Archives du mot-clé Piton de la Fournaise

Activité mondiale du 3 au 9 décembre 2014

Le Bardarbunga, une éruption majeure

 

Cette semaine, j’ouvre mon introduction sur le volcan qui fut, à la fin de l’été, entre les articles sur les méduses et ceux sur le prix des fournitures scolaires, la coqueluche des journalistes.

Le Bardarbunga…

Si dans la presse traditionnelle, on ne le voit plus guère, il n’a cessé d’habiter le Volcablog. Et cette semaine, il a la place d’honneur. Pourquoi? D’une part, parce que, le 9 décembre, le Bardarbunga a passé les 100 jours consécutifs d’activité; d’autre part, parce qu’un travail de synthèse, effectué par la Proctection Civile islandaise montre que le Bardarbunga entre dans le domaine des éruptions effusives majeures de l’histoire en Islande et donc dans l’histoire de la volcanologie (vous pourrez lire les details ci-dessous).

Allez également faire un tour du coté du Fogo. Une accélération dans la progression de la coulée a malheureusement conduit à la destruction de deux villages situés dans la caldera de Cha.

christmasvolcano

Enfin, je reparle de quelques volcans du bout du monde où l’activité continue mais dont les nouvelles nous arrivent de façon sporadiques. Nous avons par exemple l’Ambrym : le VGO nous fait part de ces travaux pour les mois de novembre et début décembre.

Pour finir cette longue introduction, je tiens à préciser que rien ne se passe de nouveau au Piton de la fournaise. Et ben donc, je n’en parlerai pas davantage!

Bonne lecture à vous tous.

Tableau récapitulatif – C’est écrit trop petit? Cliquez dessus pour agrandir.
Tableau récapitulatif – C’est écrit trop petit? Cliquez dessus pour agrandir.

 

Accès direct aux textes concernant les volcans de la semaine:

Ambrym
Mayon
Ontakesan
Popocatepetl
Reventador
Turrialba

Aira
Asosan
Bardarbunga
Fogo
Kilauea
Sinabung
Shishaldin
Shiveluch
Zhupanovsky

  • Ambrym, en baisse
Vanuatu – Altitude 1334 m

 

 Le 8 décembre, l’observatoire des risques géologiques du Vanuatu (Vanuatu Geohazards Observatory ou VGO) fait le point sur les observations et analyses, menées au cours du mois de novembre et tout début décembre, concernant le volcan Ambrym. Il conclut que le niveau d’activité a légèrement baissé. Du coup, le niveau d’alerte a été abaissé à 1 (sur une échelle de 0 à 4).

Le VGO souligne tout de même que les zones à proximité des bouches éruptives (Benbow, Maben-Mbwelesu, Niri-Mbwelesu, and Mbwelesu) restent dangereuses.

  •  Mayon, une pause toute relative
Ile de Luçon (Philippine) – Altitude 2462 m

 

 Le Mayon est toujours dans un état d’activité latent. En effet, du 3 au 8 décembre, ce sont des panaches blancs (dépourvus de cendres) qui s’élèvent occasionnellement au-dessus du cratère du Mayon (source : PHIVOLCS – Philippine Insitute of Volcanology and Seismology). Ils se dispersent au WSW, SSW et NW.

Au moins 3 tremblements de terre d’origine volcanique sont enregistrés chaque jour.

Les mesures d’évacuation sont maintenues et le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 0 à 5).

  • Ontakesan, statu quo
Honshu (Japon) – Altitude 3067m

Depuis sa violente éruption du 27 septembre, le Mont Ontake connaît un net retour au calme. Les observations sur le Mont Ontake sont toujours difficiles à cause de la fréquente couverture nuageuse. Le 7 décembre, on peut néanmoins apercevoir des panaches blancs (dépourvus de cendres) qui s’élèvent 100 m au-dessus du cratère (source : JMA – Japan Meteorological Agency).

Le bilan de l’éruption brutale du 27 septembre, est toujours de 56 tués et 7 disparus.

Le niveau d’alerte est maintenu à 3 (sur une échelle de 1 à 5).

  • Popocatépetl, il explose
Mexique – Altitude 5426 m

 Entre le 3 et le 9 décembre, les données sismiques permettent de mettre en évidence une activité marquée par l’émission continue de vapeur et autres gaz, avec, occasionnellement, de petites quantités de cendres (source : CENAPRED – Centro Nacional de Prevencion de Desastres).

PacifiqueEst

Le 3 décembre, un panache de cendres s’élève à 800 m au-dessus du cratère et se dirige vers le WSW. Une explosion ce produit ce jour-là à 21h54. D’autres explosions ont lieu, avec la production de panaches dont les hauteurs sont comprises entre 600 et 800m.

Le lendemain, deux panaches sont observés et atteignent des hauteurs de 400 à 600 m, il se disperse vers le SW.

Le 6, deux explosions ont lieu à 5h44 et 6h08, elles entrainent la formation de panaches contenant peu de cendres et s’élevant à 800m de haut. Ce même jour, un petit éboulement est enregistré par une webcam, il a lieu sur le flanc nord.

Une explosion a lieu à 4h31 le 8 décembre, elle provoque l’éjection de tephras incandescents et la formation d’un panache de cendres qui s’élève à 3000 m au-dessus du cratère.

De petites retombées de cendres ont lieu à Tetela del Volcán (20 km au SW).

Deux explosions ont encore lieu le 9 à 9h17 et 9h33.

  •  Reventador, panaches, panaches…
Equateur – altitude 3562 m

 Entre les 3 et 9 décembre, l’IG (Instituto Geofisico) fait état d’une activité sismique modérée sur le Reventador. Le 3 décembre, on peut observer des émissions de vapeur. Le 4, les panaches contiennent un petit peu de cendres, il s’élèvent à 200 m au-dessus du cratère et se dispersent vers le sud. Le 5 décembre, une webcam permet d’observer les émissions de gaz et de vapeur ainsi qu’une coulée de lave sur le flanc est.

Les panaches de vapeur atteignent jusqu’à 700 m de haut le 7 décembre, ils se dispersent vers le NW, le 9, c’est vers le SW qu’ils se dirigent.

  •  Turrialba, coup de gueule
Costa Rica – Altitude 3340 m

 

 Le 8 décembre, une forte explosion « strombolienne » secoue le Turrialba. Elle dure environ 10 minutes. Il est à noter qu’aucun signe précurseur ne l’a précédée. Environ 1 cm de cendres se dépose jusqu’à 300m du cratère et en direction de l’ouest (source : OVSICORI-UNA – Observatorio Vulcanologico y Sismologico de Costa Rica – Univsersidad Nacional).

  •  Aira, explosions sur stratovolcan
Kyushu (Japon) – Altitude 1117 m

 Entre les 5 et 8 décembre, le VAAC de Tokyo (Volcanic Ash Advisory Center) rapporte que 3 explosions se sont produites sur le cratère Showa dans la caldera Aira (stratovolcan Sakurajima). Les tephras sont éjectés jusqu’à 1800 m du cratère. Les panaches atteignent des altitudes comprises entre 1800 et 3000 m et se dispersent vers le SE et l’est.

 Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 5).

  •  Asosan, activité en cours
Ile Kyushu (Japon) – Altitude 1592 m

 Sur la preuve de données sismiques et de mesures d’infrasons, le JMA (Japan Meteorological Agency) rapporte que l’éruption qui a débuté le 25 novembre sur le cratère Nakadake se poursuit entre les 1er et 8 décembre. Le mauvais temps masque fréquemment le volcan, empêchant les observations directes. Le 2 décembre, de petites retombées de cendres sont observées à Sensui Gorges, 2 km au NE du cratère Nakadake.

 Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 5).

