’ouvre mon introduction sur le volcan qui fut, à la fin de l’été, entre les articles sur les méduses et ceux sur le prix des fournitures scolaires, la coqueluche des journalistes.

Le Bardarbunga…

Si dans la presse traditionnelle, on ne le voit plus guère, il n’a cessé d’habiter le Volcablog. Et cette semaine, il a la place d’honneur. Pourquoi? D’une part, parce que, le 9 décembre, le Bardarbunga a passé les 100 jours consécutifs d’activité; d’autre part, parce qu’un travail de synthèse, effectué par la Proctection Civile islandaise montre que le Bardarbunga entre dans le domaine des éruptions effusives majeures de l’histoire en Islande et donc dans l’histoire de la volcanologie (vous pourrez lire les details ci-dessous).

Allez également faire un tour du coté du Fogo. Une accélération dans la progression de la coulée a malheureusement conduit à la destruction de deux villages situés dans la caldera de Cha.

christmasvolcano

Enfin, je reparle de quelques volcans du bout du monde où l’activité continue mais dont les nouvelles nous arrivent de façon sporadiques. Nous avons par exemple l’Ambrym : le VGO nous fait part de ces travaux pour les mois de novembre et début décembre.

Pour finir cette longue introduction, je tiens à préciser que rien ne se passe de nouveau au Piton de la fournaise. Et ben donc, je n’en parlerai pas davantage!

Bonne lecture à vous tous.

Tableau récapitulatif – C’est écrit trop petit? Cliquez dessus pour agrandir.
Tableau récapitulatif – C’est écrit trop petit? Cliquez dessus pour agrandir.

 

Accès direct aux textes concernant les volcans de la semaine:

Ambrym
Mayon
Ontakesan
Popocatepetl
Reventador
Turrialba

Aira
Asosan
Bardarbunga
Fogo
Kilauea
Sinabung
Shishaldin
Shiveluch
Zhupanovsky

  • Ambrym, en baisse
Vanuatu – Altitude 1334 m

 

 Le 8 décembre, l’observatoire des risques géologiques du Vanuatu (Vanuatu Geohazards Observatory ou VGO) fait le point sur les observations et analyses, menées au cours du mois de novembre et tout début décembre, concernant le volcan Ambrym. Il conclut que le niveau d’activité a légèrement baissé. Du coup, le niveau d’alerte a été abaissé à 1 (sur une échelle de 0 à 4).

Le VGO souligne tout de même que les zones à proximité des bouches éruptives (Benbow, Maben-Mbwelesu, Niri-Mbwelesu, and Mbwelesu) restent dangereuses.

  •  Mayon, une pause toute relative
Ile de Luçon (Philippine) – Altitude 2462 m

 

 Le Mayon est toujours dans un état d’activité latent. En effet, du 3 au 8 décembre, ce sont des panaches blancs (dépourvus de cendres) qui s’élèvent occasionnellement au-dessus du cratère du Mayon (source : PHIVOLCS – Philippine Insitute of Volcanology and Seismology). Ils se dispersent au WSW, SSW et NW.

Au moins 3 tremblements de terre d’origine volcanique sont enregistrés chaque jour.

Les mesures d’évacuation sont maintenues et le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 0 à 5).

  • Ontakesan, statu quo
Honshu (Japon) – Altitude 3067m

Depuis sa violente éruption du 27 septembre, le Mont Ontake connaît un net retour au calme. Les observations sur le Mont Ontake sont toujours difficiles à cause de la fréquente couverture nuageuse. Le 7 décembre, on peut néanmoins apercevoir des panaches blancs (dépourvus de cendres) qui s’élèvent 100 m au-dessus du cratère (source : JMA – Japan Meteorological Agency).

Le bilan de l’éruption brutale du 27 septembre, est toujours de 56 tués et 7 disparus.

Le niveau d’alerte est maintenu à 3 (sur une échelle de 1 à 5).

  • Popocatépetl, il explose
Mexique – Altitude 5426 m

 Entre le 3 et le 9 décembre, les données sismiques permettent de mettre en évidence une activité marquée par l’émission continue de vapeur et autres gaz, avec, occasionnellement, de petites quantités de cendres (source : CENAPRED – Centro Nacional de Prevencion de Desastres).

PacifiqueEst

Le 3 décembre, un panache de cendres s’élève à 800 m au-dessus du cratère et se dirige vers le WSW. Une explosion ce produit ce jour-là à 21h54. D’autres explosions ont lieu, avec la production de panaches dont les hauteurs sont comprises entre 600 et 800m.

Le lendemain, deux panaches sont observés et atteignent des hauteurs de 400 à 600 m, il se disperse vers le SW.

Le 6, deux explosions ont lieu à 5h44 et 6h08, elles entrainent la formation de panaches contenant peu de cendres et s’élevant à 800m de haut. Ce même jour, un petit éboulement est enregistré par une webcam, il a lieu sur le flanc nord.

Une explosion a lieu à 4h31 le 8 décembre, elle provoque l’éjection de tephras incandescents et la formation d’un panache de cendres qui s’élève à 3000 m au-dessus du cratère.

De petites retombées de cendres ont lieu à Tetela del Volcán (20 km au SW).

Deux explosions ont encore lieu le 9 à 9h17 et 9h33.

  •  Reventador, panaches, panaches…
Equateur – altitude 3562 m

 Entre les 3 et 9 décembre, l’IG (Instituto Geofisico) fait état d’une activité sismique modérée sur le Reventador. Le 3 décembre, on peut observer des émissions de vapeur. Le 4, les panaches contiennent un petit peu de cendres, il s’élèvent à 200 m au-dessus du cratère et se dispersent vers le sud. Le 5 décembre, une webcam permet d’observer les émissions de gaz et de vapeur ainsi qu’une coulée de lave sur le flanc est.

Les panaches de vapeur atteignent jusqu’à 700 m de haut le 7 décembre, ils se dispersent vers le NW, le 9, c’est vers le SW qu’ils se dirigent.

  •  Turrialba, coup de gueule
Costa Rica – Altitude 3340 m

 

 Le 8 décembre, une forte explosion « strombolienne » secoue le Turrialba. Elle dure environ 10 minutes. Il est à noter qu’aucun signe précurseur ne l’a précédée. Environ 1 cm de cendres se dépose jusqu’à 300m du cratère et en direction de l’ouest (source : OVSICORI-UNA – Observatorio Vulcanologico y Sismologico de Costa Rica – Univsersidad Nacional).

  •  Aira, explosions sur stratovolcan
Kyushu (Japon) – Altitude 1117 m

 Entre les 5 et 8 décembre, le VAAC de Tokyo (Volcanic Ash Advisory Center) rapporte que 3 explosions se sont produites sur le cratère Showa dans la caldera Aira (stratovolcan Sakurajima). Les tephras sont éjectés jusqu’à 1800 m du cratère. Les panaches atteignent des altitudes comprises entre 1800 et 3000 m et se dispersent vers le SE et l’est.

 Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 5).

  •  Asosan, activité en cours
Ile Kyushu (Japon) – Altitude 1592 m

 Sur la preuve de données sismiques et de mesures d’infrasons, le JMA (Japan Meteorological Agency) rapporte que l’éruption qui a débuté le 25 novembre sur le cratère Nakadake se poursuit entre les 1er et 8 décembre. Le mauvais temps masque fréquemment le volcan, empêchant les observations directes. Le 2 décembre, de petites retombées de cendres sont observées à Sensui Gorges, 2 km au NE du cratère Nakadake.

 Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 5).

  •  Barbarbunga, les 100 jours
Islande – Altitude 2009m

 Du 3 au 9 décembre, l’IMO (Icelandic MET Office) maintient l’alerte orange pour l’aviation du fait de l’activité incessante sur la fissure éruptive de Holuhraun.

Le 9 décembre, cela a fait 100 jours exactement que le Bardarbunga est entré en éruption. Voilà l’occasion de faire un petit bilan.

Le Conseil Scientifique de la Protection Civile Islandaise a compilé les données depuis le début de l’éruption (soit du 31 août au 3 décembre) : il se dégage de cette analyse une diminution du taux de subsidence sur la caldera : de 80 cm par jour au début, on est passé à 25 cm par jour actuellement. La subsidence est concentrée au centre de la caldera. Cette analyse montre également une diminution de l’intensité de l’activité éruptive sur la zone de Holuhraun. La zone recouverte par la lave atteint une surface de 76 km2 (mesure du 9 décembre). Cela en fait le plus grand champ de lave observé en Islande depuis l’éruption du Laki (1783-1784) ce qui n’est pas la moindre des références. Il est également important de noter que la sismicité reste élevée.

Le Bardarbunga, une éruption effusive majeure Vu depuis le NNW, début décembre 2014 Image courtesy of Icelandic MET Office - Photographe: Martin Hensch
Le Bardarbunga, une éruption effusive majeure
Vu depuis le NNW, début décembre 2014
Image courtesy of Icelandic MET Office – Photographe: Martin Hensch

 

Enfin, les émissions de gaz ont eu un impact dans toute l’Islande pour la première fois en 150 ans. La pollution de l’air liée à l’éruption provoque des mises en garde quotidiennes pour les populations locales.

Progression de la coulée entre le 29/08/14 et le 14/11/14. image courtesy of Icelandic MET Office
Progression de la coulée entre le 29/08/14 et le 14/11/14. image courtesy of Icelandic MET Office.

En d’autres termes, l’éruption du Bardarbunga est une éruption majeure en Islande durant toute la période historique. Je suis désolée de devoir déboulonner un mythe médiatique, mais à côté du Bardarbunga, l’éruption de l’Eyjafjallajökull fut somme toute bien fade…

  •  Fogo, deux villages quasiment rayés de la carte.
Cap Vert – altitude 2829 m

 L’éruption continue sur la zone du Pico de Fogo, dans la caldera de Cha.

L’éruption s’est intensifiée le 6 décembre : la coulée émise par le Pico de Fogo a atteint une vitesse de progression jusqu’à 30 mètres par heure !

Dans l’après-midi de ce même jour, 20 maisons se situant dans la partie nord du village de Portela ont été détruites. Les autorités ont prononcé une évacuation complète de la zone. Une nouvelle route a été coupée par la coulée et plus tard, toujours dans la journée du 6, cette dernière a rejoint le village de Bangaeira. En peu de temps, plus de la moitié de ce village a été recouvert par la lave, très fluide. Le soir, il ne restait que quelques maisons intactes.

Diapositive1

De plus, les émissions de cendres ont conduit à annuler les vols sur l’île.

Le 8 décembre, environ 90% du village de Bangaeira et 95 % du village de Portela ont été détruits par la coulée. 1500 personnes ont été évacuées, 848 de ces personnes doivent loger dans des abris d’urgence.

Apres avoir traversé ces deux villages le front de coulée mesurait 300 m de large. Le 9 la coulée a connu un ralentissement.

  • Kilauea, place du marché, y’a une coulée
Iles d’Hawaii (USA) – Altitude 1222m

 Le HVO (Hawaiian Volcano Observatory) nous rapporte que, entre le 3 et le 9 décembre, le niveau du lac de lave monte et descend occasionnellement dans le cratère Halema’uma’u (l’un des cratères du Kilauea).

Les dépôts de cendres, petites bombes et cheveux de Pelé (tephras) se poursuivent autour de l’évent. Les petites particules peuvent parcourir plusieurs kilomètres.

Les émissions de gaz restent élevées (source HVO – Hawaiian Volcano Observatory).

 La coulée du 27 juin est toujours active. Toutefois sa progression connaît un affaiblissement. Un lobe étroit se détache sur la bordure ouest de la coulée principale et avance à une vitesse de plusieurs centaines de mètres par jour. Le 9 décembre, le front de coulée est mesurée à 3,5 km de l’intersection entre la rue principale de Pahoa et l’autoroute n° 130, à proximité de la place du marché de Pahoa.

Carte de la coulée du 27 juin actualisée le 9/12/14: la partie active est en rouge (à gauche donc). Image courtesy of HVO/US Geological Survey.
Carte de la coulée du 27 juin actualisée le 9/12/14: la partie active est en rouge (à gauche donc). Image courtesy of HVO/US Geological Survey.

