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Activité mondiale du 15 au 28 octobre 2014

Braderie d’automne…

Je suis un peu à la bourre, donc aujourd’hui, je vous offre deux semaines d’activité volcanique pour le prix d’une… voici le bilan de l’activité volcanique mondiale et terrestre entre les 15 et 28 octobre.

Et dans la série GLOIRE AU VOLCAN INCONNU, allez donc voir ce qui se passe sur le volcan Cerro Negro de Mayasquer. La forte sismicité dont il est le siège fait crainte l’imminence d’un éruption dans les semaines à venir: le suspens est à son comble!!

tableauFINoct
ableau récapitulatif – C’est écrit trop petit? Cliquez dessus pour agrandir.

 

Accès direct aux textes concernant les volcans de la semaine:

Asosan
Cerro Negro de Mayasquer
Etna
Karangetang Api
Sabancaya
Aira
Bardarbunga
Copahue
Kilauea
Mayon
Ontakesan
Poas
Popocatepetl
Santa Maria
Sinabung
Shishaldin
Shiveluch
Stromboli
Zhupanovsky

  • Asosan, brève eruption
Kyushu (Japon) – Altitude 1592m

 Encore une fois, l’Aso fait partie de ces volcans qui ne sont jamais vraiment à l’arrêt. Le JMA (Japan Meteorological Agency) rapporte qu’une activité sismique (de type trémors) traduit une petite éruption dans le nuit du 22 octobre. Le lendemain, on découvre de la cendre agglutinée sur la webcam situé à proximité du cratère. Lors d’une séance de travail sur le volcan, les volcanologues japonais ont remarqué des retombées de cendres fraiches autour du cratère Nakadake. Tout ceci confirmant évidemment ce que laisser penser les données sismiques.

Le niveau d’alerte est maintenu à 2 (sur une échelle de 1 à 5)

  • Cerro Negro de Mayasquer, une très forte activité sismique
    Frontière Colombie/Equateur – Altitude 4445m

 Le 20 octobre, le Servicio Geologico Colombiano (SGC) enregistre un séisme de magnitude 5,8 au voisinage des volcans Cerro Negro et Chiles et à une profondeur inférieure à 10 km.

Les conséquences immédiates de la série de séismes de cette fin octobre.

Le 21, le SGC élève le niveau d’alerte sur le volcan. En effet, en l’espace de 18 heures, ce sont 4300 séismes qui ont été détectées à des profondeurs comprises entre 3 et 5 km et des magnitudes de 0,2 à 4,5. Les habitants du secteur ont ressenti 11 de ces évènements. Le 22, un rapport note que 7717 séismes ont été enregistrés dans la journée du 21.

 La semaine suivante, la sismicité continue à un rythme soutenu (source : SGC et IGEPN – Instituto Geofísico de la Escuela Politécnica Nacional).

La zone autour des volcans Cerro et Chiles est en alerte orange.

Depuis le 29 septembre, ce sont 81 000 séismes qui ont été détectés, 6300 d’entre eux ont eu lieu le 25 octobre. Les épicentres sont situés entre 2 et 3,5 km au sud de Chiles.

3500 familles ont été évacuées (Chiles, Panam et villages de Mayasquer).

Le niveau d’alerte est orange.

  • Etna, Activité au NSEC
Sicile (Italie) – Altitude 3330m

 Dans l’après-midi du 7 octobre, le nouveau cratère sud-est de l’Etna (ou NSEC : New Southeast Crater) a connu une période d’activité faible et intermittente. Le matériel incandescent est éjecté à quelques dizaines de mètres du cratère. Les cendres fines sont rapidement dispersées par le vent.

  •  Karangetang Api, panaches…
Ile Siau (Indonésie) – Altitude 1784 m

 Le 20 octobre, des panaches de cendres s’échappent du Karangetang, ils atteignent 3000 m d’altitude et se dispersent 75 km vers le NW (analyses d’images satellites par le Darwin Volcanic Ash Advisory Center)

  •  Sabancaya, cendres ou pas cendres ?
Pérou – Altitude 5967 m

 Du 21 au 27 octobre, l’activité sismique est faible et sporadique. Des panaches blancs s’élèvent jusqu’à 1200 m au-dessus du cratère (source : IGP – Instituto Geofisico del Perú). Un pilote d’avion rapporte avoir vu un panache de cendres s’échapper du Sabancaya et se diriger vers l’est. Cependant, le VAAC de Buenos Aires indique qu’aucune émission de cendres n’a été détectée sur les images satellites ce jour-là. La webcam in situ montre des émissions de gaz et de vapeur avec vraisemblablement de la cendre très diffuse. La même chose se reproduit le 25, un pilot rapporte avoir vu des cendres se dirigeant vers l’est mais les images satellites ne les ont, encore une fois, pas détectées.

  • Aira, explosions et panaches
Kyushu (Japon) – Altitude 1117 m

 Du 14 au 17 octobre, 3 explosions sont enregistrées sur le cratère Showa, dans la caldera Aira sur le volcan Sakurajima (source JMA : Japan Meteorological Agency). Ces explosions ont été à l’origine de l’éjection de tephras jusqu’à 1300 m de distance. Les 16, 18 et 21 octobre, le VAAC (Volcanic Ash Advisory Center) de Tokyo rapporte la présence de panaches de cendres s’élevant de 1800 à 3000 m d’altitude.

Deux explosions ont également lieu entre le 20 et le 24 octobre sur le cratère Showa. Celle du 24 a entrainé la formation d’un panache entre 3000 et 4600m de haut et si dirigeant vers l’est. La hauteur des panaches émis baisse à 2700m les 25-26 puis 2400 le 28.

 Le niveau d’alerte est maintenu à 3 (sur une échelle de 1 à 5)

  •  Barbarbunga, aucun répit depuis plus de deux mois
Islande – Altitude 2009m

Du 15 au 28 octobre, l’IMO (Icelandic MET Office) maintient l’alerte orange pour l’aviation du fait de l’activité incessante sur la fissure éruptive de Holuhraun. La subsidence de la caldera continue à un rythme de 30 à 40 cm par jour, ce qui n’est pas négligeable. La subsidence se concentre désormais dans le NE de la caldera et le volume totale de celle-ci, en date du 15 octobre, était estimé à 0,75 km3.

Le 18 octobre, un séisme de magnitude 5,4 est détecté au nord du Bardarbunga. C’est l’un des plus important enregistré depuis le début de l’éruption.

La production de lave sur la fissure éruptive de Holuhraun continue à un taux inchangé. Le 27 octobre, la surface recouverte par la lave depuis le début de l’éruption est de 64,6 km2.

Dans la semaine du 22 au 28, l’activité se concentre sur l’évent principal, appelé cratère Baugur. Celui-ci atteignait 80 m de haut le 24 octobre.

Le cratere Baugur, ici en septembre de cette année.

La subsidence au niveau de la caldera se poursuit également dans la semaine du 22 au 28. Un survol de la zone effectué le 24 permet de la mesurer : elle a atteint 40 m ! Le 27, des mesures géothermales montrent que la température des eaux souterraines a augmenté.

En un mot, durant les deux semaines qui viennent de s’écouler, l’activité sur le Bardarbunga est persistante et ne connaît pas de répit.

  •  Copahue, explosions en série.
Frontière Chili/Argentine – Altitude 2953 m

 Le 15 octobre, 4 explosions sont enregistrées et des panaches de cendres gris s’élèvent jusqu’à 300 m au-dessus du cratère El Agrio (source : SERNAGEOMIN – Servicio Nacional de Geologia y Mineria). Le 17, les panaches sont blancs (donc quasiment dépourvus de cendres) et atteignent 100 m de haut. Le 18, l’activité sismique est faible.

Le 19 marque un regain d’activité avec 6 explosions et la production de panaches de cendres atteignant, cette fois-là encore, 300 m de haut. Le 20 octobre, le Copahue est secoué par une série de 12 explosions.

