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Activité mondiale du 3 au 9 décembre 2014

Le Bardarbunga, une éruption majeure

 

Cette semaine, j’ouvre mon introduction sur le volcan qui fut, à la fin de l’été, entre les articles sur les méduses et ceux sur le prix des fournitures scolaires, la coqueluche des journalistes.

Le Bardarbunga…

Si dans la presse traditionnelle, on ne le voit plus guère, il n’a cessé d’habiter le Volcablog. Et cette semaine, il a la place d’honneur. Pourquoi? D’une part, parce que, le 9 décembre, le Bardarbunga a passé les 100 jours consécutifs d’activité; d’autre part, parce qu’un travail de synthèse, effectué par la Proctection Civile islandaise montre que le Bardarbunga entre dans le domaine des éruptions effusives majeures de l’histoire en Islande et donc dans l’histoire de la volcanologie (vous pourrez lire les details ci-dessous).

Allez également faire un tour du coté du Fogo. Une accélération dans la progression de la coulée a malheureusement conduit à la destruction de deux villages situés dans la caldera de Cha.

christmasvolcano

Enfin, je reparle de quelques volcans du bout du monde où l’activité continue mais dont les nouvelles nous arrivent de façon sporadiques. Nous avons par exemple l’Ambrym : le VGO nous fait part de ces travaux pour les mois de novembre et début décembre.

Pour finir cette longue introduction, je tiens à préciser que rien ne se passe de nouveau au Piton de la fournaise. Et ben donc, je n’en parlerai pas davantage!

Bonne lecture à vous tous.

Tableau récapitulatif – C’est écrit trop petit? Cliquez dessus pour agrandir.
Tableau récapitulatif – C’est écrit trop petit? Cliquez dessus pour agrandir.

 

Accès direct aux textes concernant les volcans de la semaine:

Ambrym
Mayon
Ontakesan
Popocatepetl
Reventador
Turrialba

Aira
Asosan
Bardarbunga
Fogo
Kilauea
Sinabung
Shishaldin
Shiveluch
Zhupanovsky

  • Ambrym, en baisse
Vanuatu – Altitude 1334 m

 

 Le 8 décembre, l’observatoire des risques géologiques du Vanuatu (Vanuatu Geohazards Observatory ou VGO) fait le point sur les observations et analyses, menées au cours du mois de novembre et tout début décembre, concernant le volcan Ambrym. Il conclut que le niveau d’activité a légèrement baissé. Du coup, le niveau d’alerte a été abaissé à 1 (sur une échelle de 0 à 4).

Le VGO souligne tout de même que les zones à proximité des bouches éruptives (Benbow, Maben-Mbwelesu, Niri-Mbwelesu, and Mbwelesu) restent dangereuses.

  •  Mayon, une pause toute relative
Ile de Luçon (Philippine) – Altitude 2462 m

 

 Le Mayon est toujours dans un état d’activité latent. En effet, du 3 au 8 décembre, ce sont des panaches blancs (dépourvus de cendres) qui s’élèvent occasionnellement au-dessus du cratère du Mayon (source : PHIVOLCS – Philippine Insitute of Volcanology and Seismology). Ils se dispersent au WSW, SSW et NW.

Au moins 3 tremblements de terre d’origine volcanique sont enregistrés chaque jour.

Les mesures d’évacuation sont maintenues et le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 0 à 5).

  • Ontakesan, statu quo
Honshu (Japon) – Altitude 3067m

Depuis sa violente éruption du 27 septembre, le Mont Ontake connaît un net retour au calme. Les observations sur le Mont Ontake sont toujours difficiles à cause de la fréquente couverture nuageuse. Le 7 décembre, on peut néanmoins apercevoir des panaches blancs (dépourvus de cendres) qui s’élèvent 100 m au-dessus du cratère (source : JMA – Japan Meteorological Agency).

Le bilan de l’éruption brutale du 27 septembre, est toujours de 56 tués et 7 disparus.

Le niveau d’alerte est maintenu à 3 (sur une échelle de 1 à 5).

  • Popocatépetl, il explose
Mexique – Altitude 5426 m

 Entre le 3 et le 9 décembre, les données sismiques permettent de mettre en évidence une activité marquée par l’émission continue de vapeur et autres gaz, avec, occasionnellement, de petites quantités de cendres (source : CENAPRED – Centro Nacional de Prevencion de Desastres).