 

Pour rappel, le cratère Pu’u O’o (zone est du volcan Kilauea) est en activité depuis le 3 janvier 1983. Depuis 31 ans, son activité est sans relâche.

  • Sinabung, panaches à répétition
Indonésie – Altitude 2460 m

 A partir des webcams sur le site et de modèles météo, le VAAC de Darwin (Volcanic Ash Advisory Center) note qu’un panache de cendres, produit le 3 décembre, s’est élevé à une altitude de 3000 m et s’est dispersé vers l’est. Les éruptions du 5 au 7 décembre ont également produit des panaches de cendres qui ont parcouru entre 2 et 20 km dans de multiples directions. Le 9, un panache s’est élevé jusqu’à 4300 m d’altitude et s’est ensuite dirigé vers l’ouest.

  • Shishaldin, Christmas volcano 2014
Fox Islands (USA) – Altitude 2857 m

 L’AVO (Alaska Volcano Observatory ) rapporte que la sismicité est toujours élevée sur le Shishaldin. Lorsque le temps le permet, les images satellites mettent en évidence une anomalie thermique (c’est chaud).

Le 9, les webcam montre de faibles émissions de vapeur. Il est probable que la production d’une petite quantité de lave se poursuive à l’intérieur du cratère du volcan.

Le code couleur pour l’aviation reste à orange.

Et accessoirement, le Shishaldin est Chritsmas volcano 2014…

christmasvolcano

  • Shiveluch, c’est toujours pareil
Kamchatka (Russie) – Altitude 3283m

 Du 27 novembre au 4 décembre, l’extrusion (= mise en place) du dôme de lave sur le flanc nord du Shiveluch continue et s’accompagne d’avalanches de débris chaudes et d’une activité fumerolienne (source : KVERT – Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team).

Une anomalie thermique est détectée sur le dôme via les images satellites les 28 et 29 novembre ainsi que le 2 décembre. La couverture nuageuse empêche toute observation les autres jours.

Le code couleur pour l’aviation reste à orange.

  •  Zhupanovsky, toujours très actif
Kamchatka – Altitude 2899 m

 Les explosions avec production de cendres se poursuivent sur le Zhupanovsky entre le 25 novembre et le 1er décembre (source : KVERT – Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team). Les panaches de cendres atteignent une altitude de 6000 m et parcourent jusqu’à 422 km en direction de l’est et du SE.

Une anomalie thermique (c’est chaud) est détectée sur les images satellites les 28 et 29 novembre. Les autres jours, soit le volcan est calme, soit il est caché sous l’épaisse couverture nuageuse.

Le code couleur pour l’aviation civile est maintenu à orange.

Activité mondiale du 26 novembre au 2 décembre 2014

Trop de bonheur…

Cette semaine je suis en joie avec un florilège de volcans aux noms impossibles, connus de personnes ou presque et perdus dans les terres australes ou sur des îles dont personne ne sait très bien comment elles fonctionnent ni à quelle nationalité elles appartiennent.

La palme d’or revient tout de même au Moyorodake-Medvezh’Ya-Moyoroyama- Medvezhia (enfin qui est fait le Kudriavy…), je vous conseille vivement la lecture du paragraphe qui lui est consacré.

A part ça, les inconditionnels de stars volcaniques trouveront un petit topo sur le Piton de la Fournaise.

Tableau récapitulatif – C’est écrit trop petit? Cliquez dessus pour agrandir.
Tableau récapitulatif – C’est écrit trop petit? Cliquez dessus pour agrandir.

 

Accès direct aux textes concernant les volcans de la semaine:

Chirinkotan
Heard
Moyorodake
Piton de la Fournaise

Aira
Asosan
Bardarbunga
Copahue
Fogo
Fuego
Kilauea
Shishaldin
Shiveluch
Zhupanovsky

  • Chirinkotan, suspect
Iles Kouriles (Russie) – Altitude 724 m

 Le SVERT (Sakhalin Volcanic Eruption Response Team) rapporte que, depuis le 21 novembre, une anomalie thermique (c’est chaud) et une augmentation des émissions de gaz ont été détectées sur les images satellites du Chirinkotan. Le 27 novembre, le panache de gaz a parcouru 40 km en direction du SE.

Le code couleur pour l’aviation est élevé à jaune.

  •  Heard, mais où est-il ??
Plateau des Kerguelen, territoire australien – Altitude 2745 m

 Ce petit bout d’île perdu dans les terres australes fait partie de ceux dont on n’entend quasiment jamais parler et dont il n’est pas évident de savoir où ils se trouvent.

Donc, voilà, c’est là :

C’est peu dire que les informations provenant de cette partie des terres australes sont rares. C’est donc un honneur d’en avoir quelques bribes de nouvelles.

D’après les données s’un satellite appartenant à la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration), il y aurait une anomalie thermique (c’est chaud) sur le flanc est du volcan de l’île Heard. Il s’agit d’images faites entre le 2 et le 30 novembre. La couverture nuageuse rend les prises de vues impossibles les 1er et 2 décembre. Ces anomalies thermiques sont confirmées par des images MODIS (Moderate Resolution Imaging Spectroradiometer : en gros ce sont des appareils photos qui photographie la chaleur). Ces anomalies serrant dues à la persistance d’un lac de lave sur le volcan et également de probables coulées de lave.

  •  Moyorodake, à moins que ce ne soit le Medvezh’Ya ?
Ile Etorofu – Altitude 1124 m

 Le statut de l’île Etorofu n’est pas un long fleuve tranquille. Elle est à la fois revendiquée par les russes et les japonais. Raison pour laquelle la plupart des lieux ont deux noms : russe et japonais. Il faut donc maitriser ces deux langues… pas simple.

Alors voilà : le mont Moyorodake est aussi le Medvezh’Ya et l’île Etorofu n’est autre que l’île Iturup. Sahcant que l’on trouve diverses orthographes de ces noms dans notre modeste alphabet latin (Itouroup, Medvezhia, Moyoro-yama …), on est carrément mal barrés.

Enfin, bref, ce volcan, il est là :

Le 27 novembre, le SVERT (Sakhalin Volcanic Eruption Response Team) rapporte que, durant les 10 jours qui viennent de s’écouler une anomalie thermique et un renforcement des dégagements de gaz ont été détectés sur le ? Moyorodake ? Ah ah ben non, sur le Kudriavy, (ah ah ah), un édifice qui appartient au grand complexe volcanique de Moroyodake.

La taille et l’intensité de l’anomalie thermique ont considérablement augmenté le 27 novembre.

Des émissions de gaz sont encore observées le 29 novembre.

Le code couleur pour l’aviation est élevé à jaune.

  •  Piton de la Fournaise, favoritisme honteux !
Ile de La Réunion (France) – Altitude 2632 m

 Et oui, parler du Piton de la Fournaise dans cette rub, cette semaine, relève d’un favoritisme honteux. En effet, rien de folichon sous le soleil de l’océan indien. Mais le volcanologue est faible, il cède facilement aux tentations… donc je cède et j’en parle quand même.

Entre le 1er novembre et le 1er décembre, la vigilance avait déjà été prononcée, en effet, une augmentation de l’activité géophysique était rapportée par l’OVPF (Observatoire Volcanologique du Piton de la Fournaise) avec 113 séismes volcano-tectnoiques enregistrés durant cette période, des déformations (constantes depuis septembre 2014) et un changement dans les émissions de gaz. Cependant, la vigilance avait été levée lundi dernier.

Or, le jeudi 4 décembre, à 10h, l’état de vigilance est de nouveau prononcé en raison d’une reprise de l’activité sismique et des déformations.

Affaire à suivre, quand même: vous pouvez consulter ce lien.

  •  Aira, volcan vache-qui-rit
Kyushu (Japon) – Altitude 1117 m

 Ah, là on tient un candidat fidèle, un vrai.

Le JMA (Japan Meteorological Agency) indique que, entre les 25 et 28 novembre, des explosions de petite ampleur se déroulent sur le cratère Showa, dans la caldeira Aira sur le volcan Sakurajima.

De plus, le VAAC (Volcanic Ash Advisory Center) de Tokyo rapporte que, entre les 27 et 30 novembre, les panaches consécutifs aux explosions sur le cratère Showa, ont atteint des altitudes comprises entre 1500 et 4900 m. Ils se sont dispersés dans des direction NE, E ou SE.

Une éruption a lieu le 2 décembre, elle entraine la formation d’un panache de atteignant 1500 m d’altitude et se dispersant vers le SE.

Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 5).

  •  Asosan des cendres sur Miyazaki
Ile Kyushu (Japon) – Altitude 1592 m

 Le JMA rapporte que le 25 novembre, une éruption a lieu après une augmentation de l’activité sismique quelques heures auparavant. Des panaches de cendres s’élèvent alors, atteignant jusqu’à 1000 m de haut. Ils sont a l’origine de retombées de cendres à l’est,  à Hanoi Aso (région de Kumamoto ), Taketa (30 km au NE, région d’Oita ), Gokase (25 km au WSW, région de Miyazaki ) et à  Minamiaso (10 km au SW, région de Kumamoto ). Ce même jour du 25, des tephras sont éjectés depuis le cratère jusqu’à une distance de 100 m.

Aso et autour

L’activité sismique reste élevée et l’éruption fort jusqu’au 27 novembre. Les panaches de cendres montent alors jusqu’à 1500 m de haut.

Une campagne de terrain sur le secteur sud du cratère Nakadake permet d’observer une activité de type strombolien (terme que je ne cautionne pas mais bon) avec un dépôt de cendres épais de 7 cm et l’émission de scories allant jusqu’à la taille d’un poing.

Les retombées de cendres atteignent alors une large portion ouest: principalement à  Kumamoto (38 km au WSW). Les vols en direction et au départ de Kumamoto sont annulés ou déroutés.

Le 28, les panaches de cendres atteignent toujours 1500 m de haut. Il en va ainsi jusqu’au 30 novembre. Les 1er et 2 décembre, le mauvais temps rend les observations impossibles mais des indices laissent supposer que l’éruption continue.

Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 5).

  •  Barbarbunga, la caldera s’est affaissée de 50m !
Islande – Altitude 2009m

Du 26 novembre au 2 décembre, l’IMO (Icelandic MET Office) maintient l’alerte orange pour l’aviation du fait de l’activité incessante sur la fissure éruptive de Holuhraun.

L’activité se fait toujours par impulsions, comme je l’ai déjà évoqué la semaine dernière (voir l’article) : toutes les 5 à 10 minutes, de la lave est expulsée depuis l’évent et ce pendant une durée de 2 à 3 minutes. Le 1er décembre, la surface totale recouverte par la lave est estimée à 75 km2.

La subsidence de la caldera se poursuit. Une mesure effectuée lors d’un survol de la zone le 26 novembre montre qu’elle atteint désormais 50 m (la caldera a perdu 50 m en hauteur !) pour un volume correspondant estimé de 1,4 km3. Toutefois, la vitesse à laquelle la subsidence se fait a diminué dans la partie centrale de la caldera comparativement aux premiers mois de l’activité.

La sismicité est toujours importante.

  •  Copahue ? Régulier…
Frontière Chili/Argentine – Altitude 2953 m

 Des émissions de gaz et vapeur, avec peut être une petite quantité de cendres s’échappent du Copahue le 26 novembre (source : Buenos Aires VAAC – Volcanic Ash Advisory Center). Le panache atteint des altitudes comprises entre 3400 et 3700 m et se disperse jusqu’à 65 km en direction de l’est. Le 30 novembre, la présence d’un panache diffus mais continuellement présent est confirmée par un pilote. Ce même panache persistant est détecté sur des images satellites les 1er et 2 décembre. Il s’accompagne de l’émission de cendres.

  •  Fogo, des maisons détruites, la zone de la caldera évacuée
Cap Vert – altitude 2829 m

 L’éruption se poursuit sur le Fogo (dans la caldera de Cha) entre les 26 novembre et 2 décembre. Dans la matinée du 30, l’éruption s’intensifie et la lave progresse à une vitesse de 20 m par jour. La seule route qu’il était encore possible d’emprunter entre le Parc National et Portela (la principale ville située dans la caldera) est fermée.