Le 24, le SERNAGEOMIN rapporte une tendance à la baisse de la sismicité avec également des émissions de tephras beaucoup plus sporadiques et diffuses et concernant seulement quelques panaches.

Un petit lac de boue s’est formé dans le cratère.

 Le SERNAGEOMIN baisse le niveau d’alerte à jaune et recommande de ne pas pénétrer dans la zone située dans un rayon de 3 km autour du cratère.

  •  Kilauea, la commune de Pahoa touchée par la coulée du 27/06
Iles d’Hawaii (USA) – Altitude 1222m

 Le HVO (Hawaiian Volcano Observatory) nous rapporte que, entre le 15 et le 21 octobre, le niveau du lac de lave monte et descend occasionnellement dans le cratère Halema’uma’u (l’un des cratères du Kilauea). Les dépôts de cendres, petites bombes et cheveux de Pelé (tephras) se poursuivent autour de l’évent. Les petites particules peuvent parcourir plusieurs kilomètres.

Les émissions de gaz restent élevées (source HVO – Hawaiian Volcano Observatory).

La coulée du 27 juin, issue du cratère Pu’u O’o poursuit sa progression. Le 22, un écoulement étroit (moins de 50 m de large) se détache de la coulée principal et s’engage dans une ravine. Sa vitesse est variable mais peut parfois atteindre 300 m par jour (ce qui est beaucoup).

Aux environs de 3h50 le 25 octobre, la coulée du 27 juin traverse la rue Apa’a (ville de Pāhoa, disctrict de Puna) puis continue sa progression en direction de la ville de Pahoa. Durant la matinée du 25, la coulée s’est avancée en direction du cimetière puis a tourné vers le SE. Le 27, la coulée est à environ 570 m de la rue principale de Pahoa. Le 28, vers 2h00, elle pénètre, pour la première fois depuis le début de son parcourt, dans une propreté privée. A 17h30, elle n’est plus qu’à 310 m de la rue principale et 900 m (en ligne droite) de l’autoroute n°130.

Hawaï: la coulée traverse la rue Apa’a (commune de Pahoa) Image courtesy of HVO/US Geological Survey
Hawaï: la coulée traverse la rue Apa’a (commune de Pahoa)
Image courtesy of HVO/US Geological Survey

Pahoa compte entre 800 et 900 habitants. L’école et plusieurs routes ont été fermées. Des travaux sont en cours pour réaliser des routes temporaires ainsi que des barrages pour essayer de détourner la coulée de l’autoroute 130.

Le code couleur pour l’aviation reste à orange.

Pour rappel, le cratère Pu’u O’o (zone est du volcan Kilauea) est en activité depuis le 3 janvier 1983. Depuis 31 ans, son activité est sans relâche.

  • Mayon, l’activité continue mais plus clamement
Ile de Luçon (Philippine) – Altitude 2462 m

 Du 14 au 28 octobre, ce sont des panaches blancs (dépourvus de cendres) qui s’élèvent au-dessus du cratère du Mayon (source : PHIVOLCS – Philippine Insitute of Volcanology and Seismology). Des chutes de blocs ont lieu le 14, du 23 au 25 et le 28 et sont détectées par leur signature sismique. Entre le 18 et le 21 des séismes d’origine volcanique sont enregistrés. Une nouvelle coulée est repérée lors d’un survol de la zone, elle mesure environ 400 m de long le 20 octobre.

Le niveau d’alerte est maintenu à 3 (sur une échelle de 0 à 5)

  • Ontakesan, l’hiver interrompt les recherches
Honshu (Japon) – Altitude 3067m

 Entre le 15 et le 28 octobre, la couverture nuageuse rend les observations difficiles sur le volcan Ontake (source : JMA – Japan Meteorological Agency). Seuls des panaches blancs sont observés entre les 16 et 19 octobre, ils atteignent au maximum 600 m de haut et se dispersent vers le NE ou SE.

Entre le 22 et le 28 octobre, la couverture nuageuse empêche souvent toute observation mais lorsque celles-ci sont possibles, on ne voit toujours que quelques panaches blancs s’élevant entre 100 et 300 m au-dessus du cratère. La sismicité est faible.

Les recherches des 7 personnes toujours portées disparues ont été interrompues en raison des conditions hivernales qui s’installent dans la région. Elles reprendront au printemps.

Le bilan de l’éruption du 27 septembre, est donc toujours de 56 tués et 7 disparus.

Malgré ces signes d’une relative accalmie, le niveau d’alerte est maintenu à 3 (sur une échelle de 1 à 5).

  •  Poás, une éruption phréatique
Costa Rica – Altitude 2708 m

 L’ l’OVSICORI-UNA (Observatorio Vulcanologico y Sismologico de Costa Rica – Univsersidad Nacional) rapporte qu’une éruption phréatique (voir DICO) a été enregistrée sur le Poás le 13 octobre à 8h58. Elle a duré une minute et demie et des matériaux issus de cette éruption ont été éjectés jusqu’à 250 m en dessous du lac de cratère. Des retombées de cendres ont également été observées.

  • Popocatépetl
Mexique – Altitude 5426 m

 Le 14 octobre, lors d’un survol du cratère du Popocatépetl, les volcanologues ont pu constater que le cratère formé en juillet 2013 s’était agrandi de 350 m (source : CENAPRED – Centro Nacional de Prevencion de Desastres). Le sommet de ce nouveau cratère se situe 100 m en dessous du cratère principal. Le dôme mis en place à partir d’août de cette année n’était pas visible à ce moment-là. L’activité se manifeste cette semaine par l’émission de vapeur, de gaz et occasionnellement de petites quantités de cendres.

Deux explosions de faible intensité sont détectées les 17 et 19 octobre.

Du 22 au 28 octobre, les émissions de vapeur, gaz et de petites quantités de cendres se poursuivent. Une petite explosion a lieu le 25 et provoque l’éjection de tephras jusqu’a 100 m sur le flanc sud du volcan et la formation d’un panache de vapeur et de gaz s’élevant à 1500 m au-dessus du cratère et se dispersant vers le SW. Des retombées de cendres sont rapportées à Tetela del Volcán (20 km au SW).

Le 26, une nouvelle explosion a lieu, les tephras parcourent 200 m sur le flanc nord et le panache (toujours peu chargé en cendres) atteint 1100 m et se disperse au NW

  •  Santa Maria,
Guatemala – Altitude 3772 m

 Les 22 et 23 octobre, des avalanches se produisent au front de la coulée active située sur le flanc sud du volcan (les front de coulée sont toujours assez instable et il est fréquent que des « éboulis » s’y produisent). La partie la plus active de la coulée se dirige vers le sud. Des explosions phréatiques (rencontre de magma et d’eau) ont lieu dans le milieu et les parties basses de la coulée (source : INSIVUMEH  – Instituto Nacional de Sismologia, Vulcanologia, Meteorologia e Hidrologia).

Le 24, un lahar descend sur le flanc SW du volcan, charriant des blocs de 1 à 2 m de diamètre.

Les 25 et 26, un épais nuage blanc s’élève à 500 m au-dessus du cratère puis se disperse vers le SW.

  •  Sinabung, éruptions casi-quotidiennes
Indonésie – Altitude 2460 m

 Du 15 au 20 octobre, on peut observer quotidiennement de petites éruptions sur le Sinabung. Ces éruptions entraînent la formation de panaches de cendres allant jusqu’à une altitude de 4300 m et se dirigeant 55 km au NW du 15 au 17 octobre puis vers le ESE le 19.

Du 23 au 24 octobre, les panaches de cendres se dispersent de 15 à 40 km vers le nord et le SW. Une petite éruption est observée le 25 et produit une petite quantité de cendres avec un panache se dispersant 30 km WNW.(source : VAAC de Darwin – Volcanic Ash Advisory Center). D’autres éruptions génèrent des panaches les 26 et 27. Le 27, le PVMBG note que le panache a atteint 5500 m d’altitude avant de se dissiper.