  •  Barbarbunga, les 100 jours
Islande – Altitude 2009m

 Du 3 au 9 décembre, l’IMO (Icelandic MET Office) maintient l’alerte orange pour l’aviation du fait de l’activité incessante sur la fissure éruptive de Holuhraun.

Le 9 décembre, cela a fait 100 jours exactement que le Bardarbunga est entré en éruption. Voilà l’occasion de faire un petit bilan.

Le Conseil Scientifique de la Protection Civile Islandaise a compilé les données depuis le début de l’éruption (soit du 31 août au 3 décembre) : il se dégage de cette analyse une diminution du taux de subsidence sur la caldera : de 80 cm par jour au début, on est passé à 25 cm par jour actuellement. La subsidence est concentrée au centre de la caldera. Cette analyse montre également une diminution de l’intensité de l’activité éruptive sur la zone de Holuhraun. La zone recouverte par la lave atteint une surface de 76 km2 (mesure du 9 décembre). Cela en fait le plus grand champ de lave observé en Islande depuis l’éruption du Laki (1783-1784) ce qui n’est pas la moindre des références. Il est également important de noter que la sismicité reste élevée.

Le Bardarbunga, une éruption effusive majeure Vu depuis le NNW, début décembre 2014 Image courtesy of Icelandic MET Office - Photographe: Martin Hensch
Le Bardarbunga, une éruption effusive majeure
Vu depuis le NNW, début décembre 2014
Image courtesy of Icelandic MET Office – Photographe: Martin Hensch

 

Enfin, les émissions de gaz ont eu un impact dans toute l’Islande pour la première fois en 150 ans. La pollution de l’air liée à l’éruption provoque des mises en garde quotidiennes pour les populations locales.

Progression de la coulée entre le 29/08/14 et le 14/11/14. image courtesy of Icelandic MET Office
Progression de la coulée entre le 29/08/14 et le 14/11/14. image courtesy of Icelandic MET Office.

En d’autres termes, l’éruption du Bardarbunga est une éruption majeure en Islande durant toute la période historique. Je suis désolée de devoir déboulonner un mythe médiatique, mais à côté du Bardarbunga, l’éruption de l’Eyjafjallajökull fut somme toute bien fade…

  •  Fogo, deux villages quasiment rayés de la carte.
Cap Vert – altitude 2829 m

 L’éruption continue sur la zone du Pico de Fogo, dans la caldera de Cha.

L’éruption s’est intensifiée le 6 décembre : la coulée émise par le Pico de Fogo a atteint une vitesse de progression jusqu’à 30 mètres par heure !

Dans l’après-midi de ce même jour, 20 maisons se situant dans la partie nord du village de Portela ont été détruites. Les autorités ont prononcé une évacuation complète de la zone. Une nouvelle route a été coupée par la coulée et plus tard, toujours dans la journée du 6, cette dernière a rejoint le village de Bangaeira. En peu de temps, plus de la moitié de ce village a été recouvert par la lave, très fluide. Le soir, il ne restait que quelques maisons intactes.

Diapositive1

De plus, les émissions de cendres ont conduit à annuler les vols sur l’île.

Le 8 décembre, environ 90% du village de Bangaeira et 95 % du village de Portela ont été détruits par la coulée. 1500 personnes ont été évacuées, 848 de ces personnes doivent loger dans des abris d’urgence.

Apres avoir traversé ces deux villages le front de coulée mesurait 300 m de large. Le 9 la coulée a connu un ralentissement.

  • Kilauea, place du marché, y’a une coulée
Iles d’Hawaii (USA) – Altitude 1222m

 Le HVO (Hawaiian Volcano Observatory) nous rapporte que, entre le 3 et le 9 décembre, le niveau du lac de lave monte et descend occasionnellement dans le cratère Halema’uma’u (l’un des cratères du Kilauea).

Les dépôts de cendres, petites bombes et cheveux de Pelé (tephras) se poursuivent autour de l’évent. Les petites particules peuvent parcourir plusieurs kilomètres.

Les émissions de gaz restent élevées (source HVO – Hawaiian Volcano Observatory).

 La coulée du 27 juin est toujours active. Toutefois sa progression connaît un affaiblissement. Un lobe étroit se détache sur la bordure ouest de la coulée principale et avance à une vitesse de plusieurs centaines de mètres par jour. Le 9 décembre, le front de coulée est mesurée à 3,5 km de l’intersection entre la rue principale de Pahoa et l’autoroute n° 130, à proximité de la place du marché de Pahoa.

Carte de la coulée du 27 juin actualisée le 9/12/14: la partie active est en rouge (à gauche donc). Image courtesy of HVO/US Geological Survey.
Carte de la coulée du 27 juin actualisée le 9/12/14: la partie active est en rouge (à gauche donc). Image courtesy of HVO/US Geological Survey.

 

Pour rappel, le cratère Pu’u O’o (zone est du volcan Kilauea) est en activité depuis le 3 janvier 1983. Depuis 31 ans, son activité est sans relâche.

  • Sinabung, panaches à répétition
Indonésie – Altitude 2460 m

 A partir des webcams sur le site et de modèles météo, le VAAC de Darwin (Volcanic Ash Advisory Center) note qu’un panache de cendres, produit le 3 décembre, s’est élevé à une altitude de 3000 m et s’est dispersé vers l’est. Les éruptions du 5 au 7 décembre ont également produit des panaches de cendres qui ont parcouru entre 2 et 20 km dans de multiples directions. Le 9, un panache s’est élevé jusqu’à 4300 m d’altitude et s’est ensuite dirigé vers l’ouest.

  • Shishaldin, Christmas volcano 2014
Fox Islands (USA) – Altitude 2857 m

 L’AVO (Alaska Volcano Observatory ) rapporte que la sismicité est toujours élevée sur le Shishaldin. Lorsque le temps le permet, les images satellites mettent en évidence une anomalie thermique (c’est chaud).

Le 9, les webcam montre de faibles émissions de vapeur. Il est probable que la production d’une petite quantité de lave se poursuive à l’intérieur du cratère du volcan.

Le code couleur pour l’aviation reste à orange.

Et accessoirement, le Shishaldin est Chritsmas volcano 2014…

christmasvolcano

  • Shiveluch, c’est toujours pareil
Kamchatka (Russie) – Altitude 3283m

 Du 27 novembre au 4 décembre, l’extrusion (= mise en place) du dôme de lave sur le flanc nord du Shiveluch continue et s’accompagne d’avalanches de débris chaudes et d’une activité fumerolienne (source : KVERT – Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team).

Une anomalie thermique est détectée sur le dôme via les images satellites les 28 et 29 novembre ainsi que le 2 décembre. La couverture nuageuse empêche toute observation les autres jours.

Le code couleur pour l’aviation reste à orange.

  •  Zhupanovsky, toujours très actif
Kamchatka – Altitude 2899 m

 Les explosions avec production de cendres se poursuivent sur le Zhupanovsky entre le 25 novembre et le 1er décembre (source : KVERT – Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team). Les panaches de cendres atteignent une altitude de 6000 m et parcourent jusqu’à 422 km en direction de l’est et du SE.

Une anomalie thermique (c’est chaud) est détectée sur les images satellites les 28 et 29 novembre. Les autres jours, soit le volcan est calme, soit il est caché sous l’épaisse couverture nuageuse.

Le code couleur pour l’aviation civile est maintenu à orange.

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Activité mondiale du 26 novembre au 2 décembre 2014

Trop de bonheur…

Cette semaine je suis en joie avec un florilège de volcans aux noms impossibles, connus de personnes ou presque et perdus dans les terres australes ou sur des îles dont personne ne sait très bien comment elles fonctionnent ni à quelle nationalité elles appartiennent.