PacifiqueEst

Le 3 décembre, un panache de cendres s’élève à 800 m au-dessus du cratère et se dirige vers le WSW. Une explosion ce produit ce jour-là à 21h54. D’autres explosions ont lieu, avec la production de panaches dont les hauteurs sont comprises entre 600 et 800m.

Le lendemain, deux panaches sont observés et atteignent des hauteurs de 400 à 600 m, il se disperse vers le SW.

Le 6, deux explosions ont lieu à 5h44 et 6h08, elles entrainent la formation de panaches contenant peu de cendres et s’élevant à 800m de haut. Ce même jour, un petit éboulement est enregistré par une webcam, il a lieu sur le flanc nord.

Une explosion a lieu à 4h31 le 8 décembre, elle provoque l’éjection de tephras incandescents et la formation d’un panache de cendres qui s’élève à 3000 m au-dessus du cratère.

De petites retombées de cendres ont lieu à Tetela del Volcán (20 km au SW).

Deux explosions ont encore lieu le 9 à 9h17 et 9h33.

  •  Reventador, panaches, panaches…
Equateur – altitude 3562 m

 Entre les 3 et 9 décembre, l’IG (Instituto Geofisico) fait état d’une activité sismique modérée sur le Reventador. Le 3 décembre, on peut observer des émissions de vapeur. Le 4, les panaches contiennent un petit peu de cendres, il s’élèvent à 200 m au-dessus du cratère et se dispersent vers le sud. Le 5 décembre, une webcam permet d’observer les émissions de gaz et de vapeur ainsi qu’une coulée de lave sur le flanc est.

Les panaches de vapeur atteignent jusqu’à 700 m de haut le 7 décembre, ils se dispersent vers le NW, le 9, c’est vers le SW qu’ils se dirigent.

  •  Turrialba, coup de gueule
Costa Rica – Altitude 3340 m

 

 Le 8 décembre, une forte explosion « strombolienne » secoue le Turrialba. Elle dure environ 10 minutes. Il est à noter qu’aucun signe précurseur ne l’a précédée. Environ 1 cm de cendres se dépose jusqu’à 300m du cratère et en direction de l’ouest (source : OVSICORI-UNA – Observatorio Vulcanologico y Sismologico de Costa Rica – Univsersidad Nacional).

  •  Aira, explosions sur stratovolcan
Kyushu (Japon) – Altitude 1117 m

 Entre les 5 et 8 décembre, le VAAC de Tokyo (Volcanic Ash Advisory Center) rapporte que 3 explosions se sont produites sur le cratère Showa dans la caldera Aira (stratovolcan Sakurajima). Les tephras sont éjectés jusqu’à 1800 m du cratère. Les panaches atteignent des altitudes comprises entre 1800 et 3000 m et se dispersent vers le SE et l’est.

 Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 5).

  •  Asosan, activité en cours
Ile Kyushu (Japon) – Altitude 1592 m

 Sur la preuve de données sismiques et de mesures d’infrasons, le JMA (Japan Meteorological Agency) rapporte que l’éruption qui a débuté le 25 novembre sur le cratère Nakadake se poursuit entre les 1er et 8 décembre. Le mauvais temps masque fréquemment le volcan, empêchant les observations directes. Le 2 décembre, de petites retombées de cendres sont observées à Sensui Gorges, 2 km au NE du cratère Nakadake.

 Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 5).

  •  Barbarbunga, les 100 jours
Islande – Altitude 2009m

 Du 3 au 9 décembre, l’IMO (Icelandic MET Office) maintient l’alerte orange pour l’aviation du fait de l’activité incessante sur la fissure éruptive de Holuhraun.

Le 9 décembre, cela a fait 100 jours exactement que le Bardarbunga est entré en éruption. Voilà l’occasion de faire un petit bilan.