Enfin, le BNPB note que l’activité est importante le 27 et que le 26 des écoulements pyroclastiques ont dévalé le flanc sud sur 3,5 km.

3284 personnes (soit 1018 familles) ont été évacuées et vivent toujours dans des campements.

  • Shishaldin
Fox Islands (USA) – altitude 2857 m

 La sismicité indique qu’une éruption de faible intensité se poursuit au Shishaldin (source : AVO – Alaska Volcano Observatory). Une anomalie thermique est régulièrement détectée par satellite (dès que la couverture nuageuse se délite et que les observations sont possibles). L’activité sismique traduit, quant à elle, des explosions, occasionnelles et de faible ampleur.

Toutefois, l’activité sismique marque une augmentation le augmente le 25, laquelle s’accompagne de l’élévation des températures de surfaces au sommet (mesurée sur les images satellites). Le 26, un dépôt de tephras était visible au sommet (sur la webcam) et à quelques centaines de mètres de celui-ci, traduisant un évènement de relativement haute énergie .

Le code couleur pour l’aviation reste à orange.

  • Shiveluch
Kamchatka (Russie) – Altitude 3283m

L’extrusion (= mise en place) du dôme de lave sur le flanc nord du Shiveluch continue et s’accompagne d’explosions, de production de cendres, d’avalanches de débris chaudes et d’une activité fumerolienne (source : KVERT – Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team). Une anomalie thermique est détectée par satellite au niveau du dôme Les 10, 11, 15 , 17, 20 et 22 octobre. Les nuages masquent le volcan les autres jours.

 Le code couleur pour l’aviation reste à orange.

  • Stromboli, tellement « strombolien »
Iles éoliennes (Italie) – Altitude 924 m

Durant les deux mois qui viennent de s’écouler, l’activité sur le Stromboli s’est poursuivie depuis un évent situé à 650 m d’altitude (source : INGV – ). Les coulées s’étendent jusqu’à la partie basse de la Sciara del Fuoco. Durant les semaines qui viennent de s’écouler, on a également pu observer de sporadiques émissions de cendres depuis les évents situés à proximité du sommet.

  • Zhupanovsky,
Kamchatka – Altitude 2899 m

L’éruption explosive du Zhupanovsky se poursuit du 10 au 24 octobre (source : KVERT : Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team). Les données satellite ont permis de détecter une anomalie thermique et des panaches de cendres. L’un de ces panaches a atteint 9000 m d’altitude le 11 octobre et s’est dispersé jusqu’à 411 km au NE les 11 et 12. La couverture nuageuse rend les observations impossibles les autres jours.

Le code couleur pour l’aviation civile reste à orange.

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Activité mondiale du 8 au 14 octobre 2014

Vous voilà maintenant coutumiers de cette rubrique. Vous remarquerez donc qu’il n’y a pas de semaine « avec » et de semaine « sans ». Vous trouvez toujours ici une vingtaine de volcans. Certains sont fidèles au poste quand d’autres vont et viennent. Aira (volcan Sakurajima), Kilauea, Shiveluch, Zhupanovsky et Stromboli font partie des piliers de comptoirs, toujours présents…

La petite nouveauté pour cette rubrique, c’est l’accès direct à chacun des volcans dont je détaille l’activité. Il suffit de cliquer sur les noms qui se trouve en dessous du tableau récapitulatif des volcans de la semaine.. fini le scroll nerveux et saccadé pour accéder à son volcan préféré!

Et le petit cadeau bonus? Cette video du Fuego, où les images de la webcam sont mises en parallèle avec l’enregistrement de l’activité sismique , c’est assez parlant (les explosions sont synchrones du signal sismique… hmm, à moins que ça ne soit le contraire):

 

tableau 8-14
Tableau récapitulatif – C’est écrit trop petit? Cliquez dessus pour agrandir.

 

Accès direct aux textes concernant les volcans de la semaine:

Copahue
Fuego
Poas
Aira
Bardarbunga
Kilauea
Mayon
Ontakesan
Popocatepetl
Sinabung
Shiveluch
Ubinas

 

Copahue, après les singes précurseurs, l’éruption !
Frontière Chili/Argentine – Altitude 2953 m

J’ai déjà évoqué le cas du Copahue pendant le mois de septembre. Des séismes et des émissions de vapeur et de gaz (sous forme de panaches blancs) y avaient été observés.

Le Copahue avant l’eruption…

Et bien, le Copahue est un bon élève, car après nous avoir montré tous les signes que nous aimons avoir pour anticiper une reprise d’activité, il est entré en éruption le 11 octobre.

Ce jour-là, à 7h52 et 13h49, deux explosions secouent le cratère El Agrio, sur le volcan Copahue (source : SERNAGEOMIN – Servicio Nacional de Geologia y Mineria) générant une série de panaches de cendres gris foncé qui s’élèvent à plus de 3600 m au-dessus du cratère. D’autres petites explosions font suite à ces deux épisodes majeurs. Le niveau d’alerte passe de jaune à orange. Des cameras à proximité du volcan permettent d’observer les panaches qui font alors 1900 m de haut et parcourt 35 km en direction du nord le 12 octobre, puis 2200 m de haut avec une dispersion vers l’est le 13 et enfin 400 m de haut toujours pour une dispersion à l’est le 14.

Actuellement, le volcan Copahue est toujours le siège d’explosions, toutefois, elles sont de plus faible ampleur que celles que je viens d’évoquer.

Fuego, des villages sous les cendres
Guatemala – Altitude 3763 m

 Les 11 et 12 octobre, des explosions ont lieu et produisent des panaches de cendres qui s’élèvent jusqu’à 1950m de haut et parcourent jusqu’à 12 km en direction WSW. Des tephras et blocs sont également éjectées et roulent jusqu’ à 150m sous le cratère, provoquant des tremblements de terre perceptibles dans un rayon de 13 km (source : INSIVUMEH : Instituto Nacional de Sismologia, Vulcanologia, Meteorologia e Hidrologia).

Les retombées de cendres touchent Panimaché (8 km au SW), Morelia (9 km au SW), Santa Sofía (12 km au SW), San Pedro, et Yepocapa (8 km au NW).

Des explosions se produisent jusqu’au 14 octobre, avec des panaches associés et toujours des chutes de blocs, qui par ailleurs sont bien visibles la nuit du fait de leur incandescence.

Voilà ce qu’on peut voir, la nuit, à proximité du Fuego: les blocs incandescents qui dévalent ses pentes sont facilement observables.
Poás, une violente éruption phréatique
Costa Rica – Altitude 2708 m

 Une éruption phréatique de forte intensité a été enregistrée au niveau du lac (chaud) du Poás, le 8 octobre à 17h45 par l’OVSICORI-UNA (Observatorio Vulcanologico y Sismologico de Costa Rica – Univsersidad Nacional). Cette éruption a duré une minute et projeté du matériel volcanique jusqu’à 250 m sous le cratère. La signature sismique indique que cet évènement est le plus violent parmi tous ceux enregistrées en 2014.

Consultez le site de l’OVSICORI-UNA pour en savoir plus.

Aira, infaillible…
Kyushu (Japon) – Altitude 1117 m

Entre le 6 et le 10 octobre, le JMA (Japan Meteorological Agency) rapporte 6 explosions dans le cratère Showa (caldera Aira, volcan Sakurajima) conduisant à l’éjection de tephras jusqu’à 1300 m de distance… quand même !Le VAAC (Volcanic Ash Advisory Center) de Tokyo note que les panaches consécutifs à ces explosions ont atteint des altitudes comprises entre 1500 et 1800 m et se sont dirigés vers l’ouest. Le niveau d’alerte est maintenu à 3 (sur une échelle de 1 à 5).

Barbarbunga, il continue sur sa lancée
Islande – Altitude 2009m

Pour en savoir plus sur le Bardarbunga et l’activité en cours: consultez cet article:  « Bardarbunga ou pas? »

 Du 8 au 14 octobre, l’IMO (Icelandic MET Office) maintient l’alerte orange pour l’aviation du fait de l’activité incessante sur la fissure éruptive de Holuhraun. La subsidence de la caldera continue, de même que l’effusion de lave dont le taux de production demeure inchangé. La sismicité quant à elle est relativement faible.