La palme d’or revient tout de même au Moyorodake-Medvezh’Ya-Moyoroyama- Medvezhia (enfin qui est fait le Kudriavy…), je vous conseille vivement la lecture du paragraphe qui lui est consacré.

A part ça, les inconditionnels de stars volcaniques trouveront un petit topo sur le Piton de la Fournaise.

Tableau récapitulatif – C’est écrit trop petit? Cliquez dessus pour agrandir.
Tableau récapitulatif – C’est écrit trop petit? Cliquez dessus pour agrandir.

 

Accès direct aux textes concernant les volcans de la semaine:

Chirinkotan
Heard
Moyorodake
Piton de la Fournaise

Aira
Asosan
Bardarbunga
Copahue
Fogo
Fuego
Kilauea
Shishaldin
Shiveluch
Zhupanovsky

  • Chirinkotan, suspect
Iles Kouriles (Russie) – Altitude 724 m

 Le SVERT (Sakhalin Volcanic Eruption Response Team) rapporte que, depuis le 21 novembre, une anomalie thermique (c’est chaud) et une augmentation des émissions de gaz ont été détectées sur les images satellites du Chirinkotan. Le 27 novembre, le panache de gaz a parcouru 40 km en direction du SE.

Le code couleur pour l’aviation est élevé à jaune.

  •  Heard, mais où est-il ??
Plateau des Kerguelen, territoire australien – Altitude 2745 m

 Ce petit bout d’île perdu dans les terres australes fait partie de ceux dont on n’entend quasiment jamais parler et dont il n’est pas évident de savoir où ils se trouvent.

Donc, voilà, c’est là :

C’est peu dire que les informations provenant de cette partie des terres australes sont rares. C’est donc un honneur d’en avoir quelques bribes de nouvelles.

D’après les données s’un satellite appartenant à la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration), il y aurait une anomalie thermique (c’est chaud) sur le flanc est du volcan de l’île Heard. Il s’agit d’images faites entre le 2 et le 30 novembre. La couverture nuageuse rend les prises de vues impossibles les 1er et 2 décembre. Ces anomalies thermiques sont confirmées par des images MODIS (Moderate Resolution Imaging Spectroradiometer : en gros ce sont des appareils photos qui photographie la chaleur). Ces anomalies serrant dues à la persistance d’un lac de lave sur le volcan et également de probables coulées de lave.

  •  Moyorodake, à moins que ce ne soit le Medvezh’Ya ?
Ile Etorofu – Altitude 1124 m

 Le statut de l’île Etorofu n’est pas un long fleuve tranquille. Elle est à la fois revendiquée par les russes et les japonais. Raison pour laquelle la plupart des lieux ont deux noms : russe et japonais. Il faut donc maitriser ces deux langues… pas simple.

Alors voilà : le mont Moyorodake est aussi le Medvezh’Ya et l’île Etorofu n’est autre que l’île Iturup. Sahcant que l’on trouve diverses orthographes de ces noms dans notre modeste alphabet latin (Itouroup, Medvezhia, Moyoro-yama …), on est carrément mal barrés.

Enfin, bref, ce volcan, il est là :

Le 27 novembre, le SVERT (Sakhalin Volcanic Eruption Response Team) rapporte que, durant les 10 jours qui viennent de s’écouler une anomalie thermique et un renforcement des dégagements de gaz ont été détectés sur le ? Moyorodake ? Ah ah ben non, sur le Kudriavy, (ah ah ah), un édifice qui appartient au grand complexe volcanique de Moroyodake.

La taille et l’intensité de l’anomalie thermique ont considérablement augmenté le 27 novembre.

Des émissions de gaz sont encore observées le 29 novembre.

Le code couleur pour l’aviation est élevé à jaune.

  •  Piton de la Fournaise, favoritisme honteux !
Ile de La Réunion (France) – Altitude 2632 m

 Et oui, parler du Piton de la Fournaise dans cette rub, cette semaine, relève d’un favoritisme honteux. En effet, rien de folichon sous le soleil de l’océan indien. Mais le volcanologue est faible, il cède facilement aux tentations… donc je cède et j’en parle quand même.

Entre le 1er novembre et le 1er décembre, la vigilance avait déjà été prononcée, en effet, une augmentation de l’activité géophysique était rapportée par l’OVPF (Observatoire Volcanologique du Piton de la Fournaise) avec 113 séismes volcano-tectnoiques enregistrés durant cette période, des déformations (constantes depuis septembre 2014) et un changement dans les émissions de gaz. Cependant, la vigilance avait été levée lundi dernier.

Or, le jeudi 4 décembre, à 10h, l’état de vigilance est de nouveau prononcé en raison d’une reprise de l’activité sismique et des déformations.

Affaire à suivre, quand même: vous pouvez consulter ce lien.

  •  Aira, volcan vache-qui-rit
Kyushu (Japon) – Altitude 1117 m

 Ah, là on tient un candidat fidèle, un vrai.

Le JMA (Japan Meteorological Agency) indique que, entre les 25 et 28 novembre, des explosions de petite ampleur se déroulent sur le cratère Showa, dans la caldeira Aira sur le volcan Sakurajima.

De plus, le VAAC (Volcanic Ash Advisory Center) de Tokyo rapporte que, entre les 27 et 30 novembre, les panaches consécutifs aux explosions sur le cratère Showa, ont atteint des altitudes comprises entre 1500 et 4900 m. Ils se sont dispersés dans des direction NE, E ou SE.

Une éruption a lieu le 2 décembre, elle entraine la formation d’un panache de atteignant 1500 m d’altitude et se dispersant vers le SE.

Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 5).

  •  Asosan des cendres sur Miyazaki
Ile Kyushu (Japon) – Altitude 1592 m

 Le JMA rapporte que le 25 novembre, une éruption a lieu après une augmentation de l’activité sismique quelques heures auparavant. Des panaches de cendres s’élèvent alors, atteignant jusqu’à 1000 m de haut. Ils sont a l’origine de retombées de cendres à l’est,  à Hanoi Aso (région de Kumamoto ), Taketa (30 km au NE, région d’Oita ), Gokase (25 km au WSW, région de Miyazaki ) et à  Minamiaso (10 km au SW, région de Kumamoto ). Ce même jour du 25, des tephras sont éjectés depuis le cratère jusqu’à une distance de 100 m.

Aso et autour

L’activité sismique reste élevée et l’éruption fort jusqu’au 27 novembre. Les panaches de cendres montent alors jusqu’à 1500 m de haut.

Une campagne de terrain sur le secteur sud du cratère Nakadake permet d’observer une activité de type strombolien (terme que je ne cautionne pas mais bon) avec un dépôt de cendres épais de 7 cm et l’émission de scories allant jusqu’à la taille d’un poing.

Les retombées de cendres atteignent alors une large portion ouest: principalement à  Kumamoto (38 km au WSW). Les vols en direction et au départ de Kumamoto sont annulés ou déroutés.

Le 28, les panaches de cendres atteignent toujours 1500 m de haut. Il en va ainsi jusqu’au 30 novembre. Les 1er et 2 décembre, le mauvais temps rend les observations impossibles mais des indices laissent supposer que l’éruption continue.

Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 5).

  •  Barbarbunga, la caldera s’est affaissée de 50m !
Islande – Altitude 2009m

Du 26 novembre au 2 décembre, l’IMO (Icelandic MET Office) maintient l’alerte orange pour l’aviation du fait de l’activité incessante sur la fissure éruptive de Holuhraun.

L’activité se fait toujours par impulsions, comme je l’ai déjà évoqué la semaine dernière (voir l’article) : toutes les 5 à 10 minutes, de la lave est expulsée depuis l’évent et ce pendant une durée de 2 à 3 minutes. Le 1er décembre, la surface totale recouverte par la lave est estimée à 75 km2.