Diapositive1

Les autorités déclenche l’évacuation de tous les habitants qui se trouvent dans la caldera.

La coulée a déjà détruit au moins 25 maisons, des terres agricoles ainsi que le musée du Parc Naturel du Fogo.

En date du 2 décembre, il y a deux fronts de coulée. La lave atteint d’autres maisons, une école et un hôtel.

  • Fuego, explosions, ondes de chocs, panaches et retombées de cendres
Guatemala – Altitude 3763 m

L’INSIVUMEH (Instituto Nacional de Sismologia, Vulcanologia, Meteorologia e Hidrologia) rapporte que des explosions ont lieu au Fuego du 28 au 30 novembre, provoquant des panaches de cendres qui atteignent 1200 m de hauteur et se disperse jusqu’à 25 km au S, SW ou W. Les ondes de chocs liées aux explosions sont parfois ressenties par les riverains.

Fuego
Fogo, Fuego et Fuego… de Colima

Du matériel incandescent est éjecté jusqu’à une distance de 100 à 150 en dessous du cratère les 29 et 30 novembre.

Des retombées de cendres sont rapportées à Panimaché I and II (8 km au SW), Morelia (9 km au SW) et Santa Sofía (12 km au SW).

Dans un bulletin spécial du 1er décembre, le INSIVUMEH note que l’activité est similaire à celle des jours précédents et qu’elle est caractérisée par des périodes d’explosions fréquentes et intenses (6 à 8 par jour)

Tout début décembre, les panaches atteignent 1300 m de haut et se dispersent 20 km au SW ou W. Les explosions sont parfois entendues jusqu’à 30 km à la ronde. Les retombées atteignent Morelia, Santa Sofía, Panimaché, et Yepocapa

  •  Kilauea, déflation au sommet, alimentation en baisse
Iles d’Hawaii (USA) – Altitude 1222m

 Le HVO (Hawaiian Volcano Observatory) nous rapporte que, entre le 26 novembre et le 2 décembre, le niveau du lac de lave monte et descend occasionnellement dans le cratère Halema’uma’u (l’un des cratères du Kilauea).

Les dépôts de cendres, petites bombes et cheveux de Pelé (tephras) se poursuivent autour de l’évent. Les petites particules peuvent parcourir plusieurs kilomètres.

Les émissions de gaz restent élevées (source HVO – Hawaiian Volcano Observatory).

Localisation des zones actives de la coulée mentionnées dans le texte: active tip of new lobe"= nouveau lobe actif géothermique abandonné – A droite « leading tip of active breakouts »= partie active de la coulée proche de Pahoa. Image courtesy of HVO/US Geological Survey.
Localisation des zones actives de la coulée mentionnées dans le texte: voir surtout « active tip of new lobe »= nouveau lobe actif qui évolue en marge de la coulée principale. Image courtesy of HVO/US Geological Survey.

La coulée du 27 juin est toujours active. Un survol de la coulée effectué le 1er décembre montre qu’une étroite langue de coulée a pris naissance sur la portion ouest de la coulée principale. Cette coulée secondaire a parcouru 2,8 km et provoqué des feux de végétation sur son passage. Il a été également observé que l’alimentation en lave a baissé (via un tube de lave qui alimente l’ensemble de la coulée). Cette baisse est due à une déflation du sommet qui est en cours depuis le 29 novembre. On peut donc dire qu’il y a un certain ramollissement de l’activité pour cette coulée du 27 juin.

 Pour rappel, le cratère Pu’u O’o (zone est du volcan Kilauea) est en activité depuis le 3 janvier 1983. Depuis 31 ans, son activité est sans relâche.

  •  Shishaldin, p’tet ben qu’il est en éruption
Fox Islands (USA) – altitude 2857 m

La sismicité ainsi que les températures de surface, au niveau du cratère, demeurent élevées sur le Shishaldin (source : AVO – Alaska Volcano Observatory).

Le sommet du Shishaldin avec son panache de vapeur 3 décembre 2014 à 18h47 Image courtesy of AVO/USGS – Photographe : Levi Musselwhite
Le sommet du Shishaldin avec son panache de vapeur. Photo en date du 3 décembre 2014 à 18h47. Levi Musselwhite, le photographe, se trouve dans un bateau en mer de Bering à environ 120 km au nord du Shishaldin.
Image courtesy of AVO/USGS – Photographe : Levi Musselwhite

 

Il est probable qu’une éruption marquée par une émission de lave soit en cours au sommet de ce volcan.

Le code couleur pour l’aviation est maintenu à orange.

  •  Shiveluch, balaise !
Kamchatka (Russie) – Altitude 3283m

 L’extrusion (= mise en place) du dôme de lave sur le flanc nord du Shiveluch continue et s’accompagne d’explosions, de production de cendres, d’avalanches de débris chaudes et d’une activité fumerolienne (source : KVERT – Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team).

De fortes explosions ont lieu le 23 novembre à 10h26 et le 26 à 3h38. Elles provoquent la formation d’un panache de cendres qui atteint des altitudes comprises entre 8000 et 9000 m. Ces panaches parcourent des distances allant jusqu’à 400 km en direction du NE et 200 km en direction du SE.

L’anomalie thermique sur le dôme est identifiée sur les images satellites des 22 et 23 novembre ainsi que des 26 et 27 novembre. La couverture nuageuse masque le volcan les autres jours.

 Le code couleur pour l’aviation reste à orange.

  •  Zhupanovsky, explose seul dans son coin
Kamchatka – Altitude 2899 m

 Le KVERT (Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team) rapporte que de fortes explosions ont ébranlé le Zhupanovsky le 23 novembre à 2h06 et le 25 novembre à 12h14. Les panaches de cendres produits par ces explosions ont atteint 7000 à 8000 m d’altitude et se sont dispersés jusqu’à 350 km à l’est et au SE.

Les images satellites montrent une anomalie thermique sur le volcan les 22, 25 et 27 novembre. La couverture nuageuse masque le volcan les autres jours.

Activité mondiale du 19 au 25 novembre 2014

Allez, on sort l’artillerie lourde, des cartes, des videos, des digrammes… du LOURD

D’abord, cette semaine, il faut se concentrer. Nous avons en éruption le Fogo et le Fuego mais qui n’est pas le Fuego… ah ok, ok, ok…

Eruption du Fogo (Cap Vert)

 

Faut pas confondre les enfants : le Fogo est au Cap Vert et est entré en éruption le 23 novembre, tandis que nous avons le Fuego au Guatemala (en activité les semaines passées mais pour qui il ne se passe pas grand chose cette semaine) et le Fuego au Mexique qui s’appelle en fait le Fuego de Colima et qui est aussi en activité…

Voula, on va regarder une petite carte et touuuuut va bien se passer:

Fuego

Quant à l’Ontake, il est pour ainsi dire à l’arrêt et il quitte la rubrique cette semaine. Il avait tenu le haut du pavé fin septembre avec une éruption qui a malheureusement causé la disparition de 56 personnes auxquelles s’ajoutent 7 qui sont toujours portées disparues. (voir sur le Volcablog: « Mr. Ontake pique une colère! » et « Ontake: éruption imprévue? »). Il a disparu du paysage médiatique aussitôt sa colère passée. Ce n’est, hélas, pas un scoop mais les volcans n’attirent les medias qu’avec l’odeur de la chair brulée. Pas de mort, pas de reportage.

A contrario, personne ne parlera jamais de ces volcans du bout du monde, tel le Shiveluch, à l’origine d’une explosion dantesque, dont il est assez coutumier, mais si loin de tout, si loin de nous, choubidou, choubidou (je m’entraine pour faire une chanson…)

La complainte du volcan qui voulait qu’on parle de lui au journal de TF1…

 

Tableau récapitulatif – C’est écrit trop petit? Cliquez dessus pour agrandir.
Tableau récapitulatif – C’est écrit trop petit? Cliquez dessus pour agrandir.

 

Accès direct aux textes concernant les volcans de la semaine:

Fogo
Ubinas

Aira
Bardarbunga
Kilauea
Mayon
Pavlof
Sinabung
Shishaldin
Shiveluch
Zhupanovsky

  • Fogo, coulée en plat principal ; panache soufré au dessert
Cap Vert – Altitude 2829 m

 

 

Selon la presse locale (et la BBC), une éruption a débuté sur le volcan Fogo, située dans la caldera de Cha, dans la matinée du 23 novembre, et ce après une augmentation de l’activité sismique dans les semaines qui ont précédé.

L’éruption a débuté sur un évent situé du coté WSW et à la base du volcan Fogo, là où des explosions avaient eu lieu en 1995.

L’activité s’est manifestée par des explosions, des fontaines de lave et l’émission de cendres.

Une video assez longue qui montre les différents aspects de l’activité en cours au Fogo

Environ 700 personnes ont été évacuées de Chã das Caldeiras et l’aéroport a été fermé.

Dans l’après-midi du 24, les employés du quartier général du Parc National sont obligés de plier bagage. Dans la soirée, le bâtiment où ils travaillent est rejoint par la lave. La coulée émise par le Fogo traverse la route principale et met à mal les moyens de communication.

Progression de la coulée

Le VAAC (Volcanic Ash Advisory Center) de Toulouse a pu observer le panache issu du Fogo. Il est principalement compté de dioxyde de soufre (SO2) et il se disperse jusqu’à 220 km en direction du NW à une altitude de 9100 m. De faibles quantités de cendres sont détectées dans ce panache et elles demeurent cantonnées à des altitudes plus faible.

En date du 25 novembre, la coulée émise par le Fogo mesurait 4 km de long.

  • Ubinas, deux explosions le 23 novembre
Pérou – Altitude 5672 m

 Une petite explosion débute sur l’Ubinas le 23 novembre à 7h41. Elle dure 64 secondes et produit une panache de cendres de 2500 m de haut qui se disperse en direction du sud et sud-est. Une seconde explosion a lieu à 10h04, cette dernière produit un panache de cendres de 2200 m de haut et se dispersant au sud. Au moment de cette seconde explosion, les habitants des pentes de l’Ubinas rapportent avoir ressenti un léger grondement (source : IGP – Instituto Geofisico del Perú).

  • Aira, infatigable et inusable ?
Kyushu (Japon) – Altitude 1117 m

 Le JMA (Japan Meteorological Agency) rapporte que, entre les 17 et 21 novembre, deux explosions ont eu lieu sur la caldera de Aira (volcan Sakurajima), conduisant à l’éjection de tephras jusqu’à 1300 m de distance.

Le Tokyo VAAC (Volcanic Ash Advisory Center) rajoute qu’une explosion a lieu le 19 novembre et qu’elle entraine la formation d’un panache qui s’élève à 3000 m d’altitude et se dirige vers le NE. Le 23 novembre, une autre explosion produit un panache de 2400 m d’altitude et qui se dirige vers l’est.

 Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 5).

  •  Barbarbunga, éruption giclative ?
Islande – Altitude 2009 m

 Du 18 au 25 novembre, l’IMO (Icelandic MET Office) maintient l’alerte orange pour l’aviation du fait de l’activité incessante sur la fissure éruptive de Holuhraun.

Les images du cratère prises avec la camera thermique FLIR (forward looking infrared ) le 18 novembre montre que la partie où la convection thermique est la plus intense se situe sur la partie nord du site, en un lieu appelé Heimasæta. Les coulées partent toujours en direction de l’ESE.

Image thermique (FLIR) de l'event le 18/11. Vue depuis l'eosut: le nord est dance gate de la photo et le sud à droite. La température est comprise entre 1147 et 1188°C. Image courtesy of IMO (Icelandic MET office) and Institute of Earth Sciences, information from the field group.
Image thermique (FLIR) de l’event le 18/11. Vue depuis l’eosut: le nord est dance gate de la photo et le sud à droite. La température est comprise entre 1147 et 1188°C.
Image courtesy of IMO (Icelandic MET office) and Institute of Earth Sciences, information from the field group.