Les gaz, issus de l'éruption fissurale de Holuhraun provoquent une pollution du ciel islandais. Ici Le 10/10 à 8h20, vue depuis les bureaux de l'IMO. Image Courtesy of IMO (Icelandic MET Office). Photographe: Þórður Arason.
Les gaz, issus de l’éruption fissurale de Holuhraun provoquent une pollution du ciel islandais. Ici Le 10/10 à 8h20, vue depuis les bureaux de l’IMO. Image Courtesy of IMO (Icelandic MET Office). Photographe: Þórður Arason.

 

En un mot, cette semaine encore, l’activité sur le Bardarbunga est d’une constance sans faille.

 

Kilauea, tranquille, pépère…
Iles d’Hawaii (USA) – Altitude 1222m

 Le HVO (Hawaiian Volcano Observatory) nous rapporte que, entre le 8 et le 14 octobre, le niveau du lac de lave monte et descend occasionnellement dans le cratère Halema’uma’u (l’un des cratères du Kilauea).

Les dépôts de cendres, petites bombes et cheveux de Pelé (tephras) se poursuivent autour de l’évent. Les petites particules peuvent parcourir plusieurs kilomètres.

Les émissions de gaz restent élevées.

 hawai large

La coulée du 27 juin, issue du cratère Pu’u O’o poursuit sa progression. Les volcanologues, qui ont pu survoler la zone le 13, rapportent que la coulée a avancé de 220 m depuis le 10 avec une vitesse moyenne d’environ 75 m par jour depuis le 6 octobre. Le front de coulée est à 1,1 km de la rue Apa’a (ville de Pāhoa, disctrict de Puna). La progression de la coulée provoque encore et toujours des feux de végétation.

 pahoazoom

Le code couleur pour l’aviation reste à orange.

Pour rappel, le cratère Pu’u O’o (zone est du volcan Kilauea) est en activité depuis le 3 janvier 1983. Depuis 31 ans, son activité est sans relâche.

Mayon, ça coule
Ile de Luçon (Philippines) – Altitude 2462 m

 Entre le 8 et le 12 octobre, des panaches blancs (donc dépourvus de cendres) s’échappent du cratère du Mayon et se dispersent dans divers directions : NW, NE, ESE, SE et SSW (source : PHIVOLCS – Philippine Insitute of Volcanology and Seismology). Un survol du volcan, effectué le 12 octobre a permis d’observer une coulée le long du flanc SE. Le nombre de séismes a été faible ces derniers jours, tout comme le nombre d’éboulements, ceci indiquant que l’extrusion de lave se fait lentement, « tranquillement » et que la vitesse de la coulée est peu élevée.

Le niveau d’alerte est maintenu à 3 (sur une échelle de 0 à 5)

Ontakesan, vers un calme tout relatif
Honshu (Japon) – Altitude 3067m

 Les émissions de cendres continuent sur le volcan Ontake les 8 et 9 octobre (source : JMA – Japan Meteorological Agency). Le 10, le panache devient blanc et entre le 10 et le 14, la quantité de cendres émises s’affaiblit. Les séismes sont en dessous du seuil de détection entre le 8 et le 14. Il est vraisemblable qu’après l’explosion violente qui l’a secoué à la fin du mois dernier, le volcan revienne rapidement à son état de repos (tout relatif), ce qui est un comportement assez classique pour ce genre d’éruption.

Le 12 octobre, le bilan humain, suite de l’éruption brutale du 27 septembre, fait état de 56 tués ; 7 personnes sont toujours portées disparues.

Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 5).

Pour plus de details, consultez ces articles:  « Monsieur Ontake pique une colère » et« Etait-ce prévisible? »

Popocatépetl, jamais vraiment à l’arrêt
Mexique – Altitude 5426 m

L’activité fumerolienne et sismique est continue sur le Popo, je n’en parle pas systématiquement mais il ne faut pas l’oublier, d’autant que cette semaine, cette activité devient plus tangible.

Les émissions de vapeur, gaz et occasionnellement de petites quantités de cendres se poursuivent sur le Popocatépetl, essentiellement trahies par leurs signatures sismiques puisque la couverture nuageuse rend souvent les observations visuelles impossibles (source : CENAPRED – Centro Nacional de Prevencion de Desastres).

Les 7 et 8 octobre, les panaches de cendres atteignent 1000 m de haut et se dispersent vers l’ouest. Des retombées sont rapportées dans les secteurs de Cuautla (43 km au SW), Tetela del Volcán (20 km au SW), Huaquechula (30 km au SSW), et Morelos (60 km au SW).

Activité sur le Popo le 7/10

Le 9, les panaches de cendres atteignent 800 m et se dirigent en direction du NW. Le 10, ce sont des panaches de cendres et gaz qui sont observés (1400 m de haut). Le 12, un nouveau panache de cendres s’élève à 2000 m et se disperse vers le NE. Les retombées touchent cette fois-ci Paso de Cortés (8 km au NNW) et Tlalmanalco (30 km au NW).

Sinabung, reprise d’une activité bien marquée
Indonésie – Altitude 2460 m

Le VAAC de Darwin (Volcanic Ash Advisory Center) rapporte une éruption sur le Sinabung, observée grâce à une webcam, le 8 octobre à 12h48. Cette dernière a donné naissance à un écoulement pyroclastique et à un panache de cendres qui a atteint 4900 m d’altitude et s’est dispersé vers l’est.

D’autres éruptions ont eu lieu le 9 octobre à 6h36 et 11h07, entraînant la formation de panaches de cendres allant jusqu’à 6100 m d’altitude. Des panaches sont également observés le 11 (3000 m d’altitude) et le 14 (4000 m d’altitude).

Shiveluch, s’extrude tout seul dans son coin
Kamchatka (Russie) – Altitude 3283m

L’extrusion (= mise en place) du dôme de lave sur le flanc nord du Shiveluch continue et s’accompagne d’explosions, de production de cendres, d’avalanches chaudes et d’une activité fumerolienne (source : KVERT – Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team). Une anomalie thermique est mesurée par satellite au niveau du dôme le 3, 8 et le 9 octobre. Les nuages masquent le volcan les autres jours.

Le code couleur pour l’aviation reste à orange.

Ubinas, l’activité semble s’essouffler
Pérou – Altitude 5672 m

Une activité explosive se déroule sur l’Ubinas depuis quelques mois mais cette semaine celle-ci semble s’affaiblir.

Le niveau d’alerte sur l’Ubinas a été abaissé à jaune. En effet, la sismicité, le nombre d’explosions et la production de dioxyde de soufre ont nettement diminué. Cependant, l’IGP (Instituto Geofisico del Perú) et le INGEMMET (Instituto Geologico Minero y Metalúrgico) s’attendent tout de même à ce que des émissions sporadiques de cendres et des explosions se produisent encore.

Activité mondiale du 3 au 9 septembre

L’activité est bien fournie cette semaine, de l’ile lilliputienne la plus inconnue aux mastodontes médiatiques, faisons un tour d’horizon en cartes et vidéos.