La subsidence de la caldera se poursuit. Une mesure effectuée lors d’un survol de la zone le 26 novembre montre qu’elle atteint désormais 50 m (la caldera a perdu 50 m en hauteur !) pour un volume correspondant estimé de 1,4 km3. Toutefois, la vitesse à laquelle la subsidence se fait a diminué dans la partie centrale de la caldera comparativement aux premiers mois de l’activité.

La sismicité est toujours importante.

  •  Copahue ? Régulier…
Frontière Chili/Argentine – Altitude 2953 m

 Des émissions de gaz et vapeur, avec peut être une petite quantité de cendres s’échappent du Copahue le 26 novembre (source : Buenos Aires VAAC – Volcanic Ash Advisory Center). Le panache atteint des altitudes comprises entre 3400 et 3700 m et se disperse jusqu’à 65 km en direction de l’est. Le 30 novembre, la présence d’un panache diffus mais continuellement présent est confirmée par un pilote. Ce même panache persistant est détecté sur des images satellites les 1er et 2 décembre. Il s’accompagne de l’émission de cendres.

  •  Fogo, des maisons détruites, la zone de la caldera évacuée
Cap Vert – altitude 2829 m

 L’éruption se poursuit sur le Fogo (dans la caldera de Cha) entre les 26 novembre et 2 décembre. Dans la matinée du 30, l’éruption s’intensifie et la lave progresse à une vitesse de 20 m par jour. La seule route qu’il était encore possible d’emprunter entre le Parc National et Portela (la principale ville située dans la caldera) est fermée.

Diapositive1

Les autorités déclenche l’évacuation de tous les habitants qui se trouvent dans la caldera.

La coulée a déjà détruit au moins 25 maisons, des terres agricoles ainsi que le musée du Parc Naturel du Fogo.

En date du 2 décembre, il y a deux fronts de coulée. La lave atteint d’autres maisons, une école et un hôtel.

  • Fuego, explosions, ondes de chocs, panaches et retombées de cendres
Guatemala – Altitude 3763 m

L’INSIVUMEH (Instituto Nacional de Sismologia, Vulcanologia, Meteorologia e Hidrologia) rapporte que des explosions ont lieu au Fuego du 28 au 30 novembre, provoquant des panaches de cendres qui atteignent 1200 m de hauteur et se disperse jusqu’à 25 km au S, SW ou W. Les ondes de chocs liées aux explosions sont parfois ressenties par les riverains.

Fuego
Fogo, Fuego et Fuego… de Colima

Du matériel incandescent est éjecté jusqu’à une distance de 100 à 150 en dessous du cratère les 29 et 30 novembre.

Des retombées de cendres sont rapportées à Panimaché I and II (8 km au SW), Morelia (9 km au SW) et Santa Sofía (12 km au SW).

Dans un bulletin spécial du 1er décembre, le INSIVUMEH note que l’activité est similaire à celle des jours précédents et qu’elle est caractérisée par des périodes d’explosions fréquentes et intenses (6 à 8 par jour)

Tout début décembre, les panaches atteignent 1300 m de haut et se dispersent 20 km au SW ou W. Les explosions sont parfois entendues jusqu’à 30 km à la ronde. Les retombées atteignent Morelia, Santa Sofía, Panimaché, et Yepocapa

  •  Kilauea, déflation au sommet, alimentation en baisse
Iles d’Hawaii (USA) – Altitude 1222m

 Le HVO (Hawaiian Volcano Observatory) nous rapporte que, entre le 26 novembre et le 2 décembre, le niveau du lac de lave monte et descend occasionnellement dans le cratère Halema’uma’u (l’un des cratères du Kilauea).

Les dépôts de cendres, petites bombes et cheveux de Pelé (tephras) se poursuivent autour de l’évent. Les petites particules peuvent parcourir plusieurs kilomètres.

Les émissions de gaz restent élevées (source HVO – Hawaiian Volcano Observatory).

Localisation des zones actives de la coulée mentionnées dans le texte: active tip of new lobe"= nouveau lobe actif géothermique abandonné – A droite « leading tip of active breakouts »= partie active de la coulée proche de Pahoa. Image courtesy of HVO/US Geological Survey.
Localisation des zones actives de la coulée mentionnées dans le texte: voir surtout « active tip of new lobe »= nouveau lobe actif qui évolue en marge de la coulée principale. Image courtesy of HVO/US Geological Survey.

La coulée du 27 juin est toujours active. Un survol de la coulée effectué le 1er décembre montre qu’une étroite langue de coulée a pris naissance sur la portion ouest de la coulée principale. Cette coulée secondaire a parcouru 2,8 km et provoqué des feux de végétation sur son passage. Il a été également observé que l’alimentation en lave a baissé (via un tube de lave qui alimente l’ensemble de la coulée). Cette baisse est due à une déflation du sommet qui est en cours depuis le 29 novembre. On peut donc dire qu’il y a un certain ramollissement de l’activité pour cette coulée du 27 juin.

 Pour rappel, le cratère Pu’u O’o (zone est du volcan Kilauea) est en activité depuis le 3 janvier 1983. Depuis 31 ans, son activité est sans relâche.

  •  Shishaldin, p’tet ben qu’il est en éruption
Fox Islands (USA) – altitude 2857 m

La sismicité ainsi que les températures de surface, au niveau du cratère, demeurent élevées sur le Shishaldin (source : AVO – Alaska Volcano Observatory).

Le sommet du Shishaldin avec son panache de vapeur 3 décembre 2014 à 18h47 Image courtesy of AVO/USGS – Photographe : Levi Musselwhite
Le sommet du Shishaldin avec son panache de vapeur. Photo en date du 3 décembre 2014 à 18h47. Levi Musselwhite, le photographe, se trouve dans un bateau en mer de Bering à environ 120 km au nord du Shishaldin.
Image courtesy of AVO/USGS – Photographe : Levi Musselwhite

 

Il est probable qu’une éruption marquée par une émission de lave soit en cours au sommet de ce volcan.

Le code couleur pour l’aviation est maintenu à orange.

  •  Shiveluch, balaise !
Kamchatka (Russie) – Altitude 3283m

 L’extrusion (= mise en place) du dôme de lave sur le flanc nord du Shiveluch continue et s’accompagne d’explosions, de production de cendres, d’avalanches de débris chaudes et d’une activité fumerolienne (source : KVERT – Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team).

De fortes explosions ont lieu le 23 novembre à 10h26 et le 26 à 3h38. Elles provoquent la formation d’un panache de cendres qui atteint des altitudes comprises entre 8000 et 9000 m. Ces panaches parcourent des distances allant jusqu’à 400 km en direction du NE et 200 km en direction du SE.

L’anomalie thermique sur le dôme est identifiée sur les images satellites des 22 et 23 novembre ainsi que des 26 et 27 novembre. La couverture nuageuse masque le volcan les autres jours.

 Le code couleur pour l’aviation reste à orange.

  •  Zhupanovsky, explose seul dans son coin
Kamchatka – Altitude 2899 m

 Le KVERT (Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team) rapporte que de fortes explosions ont ébranlé le Zhupanovsky le 23 novembre à 2h06 et le 25 novembre à 12h14. Les panaches de cendres produits par ces explosions ont atteint 7000 à 8000 m d’altitude et se sont dispersés jusqu’à 350 km à l’est et au SE.

Les images satellites montrent une anomalie thermique sur le volcan les 22, 25 et 27 novembre. La couverture nuageuse masque le volcan les autres jours.

Activité mondiale du 25 juin au 1er juillet 2014

Aujourd’hui je vous sers un sandwich sciences/poésie/sciences…

Sciences. Si vous n’en regardez qu’un, allez donc au petit dernier: l’Ubinas donne cette semaine une belle leçon de dynamique des panaches (j’aurai l’occasion de m’étaler davantage sur le sujet).