La subsidence de la caldera se poursuit. Une pollution locale de l’air persiste à cause de l’émission importante de gaz volcaniques. La sismicité reste élevée.

Cette video représente tous les séismes enregistrées entre les mois d’août et novembre: localisés en coupe puis sur une carte.

Le 20 novembre, les observateurs sur place décrivent précisément le phénomène éruptif : il s’agit d’explosions au sein du cratère qui ont lieu par « pulses » (impulsions) environ toutes les 10 à 15 minutes, ces explosions sont systématiquement suivies par un jet de lave. La majorité de la lave éjectée retombe pour s’écouler dans le canal principal à l’origine de la coulée tandis qu’une une partie provoque des éclaboussures sur les cotés de l’évent. Une explosion, un jet de lave, une explosion, un jet… etc et tout ça toutes les 10 à 15 minutes.

Très belles images aériennes qui donnent une bonne idée de ce qui se passe au Bardar, à la 50ème seconde on peut apprehender le phénomènes d' »impulsions ».

D’où mon terme de giclative… pourquoi pas un nouveau terme pour qualifier ce genre d’éruption ?

  •  Kilauea, pahoehoe style
Iles d’Hawaii (USA) – Altitude 1222m

 Le HVO (Hawaiian Volcano Observatory) nous rapporte que, entre le 19 et le 25 novembre, le niveau du lac de lave monte et descend occasionnellement dans le cratère Halema’uma’u (l’un des cratères du Kilauea).

Les dépôts de cendres, petites bombes et cheveux de Pelé (tephras) se poursuivent autour de l’évent. Les petites particules peuvent parcourir plusieurs kilomètres. Les émissions de gaz restent élevées.

Doucement mais sûrement…

 Entre les 19 et 25 novembre, la partie NE de la coulée du 27 juin demeure active.

Localisation des zones actives de la coulée mentionnée dans le texte: au fond, le cratère Pu'u O'o-A gauche "well site"= - A droite "leading tip of active breakouts": partie active de la coulée proche de Pahoa. Image Courtesy of
Localisation des zones actives de la coulée mentionnées dans le texte: au fond, le cratère Pu’u O’o – A gauche « well site »= site d’exploitation géothermique abandonné – A droite « leading tip of active breakouts »= partie active de la coulée proche de Pahoa. Image courtesy of HVO/US Geological Survey.

Une image satellite, en date du 22, montre que les lobes actifs se localisent à deux endroits en particulier : 1- dans la partie supérieure de la coulée, à environ 4 km au NE du cratère Pu’u O’o et 2- au niveau d’un système de fissures situé à proximité d’un site d’exploitation géothermique abandonné. Le 24 novembre, dans cette dernière zone que je viens d’évoquer, la coulée avance doucement dans le plus pur style pahoehoe, dont le Kilauea a le secret, et se trouve à 5,7 km en amont de la décharge située sur la rue Apa’a de Pahoa (source HVO – Hawaiian Volcano Observatory).

Le plus pur style pahoehoe

Pour rappel, le cratère Pu’u O’o (zone est du volcan Kilauea) est en activité depuis le 3 janvier 1983. Depuis 31 ans, son activité est sans relâche.

  •  Mayon, statu quo
Ile de Luçon (Philippine) – Altitude 2462 m

 Du 18 au 25 novembre, ce sont des panaches blancs (dépourvus de cendres) que l’on peut observer au-dessus du cratère du Mayon, s’élevant ou plutôt se déversant souvent le long des pentes du volcan (source : PHIVOLCS – Philippine Insitute of Volcanology and Seismology). Environ 6 tremblements de terre et un éboulement sont enregistrés chaque jour pendant cette période.

Les émissions de dioxyde de soufre sont en dessous des niveaux de référence, donc plutôt faibles.

 Le niveau d’alerte est maintenu à 3 (sur une échelle de 0 à 5)

  •  Pavlof, ce joli feu de paille qui s’éteint (ou presque)
USA – altitude 2493 m

 L’Alaska Volcano Observatory (AVO) rapporte que l’activité sismique diminue sur le Pavlof les 21 et 22 novembre. Elle reste cependant élevée par rapport à la normale.

Sur cette image on voit à la voit le Pavlof avec sa coulée toute récente (marquée par l'étiquette "lava flow emplaced 12-15 nov") et le Shishaldin avec son panache de vapeur (indiqué par "steam plume"). Le tout étant copieusement revocvert de nuages qui masquent souvent les observations de ces volcans. Image courtesy of AVO/USGS. Photographe: Chris Waythomas.
Sur cette image on voit à la fois le Pavlof avec sa coulée toute récente (marquée par l’étiquette « lava flow emplaced 12-15 nov ») et le Shishaldin avec son panache de vapeur (indiqué par « steam plume »). Le tout étant copieusement recouvert de nuages qui masquent souvent les observations de ces volcans. Image courtesy of AVO/USGS. Photographe: Chris Waythomas.

Les températures en surface diminuent le 22 et les 24 et 25 novembre, traduisant le refroidissement de la coulée située sur le flanc NW. Il n’y a plus aucune preuve d’une activité éruptive en cours.

 Le code couleur pour l’aviation est abaissé à jaune.

  •  Sinabung, sous le joug d’écoulements pyroclastiques
Indonésie – Altitude 2460 m

 Sur la base d’images de webcam et de modèles, le VAAC (Volcanic Ash Advisory Center) de Darwin rapportent que les éruptions du Sinabung des 19 et 20 novembre ont produit des panaches de cendres allant jusqu’à 4300 m d’altitude et dérivant vers l’ouest.

L’activité au Sinabung: un panache blanc permanent. Ici un écoulement pyroclastique visible à la 19ème seconde.

Un panache blanc et épais est observable en continu. De même la production d’écoulements pyroclastiques est régulière. Ceux des 22 et 23 novembre ont dévalé les pentes du volcan jusqu’à sa base.

Le 23 novembre, le panache de cendres atteignait 3000 m d’altitude et se dirigeait en direction du sud.

  •  Shishaldin, ce volcan qui joue à cache-cache
Fox Islands (USA) – Altitude 2857 m

 Les séismes de type tremors volcaniques sont intermittents sur le Shishladin entre le 19 et le 23 novembre (source : AVO : Alaska Volcano Observatory). Des températures de surface élevées ont pu être détectées par satellites quand les conditions météo laissaient les observations possibles. La sismicité a nettement augmenté le 24 novembre, laissant supposé que l’intensité de l’éruption a également augmenté. Le 25, sismicité et températures en surface démeuraient élevées.

 L’alerte pour l’aviation est maintenue au niveau orange.

  • Shiveluch, à l’origine d’un énooOoorme panache
Kamchatka (Russie) – Altitude 3283m

 Du 14 au 21 novembre, l’extrusion (= mise en place) du dôme de lave sur le flanc nord du Shiveluch continue et s’accompagne d’avalanches de débris chaudes et d’une activité fumerolienne (source : KVERT – Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team).

Le 16 novembre à 22h17, une forte explosion se produit, générant un panache de cendres de 30 par 10 km et qui a parcouru jusqu’à 590 km en direction du SW.

Les images satellites révèlent une anomalie thermique (c’est chaud !) entre les 18 et 20 novembre. L’épaisse couverture nuageuse empêche les observations les autres jours.

Le code couleur pour l’aviation reste à orange.

  • Zhupanovsky, on essaye de deviner ce qu’il fait
Kamchatka – Altitude 2899 m

 Les images satellites montrent un Zhupanovsky ou tranquille, ou couvert de nuage. Néanmoins, le KVERT (Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team) rapporte qu’une activité explosive modérée semble se poursuivre au Zhupanovsky entre le 14 et 21 novembre.

Le code d’alerte pour l’aviation reste à orange.

Activité mondiale du 12 au 18 novembre 2014

Cette semaine, ça y est

La planète se déchaine !!

Jugez par vous-même, tous ces volcans en éruption, c’est forcèment qu’il se passe un truc qu’on nous aurait caché…

Tableau récapitulatif – C’est écrit trop petit? Cliquez dessus pour agrandir.
Tableau récapitulatif – C’est écrit trop petit? Cliquez dessus pour agrandir.

 

Accès direct aux textes concernant les volcans de la semaine:

Pavlof
Sinarka
Zhupanovsky

Aira
Bardarbunga
Fuego
Kilauea
Mayon
Poás
Reventador
Sinabung
Shiveluch
Turrialba

 

  • Pavlof, orange – rouge – orange
USA – altitude 2493 m

 Le 12 novembre, l’Alaska Volcano Observatory (AVO) élève l’alerte pour l’aviation à orange en raison d’une nouvelle phase d’activité sur le volcan Pavlof, initié ce même jour.

Pavlof et Shishal
Le Pavlof, voisin du Shishaldin. Ici on voit nettement la zone de subduction (ligne épaisse et bleue foncé en bas de l’image) qui est la cause du volcanisme dans cette region du Pacifique nord.

Des observateurs locaux (dont une webcam de la FAA) rapportent qu’un panache s’élève du sommet. Il est faiblement chargé en cendres. La sismicité est élevée et de la lave commence à s’écouler depuis un évent situé juste au nord du sommet. Des blocs et des cendres descendent également la pente nord du volcan. Enfin, une anomalie thermique est détectée sur les images satellites.

L’éruption se poursuit les jours qui suivent. Le 14, un étroit panache de cendres atteint 4800 m d’altitude et parcourt 200 km.

Le 15, l’éruption s’intensifie. L’AVO porte alors le code pour l’aviation à ROUGE. Le panache atteint alors 7600 m et se dirige 200 km au NW. L’activité sismique augmente encore d’un cran. Des pilotes rapportent qu’à 12h30, le panache atteint 9100m.

15 novembre: Panache éruptif pointé par les flèches rouges (image MODIS). En jaune les contours des terres. Image courtesy of of AVO/USGS – Photographe : Dave Schneider
15 novembre: Panache éruptif pointé par les flèches rouges (image MODIS). En jaune les contours des terres. Image courtesy of of AVO/USGS – Photographe : Dave Schneider

 

Puis, vers 19h, l’activité sismique décroit brusquement puis reste faible. Au même moment, les images satellites montrent que les émissions de cendres baissent significativement.

Le code d’alerte pour l’aviation est rabaissé à orange.

Le 16, les pilotes indiquent qu’il n’y a plus de signe d’activité et les images satellites ne montrent plus d’anomalie thermique.

Les 17 et 18, l’activité sismique reste faible mais les températures de surface élevées traduisent la présence d’une coulée et/ou d’éboulements chauds.

Vous trouverez les webcam de la FAA sur ce lien: choisissez celle de Cold Bay pour tenter d’apercevoir le Pavlof.

  • Sinarka, émission de gaz
Ile Shiashkotan (Russie) – altitude 934 m

 

 Le SVERT (Sakhalin Volcanic Eruption Response Team) rapporte que, dans la journée du 11 novembre, des images satellites montrent des émissions de gaz et de vapeur sur le volcan Sinarka. Le lendemain, une faible anomalie thermique est enregistrée. Les dégagements gazeux s’intensifient. Une anomalie thermique est à nouveau détectée le 16.

  • Zhupanovsky, explosif mais modéré
Kamchatka – Altitude 2899 m

 Le KVERT (Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team) rapporte qu’un activité explosive modérée se poursuit au Zhupanovsky entre le 7 et le 14 novembre. Des panaches de cendres sont détectés sur des images satellites. Ils se dispersent sur 270 km en direction du SE.

 Le code d’alerte pour l’aviation reste à orange.

  •  Aira, on compte ses explosions
Kyushu (Japon) – Altitude 1117 m

 Le Tokyo VAAC (Volcanic Ash Advisory Center) rapporte que, entre le 10 et le 14 novembre, 3 explosions ont eu lieu sur le cratère Showa dans la caldera Aira (volcan Sakurajima). Elles ont conduit à l’éjection de tephras jusqu’à une distance de 800m.

Le VAAC note qu’entre les 12 et 17 novembre, la hauteur mesurée des panaches varie de 1800 à 2400 m d’altitude et qu’ils se dispersent vers l’est et le SE.

 Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 5).

  •  Barbarbunga, mais qui l’arrêtera ???
Islande – Altitude 2009m

 Du 12 au 18 novembre, l’IMO (Icelandic MET Office) maintient l’alerte orange pour l’aviation du fait de l’activité incessante sur la fissure éruptive de Holuhraun. Le cratère Baugur est toujours le siège d’une intense activité effusive et les coulées partent en direction de l’ESE. La surface recouverte par la lave atteignait 71,9 km2 le 14 novembre.

Image thermique (FLIR) de l'event le 18/11. Vue depuis l'eosut: le nord est dance gate de la photo et le sud à droite. La température est comprise entre 1147 et 1188°C. Image courtesy of IMO (Icelandic MET office) and Institute of Earth Sciences, information from the field group.
Image thermique (FLIR) de l’évent le 18/11. Vue depuis l’ouest: le nord est donc à gauche de la photo et le sud à droite. La température est comprise entre 1147 et 1188°C.
Image courtesy of IMO (Icelandic MET office) and Institute of Earth Sciences.

 

La subsidence de la caldera se poursuit et la sismicité demeure élevée.

Une pollution locale de l’air persiste à cause de l’émission importante de gaz volcaniques.

  •  Fuego, explosions, cendres et secousses
Guatemala – Altitude 3763 m

L’INSIVUMEH (Instituto Nacional de Sismologia, Vulcanologia, Meteorologia e Hidrologia) rapporte que, entre le 13 et le 18 novembre, les explosions sur le Fuego ont généré des panache de cendres de 550 à 750 m de haut et se dispersant de 10 à 12 km au sud et à l’ouest.

Les secousses liées à ces explosions ont été ressenties dans les environs du volcan.

Des retombées de cendres sont observées à Panimaché I and II (8 km au SW), Morelia (9 km au SW) et Santa Sofía (12 km au SW).

  • Kilauea, fuite dans le tuyau
Iles d’Hawaii (USA) – Altitude 1222m

 

 Le HVO (Hawaiian Volcano Observatory) nous rapporte que, entre le 12 et le 18 novembre, le niveau du lac de lave monte et descend occasionnellement dans le cratère Halema’uma’u (l’un des cratères du Kilauea). Les dépôts de cendres, petites bombes et cheveux de Pelé (tephras) se poursuivent autour de l’évent. Les petites particules peuvent parcourir plusieurs kilomètres. Les émissions de gaz restent élevées (source HVO – Hawaiian Volcano Observatory).

La coulée du 27 juin est toujours active. Comme la semaine passée, différents lobes de la coulée sont actifs et continuent de progresser aux environs de la Rue Apa’a et de la rue du cimetière (Pahoa). Une partie de la coulée a d’ailleurs traversé la rue du cimetière.

Un survol de la zone le 17 a permis de montrer une baisse de l’alimentation de la coulée. Cette baisse est due à ce que l’on pourrait appeler une « fuite » du tube de lave (comme une fuite sur un tuyau d’eau donc) localisée en amont, à Pu’u Kahauale’a, près de Pu’u ‘O’o. Cette fuite a débuté dans la nuit du 14 au 15 novembre. La portion de la coulée la plus en aval, près de Kaohe et Pahoa s’est, de fait, immobilisée.

Situation generale de la coulée du 27 juin avec la source: le  Image courtesy of HVO/US Geological Survey
Situation générale de la coulée du 27 juin avec la source: le cratère Pu’u O’o et la zone de Kahauale’a, citée dans le texte.
Image courtesy of HVO/US Geological Survey

 

Pour rappel, le cratère Pu’u O’o (zone est du volcan Kilauea) est en activité depuis le 3 janvier 1983. Depuis 31 ans, son activité est sans relâche.

  •  Mayon, gonflé
Ile de Luçon (Philippine) – Altitude 2462 m

 Du 12 au 18 novembre, ce sont des panaches blancs (dépourvus de cendres) qui s’élèvent au-dessus du cratère du Mayon (source : PHIVOLCS – Philippine Insitute of Volcanology and Seismology). Environ 3 tremblements de terre et un éboulement sont enregistrés chaque jour pendant cette période.

Une étude de la déformation menée du 9 au 13 novembre montre que les flancs du volcan tendent à être dans une phase de déflation par rapport aux observations du 21 au 28 octobre. Cependant, les flancs reste encre gonflés comparativement à la normale.

 Le niveau d’alerte est maintenu à 3 (sur une échelle de 0 à 5).

  •  Poás, pas verdâtre, plutôt laiteux…
Costa Rica – altitude 2708 m

 

Eruption phréatique du 8 octobre:

 

 Le 13 novembre, le OVSICORI-UNA (Observatorio Vulcanologico y Sismologico de Costa Rica – Univsersidad Nacional) rapporte que la température et le taux d’émission des gaz ont significativement diminué autour du dôme de lave situé sur le bord est du lac chaud du Poás. L’activité fumerolienne sur le lac diminue également et sa couleur est passée de verdâtre à laiteuse (et oui, c’est assez subtil).

On n’a enregistré aucune éruption phréatique depuis le mois d’octobre.

  • Reventador, des panaches mais peu de cendres
Equateur – altitude 3562 m

 Entre les 12 et le 18 novembre, l’IG (Instituto Geofisico) nous fait part d’une activité explosive modérée avec des séismes longues périodes, des trémors et des explosions.

Du 12 au 14 et le 18 novembre, des panaches de vapeur, avec de très faibles quantités de cendres atteignent au mieux 1000 m de haut et se dispersent vers le NW et le N.

La couverture nuageuse rend fréquemment impossibles les observations directes du sommet.

  • Sinabung, une très intense activité
Indonésie – Altitude 2460 m

Le 14 novembre, le BNPB (Badan Nacional Penanggulangan Bencana) rapporte que l’activité au Sinabung est encore élevée. Des avalanches sont fréquentes, entrainant parfois la formation d’écoulements pyroclastiques (ils parcourent par trois fois 4 km sur le flanc sud).

Des panaches de cendres s’élèvent à 1000 m de haut et une coulée est active : elle descend à 500 m sous le cratère sur les flancs sud et ouest. Les panaches se dispersent vers l’ouest, SW et le sud. De denses panaches blancs et des écoulements pyroclastiques sont encore observés le 19 novembre.

En tout, ce sont 2986 personnes (pour 956 familles) qui sont toujours déplacées.

  • Shiveluch, dim dam dôme
Kamchatka (Russie) – Altitude 3283m

 Du 7 au 14 novembre, l’extrusion (= mise en place) du dôme de lave sur le flanc nord du Shiveluch continue et s’accompagne d’avalanches de débris chaudes et d’une activité fumerolienne (source : KVERT – Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team).

Le 12 novembre, une anomalie thermique est détectée sur le dôme via les images satellites. La couverture nuageuse empêche toute observation les autres jours.

Le code couleur pour l’aviation reste à orange.

  • Turrialba, de nouvelles explosions
Costa Rica – Altitude 3340 m

 

 

 Le OVSICORI-UNA (Observatorio Vulcanologico y Sismologico de Costa Rica – Univsersidad Nacional) nous informe qu’un explosion a eu lieu le 13 novembre à 19h26. Elle a duré 10 minutes. Une autre explosion a eu lieu à 13h42 le 14 et a duré 15 minutes.

Activité mondiale du 5 au 11 novembre 2014

Cette semaine, nous avons un  volcan de dernière minute : Le Pavlof (Alaska, 2518 m).

En effet, il est entré en éruption comme je finissais d’écrire la rubrique. Un observateur localisé à Cold Bay (à 60 km du volcan) fait état d’émission de cendres à plus de 9000 m d’altitude. Des émissions de cendres sont également visibles depuis la webcam de la FAA (Federal Aviation Administration) située elle aussi à Cold Bay. L’activité aurait débuté le 13 novembre vers 1h50 UTC (Coordinated Universal Time soit 2h50 en France). L’activité sismique avait augmenté les jours précédents et reste élevée actuellement. Les observations satellites sont actuellement rendues impossibles du fait de la couverture nuageuse.

Le code couleur pour l’aviation est passé à orange.

Place au peloton volcanique:

Tableau récapitulatif – C’est écrit trop petit? Cliquez dessus pour agrandir.
Tableau récapitulatif – C’est écrit trop petit? Cliquez dessus pour agrandir.

 

Je continuerai avec toujours ce même cheval de bataille, faire de la place aux volcans dont on entend ordinairement peu le nom mais qui n’en sont pas pour autant des volcans mineurs. Aujourd’hui, dans une sorte de classement à l’envers, voici le Zhupanovsky. Si vous suivez fidèlement cette rubrique, vous devez déjà savoir que le « Zhup » est présent chaque semaine et cette semaine, non seulement il est présent mais il nous honore d’une éruption de grande ampleur.

Accès direct aux textes concernant les volcans de la semaine:

Fuego
Reventador
Zhupanovsky

Aira
Bardarbunga
Cerro Negro de Mayasquer
Kilauea
Mayon
Ontakesan
Popocatépetl
Shiveluch
Turrialba

  • Fuego, explosions, avalanches de blocs et retombées de cendres
Guatemala – Altitude 3763 m

L’INSIVUMEH (Instituto Nacional de Sismologia, Vulcanologia, Meteorologia e Hidrologia) rapporte qu’entre les 6 et 8 novembre, les explosions sur le Fuego ont été à l’origine de panaches de cendres atteignant 500 à 1050 m de haut et se dispersant jusqu’à 10 km en direction WSW.

Les ondes de choc consécutives à certaines de ces explosions ont provoqué des secousses ressenties dans un rayon de 12 km. Les explosions les plus importantes ont également été à l’origine d’avalanches de blocs descendant les ravines de Santa Teresa (à l’ouest), Taniluyá (au SW), Cenizas (au SSW), El Jute (au SE), et Las Lajas (au SE).

Des retombées de cendres sont rapportées dans les villages situés sur les flancs ouest et sud-ouest du volcan.

  • Reventador, explosions modérées
Equateur – altitude 3562 m

 Entre les 5 et 11 novembre, l’IG (Instituto Geofisico) nous fait part d’une activité explosive modérée avec des séismes longues périodes, des trémors et des explosions. Le 11 novembre, des panaches de vapeur s’élèvent jusqu’à 1000 m de haut, ils s’accompagnent d’une faible quantité de cendres. La couverture nuageuse rend fréquemment les observations directes du sommet impossibles.

  •  Zhupanovsky, le panache atteint 10 km d’altitude !
Kamchatka – Altitude 2899 m

 La semaine dernière, le Zhupanovsky avait marqué une pause. Le KVERT (Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team) avait même conclu à un arrêt de l’activité depuis la mi-octobre. Or, voilà que cette semaine, le Zhup nous fait mentir.

PacifiqueN2
Au nord du Pacifique: un long chapelet de volcans dont les noms nous sont peu familiers

En effet, une forte explosion secoue le Zhupanovsky le 8 novembre à 9h55. Elle génère un panache de 10 000 m d’altitude qui parcourt 26 km en direction du SSW. Malheureusement, je n’ai pas pu trouvé d’images de cette eruption.

Le 9 novembre, les panaches produits par le Zhupanovsky ne font plus « que » 3000 à 4000 m d’altitude et parcourt cette fois-ci jusqu’à 250 km au SE !

 Du coup, le code couleur pour l’aviation civile qui avait été abaissé à jaune est repassé à orange.

  • Aira, explosions sur stratovolcan
Kyushu (Japon) – Altitude 1117 m

 Le Tokyo VAAC (Volcanic Ash Advisory Center) rapporte que 9 explosions secouent le cratère Showa dans la caldera Aira (volcan Sakurajima) entre le 4 et le 7 novembre.

Le 7 novembre, une éruption explosive engendre un panache de cendres de 3500 m de haut. Le même jour, une explosion a lieu sur le cratère Minami-Dake, provoquant un panache de 1400 m de haut. Le VAAC de Tokyo rapporte qu’entre les 5 et 8 novembre, les panaches atteignent entre 2100 et 4600 m d’altitude et se dispersent vers les NW, ouest, est et SE.

 Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 5).

  •  Barbarbunga, le danger permanent des gaz volcaniques
Islande – Altitude 2009m
Zone active le 11 November 2014. Courtesy of Icelandic MET Office (IMO) Photographe: Morten S. Riishuus.
Zone active le 11 November 2014. Courtesy of Icelandic MET Office (IMO). Photographe: Morten S. Riishuus.

 

Du 5 au 11 novembre, l’IMO (Icelandic MET Office) maintient l’alerte orange pour l’aviation du fait de l’activité incessante sur la fissure éruptive de Holuhraun. La subsidence de la caldera se poursuit et la sismicité demeure élevée.

De plus, une pollution locale de l’air persiste à cause de l’émission importante de gaz volcaniques.

  •  Cerro Negro de Mayasquer, 132 000 séismes enregistrés !
Frontière Colombie/Equateur – Altitude 4445 m

 Le 4 novembre SGC-OVSP (Servicio Geologico Colombiano’s Observatorio Vulcanológico and Sismológico de Pasto) rapporte que le sismicité sur le Cerro Negro reste élevée.

Cerro Negro et Chiles, deux volcans tous proches. En jaune la frontière entre la Colombie (en haut) et l'Equateur.
Cerro Negro et Chiles, deux volcans tous proches. En jaune, la frontière entre la Colombie (en haut) et l’Equateur.

La zone active est entre les volcans Chiles et Cerro Negro.

Depuis le 29 septembre, environ 132 000 séismes ont été détectés dont 3200 ayant eu lieu le 4 novembre. Durant la semaine passée, les hypocentres sont situés entre 300 et 6300 m de Chiles et leurs profondeurs varient entre 3 et 9 km. Les magnitudes sont comprises en 0,7 et 4,6.

Le niveau d’alerte orange est maintenu.

  •  Kilauea, où s’arrêtera l’incendiaire coulée du 27 juin ?
Iles d’Hawaii (USA) – Altitude 1222m

 Oui, j’ai cédé à la tentation d’un titre racoleur…

Le HVO (Hawaiian Volcano Observatory) nous rapporte que, entre le 5 et le 11 novembre, le niveau du lac de lave monte et descend occasionnellement dans le cratère Halema’uma’u (l’un des cratères du Kilauea).

Les dépôts de cendres, petites bombes et cheveux de Pelé (tephras) se poursuivent autour de l’évent. Les petites particules peuvent parcourir plusieurs kilomètres. Les émissions de gaz restent élevées (source HVO – Hawaiian Volcano Observatory).

La coulée coule…

La coulée du 27 juin est toujours active. En fait, le front de coulée ne bouge plus, ce sont des lobes situés à l’arrière du front qui continuent de progresser latéralement. Une partie de la coulée active se situe à 450 de la rue principale de Pahoa (Village Road). De multiples zones sont actives aux abords de la Rue Apa’a et de la rue du cimetière. Quelques propriétés ont été touchées et l’une d’elle a été incendiée par la coulée.

… et les maisons brûlent.

Pour rappel, le cratère Pu’u O’o (zone est du volcan Kilauea) est en activité depuis le 3 janvier 1983. Depuis 31 ans, son activité est sans relâche.

  •  Mayon, il porte fièrement ses panaches blancs
Ile de Luçon (Philippine) – Altitude 2462 m

 Du 5 au 11 novembre, ce sont des panaches blancs (dépourvus de cendres) qui s’élèvent au-dessus du cratère du Mayon (source : PHIVOLCS – Philippine Insitute of Volcanology and Seismology). Environ 5 tremblements de terre sont enregistrés chaque jour.

Le niveau d’alerte est maintenu à 3 (sur une échelle de 0 à 5).

  •  Ontakesan, lent retour au calme
Honshu (Japon) – Altitude 3067m

 Entre le 5 et le 11 novembre, la couverture nuageuse rend les observations difficiles sur le volcan Ontake (source : JMA – Japan Meteorological Agency). Seuls des panaches blancs sont observés, ils atteignent entre 200 et 300 m de haut et se dispersent vers le NE, est ou SE

Le bilan de l’éruption du 27 septembre, est toujours de 56 tués et 7 disparus.

Le niveau d’alerte est maintenu à 3 (sur une échelle de 1 à 5).

  •  Popocatépetl, il est en forme
Mexique – Altitude 5426 m

 Entre le 4 novembre à 20h03 et le 5 à 01h30, le Popocatépetl connaît une série d’explosions produisant un panache continu de gaz, de vapeur avec de petites quantités de cendres. Ce panache atteint 1000 m de haut et se disperse vers le nord (source : CENAPRED – Centro Nacional de Prevencion de Desastres).

Le réseau sismique a également permis de détecter 191 explosions durant cette même périodes. Du matériel volcanique incandescent a été éjecté sur les flancs nord et est, jusqu’à 800 m de distance.

Des retombées de cendres sont rapportées à Paso de Cortes.

Paso de Cortes sous les cendres du Popocatépetl
Paso de Cortes sous les cendres du Popocatépetl

 

Le 6 novembre, un éboulement sur le flanc SW est enregistré sur l’une des webcam, ainsi que sur les données sismiques.

Un survol du dôme a permis d’estimer son diamètre à 250 m et son épaisseur à 30 m.

Entre les 7 et 11 novembre, les données sismiques indiquent une émission continue de vapeur, de gaz et occasionnellement de petites quantités de cendres.

D’autres explosions sont détectées les 10 et 11 novembre, entrainant des projections de tephras et la formation de panaches atteignant 1200 m de haut au maximum et se dispersant vers le sud st essentiellement.

  •  Shiveluch, dim dam dôme
Kamchatka (Russie) – Altitude 3283m

 L’extrusion (= mise en place) du dôme de lave sur le flanc nord du Shiveluch continue et s’accompagne d’explosions, de production de cendres, d’avalanches de débris chaudes et d’une activité fumerolienne (source : KVERT – Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team).

Une anomalie thermique est détectée sur le dôme via les images satellites du 1er au 3 novembre. La couverture nuageuse empêche toute observations les autres jours.

Le code couleur pour l’aviation reste à orange.

  •  Turrialba, sismicité en baisse
Costa Rica – Altitude 3340 m

 Le 7 novembre le OVSICORI-UNA (Observatorio Vulcanologico y Sismologico de Costa Rica – Univsersidad Nacional) indique que la sismicité a globalement bien diminué durant les jours qui viennent de se passer. Seul un évènement est enregistré le 6 novembre à 23h20, il dure 50 minutes.

Activité mondiale du 29 octobre au 4 novembre 2014

Turrialba ! ! ! !

Pendant les deux semaines qui viennent de passer, nous guettions l’activté sismique du Cerro Negro de Mayasquer, ce volcan situé à la frontière entre la Colombie et l’Equateur. Et bien ce n’est pas de là qu’est venue l’éruption de la semaine mais d’un volcan costaricain: le Turrialba. Lui aussi connaissait une forte sismique depuis le mois de septembre, et cette semaine, c’est le volcan vedette de cette rubrique !

Petite mise en bouche:

(la journaliste évoque plusieurs volcans du Costa Rica, et le fait que ce petit pays soit intensément volcanique)

Avec le Popocatépetl et le Santa Maria, cela denote de la très grande forme des volcans sud-américains (était-il besoin de le rappeler?)

Tableau récapitulatif – C’est écrit trop petit? Cliquez dessus pour agrandir.
Tableau récapitulatif – C’est écrit trop petit? Cliquez dessus pour agrandir.

Accès direct aux textes concernant les volcans de la semaine:

Turrialba
Aira
Bardarbunga
Kilauea
Mayon
Ontakesan
Popocatepetl
Santa Maria
Sinabung
Shiveluch
Zhupanovsky

  • Turrialba, la physionomie du volcan chamboulée
Costa Rica – Altitude 3340 m

L’activité sismique sur le Turrialba a commencé à augmenter dès le mois de septembre, à la mi-octobre des séismes se sont produits en série (source : OVSICORI-UNA – Observatorio Vulcanologico y Sismologico de Costa Rica – Univsersidad Nacional). Le séisme le plus important a eu lieu le 16 octobre (magnitude : 2,8) et se situait à 5 km de profondeur ; sous le cratère actif du Turrialba.

Les émissions de gaz se sont intensifiées les 28 et 29 octobre. Le taux de SO2 était de 2000 tonnes produites chaque jour.

Le matin du 29 octobre, le signal sismique s’intensifie encore un peu plus, il continue d’augmenter l’après-midi puis le soir. Un observateur sur place rapporte que le panache était plus foncé que d’habitude et devait donc être chargé en cendres. A 23h10, une petite éruption phréato-magmatique se produit sur le cratère ouest, elle dure 25 minutes et se termine par une violente explosions, entendues dans les villages avoisinants. Un panache de cendres se forme et se dirige vers le WSW.

Panache au-dessus du Turrialba

Des retombées de cendres sont rapportées à San Gerardo de Irazú, San Ramón de Tres Ríos, Coronado, Moravia, Curridabat, Desamparados, Aserrí, Escazú, Santa Ana, Belén, Guácima de Alajuela, Río Segundo de Alajuela, San Pedro Montes de Oca, Guadalupe, dans le secteur de Heredia, et à San José, la capitale (70 km à l’ouest).

Cette éruption a provoqué la destruction du mur rocheux qui était présent entre le cratère ouest et le cratère central. Cela a entrainé des dépôts tout autour du cratère central ainsi que l’enfouissement partiel de ce dernier.

Selon les journaux, 11 personnes ont été évacuées depuis Santa Cruz de Turrialba vers des centres national et le Parc National du volcan Turrialba a été fermé. Des écoles ont également été fermées temporairement (300 élèves concernés).

L’éruption a continué les 30 et 31 octobre. Le magma n’avait pas rejoint la surface sur le Turrialba depuis 1866.Le 1er novembre, une nouvelle explosion entraine la formation d’un panache de cendres.

Le 3 novembre, un rapport fait état d’une diminution significative de la sismicité, ainsi que l’absence d’explosion durant les 24 heures qui viennent de s’écouler. La sismicité reste cependant à un niveau supérieur à la normale.

  • Aira, panaches sur stratovolcan
Kyushu (Japon) – Altitude 1117 m

Le Tokyo VAAC (Volcanic Ash Advisory Center) rapporte une explosion le 1er novembre sur le cratère Showa (caldera Aira, volcan Sakurajima) et plusieurs le 2, ayant entrainé la formation de panaches de cendres atteignant 2400 à 3000 m d’altitude et se dispersant vers l’est et le SE. Les 3 et 4 novembre, les panaches atteignent 3000 à 3700 m d’attitude et se dirigent vers le sud et l’ouest.

  • Barbarbunga, stable dans sa fureur
Islande – Altitude 2009m

Du 29 octobre au 4 novembre, l’IMO (Icelandic MET Office) maintient l’alerte orange pour l’aviation du fait de l’activité incessante sur la fissure éruptive de Holuhraun. La subsidence de la caldera se poursuit, sa profondeur cumulée était de 42 m le 31 octobre.

Diapositive1

Ce même jour, la surface mesurée du champ de lave est de 65,7 km2 (totalité de surface de lave émise depuis le début de l’éruption).

  •  Kilauea, la coulée s’invite chez les gens…
Iles d’Hawaii (USA) – Altitude 1222m
Etat de l'avancée de la couée dans le village de Pāhoa, le 5 novembre 2014. Image courtesy of HVO/US Geological Survey
Etat de l’avancée de la coulée dans le village de Pāhoa, le 5 novembre 2014.
Image courtesy of HVO/US Geological Survey

 

Le HVO (Hawaiian Volcano Observatory) nous rapporte que, entre le 29 octobre et le 4 novembre, le niveau du lac de lave monte et descend occasionnellement dans le cratère Halema’uma’u (l’un des cratères du Kilauea).

Les dépôts de cendres, petites bombes et cheveux de Pelé (tephras) se poursuivent autour de l’évent. Les petites particules peuvent parcourir plusieurs kilomètres.

Les émissions de gaz restent élevées (source HVO – Hawaiian Volcano Observatory).