Aujourd’hui je laisse la vedette à deux toutes petites iles volcaniques: Barren (en mer d’Andaman) et Manam en Papouasie Nouvelle Guinée. Pour qu’elles existent un petit peu dans l’esprit des hommes…

A l’opposé, je reviens faire le point sur le très médiatique Bardarbunga. Contrairement à ce que vous pouvez lire ou entendre, non, le Bardarbunga n’est pas à l’arrêt ! Explications ci-dessous…

Enfin, comme il est assez peu commun de maitriser sa géographie islandaise sur le bout des jökull(s?), je vous ai rajouté cartes et explications pour essayer d’éclaircir ce brouillard volcanique. Dyngjujökull, au scrabble, ça peut faire son effet. Et vous allez enfin comprendre où il est situé.

tableau 3-9
Tableau récapitulatif – C’est écrit trop petit? Cliquez dessus pour agrandir.
Ile de Barren, vit sa vie mais est surpris de temps à autre
Archipel d’Andaman (Inde) – Altitude 354m

 Le Darwinn VAAC (Volcanic Ash Advisory Centre) rapporte l’émission de cendres depuis l’ile de Barren. Cette information est basée sur un SIGMET émis le 9 septembre à la mi-journée. Un SIGMET est un « SIGnificant METeorological Informaion », message destiné aux aéronefs et signalant les phénomènes météorologiques dangereux.. Le panache étant peu développé, il n’a pu être identifiable sur les images satellites.

L’ile de Barren se trouve 1500km à l’est du continent indien, en Mer d’Andaman (dézoomez la carte ci-dessus pour visualiser)

Manam, pris en flag’ par images satellites
Papouasie Nouvelle Guinée – Altitude 1807m

 Des images satellites en date du 6 septembre montrent une propagation de cendres au dessus de l’île de Manam à 10h32 et 11h32. Le panache atteint 2100m de haut et parcourt 27 km vers le nord-ouest. Manam vient compléter le tableau des deux volcans de Papouasie Nouvelle Guinée dont j’ai parlé la semaine dernière : le Tavurvur (Rabaul) et le Bagana (plus discret cette semaine).

Manam
Manam, le Tavurvur et le Bagana
Aira, un volcan à hauts risques
Kyushu (Japon) – Altitude 1117 m

 Le niveau d’alerte 3 est maintenu par le JMA (Japan Meteorological Agency) sur la caldeira Aira (volcan Sakurajima).

L’Aira est toujours aussi explosif avec 41 explosions enregistrées entre le 1er et le 7 septembre. L’émission de cendres est rapportée par le VAAC de Tokyo mais elle n’est pas observable sur les images satellites et ce jusqu’au 9 septembre. Le 9 septembre, à 4h37, on peut enfin observer le panache sur les images satellites, il atteint alors 3300m et se dirige vers le sud. Une activité sismique est également enregistrée.

 Asosan, 1200 tonnes de SO2 par jour !
Kyushu (Japon) – Altitude 1592 m

C’est à cela qu’a ressemblé l’activité de notre bon Monsieur Aso cette semaine

Le 1er septembre, une éruption a lieu sur le cratère Nakadake, elle engendre un petit panache de couleur blanc cassé (on est très à cheval sur les couleurs en volcano…), ce qui suggère la présence d’un petite quantité de cendres (source : JMA : Japan Meteorological Agency). Ce panache atteint 1200 m de haut. Les séismes d’origine volcaniques sont importants : entre 48 et 92 par jour du 1er au 4 septembre ; et entre 55 et 129 par jour du 5 au 7.

Une éruption a également lieu le 6 avec un panache consécutif de 600 m de haut.

Le taux de SO2 émis est toujours notable : 1200 tonnes par jour.

Barbarbunga, non, il n’est pas à l’arrêt !
Islande – Altitude 2009m
Le site de l'éruption, en Islande
Le site de l’éruption, en Islande

 Entre le 3 et le 9, les émissions de lave, de gaz et une activité sismique élevée continuent dans le secteur de Holuhraun. Les observations de terrain montrent toutefois que la production de cendres est négligeable.

Des images radar montre une dépression de 0,5 à 1 km de large au niveau du glacier Dyngjujökull (situé à environ 2 km au sud de l’endroit où se déroule l’éruption). Le Dyngjujökull est un lobe glaciaire situé à l’extrémité septentrionale du Vatnajökull, l’énorme calotte de glace située au sud-est de l’Islande).

Le 4, l’activité effusive est constante et la coulée émise recouvre alors 10,8 km2. Le 5, deux nouvelles fissures sont observées au sud de la zone active. Ces fissures produisent de la lave, mais à un taux moindre que la fissure principale. Un panache de vapeur est observé ce jour-là, il atteint 460 m de haut.

Le 6, de grands changements sont observées au niveau du glacier situé au-dessus du Bardarbunga (le Vatnajökull) : une large zone, correspondant au plancher de la caldera du Bardarbunga s’est enfoncée. Il n’y a pas de signes d’éruption. Il s’agirait donc « seulement » d’une subsidence d’origine tectonique (disons « mécanique »).

Le Bardarbunga est situé sous le Vatnajökull et les fissures actuellement actives à Holuhraun en sont le prolongement.

Parallèlement, on remarque que deux petites dépressions sont apparues au niveau du Dyngjujökull (pointe nord du Vatnajökull), suggérant que de brèves éruptions sous-glaciaires ont eu lieu.

bardarZOOM
C’est vrai qu’on s’y perd un peu dans les jökull(s?) islandais. Dyngjujökull est un lobe glaciaire situé à la pointe nord du Vatnajökull

Le 7 septembre, le taux d’effusion sur la fissure principale est de 100 à 200 m3 par seconde… c’est pas mal. Ce jour-là, la coulée rejoint une rivière (Jökulsá á Fjöllum), de la vapeur est produite mais aucune activité explosive significative due à la rencontre entre l’eau et la lave n’est rapportée.

Les 8 et 9, les deux petites fissures méridionales, ouvertes le 5, semblent se mettre à l’arrêt. La totalité de l’ère recouverte par les coulées atteint alors 19 km2.

Le code pour l’aviation civile est orange.

Non, décidément, on ne peut pas dire que le Bardarbunga ait ni cessé, ni diminué en activité…

Bezymianny, pour qu’on ne l’oublie pas
Kamchatka Central (Russie) – Altitude 2882m

 Une activité sismique de faible intensité continue ainsi qu’une activité fumerolienne modérée. Une petite anomalie thermique est également rapportée par les données satellite (c’est un peu chaud). Bref, le Bezymianny n’est pas complètement au repos mais pas franchement actif non plus… Volcan « ni-ni ».

Fuego, un lahar de 75m et une route coupée.
Guatemala – Altitude 3763 m

Le 2 septembre, un lahar roule sur le flanc sud-ouest : 75 m de large pour 2,5m de haut. Cet écoulement boueux coupe la route qui relie Santa Lucia Cotzulmaguapa et les petits villages de Morelia, Santa Sofía, and Panimaché.

Du 3 au 9, le INSIVUMEH (Instituto Nacional de Sismologia, Vulcanologie, Meteorologia e Hidrologia) rapporte que des panaches de fumerolles atteignent de 300 à 600 m au-dessus du sommet du Fuego. Des explosions faibles à modérées avec expulsions de cendres ont lieu chaque jour avec des panaches de 500 à 800 m. On rapporte également de petites avalanches de débris, toujours sur le quart sud-ouest des flancs du volcan.

Les villages de Yepocapa (8 km au WNW), Sangre de Cristo (8 km au WSW), Panimaché I and II (8 km au SW), Morelia (10 km au SW), Santa Sofía (12 km au SW), Yucales (12 km au SW), et Porvenir (8 km au ENE), entre autres, subissent des retombées de cendres.

 Karymsky, discret
Kamchatka oriental (Russie) – Altitude 1536m

L’activité sismique demeure modérée à faible cette semaine. Un panache de cendres de 4000m de haut a pu être observé par satellite le 3, il s’est propagé 9km vers le ouest-sud-ouest. C’est donc une activité bien réelle mais relativement discrète. (source : KVERT : Kamchatkan Volcanic Erutpion Response Team)

Brochette de volcans, Pacifique nord
Brochette de volcans, Pacifique nord
 Kilauea, et la coulée ? Et ben… elle coule toujours
Iles d’Hawaii (USA) – Altitude 1222m

 Le HVO (Hawaiian Volcano Observatory) nous rapporte que, entre le 3 et le 9 septembre, le niveau du lac de lave monte et descend dans le cratère Halema’uma’u, restant entre 50 et 60 m en dessous des lèvres du cratère.