Poésie. Ce que j’aime, quand je commence à écrire cette rubrique, c’est lire la liste des noms de volcans dont je vais parler. Certains d’entre eux, je les garde pour moi, mais pour d’autres; pour la plupart… j’aime les murmurer voir les répéter. Oui, il a certains d’entre eux que j’aime répéter à loisir parce que j’aime leur musique et tout ce qui peut se dégager de ces noms. Je les dis à haute voix et je rêve.

Chacun d’eux est un voyage. Je suis injuste dans mes choix mais j’ai mes préférés et plus que les autres: le « Shishaldin », qui est un chuchotement dans lequel se glisse tout un univers glacé, un paradis blanc du nord pacifique. Et le Sinabung, qui, en Indonésie, est le gunung Sinabung, mont Sinabung. Et puis les noms hawaïens…ha, je les prononce comme des sortilèges : Halema’uma’u ! Pu’u O’o ! Et j’avoue qu’ils sont parmi mes favoris.

Chacun de ces noms est un voyage mais c’est aussi une rencontre, une rencontre avec une langue étrangère voire étrange pour des oreilles occidentales. Je fais rarement de copier/coller de ces noms, je m’efforce à les écrire. Et il est particulièrement dur d’écrire des noms qui n’ont aucune logique en lien avec votre langue maternelle. Il faut pour les écrire, les prendre délicatement, de peur de les écorcher.

Ca n’est pas très scientifique comme approche mais je suis une scientifique désespérément lyrique et ici, je peux me laisser aller à ce penchant sans en rougir.

Sciences. Mais tout de même c’est la scientifique qui conclura cette entrée en matière avec quelques mots sur le le Piton de la Fournaise. L’éruption de la semaine passée a cessé quasiment aussitôt après avoir commencé. Elle a fortement ralentie dans l’après-midi du 21 juin et a donc duré une trentaine d’heures (seulement oui…) L’accès à l’enclos est à nouveau autorisé au public. L’accès à la partie haute l’est également sauf pour le sentier Rivals – Château-fort qui est interdit dans la partie terminale.

Nul doute que le volcan reviendra prochainement faire un tour dans cette chronique.

tableau
Tableau récapitulatif – C’est écrit trop petit? Cliquez pour agrandir
Cleveland, une explosion discrète
Chuginadak Island (USA) – Altitude 1730m

L’évènement était un peu passé inaperçu mais l’AVO (Alaska Volcano Observatory) a signalé qu’une explosion avait été détectée le 5 juin au soir sur le Cleveland (grâce à un réseau acoustique infrason et aux stations sismiques placées sur le volcan Korovin – voir carte). Cet évènement fut bref et similaire à ce qu’on a déjà observé sur ce volcan.

Cleveland:Korvin

Un petit panache avec une faible teneur en cendres a été détecté sur les images stellites. Le nuage de cendres et gaz a atteint 7600m d’altitude et a parcouru 140km, ceci dit, il s’est rapidement dissipé.

La dernière explosion datait du 6 mars.

Situation générale du volcan Cleveland, bien au bord de la zone de subduction pacifique nord.
Nyamuragira, à suivre
République démocratique du Congo – Altitude 3058m

Le 29 juin, la NASA rapporte qu’un nuage de vapeur, mélangée à d’autres gaz, s’échappe du Nyamuragira. Un satellite OMI (Ozone Monitoring Instrument, donc dédié à des mesures d’ozones) enregistre des teneurs élevées en SO2 au niveau du volcan congolais. En outre, d’autres données satellites (MODIS : Moderate Resolution Imaging Spectroradiometer) montrent une anomalie thermique (c’est chaud)

Dukono, le volcan de juin conclut avec panache (haha)
Halmahera (Indonésie) – Altitude 1335m

Il fallait bien faire une petite place à note volcan vainqueur du sondage de juin !

Le 27 et 28 juin, le Dukono produit un panache de cendres atteignant 2100m d’altitude et se déplaçant jusqu’à 75km au NE (source : DVAAC – Darwin Volcanic Ash Advisory Centre).

Kusatsu-Shiranesan,
Honshu (Japon) – Altitude 2165m

La semaine dernière, j’ai commencé à parler de ce volcan qui montrait des signes pré-éruptifs. Ces signes se poursuivent cette semaine (source : JMA – Japan Meteorological Agency) avec une déformation du cratère et des élévations de températures (enregistrées dès le mois de mars). L’activité est toujours cantonnée sur le coté nord du cratère Mizugama. Une légère activité sismique est également observée.

Le niveau d’alerte reste à 2 sur une échelle de 1 à 5.

Sinabung, une grosse explosion le 29 juin
Indonésie – Altitude 2460m

Le 29 juin, après plus d’un mois marqué par la croissance du dôme et l’émission de coulées, le Sinabung est à nouveau entré dans une phase d’activité explosive (source : PVMBG – Pusat Vulkanologi dan Mitigasi Bencana Geologi). Le panache engendré par cette explosion a atteint 4000m de haut. Les coulées pyroclastiques ont parcouru jusqu’à 4,5 km au SE.

Les observations sont rendues difficiles en raison des intempéries en cours sur la zone.

Ce sont 14000 personnes qui sont évacuées depuis septembre 2013, et qui, malheureusement, ne rentreront pas chez elle de sitôt. Le niveau d’alerte est maintenu à 3 sur une échelle de 1 à 4.

Stromboli,
Iles éoliennes (Italie) – Altitude 924 m

Deux coulées ont été observées (INGV), l’une sur le cratère nord et un sur le cratère Sciara des Fuoco (au sud). Les coulées ont été accompagnées d’explosions à haute fréquence et de nombreuses projections, en particulier le 29 juin.

Pour le Stromboli, allez faire un tour sur la webcam: elle est vraiment très bien: vous aurez meme la carte des anomalies thermiques en temps réel!

Aira, une explosion longue de 17 minutes !
Kyushu (Japon) – Altitude 1117 m

Entre le 23 et le 27 juin, ce sont 6 explosions qui ébranlent le cratère Showa, situé dans la caldeira du Sakurajima. Des tephras sont projetés jusqu’à 1300m de distance.

Entre le 27 et le 30 juin, il y a 4 explosions. Une explosion particulièrement importante se produit le 29 juin et dure 17 minutes ! (source : JMA – Japan Meteorological Agency).

La video donne une idée de la fréquence des explosions sur le Sakurajima.

De plus, le VAAC (Volcanic Ash Advisory Centre) note que les panaches ont atteint jusqu’à 3900m d’altitude entre le 25 juin et le 1er juillet.

Fuego,
Guatemala – Altitude 3763m

Le Fuego est le siège d’explosions faibles à modérées entres les 25 et 29 juin (source : INSIVUMEH – Instituto Nacional de Sismologia, Vulcanologia, Meteorologia e Hidrologia) qui entrainent la formation de panaches de cendres s’élevant entre 500 et 800 m au dessus du cratère. Des matériaux en fusion sont également éjectés et dévalent les flancs du volcan, formant des avalanches de débris.

Une coulée est formée et se déplace vers le SW, générant également des avalanches de débris en direction du SSW

Kilauea, du neuf et puis du vieux
Iles d’Hawaii (USA) – Altitude 1222m

Le HVO (Hawaiian Volcano Observatory) nous rapporte que, entre le 25 juin et le 1er juillet, le niveau du lac de lave monte et descend dans le cratère Halema’uma’u.

Les émissions de gaz restent élevées. Les dépôts de cendres, petites bombes et cheveux de Pélé se poursuivent autour de l’évent. Les petites particules parcourent plusieurs kilomètres.

Un petit lac de lave est observé sur le cône du Pu’u O’o. Des coulées continuent d’être produites ainsi que de petites projections.