La coulée du 27 juin est toujours active sur sa portion NE, en particulier aux abords du cimetière de Pahoa. Elle provoque des feux de forêt ainsi que de bruyants dégagements de méthane. Le 31 octobre, à 16h45, une partie de la coulée pénètre dans une zone résidentielle. L’intérieur de la coulée ne cesse d’être alimenté et donc de gonfler.

Feux de forêt au passage de la coulée.

Le code couleur pour l’aviation reste à orange.

Pour rappel, le cratère Pu’u O’o (zone est du volcan Kilauea) est en activité depuis le 3 janvier 1983. Depuis 31 ans, son activité est sans relâche.

  • Mayon, gonflement sur le flanc NW
Ile de Luçon (Philippine) – Altitude 2462 m

Du 29 octobre au 4 novembre, ce sont des panaches blancs (dépourvus de cendres) qui s’élèvent au-dessus du cratère du Mayon (source : PHIVOLCS – Philippine Insitute of Volcanology and Seismology).

Etonnant volcan et étonnante coulée… Le Mayon est un volcan … étonnant!

Quelques séismes d’origine volcaniques et d’autres dus à des chutes de pierres sont enregistrées du 29 au 31 octobre ainsi que le 4 novembre. La déformation du flanc NW se poursuit depuis le début de l’année (il s’agit d’un gonflement du flanc). Ce gonflement est considéré comme l’expression de la présence d’une poche de magma, d’approximativement 107 m3 et qui s’introduit doucement en profondeur.

Le niveau d’alerte est maintenu à 3 (sur une échelle de 0 à 5).

  • Ontakesan, statu quo
Honshu (Japon) – Altitude 3067m

Entre le 29 octobre et le 4 novembre, la couverture nuageuse rend les observations difficiles sur le volcan Ontake (source : JMA – Japan Meteorological Agency). Seuls des panaches blancs sont observés les 29 et 30 octobre ainsi que le 4 novembre, ils atteignent entre 100 et 300 m de haut et se dispersent vers le NE ou SE.

 

Le bilan de l’éruption du 27 septembre, est toujours de 56 tués et 7 disparus.

Le niveau d’alerte est maintenu à 3 (sur une échelle de 1 à 5).

  • Popocatépetl, explosif
Mexique – Altitude 5426 m

Du 29 octobre au 4 novembre, l’activité sismique sur le Popocatépetl traduit l’émission de vapeur, gaz et de petites quantités de cendres (source : CENAPRED – Centro Nacional de Prevencion de Desastres).

Le réseau sismique a également permis de détecter 9 explosions les 29 et 30 octobre et 2 le 31 octobre. Les panaches de cendres se sont élevés jusqu’à 1200 m et se sont dispersés vers le SW.

Les explosions se succèdent sur le Popocatépetl

Le 1er novembre, les panaches atteignent 1000 m de haut et se dirigent vers l’est, ils se dirigent vers le SW le 3 novembre. Périodiquement, dans la journée du 4 novembre, des tephras incandescents sont éjectés à 600 m de distance vers le nord ou l’est.

  •  Santa Maria, toujours dans le rouge
Guatemala – Altitude 3772 m
Palajunoj, aux pieds du Santa Maria
Palajunoj, aux pieds du Santa Maria

Entre le 1er et le 4 novembre, des panaches de cendres se sont élevés jusqu’à 500 m de haut depuis la zone active (flanc sud du complexe Santiaguito). Le 3 et le 4, des explosions ont lieu. Des retombées sont observées à Monte Claro (S) et dans la région montagneuse du village de Palajunoj (18 km au SSW).

Source : INSIVUMEH  – Instituto Nacional de Sismologia, Vulcanologia, Meteorologia e Hidrologia.

  •  Sinabung, panaches et écoulements pyroclastiques
Indonésie – Altitude 2460 m

Sur la base des observations d’un pilote d’avion, un panache de cendres est localisé le 2 novembre. Cependant, la couverture nuageuse en rend le suivi difficile (source : VAAC de Darwin – Volcanic Ash ).

Le 3 novembre, un écoulement pyroclastique et un panache de cendres se produisent. Le panache atteint 4600 m d’altitude et se disperse vers le NE (cette altitude est estimée, elle n’est pas certaine, toujours à cause de l’importante couverture nuageuse).

Le 4 novembre, la webcam permet de détecter un nouveau panache qui s’élève à 4300 m et se disperse en direction du nord.

  • Shiveluch, dim dam dôme
Kamchatka (Russie) – Altitude 3283m

L’extrusion (= mise en place) du dôme de lave sur le flanc nord du Shiveluch continue et s’accompagne d’explosions, de production de cendres, d’avalanches de débris chaudes et d’une activité fumerolienne (source : KVERT – Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team).

Cette video évoque les Shiveluch et Zhupanovsky… rien que pour le plaisir d’entendre ces noms prononcés en russe…

Une anomalie thermique est détectée sur les images satellites des 27, 29 et 30 octobre. La couverture nuageuse empêche toute observations les autres jours.

De fortes explosions ont lieu des 28 et 30 octobre, provoquant la formation de panaches de cendres allant jusqu’à 11000 m d’altitude le 28 et entre 7000 et 8000 m le 30.

Ces panaches se sont dispersés jusqu’à 500 km en direction du nord-est.

Le code couleur pour l’aviation reste à orange.

  •  Zhupanovsky, complètement à l’arrêt ?
Kamchatka – Altitude 2899 m

Le KVERT (Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team) a présenté ses conclusions cette semaine : l’éruption au Zhupanovsky semble s’être terminée à la mi-octobre.

Le dernier signe d’activité date des 11 et 12 octobre (avec une explosion le 11 et une anomalie thermique le 12). Des volcanologues ont procédé à un survol de la zone le 17 octobre : la cratère actif n’émettait plus que gaz er vapeur.

En conséquence, Le code couleur pour l’aviation civile est abaissé de orange à jaune.

Activité mondiale du 15 au 28 octobre 2014

Braderie d’automne…

Je suis un peu à la bourre, donc aujourd’hui, je vous offre deux semaines d’activité volcanique pour le prix d’une… voici le bilan de l’activité volcanique mondiale et terrestre entre les 15 et 28 octobre.

Et dans la série GLOIRE AU VOLCAN INCONNU, allez donc voir ce qui se passe sur le volcan Cerro Negro de Mayasquer. La forte sismicité dont il est le siège fait crainte l’imminence d’un éruption dans les semaines à venir: le suspens est à son comble!!

tableauFINoct
ableau récapitulatif – C’est écrit trop petit? Cliquez dessus pour agrandir.

 

Accès direct aux textes concernant les volcans de la semaine:

Asosan
Cerro Negro de Mayasquer
Etna
Karangetang Api
Sabancaya
Aira
Bardarbunga
Copahue
Kilauea
Mayon
Ontakesan
Poas
Popocatepetl
Santa Maria
Sinabung
Shishaldin
Shiveluch
Stromboli
Zhupanovsky

  • Asosan, brève eruption
Kyushu (Japon) – Altitude 1592m

 Encore une fois, l’Aso fait partie de ces volcans qui ne sont jamais vraiment à l’arrêt. Le JMA (Japan Meteorological Agency) rapporte qu’une activité sismique (de type trémors) traduit une petite éruption dans le nuit du 22 octobre. Le lendemain, on découvre de la cendre agglutinée sur la webcam situé à proximité du cratère. Lors d’une séance de travail sur le volcan, les volcanologues japonais ont remarqué des retombées de cendres fraiches autour du cratère Nakadake. Tout ceci confirmant évidemment ce que laisser penser les données sismiques.

Le niveau d’alerte est maintenu à 2 (sur une échelle de 1 à 5)

  • Cerro Negro de Mayasquer, une très forte activité sismique
    Frontière Colombie/Equateur – Altitude 4445m

 Le 20 octobre, le Servicio Geologico Colombiano (SGC) enregistre un séisme de magnitude 5,8 au voisinage des volcans Cerro Negro et Chiles et à une profondeur inférieure à 10 km.

Les conséquences immédiates de la série de séismes de cette fin octobre.

Le 21, le SGC élève le niveau d’alerte sur le volcan. En effet, en l’espace de 18 heures, ce sont 4300 séismes qui ont été détectées à des profondeurs comprises entre 3 et 5 km et des magnitudes de 0,2 à 4,5. Les habitants du secteur ont ressenti 11 de ces évènements. Le 22, un rapport note que 7717 séismes ont été enregistrés dans la journée du 21.

 La semaine suivante, la sismicité continue à un rythme soutenu (source : SGC et IGEPN – Instituto Geofísico de la Escuela Politécnica Nacional).

La zone autour des volcans Cerro et Chiles est en alerte orange.

Depuis le 29 septembre, ce sont 81 000 séismes qui ont été détectés, 6300 d’entre eux ont eu lieu le 25 octobre. Les épicentres sont situés entre 2 et 3,5 km au sud de Chiles.

3500 familles ont été évacuées (Chiles, Panam et villages de Mayasquer).

Le niveau d’alerte est orange.

  • Etna, Activité au NSEC
Sicile (Italie) – Altitude 3330m

 Dans l’après-midi du 7 octobre, le nouveau cratère sud-est de l’Etna (ou NSEC : New Southeast Crater) a connu une période d’activité faible et intermittente. Le matériel incandescent est éjecté à quelques dizaines de mètres du cratère. Les cendres fines sont rapidement dispersées par le vent.

  •  Karangetang Api, panaches…
Ile Siau (Indonésie) – Altitude 1784 m

 Le 20 octobre, des panaches de cendres s’échappent du Karangetang, ils atteignent 3000 m d’altitude et se dispersent 75 km vers le NW (analyses d’images satellites par le Darwin Volcanic Ash Advisory Center)

  •  Sabancaya, cendres ou pas cendres ?
Pérou – Altitude 5967 m

 Du 21 au 27 octobre, l’activité sismique est faible et sporadique. Des panaches blancs s’élèvent jusqu’à 1200 m au-dessus du cratère (source : IGP – Instituto Geofisico del Perú). Un pilote d’avion rapporte avoir vu un panache de cendres s’échapper du Sabancaya et se diriger vers l’est. Cependant, le VAAC de Buenos Aires indique qu’aucune émission de cendres n’a été détectée sur les images satellites ce jour-là. La webcam in situ montre des émissions de gaz et de vapeur avec vraisemblablement de la cendre très diffuse. La même chose se reproduit le 25, un pilot rapporte avoir vu des cendres se dirigeant vers l’est mais les images satellites ne les ont, encore une fois, pas détectées.

  • Aira, explosions et panaches
Kyushu (Japon) – Altitude 1117 m

 Du 14 au 17 octobre, 3 explosions sont enregistrées sur le cratère Showa, dans la caldera Aira sur le volcan Sakurajima (source JMA : Japan Meteorological Agency). Ces explosions ont été à l’origine de l’éjection de tephras jusqu’à 1300 m de distance. Les 16, 18 et 21 octobre, le VAAC (Volcanic Ash Advisory Center) de Tokyo rapporte la présence de panaches de cendres s’élevant de 1800 à 3000 m d’altitude.

Deux explosions ont également lieu entre le 20 et le 24 octobre sur le cratère Showa. Celle du 24 a entrainé la formation d’un panache entre 3000 et 4600m de haut et si dirigeant vers l’est. La hauteur des panaches émis baisse à 2700m les 25-26 puis 2400 le 28.

 Le niveau d’alerte est maintenu à 3 (sur une échelle de 1 à 5)

  •  Barbarbunga, aucun répit depuis plus de deux mois
Islande – Altitude 2009m

Du 15 au 28 octobre, l’IMO (Icelandic MET Office) maintient l’alerte orange pour l’aviation du fait de l’activité incessante sur la fissure éruptive de Holuhraun. La subsidence de la caldera continue à un rythme de 30 à 40 cm par jour, ce qui n’est pas négligeable. La subsidence se concentre désormais dans le NE de la caldera et le volume totale de celle-ci, en date du 15 octobre, était estimé à 0,75 km3.