Les dépôts de cendres, petites bombes et cheveux de Pelé se poursuivent autour de l’évent. Les petites particules parcourent plusieurs kilomètres. Les émissions de gaz restent élevées, particulièrement le 2 (entre 3300 et 6700 tonnes de gaz par jour).

Quelques imprécisions dans le commentaire mais cette video donne une bonne idée de ce qui se passe à Hawaii.

Au niveau du cratère Pu’u O’o, il n’y a pas beaucoup de changement. Le 3, le niveau d’alerte a cependant était élevé du fait de l’avancée de la coulée du 27 juin. Le 10 septembre, elle avait parcouru 14,5 km et n’est plus qu’à 600 m de la lisière est de la réserve forestière Wao Kele. Contrairement à ce que l’ont pensait la semaine passée, elle n’a pas encore atteint les habitations. Elle devrait atteindre Kaohe dans un jour et demi et la route de Pāhoa d’ici 14 à 16 jours. Cette prévision est appelée à être revue constamment en fonction des obstacles que la coulée va rencontrer ou non durant son parcours.

Pour rappel, le cratère Pu’u O’o (zone est du volcan Kilauea) est en activité depuis le 3 janvier 1983. Depuis 31 ans, son activité est sans relâche.

Kuchinoerabujima, sur le pied de guerre
Iles Ryukyu (Japon) – Altitude 657 m

 A classer parmi les volcans « ni-ni ». Il montre des signes tangibles d’activité. Pourtant, il n’y a pas de manifestations « extérieures » de cette activité (explosions, panaches de cendres, coulées…)

Le niveau d’alerte est maintenu à 3. La sismicité augmente entre les 3 et 5 septembre et des panaches de gaz et vapeur sont fréquents. A surveiller donc.

Poás, l’impulsif
Costa Rica – Altitude 2708m

 Trois éruptions phréatiques ont eu lieu dans le lac de cratère du Poás (le lac naturel le plus acide au monde : pour rappel, son pH avoisine zéro). Ces éruptions associant eau et magma ont eu lieu de 27 août, à 2 minutes d’intervalle les unes des autres. L’une d’elle a généré un panache qui s’est élevé 200m au-dessus de la surface du lac.

Sur le Poás, ce type d’éruption a tendance à se produire de façon « impulsive », sans singes précurseurs et elles sont de courtes durées (5 à 10 secondes). Source : OVSICORI-UNA : Observatorio Vulcanologico y Sismologico de Costa Rica – Universidad Nacional.

Popocatépetl, activité continue
Mexique – Altitude 5426m

 L’activité est sismique et s’accompagne de l’émission de gaz dont de la vapeur. Le 7, un panache de cendres atteint 1000 m de haut et se dirige cap ouest-nord-ouest.

 Rabaul (Tavurvur), il récupère…
Papouasie Nouvelle Guinée (Nouvelle Bretagne) – Altitude 688m

 Du 31 août au 5 septembre, le Tavurvur, situé dans la caldeira de Rabaul, est demeuré plutôt calme. Toutefois, de la vapeur a pu être aperçue, s’échappant du sommet et prenant parfois des teintes bleutées. Des grondements sont perceptibles les 30 et 31 août.

La sismicité reste élevée avec une fréquence en nette baisse toutefois (10 évènements enregistrés par jour début septembre contre 80 fin août). Le Tavurvur semble donc marquer une pause par rapport à son coup d’éclat de la semaine passée (source : Rabaul Volcano Observatory).

Revendator, vapeur, cendres et explosions
Equateur – Altitude 3562 m

 L’IG (Instituto Geofisico) qualifie l’activité du Reventador de modérée avec des explosions et des tremblements de terre.

Comme la semaine passée, la couverture nuageuse rend souvent les observations difficiles. Toutefois, du 5 au 8 septembre, l’émission de vapeur ainsi que d’une faible quantité de cendres est mise en évidence. Dans la matinée du 5, une explosion engendre un panache et éjecte des blocs jusqu’à 500 m en dessous du cratère (flanc ouest). Une explosion est également détectée par caméra thermique dans la journée suivante. Le 7, des grondements sont entendus et un panache de 1000m de haut est observable. Le 8, c’est un nuage de vapeur contenant un petit peu de cendres qui est produit.

Une anomalie thermique est mesurée par satellite.

Santa Maria, spécialiste des lahars
Guatemala – Altitude 3772m
Palajunoj, aux pieds du Santa Maria
Palajunoj, aux pieds du Santa Maria

 Du 3 au 9, le Santa Maria connaît une activité fumerolienne (INSIVUMEH : Instituto Nacional de Sismologia, Vulcanologie, Meteorologia e Hidrologia). De plus, une coulée de lave active sur le flanc est continue de générer des panaches de cendres. Le 4, c’est une fine pluie de cendres qui se disperse à l’ouest dans le secteur de Palajunoj (18 km au SSW). Le 7 septembre, un puissant lahar est détectée grâce à sa signature sismique (avec mobilisation de particules de tailles fines jusqu’aux blocs : plus de 40 m).

Des odeurs de soufre sont également rapportées.

 Shiveluch, la croissance du dôme continue
Kamchatka (Russie) – Altitude 3283m

L’activité explosive et effusive continue au Shiveluch (KVERT : Kamchatkan Volcanic Erutpion Response Team). C’est la mise en place (extrusion) d’un dôme de lave (lave visqueuse) sur le flanc sud-est qui domine le dynamisme du Shiveluch actuellement : explosions modérées avec production de cendres, activité fumerolienne et avalanches de débris. Les données stellites montre la persistance d’une anomalie thermique dans la zone du dôme, ce qui est, somme toute, logique.

Le niveau d’alerte est maintenu à « orange ».

 Tungurahua, de nombreux villages sous les cendres
Equateur – Altitude 5023 m

 L’activité demeure modérée à forte (IG : Instituto Geofisico). Des explosions sont observées quotidiennement.

¡Esa es la mamá!

Le 3 septembre, les secteurs de Manzano (8 km au SW), Choglontus (13 km au WSW), Tisaleo (29 km au NW), Quero Alto (20 km au NW), et Quinchicoto subissent des retombées de cendres grises voir noires. L’après-midi de ce même jour, un écoulement pyroclastique dévale 500 m sous le cratère. Des retombées de cendres ont à nouveau lieu le 5 dans les villes de Manzano et Palitahua (6 km au SSW). A 12h10, un panache atteint 1500m et se disperse dans un quart sud-ouest.

Les 6, 7 et 8, plusieurs villages sont à nouveau touchés par des retombées de cendres noires : zones de Penipe (15 km au SW), Puela (8 km au SW), Pillate (8 km à l’ouest), Galán (au WNW), sud de Quero (20 km au NW), Palitagua (au SW), Manzano, Cevallos (23 km au NW), Mocha (25 km à l’ouest), Tisaleo et Bilbao (8 km à l’ouest).

Ubinas, l’éruption continue et c’est pas de la blague
Pérou – Altitude 5672 m

 Des panaches de vapeur s’élèvent du cratère les 3, 4 et 9 septembre. Une sismicité faible est rapportée. Un panache de cendres est observé le 5 à 8h58 atteignant 1000m de haut et se dispersant vers le sud. Un second se produit la même journée à 13h27 mais il n’atteint « que » 500 m de haut.

L'Amérique Centrale est immensément riche... de volcans
L’Amérique Centrale est immensément riche… de volcans

Le 8, ce sont 5 explosions qui se succèdent, la plus forte ayant lieu le matin et produisant un panache de 1200 m de haut. Le plus haut panache produit ce jour-là atteint 1900m de haut. Des retombées de cendres sont rapportées au sud.

Les 8 et 9, le VAAC de Buenos Aires (Volcanic Ash advisory Centre) passe le code couleur pour l’aviation à « orange ».

Le 9, les émissions de vapeur et gaz atteignent 7300 m de haut.