Le 28 juin, une image satellite montre que les coulées produites la veille ont parcouru jusqu’à 1,6 km au NE du cône Pu’u O’o.

Shishaldin, le volcan qu’un chuchote
Fox Islands (USA) – Altitude 2857m

Une faible sismicité continue de se manifester (source : AVO – Alaska Volcano Observatory) ainsi que des températures élevées au sommet.

Un panache de vapeur et autres gaz s’élève du sommet et dérive dans la direction des vents mais il est uniquement visible par intermittence. En effet, il est à noter que les nuages rendent souvent les observations difficiles.

Shiveluch, comme la semaine passée
Kamchatka, Russie – Altitude 3283m

La mise en place du dôme s’accompagne d’explosions, d’expulsion de cendres, d’avalanches chaudes et d’activité fumerolienne. Les images satellites montrent une anomalie thermique sur le dôme les 22 et 25 juin.

Ubinas,
Pérou – Altitude 5672m

Le VAAC (Volcanic Ash Advisory Center) de Buenos Aires rapporte que l’émission de gaz (et peut être de cendres) est continue entre les 25 et 38 juin.

Le panache du 30 juin: belle leçon de dynamique des panaches!

Un panache de cendres et gaz observé le 30 juin et atteint 1800m de haut. Des chutes de cendres mineures sont rapportées au SE.

Activité mondiale du 18 au 24 juin

Activité volcanique mondiale du 18 au 24 juin

Le Pavlof était entré en fanfare la semaine où j’inaugurais cette rubrique… et le voilà qui s’essouffle désormais. Les volcans, ça va, ça vient, un coup en haut de classement, un coup dans les bas-fonds: exactement comme à l’epoque du top 50…

D’ailleurs je tiens à préciser que la liste que je présente ici n’est pas, ne sera pas et ne peut pas être parfaite ni complète dans l’absolu. Je m’explique : il est impossible de lister tous les volcans qui ont un soubresaut d’activité de part le monde chaque semaine. J’y passerai des nuits entières et le résultats serait tout simplement rébarbatif.

Je fais place à ceux qui ont une activité significative : coulées, panaches, lahars, éjections, explosions et de ceux dont l’actvité est « entre-deux-eaux », continue mais pas toujours franche du collier. Bref, la volcanologie n’est pas une science de la dichotomie et parfois les choses ne sont ni noires, ni blanches mais… grises?

Cette semaine, si vous ne devez n’en lire qu’un, aller donc voir ce qui se passe au Poás,  représentant du Costa Rica et au volcanisme atypique.

Merci au comparse qui, de retour d’Indonésie, me prête la photo en une de cet article et qui se reconnaitra.

Recap de l'activité de cette semaine
Recap de l’activité de cette semaine, cliquez pour agrandir
 Kusatsu-Shiranesan, signes pré-eruptifs Monsieur Shirane !
Honshu (Japon) – Altitude 2165m

Le JMA (Japan Meteorological Agency) note des anomalies de température (c’est chaud !!), des déformations et une sismicité élevée sur le cratère du Kusatsu-Shirane, observés depuis le début mars et marqués entre les 13 et 20 juin.

Le niveau d’alerte est porté à 2 sur une échelle de 1 à 5.

Piton de la Fournaise, oté volcan la pété !!
Ile de La Réunion – Altitude 2632m

Comme je l’ai indiqué samedi, l’activité sur le volcan a repris le samedi 21 juin à 1h20 après une période de forte activité sismique. Ce réveil marque la fin de trois ans de sommeil.

Entre le 7 et le 20 juin, des séismes volcano-tectoniques, dues à des effondrements de roches (et non à des mouvements de magma en profondeur à proprement parler) ont été enregistrés par l’Observatoire Volcanologique du Piton de la Fournaise (OVPDLF). Le plus fort a eut lieu le 17. Ces séismes ont été très localisés à l’intérieur du cratère Dolomieu. Cependant, il n’y eut ni émissions importantes de gaz ni indicateurs de déformation pré-éruptive.

Le 21 juin, à 00h06, une activité sismique intense se manifeste, cet épisode dure 74 minutes. Une déformation localisée est observée à partir de à 00h20 et dure environ 3 heures. De nouveaux séismes se manifestent vers 1h20 et une incandescence est observé par les cameras à partir de 1h35, moment où l’on considère que l’éruption commence. Cette éruption est entièrement contenue dans l’enclos Fouqué, à l’ESE de la zone centrale.

Les survols en hélicoptère ont permis de montrer une fontaine de lave active, accompagnée de projections et à l’origine de deux coulées d’environ 1,5 km de long au total. A 1990m d’altitude, au niveau du cratère Langlois (environ 2 km au SE du Dolomieu), la coulée initiale se sépare distinctement en deux langues de lave, l’une dépasse le cratère Langlois de 250m et part vers l’est, l’autre de 500 m en direction du SE.

L’accès à l’enclos est interdit au public.

Diapositive1
Stromboli, en mode camembert (coulant),
Iles éoliennes (Italie) – Altitude 924 m

Deux épisodes effusifs (ça coule) sont rapportés par l’Osservatorio Etneo, un le 17 juin et un autre le 22.

Le 17 au matin, l’activité se manifeste dans la partie centrale du cratère terrace (Bocca 52). Cet épisode a duré quelques heures et produit une petite coulée, partie en direction de Pizzo Sopra la Fossa. Il s’accompagne de quelques éjections de scories à caractères explosifs.

Le 22, c’est une augmentation nette de l’activité strombolienne (plus d’explosivité) qui a lieu sur tous les cratères, avec pour conséquence des dépôts important le long du Sciara del Fuoco. Une coulée de 200 m de long s’est épanchée depuis la bouche notée N2 partie nord du cratère terrace.

Pendant la soirée, les coulées ralentissent. Elles s’arrêtent complètement le lendemain alors que l’activité strombolienne diminue.

El Misti, sismicité en hausse
Pérou – Altitude 5822m

L’IGP (Instituto Geofisico del Perú) note que pendant les 12 mois qui viennent de s’écouler, le Misti a surtout été le siège de séismes volcano-tectoniques (des séismes dus à des effondrements de lave et dépôts déjà en place). Deux bouquets de seimes (plus de 100 séismes dans une même journée) ont été enregistrés les 19 mai et 3 juin. La sismicité augmente doucement (mais sûrement ?) ces quinze derniers jours et leur fréquence est quotidienne.

L’Etna déborde…
Sicile (Italie) – Altitude 3330m

 Une petite activité strombolienne (alternance d’épisodes explosifs et effusifs) a continué jusqu’au 10 juin sur le nouveau cratère SE de l’Etna (NSEC).

Des explosions ont projeté des matériaux pyroclastiques incandescents quelques dizaines de mètres sous la bordure dudit cratère.

A la mi-juin, la lave déborde sur le bord SE du cratère, formant une coulée qui a descendu sur le coté ouest de la Valle Del Bove. Un cône de projetions s’est également formé sur le secteur est

Poás : Laguna Caliente, un des lacs les plus acides au monde !
Costa Rica – Altitude 2708m

Le Poás est chapeauté par deux lacs de cratère. L’un ne connaît plus d’activité (le Botos, dernière éruption il y a 7500 ans) mais l’autre, le Laguna Caliente, est le siège d’éruptions phréatiques : le réservoir magmatique en profondeur chauffe le fond du lac comme le c… d’une vieille marmite. Le magma et l’eau ne se rencontrent pas pour l’instant mais la chaleur du réservoir vaporise la partie basale de l’eau du lac qui sporadiquement se vaporise, provoquant des explosions dites phréatiques.