Le 18 octobre, un séisme de magnitude 5,4 est détecté au nord du Bardarbunga. C’est l’un des plus important enregistré depuis le début de l’éruption.

La production de lave sur la fissure éruptive de Holuhraun continue à un taux inchangé. Le 27 octobre, la surface recouverte par la lave depuis le début de l’éruption est de 64,6 km2.

Dans la semaine du 22 au 28, l’activité se concentre sur l’évent principal, appelé cratère Baugur. Celui-ci atteignait 80 m de haut le 24 octobre.

Le cratere Baugur, ici en septembre de cette année.

La subsidence au niveau de la caldera se poursuit également dans la semaine du 22 au 28. Un survol de la zone effectué le 24 permet de la mesurer : elle a atteint 40 m ! Le 27, des mesures géothermales montrent que la température des eaux souterraines a augmenté.

En un mot, durant les deux semaines qui viennent de s’écouler, l’activité sur le Bardarbunga est persistante et ne connaît pas de répit.

  •  Copahue, explosions en série.
Frontière Chili/Argentine – Altitude 2953 m

 Le 15 octobre, 4 explosions sont enregistrées et des panaches de cendres gris s’élèvent jusqu’à 300 m au-dessus du cratère El Agrio (source : SERNAGEOMIN – Servicio Nacional de Geologia y Mineria). Le 17, les panaches sont blancs (donc quasiment dépourvus de cendres) et atteignent 100 m de haut. Le 18, l’activité sismique est faible.

Le 19 marque un regain d’activité avec 6 explosions et la production de panaches de cendres atteignant, cette fois-là encore, 300 m de haut. Le 20 octobre, le Copahue est secoué par une série de 12 explosions.

Le 24, le SERNAGEOMIN rapporte une tendance à la baisse de la sismicité avec également des émissions de tephras beaucoup plus sporadiques et diffuses et concernant seulement quelques panaches.

Un petit lac de boue s’est formé dans le cratère.

 Le SERNAGEOMIN baisse le niveau d’alerte à jaune et recommande de ne pas pénétrer dans la zone située dans un rayon de 3 km autour du cratère.

  •  Kilauea, la commune de Pahoa touchée par la coulée du 27/06
Iles d’Hawaii (USA) – Altitude 1222m

 Le HVO (Hawaiian Volcano Observatory) nous rapporte que, entre le 15 et le 21 octobre, le niveau du lac de lave monte et descend occasionnellement dans le cratère Halema’uma’u (l’un des cratères du Kilauea). Les dépôts de cendres, petites bombes et cheveux de Pelé (tephras) se poursuivent autour de l’évent. Les petites particules peuvent parcourir plusieurs kilomètres.

Les émissions de gaz restent élevées (source HVO – Hawaiian Volcano Observatory).

La coulée du 27 juin, issue du cratère Pu’u O’o poursuit sa progression. Le 22, un écoulement étroit (moins de 50 m de large) se détache de la coulée principal et s’engage dans une ravine. Sa vitesse est variable mais peut parfois atteindre 300 m par jour (ce qui est beaucoup).

Aux environs de 3h50 le 25 octobre, la coulée du 27 juin traverse la rue Apa’a (ville de Pāhoa, disctrict de Puna) puis continue sa progression en direction de la ville de Pahoa. Durant la matinée du 25, la coulée s’est avancée en direction du cimetière puis a tourné vers le SE. Le 27, la coulée est à environ 570 m de la rue principale de Pahoa. Le 28, vers 2h00, elle pénètre, pour la première fois depuis le début de son parcourt, dans une propreté privée. A 17h30, elle n’est plus qu’à 310 m de la rue principale et 900 m (en ligne droite) de l’autoroute n°130.

Hawaï: la coulée traverse la rue Apa’a (commune de Pahoa) Image courtesy of HVO/US Geological Survey
Hawaï: la coulée traverse la rue Apa’a (commune de Pahoa)
Image courtesy of HVO/US Geological Survey

Pahoa compte entre 800 et 900 habitants. L’école et plusieurs routes ont été fermées. Des travaux sont en cours pour réaliser des routes temporaires ainsi que des barrages pour essayer de détourner la coulée de l’autoroute 130.

Le code couleur pour l’aviation reste à orange.

Pour rappel, le cratère Pu’u O’o (zone est du volcan Kilauea) est en activité depuis le 3 janvier 1983. Depuis 31 ans, son activité est sans relâche.

  • Mayon, l’activité continue mais plus clamement
Ile de Luçon (Philippine) – Altitude 2462 m

 Du 14 au 28 octobre, ce sont des panaches blancs (dépourvus de cendres) qui s’élèvent au-dessus du cratère du Mayon (source : PHIVOLCS – Philippine Insitute of Volcanology and Seismology). Des chutes de blocs ont lieu le 14, du 23 au 25 et le 28 et sont détectées par leur signature sismique. Entre le 18 et le 21 des séismes d’origine volcanique sont enregistrés. Une nouvelle coulée est repérée lors d’un survol de la zone, elle mesure environ 400 m de long le 20 octobre.

Le niveau d’alerte est maintenu à 3 (sur une échelle de 0 à 5)

  • Ontakesan, l’hiver interrompt les recherches
Honshu (Japon) – Altitude 3067m

 Entre le 15 et le 28 octobre, la couverture nuageuse rend les observations difficiles sur le volcan Ontake (source : JMA – Japan Meteorological Agency). Seuls des panaches blancs sont observés entre les 16 et 19 octobre, ils atteignent au maximum 600 m de haut et se dispersent vers le NE ou SE.

Entre le 22 et le 28 octobre, la couverture nuageuse empêche souvent toute observation mais lorsque celles-ci sont possibles, on ne voit toujours que quelques panaches blancs s’élevant entre 100 et 300 m au-dessus du cratère. La sismicité est faible.

Les recherches des 7 personnes toujours portées disparues ont été interrompues en raison des conditions hivernales qui s’installent dans la région. Elles reprendront au printemps.

Le bilan de l’éruption du 27 septembre, est donc toujours de 56 tués et 7 disparus.

Malgré ces signes d’une relative accalmie, le niveau d’alerte est maintenu à 3 (sur une échelle de 1 à 5).

  •  Poás, une éruption phréatique
Costa Rica – Altitude 2708 m

 L’ l’OVSICORI-UNA (Observatorio Vulcanologico y Sismologico de Costa Rica – Univsersidad Nacional) rapporte qu’une éruption phréatique (voir DICO) a été enregistrée sur le Poás le 13 octobre à 8h58. Elle a duré une minute et demie et des matériaux issus de cette éruption ont été éjectés jusqu’à 250 m en dessous du lac de cratère. Des retombées de cendres ont également été observées.

  • Popocatépetl
Mexique – Altitude 5426 m

 Le 14 octobre, lors d’un survol du cratère du Popocatépetl, les volcanologues ont pu constater que le cratère formé en juillet 2013 s’était agrandi de 350 m (source : CENAPRED – Centro Nacional de Prevencion de Desastres). Le sommet de ce nouveau cratère se situe 100 m en dessous du cratère principal. Le dôme mis en place à partir d’août de cette année n’était pas visible à ce moment-là. L’activité se manifeste cette semaine par l’émission de vapeur, de gaz et occasionnellement de petites quantités de cendres.

Deux explosions de faible intensité sont détectées les 17 et 19 octobre.

Du 22 au 28 octobre, les émissions de vapeur, gaz et de petites quantités de cendres se poursuivent. Une petite explosion a lieu le 25 et provoque l’éjection de tephras jusqu’a 100 m sur le flanc sud du volcan et la formation d’un panache de vapeur et de gaz s’élevant à 1500 m au-dessus du cratère et se dispersant vers le SW. Des retombées de cendres sont rapportées à Tetela del Volcán (20 km au SW).

Le 26, une nouvelle explosion a lieu, les tephras parcourent 200 m sur le flanc nord et le panache (toujours peu chargé en cendres) atteint 1100 m et se disperse au NW

  •  Santa Maria,
Guatemala – Altitude 3772 m

 Les 22 et 23 octobre, des avalanches se produisent au front de la coulée active située sur le flanc sud du volcan (les front de coulée sont toujours assez instable et il est fréquent que des « éboulis » s’y produisent). La partie la plus active de la coulée se dirige vers le sud. Des explosions phréatiques (rencontre de magma et d’eau) ont lieu dans le milieu et les parties basses de la coulée (source : INSIVUMEH  – Instituto Nacional de Sismologia, Vulcanologia, Meteorologia e Hidrologia).

Le 24, un lahar descend sur le flanc SW du volcan, charriant des blocs de 1 à 2 m de diamètre.

Les 25 et 26, un épais nuage blanc s’élève à 500 m au-dessus du cratère puis se disperse vers le SW.

  •  Sinabung, éruptions casi-quotidiennes
Indonésie – Altitude 2460 m

 Du 15 au 20 octobre, on peut observer quotidiennement de petites éruptions sur le Sinabung. Ces éruptions entraînent la formation de panaches de cendres allant jusqu’à une altitude de 4300 m et se dirigeant 55 km au NW du 15 au 17 octobre puis vers le ESE le 19.

Du 23 au 24 octobre, les panaches de cendres se dispersent de 15 à 40 km vers le nord et le SW. Une petite éruption est observée le 25 et produit une petite quantité de cendres avec un panache se dispersant 30 km WNW.(source : VAAC de Darwin – Volcanic Ash Advisory Center). D’autres éruptions génèrent des panaches les 26 et 27. Le 27, le PVMBG note que le panache a atteint 5500 m d’altitude avant de se dissiper.

Enfin, le BNPB note que l’activité est importante le 27 et que le 26 des écoulements pyroclastiques ont dévalé le flanc sud sur 3,5 km.

3284 personnes (soit 1018 familles) ont été évacuées et vivent toujours dans des campements.

  • Shishaldin
Fox Islands (USA) – altitude 2857 m

 La sismicité indique qu’une éruption de faible intensité se poursuit au Shishaldin (source : AVO – Alaska Volcano Observatory). Une anomalie thermique est régulièrement détectée par satellite (dès que la couverture nuageuse se délite et que les observations sont possibles). L’activité sismique traduit, quant à elle, des explosions, occasionnelles et de faible ampleur.

Toutefois, l’activité sismique marque une augmentation le augmente le 25, laquelle s’accompagne de l’élévation des températures de surfaces au sommet (mesurée sur les images satellites). Le 26, un dépôt de tephras était visible au sommet (sur la webcam) et à quelques centaines de mètres de celui-ci, traduisant un évènement de relativement haute énergie .

Le code couleur pour l’aviation reste à orange.

  • Shiveluch
Kamchatka (Russie) – Altitude 3283m

L’extrusion (= mise en place) du dôme de lave sur le flanc nord du Shiveluch continue et s’accompagne d’explosions, de production de cendres, d’avalanches de débris chaudes et d’une activité fumerolienne (source : KVERT – Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team). Une anomalie thermique est détectée par satellite au niveau du dôme Les 10, 11, 15 , 17, 20 et 22 octobre. Les nuages masquent le volcan les autres jours.

 Le code couleur pour l’aviation reste à orange.

  • Stromboli, tellement « strombolien »
Iles éoliennes (Italie) – Altitude 924 m

Durant les deux mois qui viennent de s’écouler, l’activité sur le Stromboli s’est poursuivie depuis un évent situé à 650 m d’altitude (source : INGV – ). Les coulées s’étendent jusqu’à la partie basse de la Sciara del Fuoco. Durant les semaines qui viennent de s’écouler, on a également pu observer de sporadiques émissions de cendres depuis les évents situés à proximité du sommet.

  • Zhupanovsky,
Kamchatka – Altitude 2899 m

L’éruption explosive du Zhupanovsky se poursuit du 10 au 24 octobre (source : KVERT : Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team). Les données satellite ont permis de détecter une anomalie thermique et des panaches de cendres. L’un de ces panaches a atteint 9000 m d’altitude le 11 octobre et s’est dispersé jusqu’à 411 km au NE les 11 et 12. La couverture nuageuse rend les observations impossibles les autres jours.

Le code couleur pour l’aviation civile reste à orange.