Le Conseil Scientifique de la Protection Civile Islandaise a compilé les données depuis le début de l’éruption (soit du 31 août au 3 décembre) : il se dégage de cette analyse une diminution du taux de subsidence sur la caldera : de 80 cm par jour au début, on est passé à 25 cm par jour actuellement. La subsidence est concentrée au centre de la caldera. Cette analyse montre également une diminution de l’intensité de l’activité éruptive sur la zone de Holuhraun. La zone recouverte par la lave atteint une surface de 76 km2 (mesure du 9 décembre). Cela en fait le plus grand champ de lave observé en Islande depuis l’éruption du Laki (1783-1784) ce qui n’est pas la moindre des références. Il est également important de noter que la sismicité reste élevée.

Le Bardarbunga, une éruption effusive majeure Vu depuis le NNW, début décembre 2014 Image courtesy of Icelandic MET Office - Photographe: Martin Hensch
Le Bardarbunga, une éruption effusive majeure
Vu depuis le NNW, début décembre 2014
Image courtesy of Icelandic MET Office – Photographe: Martin Hensch

 

Enfin, les émissions de gaz ont eu un impact dans toute l’Islande pour la première fois en 150 ans. La pollution de l’air liée à l’éruption provoque des mises en garde quotidiennes pour les populations locales.

Progression de la coulée entre le 29/08/14 et le 14/11/14. image courtesy of Icelandic MET Office
Progression de la coulée entre le 29/08/14 et le 14/11/14. image courtesy of Icelandic MET Office.

En d’autres termes, l’éruption du Bardarbunga est une éruption majeure en Islande durant toute la période historique. Je suis désolée de devoir déboulonner un mythe médiatique, mais à côté du Bardarbunga, l’éruption de l’Eyjafjallajökull fut somme toute bien fade…

  •  Fogo, deux villages quasiment rayés de la carte.
Cap Vert – altitude 2829 m

 L’éruption continue sur la zone du Pico de Fogo, dans la caldera de Cha.

L’éruption s’est intensifiée le 6 décembre : la coulée émise par le Pico de Fogo a atteint une vitesse de progression jusqu’à 30 mètres par heure !

Dans l’après-midi de ce même jour, 20 maisons se situant dans la partie nord du village de Portela ont été détruites. Les autorités ont prononcé une évacuation complète de la zone. Une nouvelle route a été coupée par la coulée et plus tard, toujours dans la journée du 6, cette dernière a rejoint le village de Bangaeira. En peu de temps, plus de la moitié de ce village a été recouvert par la lave, très fluide. Le soir, il ne restait que quelques maisons intactes.

Diapositive1

De plus, les émissions de cendres ont conduit à annuler les vols sur l’île.

Le 8 décembre, environ 90% du village de Bangaeira et 95 % du village de Portela ont été détruits par la coulée. 1500 personnes ont été évacuées, 848 de ces personnes doivent loger dans des abris d’urgence.

Apres avoir traversé ces deux villages le front de coulée mesurait 300 m de large. Le 9 la coulée a connu un ralentissement.

  • Kilauea, place du marché, y’a une coulée
Iles d’Hawaii (USA) – Altitude 1222m

 Le HVO (Hawaiian Volcano Observatory) nous rapporte que, entre le 3 et le 9 décembre, le niveau du lac de lave monte et descend occasionnellement dans le cratère Halema’uma’u (l’un des cratères du Kilauea).

Les dépôts de cendres, petites bombes et cheveux de Pelé (tephras) se poursuivent autour de l’évent. Les petites particules peuvent parcourir plusieurs kilomètres.

Les émissions de gaz restent élevées (source HVO – Hawaiian Volcano Observatory).

 La coulée du 27 juin est toujours active. Toutefois sa progression connaît un affaiblissement. Un lobe étroit se détache sur la bordure ouest de la coulée principale et avance à une vitesse de plusieurs centaines de mètres par jour. Le 9 décembre, le front de coulée est mesurée à 3,5 km de l’intersection entre la rue principale de Pahoa et l’autoroute n° 130, à proximité de la place du marché de Pahoa.

Carte de la coulée du 27 juin actualisée le 9/12/14: la partie active est en rouge (à gauche donc). Image courtesy of HVO/US Geological Survey.
Carte de la coulée du 27 juin actualisée le 9/12/14: la partie active est en rouge (à gauche donc). Image courtesy of HVO/US Geological Survey.