 Zhupanovsky, le fidèle petit dernier du classement
Kamchatka (Russie) – Altitude 2958 m

Selon le KVERT (Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team) une éruption explosive d’intensité modérée se poursuit au Zhupanovsky. Le 1er, il produit un panache de 3500m de haut et se dirigeant vers le nord-ouest. D’autres panaches sont détectés le 4 septembre. L’anomalie thermique mesurée au sommet est persistante.

Le 7 septembre; le KVERT a pu observé 3 importants panaches : 10, puis 38, puis 72 km de long pour une altitude de 2500 à 3000 m.

En bref, l’émission de panaches y est casi-continue mais il n’est pas toujours aisé de les observer du fait de la couverture nuageuse qui masque fréquemment les abords du volcan.

Activité mondiale du 18 au 24 juin

Activité volcanique mondiale du 18 au 24 juin

Le Pavlof était entré en fanfare la semaine où j’inaugurais cette rubrique… et le voilà qui s’essouffle désormais. Les volcans, ça va, ça vient, un coup en haut de classement, un coup dans les bas-fonds: exactement comme à l’epoque du top 50…

D’ailleurs je tiens à préciser que la liste que je présente ici n’est pas, ne sera pas et ne peut pas être parfaite ni complète dans l’absolu. Je m’explique : il est impossible de lister tous les volcans qui ont un soubresaut d’activité de part le monde chaque semaine. J’y passerai des nuits entières et le résultats serait tout simplement rébarbatif.

Je fais place à ceux qui ont une activité significative : coulées, panaches, lahars, éjections, explosions et de ceux dont l’actvité est « entre-deux-eaux », continue mais pas toujours franche du collier. Bref, la volcanologie n’est pas une science de la dichotomie et parfois les choses ne sont ni noires, ni blanches mais… grises?

Cette semaine, si vous ne devez n’en lire qu’un, aller donc voir ce qui se passe au Poás,  représentant du Costa Rica et au volcanisme atypique.

Merci au comparse qui, de retour d’Indonésie, me prête la photo en une de cet article et qui se reconnaitra.

Recap de l'activité de cette semaine
Recap de l’activité de cette semaine, cliquez pour agrandir
 Kusatsu-Shiranesan, signes pré-eruptifs Monsieur Shirane !
Honshu (Japon) – Altitude 2165m

Le JMA (Japan Meteorological Agency) note des anomalies de température (c’est chaud !!), des déformations et une sismicité élevée sur le cratère du Kusatsu-Shirane, observés depuis le début mars et marqués entre les 13 et 20 juin.

Le niveau d’alerte est porté à 2 sur une échelle de 1 à 5.

Piton de la Fournaise, oté volcan la pété !!
Ile de La Réunion – Altitude 2632m

Comme je l’ai indiqué samedi, l’activité sur le volcan a repris le samedi 21 juin à 1h20 après une période de forte activité sismique. Ce réveil marque la fin de trois ans de sommeil.

Entre le 7 et le 20 juin, des séismes volcano-tectoniques, dues à des effondrements de roches (et non à des mouvements de magma en profondeur à proprement parler) ont été enregistrés par l’Observatoire Volcanologique du Piton de la Fournaise (OVPDLF). Le plus fort a eut lieu le 17. Ces séismes ont été très localisés à l’intérieur du cratère Dolomieu. Cependant, il n’y eut ni émissions importantes de gaz ni indicateurs de déformation pré-éruptive.

Le 21 juin, à 00h06, une activité sismique intense se manifeste, cet épisode dure 74 minutes. Une déformation localisée est observée à partir de à 00h20 et dure environ 3 heures. De nouveaux séismes se manifestent vers 1h20 et une incandescence est observé par les cameras à partir de 1h35, moment où l’on considère que l’éruption commence. Cette éruption est entièrement contenue dans l’enclos Fouqué, à l’ESE de la zone centrale.

Les survols en hélicoptère ont permis de montrer une fontaine de lave active, accompagnée de projections et à l’origine de deux coulées d’environ 1,5 km de long au total. A 1990m d’altitude, au niveau du cratère Langlois (environ 2 km au SE du Dolomieu), la coulée initiale se sépare distinctement en deux langues de lave, l’une dépasse le cratère Langlois de 250m et part vers l’est, l’autre de 500 m en direction du SE.

L’accès à l’enclos est interdit au public.

Diapositive1
Stromboli, en mode camembert (coulant),
Iles éoliennes (Italie) – Altitude 924 m

Deux épisodes effusifs (ça coule) sont rapportés par l’Osservatorio Etneo, un le 17 juin et un autre le 22.

Le 17 au matin, l’activité se manifeste dans la partie centrale du cratère terrace (Bocca 52). Cet épisode a duré quelques heures et produit une petite coulée, partie en direction de Pizzo Sopra la Fossa. Il s’accompagne de quelques éjections de scories à caractères explosifs.

Le 22, c’est une augmentation nette de l’activité strombolienne (plus d’explosivité) qui a lieu sur tous les cratères, avec pour conséquence des dépôts important le long du Sciara del Fuoco. Une coulée de 200 m de long s’est épanchée depuis la bouche notée N2 partie nord du cratère terrace.

Pendant la soirée, les coulées ralentissent. Elles s’arrêtent complètement le lendemain alors que l’activité strombolienne diminue.

El Misti, sismicité en hausse
Pérou – Altitude 5822m

L’IGP (Instituto Geofisico del Perú) note que pendant les 12 mois qui viennent de s’écouler, le Misti a surtout été le siège de séismes volcano-tectoniques (des séismes dus à des effondrements de lave et dépôts déjà en place). Deux bouquets de seimes (plus de 100 séismes dans une même journée) ont été enregistrés les 19 mai et 3 juin. La sismicité augmente doucement (mais sûrement ?) ces quinze derniers jours et leur fréquence est quotidienne.

L’Etna déborde…
Sicile (Italie) – Altitude 3330m

 Une petite activité strombolienne (alternance d’épisodes explosifs et effusifs) a continué jusqu’au 10 juin sur le nouveau cratère SE de l’Etna (NSEC).

Des explosions ont projeté des matériaux pyroclastiques incandescents quelques dizaines de mètres sous la bordure dudit cratère.

A la mi-juin, la lave déborde sur le bord SE du cratère, formant une coulée qui a descendu sur le coté ouest de la Valle Del Bove. Un cône de projetions s’est également formé sur le secteur est

Poás : Laguna Caliente, un des lacs les plus acides au monde !
Costa Rica – Altitude 2708m

Le Poás est chapeauté par deux lacs de cratère. L’un ne connaît plus d’activité (le Botos, dernière éruption il y a 7500 ans) mais l’autre, le Laguna Caliente, est le siège d’éruptions phréatiques : le réservoir magmatique en profondeur chauffe le fond du lac comme le c… d’une vieille marmite. Le magma et l’eau ne se rencontrent pas pour l’instant mais la chaleur du réservoir vaporise la partie basale de l’eau du lac qui sporadiquement se vaporise, provoquant des explosions dites phréatiques.

Le Laguna Caliente est l’un des lacs naturels les plus acides au monde avec un pH proche de zéro (précision importante qui provoquera l’émotion chez les scientifiques de coeur, dont je fais partie : « un pH»0 ? Waooh ! »)

Le 20 juin, à 10h08, une éruption phréatique ébranle le Poás (source : Observatorio Vulcanologico y Sismologico de Costa Rica : OVSICORI-UNA). L’explosion a entrainé la formation d’un panache de 200m de haut. Ce panache était principalement constitué de vapeur d’eau et de sédiments pulvérisés du lac de cratère ainsi que d’autres gaz tels que SO2, H2S, HCL, HF. C’est la seconde explosion phréatique qui a lieu en juin (la première a été mise en évidence par le personnel du Parc National et a eut lieu la nuit du 1er au 2 juin).

Hélas, il n’y a pas d’images de ces évènements.