Le Laguna Caliente est l’un des lacs naturels les plus acides au monde avec un pH proche de zéro (précision importante qui provoquera l’émotion chez les scientifiques de coeur, dont je fais partie : « un pH»0 ? Waooh ! »)

Le 20 juin, à 10h08, une éruption phréatique ébranle le Poás (source : Observatorio Vulcanologico y Sismologico de Costa Rica : OVSICORI-UNA). L’explosion a entrainé la formation d’un panache de 200m de haut. Ce panache était principalement constitué de vapeur d’eau et de sédiments pulvérisés du lac de cratère ainsi que d’autres gaz tels que SO2, H2S, HCL, HF. C’est la seconde explosion phréatique qui a lieu en juin (la première a été mise en évidence par le personnel du Parc National et a eut lieu la nuit du 1er au 2 juin).

Hélas, il n’y a pas d’images de ces évènements.

Le personnel de l’observatoire a noté que de petites éruptions phréatiques ont eu lieu DANS le lac le 18 juin entre 10h et 13h43, l’une d’elles ayant relâchées dans l’air une forte odeur de soufre et provoqué des vagues de grandes amplitudes dans les eaux du lac. La température de l’eau est actuellement de 44.6°C et le pH de 0,49 (et donc extrêmement acide).

Popocatépetl,
Mexique – Altitude 5426m

Entre les 18 et 23 juin, la sismicité est significative, elle traduit l’émission de vapeur, gaz et sporadiquement de cendres. Des explosions au sommet sont détectées, et il y en a de 5 à 30 par jour ! J’ai accordé une petite brève, à l’une d’elle, pour revoir cet instant magique où le panache part: cliquez sur ce lien. Ces explosions produisent des panaches de 500 à 2500 m de haut qui ne contiennent que de faibles quantités de cendres.

Reventador, explosions nombreuses
Equateur – Altitude 3562m

Au Reventador, les observations ne sont pas faciles, à cause de la fréquente couverture nuageuse. Cependant, l’IG (Instituto Geofisico – Escuela Politécnica Nacional) rapporte que, entre les 18 et 24 juin, des panaches de cendres pouvaient êtres observés ainsi qu’une zone incandescente dans la nuit du 17 juin.

Au total, 30 explosions ont été mises en évidence par leurs signatures sismiques.

Les cameras infrarouges ont enregistré le mouvement de matériel incandescent descendant le flanc NE. Les habitants de San Rafael (8 km ESE du volcan) disent avoir entendu des grondements les 19 et 20 juin.

Sinabung, moitié dôme, moitié coulée
Indonésie – Altitude

Au Sinabung, un dôme de lave est en croissance avec une morphologie inhabituelle, assez allongé. Ni vraiment une coulée (la lave y est trop visqueuse), ni vraiment un dôme. Cette croissance continue et s’accompagne d’avalanches de front de coulée, avalanches qui représente une menace tangible pour les zones S et SE dans un rayon de 5 km à compter du sommet.

L’alerte est maintenue au niveau 3 sur une échelle de 1 à 4.

Tungurahua, des lahars petits mais costauds…
Equateur – Altitude 5023m

Les conditions d’observations sont mauvaises entre le 18 et le 23 juin mais le niveau de sismicité reste faible.

Cependant, de fortes pluies dans la nuit du 22 ont causé la formation de petits lahars mobilisant des blocs de plus de 25 cm de diamètre.

Zhupanovsky
Kamtchatka (Russie) – Altitude 2958 m

Des images satellites laissent apercevoir des panaches de gaz et vapeur mêlés avec de discrets panaches de cendres, atteignant plus de 4500m de haut. Les images satellites permettent aussi de relever une anomalie thermique les 14-15 et 17-19 juin.

Le niveau d’alerte pour l’aviation est élevé de jaune à orange.

 Aira,
Kyushu (Japon) – Altitude 1117 m

 Le JMA (Japan Meteorological Agency) note qu’entre les 13 et 23 juin ce sont entre 4 et 10 explosions qui sont enregistrées chaque jour dans le cratère Showa (Caldeira de Aira, volcan Sakurajima). Les tephras émis lors de ces explosions sont transportés jusqu’à 1800 de leur point d’émission.

Le 19, une explosion d’importance plus marquée a duré 17 minutes, produisant un panache de 3000 m de haut environ.

Fuego, il gronde…
Guatemala – Altitude 3763m

L’INSIVUMEH (Instituto Nacional de Sismologia, Vulcanologia, Meteorologia e Hidrologia) rapporte que, entre les 18 et 23 juin, entre 7 et 23 explosions sont enregistrées chaque jour, provoquant la formation de panaches de cendres de faible ampleur (3900 à 4400 m de haut quand même). Des grondements sont entendus les 17-18, 22 et 24 juin, ressemblant parfois à des bruits de turboréacteurs, selon les témoins.

De petites avalanches ont lieu à l’intérieur du cratère.

Les 18 et 19 juin, des retombées de cendres assez ténues sont relevées dans les villes se situant dans un rayon de 15 km à compter du sommet, particulièrement : El Porvenir (8 km ENE), Los Yucales (12 km SW), Santa Sofía (12 km SW), Morelia (10 km SW), et Panimaché (8 km SW). L’activité fumerolienne continue entre les 18 et 24 juin avec des panaches de gaz allant jusqu’à 4200m de haut.

Kilauea,
Iles d’Hawaii (USA) – Altitude 1222m

 Le HVO (Hawaiian Volcano Observatory) nous rapporte que… le niveau du lac de lave monte et descend dans le cratère Halema’uma’u…Vraiment poignante cette info !

On précise toutefois que le niveau du lac de lave a chuté significativement (plusieurs mètres) le 21 Juin pour ensuite revenir environ 34-35 m sous le plancher de cratère Halema’uma’u le 22 Juin.

Les émissions de gaz restent élevées. Les émissions de SO2 sont généralement supérieures à 10 ppm et dépassent fréquemment les 50 ppm (limite supérieur des détecteurs) quand les alizés sont modérés (les gaz se dispersent moins).

Les dépôts de cendres, petites bombes et cheveux de Pélé se poursuivent autour de l’évent. Les petites particules parcourent plusieurs kilomètres.

Du cratère Pu’u O’o continuent de s’échapper de petites coulées (5 cartographiées le 17) ainsi qu’une plus importante qui provoque toujours des feux de forêts et de végétation au sens large. C’est une coulée lente s’affaiblit depuis quelques mois.

Au Santa Maria, explosions et panaches
Guatemala – Altitude 3772 m

Cette semaine, l’éruption continue sur le dôme de lave du Santa Maria.

La 18 juin, des avalanches mineures sont rapportées par l’INSIVUMEH ainsi qu’un lahar chaud dévalant la pente sud et charriant des blocs de 50 à 150 cm de diamètre, des troncs d’arbres et des branches. Ce lahar mesurait 30 m de large pour 1,5 m de profondeur et sentait très nettement le soufre.

Des grondements et une éruption sont observés le 19 juin à 6h30, avec la formation d’un panache de cendres de 3100m de haut, se dispersant vers le SW. Un autre panache est engendré le 21 à 5h52 atteignant 3000m de haut et dérivant toujours vers le SW. Le 22, trois explosions produisent un nouveau panache, il y a également une faible explosion le 23 à 6h15 (accompagnée d’un panache de 3200m) et une autre le 24 à 6h11.

Des avalanches sont observées en front de coulées.

Des panaches dus au dégazage du volcan sont également produits

Les 23 et 24, les retombées de cendres, abondantes, provoquent la formation de lahars de tailles modérées.

 Shiveluch
Kamchatka, Russie – Altitude 3283m

 La mise en place du dôme s’accompagne d’explosions, d’expulsion de cendres, d’avalanches chaudes et d’activité fumerolienne. Les images satellites montrent une anomalie thermique et une panache de cendres dérivant de 70 km vers le SW entre les 15 et 18 juin.