 

Pour rappel, le cratère Pu’u O’o (zone est du volcan Kilauea) est en activité depuis le 3 janvier 1983. Depuis 31 ans, son activité est sans relâche.

  • Sinabung, panaches à répétition
Indonésie – Altitude 2460 m

 A partir des webcams sur le site et de modèles météo, le VAAC de Darwin (Volcanic Ash Advisory Center) note qu’un panache de cendres, produit le 3 décembre, s’est élevé à une altitude de 3000 m et s’est dispersé vers l’est. Les éruptions du 5 au 7 décembre ont également produit des panaches de cendres qui ont parcouru entre 2 et 20 km dans de multiples directions. Le 9, un panache s’est élevé jusqu’à 4300 m d’altitude et s’est ensuite dirigé vers l’ouest.

  • Shishaldin, Christmas volcano 2014
Fox Islands (USA) – Altitude 2857 m

 L’AVO (Alaska Volcano Observatory ) rapporte que la sismicité est toujours élevée sur le Shishaldin. Lorsque le temps le permet, les images satellites mettent en évidence une anomalie thermique (c’est chaud).

Le 9, les webcam montre de faibles émissions de vapeur. Il est probable que la production d’une petite quantité de lave se poursuive à l’intérieur du cratère du volcan.

Le code couleur pour l’aviation reste à orange.

Et accessoirement, le Shishaldin est Chritsmas volcano 2014…

christmasvolcano

  • Shiveluch, c’est toujours pareil
Kamchatka (Russie) – Altitude 3283m

 Du 27 novembre au 4 décembre, l’extrusion (= mise en place) du dôme de lave sur le flanc nord du Shiveluch continue et s’accompagne d’avalanches de débris chaudes et d’une activité fumerolienne (source : KVERT – Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team).

Une anomalie thermique est détectée sur le dôme via les images satellites les 28 et 29 novembre ainsi que le 2 décembre. La couverture nuageuse empêche toute observation les autres jours.

Le code couleur pour l’aviation reste à orange.

  •  Zhupanovsky, toujours très actif
Kamchatka – Altitude 2899 m

 Les explosions avec production de cendres se poursuivent sur le Zhupanovsky entre le 25 novembre et le 1er décembre (source : KVERT – Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team). Les panaches de cendres atteignent une altitude de 6000 m et parcourent jusqu’à 422 km en direction de l’est et du SE.

Une anomalie thermique (c’est chaud) est détectée sur les images satellites les 28 et 29 novembre. Les autres jours, soit le volcan est calme, soit il est caché sous l’épaisse couverture nuageuse.

Le code couleur pour l’aviation civile est maintenu à orange.

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Activité mondiale du 5 au 11 novembre 2014

Cette semaine, nous avons un  volcan de dernière minute : Le Pavlof (Alaska, 2518 m).

En effet, il est entré en éruption comme je finissais d’écrire la rubrique. Un observateur localisé à Cold Bay (à 60 km du volcan) fait état d’émission de cendres à plus de 9000 m d’altitude. Des émissions de cendres sont également visibles depuis la webcam de la FAA (Federal Aviation Administration) située elle aussi à Cold Bay. L’activité aurait débuté le 13 novembre vers 1h50 UTC (Coordinated Universal Time soit 2h50 en France). L’activité sismique avait augmenté les jours précédents et reste élevée actuellement. Les observations satellites sont actuellement rendues impossibles du fait de la couverture nuageuse.

Le code couleur pour l’aviation est passé à orange.

Place au peloton volcanique:

Tableau récapitulatif – C’est écrit trop petit? Cliquez dessus pour agrandir.
Tableau récapitulatif – C’est écrit trop petit? Cliquez dessus pour agrandir.

 

Je continuerai avec toujours ce même cheval de bataille, faire de la place aux volcans dont on entend ordinairement peu le nom mais qui n’en sont pas pour autant des volcans mineurs. Aujourd’hui, dans une sorte de classement à l’envers, voici le Zhupanovsky. Si vous suivez fidèlement cette rubrique, vous devez déjà savoir que le « Zhup » est présent chaque semaine et cette semaine, non seulement il est présent mais il nous honore d’une éruption de grande ampleur.