Le personnel de l’observatoire a noté que de petites éruptions phréatiques ont eu lieu DANS le lac le 18 juin entre 10h et 13h43, l’une d’elles ayant relâchées dans l’air une forte odeur de soufre et provoqué des vagues de grandes amplitudes dans les eaux du lac. La température de l’eau est actuellement de 44.6°C et le pH de 0,49 (et donc extrêmement acide).

Popocatépetl,
Mexique – Altitude 5426m

Entre les 18 et 23 juin, la sismicité est significative, elle traduit l’émission de vapeur, gaz et sporadiquement de cendres. Des explosions au sommet sont détectées, et il y en a de 5 à 30 par jour ! J’ai accordé une petite brève, à l’une d’elle, pour revoir cet instant magique où le panache part: cliquez sur ce lien. Ces explosions produisent des panaches de 500 à 2500 m de haut qui ne contiennent que de faibles quantités de cendres.

Reventador, explosions nombreuses
Equateur – Altitude 3562m

Au Reventador, les observations ne sont pas faciles, à cause de la fréquente couverture nuageuse. Cependant, l’IG (Instituto Geofisico – Escuela Politécnica Nacional) rapporte que, entre les 18 et 24 juin, des panaches de cendres pouvaient êtres observés ainsi qu’une zone incandescente dans la nuit du 17 juin.

Au total, 30 explosions ont été mises en évidence par leurs signatures sismiques.

Les cameras infrarouges ont enregistré le mouvement de matériel incandescent descendant le flanc NE. Les habitants de San Rafael (8 km ESE du volcan) disent avoir entendu des grondements les 19 et 20 juin.

Sinabung, moitié dôme, moitié coulée
Indonésie – Altitude

Au Sinabung, un dôme de lave est en croissance avec une morphologie inhabituelle, assez allongé. Ni vraiment une coulée (la lave y est trop visqueuse), ni vraiment un dôme. Cette croissance continue et s’accompagne d’avalanches de front de coulée, avalanches qui représente une menace tangible pour les zones S et SE dans un rayon de 5 km à compter du sommet.

L’alerte est maintenue au niveau 3 sur une échelle de 1 à 4.

Tungurahua, des lahars petits mais costauds…
Equateur – Altitude 5023m

Les conditions d’observations sont mauvaises entre le 18 et le 23 juin mais le niveau de sismicité reste faible.

Cependant, de fortes pluies dans la nuit du 22 ont causé la formation de petits lahars mobilisant des blocs de plus de 25 cm de diamètre.

Zhupanovsky
Kamtchatka (Russie) – Altitude 2958 m

Des images satellites laissent apercevoir des panaches de gaz et vapeur mêlés avec de discrets panaches de cendres, atteignant plus de 4500m de haut. Les images satellites permettent aussi de relever une anomalie thermique les 14-15 et 17-19 juin.

Le niveau d’alerte pour l’aviation est élevé de jaune à orange.

 Aira,
Kyushu (Japon) – Altitude 1117 m

 Le JMA (Japan Meteorological Agency) note qu’entre les 13 et 23 juin ce sont entre 4 et 10 explosions qui sont enregistrées chaque jour dans le cratère Showa (Caldeira de Aira, volcan Sakurajima). Les tephras émis lors de ces explosions sont transportés jusqu’à 1800 de leur point d’émission.

Le 19, une explosion d’importance plus marquée a duré 17 minutes, produisant un panache de 3000 m de haut environ.

Fuego, il gronde…
Guatemala – Altitude 3763m

L’INSIVUMEH (Instituto Nacional de Sismologia, Vulcanologia, Meteorologia e Hidrologia) rapporte que, entre les 18 et 23 juin, entre 7 et 23 explosions sont enregistrées chaque jour, provoquant la formation de panaches de cendres de faible ampleur (3900 à 4400 m de haut quand même). Des grondements sont entendus les 17-18, 22 et 24 juin, ressemblant parfois à des bruits de turboréacteurs, selon les témoins.

De petites avalanches ont lieu à l’intérieur du cratère.

Les 18 et 19 juin, des retombées de cendres assez ténues sont relevées dans les villes se situant dans un rayon de 15 km à compter du sommet, particulièrement : El Porvenir (8 km ENE), Los Yucales (12 km SW), Santa Sofía (12 km SW), Morelia (10 km SW), et Panimaché (8 km SW). L’activité fumerolienne continue entre les 18 et 24 juin avec des panaches de gaz allant jusqu’à 4200m de haut.

Kilauea,
Iles d’Hawaii (USA) – Altitude 1222m

 Le HVO (Hawaiian Volcano Observatory) nous rapporte que… le niveau du lac de lave monte et descend dans le cratère Halema’uma’u…Vraiment poignante cette info !

On précise toutefois que le niveau du lac de lave a chuté significativement (plusieurs mètres) le 21 Juin pour ensuite revenir environ 34-35 m sous le plancher de cratère Halema’uma’u le 22 Juin.

Les émissions de gaz restent élevées. Les émissions de SO2 sont généralement supérieures à 10 ppm et dépassent fréquemment les 50 ppm (limite supérieur des détecteurs) quand les alizés sont modérés (les gaz se dispersent moins).

Les dépôts de cendres, petites bombes et cheveux de Pélé se poursuivent autour de l’évent. Les petites particules parcourent plusieurs kilomètres.

Du cratère Pu’u O’o continuent de s’échapper de petites coulées (5 cartographiées le 17) ainsi qu’une plus importante qui provoque toujours des feux de forêts et de végétation au sens large. C’est une coulée lente s’affaiblit depuis quelques mois.

Au Santa Maria, explosions et panaches
Guatemala – Altitude 3772 m

Cette semaine, l’éruption continue sur le dôme de lave du Santa Maria.

La 18 juin, des avalanches mineures sont rapportées par l’INSIVUMEH ainsi qu’un lahar chaud dévalant la pente sud et charriant des blocs de 50 à 150 cm de diamètre, des troncs d’arbres et des branches. Ce lahar mesurait 30 m de large pour 1,5 m de profondeur et sentait très nettement le soufre.

Des grondements et une éruption sont observés le 19 juin à 6h30, avec la formation d’un panache de cendres de 3100m de haut, se dispersant vers le SW. Un autre panache est engendré le 21 à 5h52 atteignant 3000m de haut et dérivant toujours vers le SW. Le 22, trois explosions produisent un nouveau panache, il y a également une faible explosion le 23 à 6h15 (accompagnée d’un panache de 3200m) et une autre le 24 à 6h11.

Des avalanches sont observées en front de coulées.

Des panaches dus au dégazage du volcan sont également produits

Les 23 et 24, les retombées de cendres, abondantes, provoquent la formation de lahars de tailles modérées.

 Shiveluch
Kamchatka, Russie – Altitude 3283m

 La mise en place du dôme s’accompagne d’explosions, d’expulsion de cendres, d’avalanches chaudes et d’activité fumerolienne. Les images satellites montrent une anomalie thermique et une panache de cendres dérivant de 70 km vers le SW entre les 15 et 18 juin.

 Ubinas, pluies de cendres aux environs
Pérou – Altitude 5672m

 Des explosions et des séismes intermittents sont relevées du 18 au 23 juin. Les panaches qui accompagnent cette activité sont suivis de dépôts de cendres, notamment relevés à Querapi (4 km au S) le 18 juin.

Le 19 juin, le réseau sismique et les enregistrements mettent en évidence deux explosions. Les émissions de gaz et cendres consécutives à ces explosions atteignent 1200m de haut. Les retombées frappent les villes de : Ubinas (6,5 km au SSE), Querapi, Escacha, Tonohaya (7 km au SSE), et San Miguel (10 km au SE).

Il n’y a pas d’explosion le 2O mais les émissions de gaz et cendres se poursuivent. Le 21 on enregistre 6 explosions (retombées de cendres à Ubinas, Lloque, et Yunga), et une seule le 22. Il n’y a pas d’explosion le 23 mais la production de cendres et gaz n’est pas interrompue (6 panaches reportés ce jour-là)