 Ubinas, pluies de cendres aux environs
Pérou – Altitude 5672m

 Des explosions et des séismes intermittents sont relevées du 18 au 23 juin. Les panaches qui accompagnent cette activité sont suivis de dépôts de cendres, notamment relevés à Querapi (4 km au S) le 18 juin.

Le 19 juin, le réseau sismique et les enregistrements mettent en évidence deux explosions. Les émissions de gaz et cendres consécutives à ces explosions atteignent 1200m de haut. Les retombées frappent les villes de : Ubinas (6,5 km au SSE), Querapi, Escacha, Tonohaya (7 km au SSE), et San Miguel (10 km au SE).

Il n’y a pas d’explosion le 2O mais les émissions de gaz et cendres se poursuivent. Le 21 on enregistre 6 explosions (retombées de cendres à Ubinas, Lloque, et Yunga), et une seule le 22. Il n’y a pas d’explosion le 23 mais la production de cendres et gaz n’est pas interrompue (6 panaches reportés ce jour-là)

 

Activité du 11 au 17 juin 2014

Activité du 11 au 17 juin 2014

 

Ah, du nouveau cette semaine !

Du nouveau du côté des volcans et du nouveau dans cette rubrique.

Du côté des volcans ? Des entrées, des sorties, comme dans feu le top 50

Du coté de la rub ? J’ai essayé de la rendre plus synthétique en me contentant de résumer, en quelques mots et dans le tableau qui suit (cliquer dessus pour l’agrandir),  l’activité des volcans pour lesquels il n’y a pas eu beaucoup de changement ou pas grand chose de frappant cette semaine.

Le point sur la situation au Piton de la Fournaise.

La 21 juin à 1h35 locales, le Piton de la Fournaise entre en éruption.

Voir « Volcan la pété » sur le volcablog

Sans titre2

Bezymianny, dôme en croissance, lentement mais sûrement.
Kamchatka (Russie) – Altitude 2882 m

Le mardi 17 juin, le KVERT (Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team) rapporte une augmentation de la sismicité avec l’enregistrement de 12 séismes peu profonds causés par l’extrusion de lave au sommet du dôme du Bezymianny. Les données satellites montrent également une anomalie thermique (c’est chaud). Le niveau d’alerte pour l’aviation est élevé de jaune à orange.

Nishinoshima, prétendant au titre de plus petit volcan du monde ?
Japon – Altitude 25 m !

Des photos prises par les garde-côtes japonais les 11 et 13 juin montrent bien que l’activité sur le Nishinoshima continue.

Les dégagements de vapeur le long du littoral laisse supposer qu’il y a au moins deux zones actives avec entrée de la lave dans l’océan et avec peut être existence de tubes de lave puisqu’il n’y a pas de zones incandescentes visibles en surface. Les vidéos nocturnes montrent un cône actif avec émission d’une coulée depuis une fontaine de lave. Des éjections de tephras et de cendres brunes sont aussi observées sur deux plus petits cratères, avec présence d’un lac de lave dans l’un de ces petits cratères.

Semisopochnoi, sismicité suspecte
USA – Altitude 1221m

L’AVO (Alaska Volcano Observatory) rapporte qu’une série de séismes suspects a été enregistrée entre le 9 et le 17 juin poussant à augmenter le niveau d’alerte pour l’aviation à jaune.

Batu Tara
Indonésie – Altitude 748 m

Le 15 juin, le panache atteint 2100m et dérivent 55 km vers le sud-ouest. Durant la journée du 16, il perd en altitude pour atteindre seulement 1500m et dériver 37 km au nord-ouest

Fuego, explosions et avalanches
Guatemala – Altitude 3763m

L’INSIVUMEH (Instituto Nacional de Sismologia, Vulcanologia, Meteorologia e Hidrologia) rapporte que l’activité explosive du Fuego continue en cette mi-juin. Des explosions, entre les 12 et 14 juin, expulsent dans le ciel un panache de cendres de 4600m de haut dérivant entre 9 et 11 km vers le sud et l’ouest. Des avalanches de débris continuent également sur ses flancs.

Karymsky, caché sous un lit de nuages
Kamchatka, Russie – Altitude 1536m

L’activité strombolienne ainsi que faiblement vulcanienne continue au Karymsky du 6 au 13 juin, selon le KVERT (Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team).

Les images stellites révèlent une anomalie thermique (c’est chaud) le 11 juin. Les nuages rendent les observations difficiles les autres jours.

Kilauea, constant et rassurant comme un vieil ami !
Iles d’Hawaii (USA) – Altitude 1222m

Le HVO (Hawaiian Volcano Observatory) indique que le niveau du lac de lave monte et descend à l’intérieur du cratère Halema’uma’u… comme d’hab’ quoi ! Le taux de production de gaz reste élevé.

Autour de l’évent, continuent de se déposer : cendres, petites bombes et cheveux de Pelé. Des petites particules ont pu être emportées sur plusieurs kilomètres.

Un petit lac de lave est observé dans le cratère Pu’u ‘O’o. Une brèche dans ce cratère laisse échapper une coulée qui provoque l’incendie des forêts avoisinantes mais dont le débit semble faiblir sur l’ensemble de ces derniers mois.

San Miguel
El Salvador – Altitude 2130 m

D’après un rapport du SNET, (Servicio Nacional de Estudios Territoriales) la sismicité a significativement augmenté les 11 et 12 juin et était encore très élevée dans la journée du 17. Les images fournies par les webcams le 17 montrent un petit panache de vapeur s’élevant au sommet du cratère.

Au Santa Maria,
Guatemala – Altitude 3772 m

L’éruption continue sur le complexe volcanique du Santa Maria (volcan avec dôme de lave). Des avalanches de petites amplitudes sont observées sur le flanc ouest et des panaches se dirigent vers le sud-ouest et atteignent des altitudes de 2800 à 3200 m (source : INSIVUMEH)

Shiveluch
Kamchatka, Russie – Altitude 3283m

Le KVERT nous informe que l’extrusion du dôme (il pousse !) sur le flanc sud-est du Shiveluch s’accompagne de production de cendres, d’avalanches chaudes et d’une activité fumerolienne. Les images satellites montrent une anomalie thermique et un panache dérivant 70 km au sud-ouest.

Dans la journée du 11 juin, des retombées de cendres sont rapportés à Klyuchi, petite ville à 50 km au sud-ouest du volcan.

Ubinas, un panache de 7400m… quand même !
Pérou – Altitude 5672m

Lors d’un communiqué de presse, l’observatoire volcanologique d’Arequipa (IGP-OVA) signale que l’activité du volcan Ubinas diminue depuis avril. Cependant, des épisodes de sismicité intense sont encore enregistrés et principalement corrélés aux périodes d’émissions de cendres. Les retombées affectent les zones proximales : en particulier les 6 km à l’est et le sud-sud-ouest.

Le 17 juin, une explosion provoque un panache de cendre qui a atteint jusqu’à 7400 m d’altitude

Volcan la pété!

C’est ce que titre les journaux réunionnais ce matin et LE volcan c’est le Piton de la Fournaise (bien sûr).

Au non de l’amitié zoreills-kreols, cela méritait bien une petite brève!


L’observatoire indiquait dans la semaine des séismes volcano-tectoniques sans reprise significative ou évidente de l’activité et pourtant, à 1h35 locales: volcan la pété!

Le préfet a mis en oeuvre le plan d’alerte spécifique. L’accès à la partie haute de l’enclos ainsi que la dépose en hélicoptère sont interdits.

J’aurai l’occasion de revenir sur l’éruption en cours. Il faut, pour l’instant, laisser au volcan le temps de s’exprimer.