Accès direct aux textes concernant les volcans de la semaine:

Fuego
Reventador
Zhupanovsky

Aira
Bardarbunga
Cerro Negro de Mayasquer
Kilauea
Mayon
Ontakesan
Popocatépetl
Shiveluch
Turrialba

  • Fuego, explosions, avalanches de blocs et retombées de cendres
Guatemala – Altitude 3763 m

L’INSIVUMEH (Instituto Nacional de Sismologia, Vulcanologia, Meteorologia e Hidrologia) rapporte qu’entre les 6 et 8 novembre, les explosions sur le Fuego ont été à l’origine de panaches de cendres atteignant 500 à 1050 m de haut et se dispersant jusqu’à 10 km en direction WSW.

Les ondes de choc consécutives à certaines de ces explosions ont provoqué des secousses ressenties dans un rayon de 12 km. Les explosions les plus importantes ont également été à l’origine d’avalanches de blocs descendant les ravines de Santa Teresa (à l’ouest), Taniluyá (au SW), Cenizas (au SSW), El Jute (au SE), et Las Lajas (au SE).

Des retombées de cendres sont rapportées dans les villages situés sur les flancs ouest et sud-ouest du volcan.

  • Reventador, explosions modérées
Equateur – altitude 3562 m

 Entre les 5 et 11 novembre, l’IG (Instituto Geofisico) nous fait part d’une activité explosive modérée avec des séismes longues périodes, des trémors et des explosions. Le 11 novembre, des panaches de vapeur s’élèvent jusqu’à 1000 m de haut, ils s’accompagnent d’une faible quantité de cendres. La couverture nuageuse rend fréquemment les observations directes du sommet impossibles.

  •  Zhupanovsky, le panache atteint 10 km d’altitude !
Kamchatka – Altitude 2899 m

 La semaine dernière, le Zhupanovsky avait marqué une pause. Le KVERT (Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team) avait même conclu à un arrêt de l’activité depuis la mi-octobre. Or, voilà que cette semaine, le Zhup nous fait mentir.

PacifiqueN2
Au nord du Pacifique: un long chapelet de volcans dont les noms nous sont peu familiers

En effet, une forte explosion secoue le Zhupanovsky le 8 novembre à 9h55. Elle génère un panache de 10 000 m d’altitude qui parcourt 26 km en direction du SSW. Malheureusement, je n’ai pas pu trouvé d’images de cette eruption.

Le 9 novembre, les panaches produits par le Zhupanovsky ne font plus « que » 3000 à 4000 m d’altitude et parcourt cette fois-ci jusqu’à 250 km au SE !

 Du coup, le code couleur pour l’aviation civile qui avait été abaissé à jaune est repassé à orange.

  • Aira, explosions sur stratovolcan
Kyushu (Japon) – Altitude 1117 m

 Le Tokyo VAAC (Volcanic Ash Advisory Center) rapporte que 9 explosions secouent le cratère Showa dans la caldera Aira (volcan Sakurajima) entre le 4 et le 7 novembre.

Le 7 novembre, une éruption explosive engendre un panache de cendres de 3500 m de haut. Le même jour, une explosion a lieu sur le cratère Minami-Dake, provoquant un panache de 1400 m de haut. Le VAAC de Tokyo rapporte qu’entre les 5 et 8 novembre, les panaches atteignent entre 2100 et 4600 m d’altitude et se dispersent vers les NW, ouest, est et SE.

 Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 5).

  •  Barbarbunga, le danger permanent des gaz volcaniques
Islande – Altitude 2009m
Zone active le 11 November 2014. Courtesy of Icelandic MET Office (IMO) Photographe: Morten S. Riishuus.
Zone active le 11 November 2014. Courtesy of Icelandic MET Office (IMO). Photographe: Morten S. Riishuus.

 

Du 5 au 11 novembre, l’IMO (Icelandic MET Office) maintient l’alerte orange pour l’aviation du fait de l’activité incessante sur la fissure éruptive de Holuhraun. La subsidence de la caldera se poursuit et la sismicité demeure élevée.

De plus, une pollution locale de l’air persiste à cause de l’émission importante de gaz volcaniques.

  •  Cerro Negro de Mayasquer, 132 000 séismes enregistrés !
Frontière Colombie/Equateur – Altitude 4445 m

 Le 4 novembre SGC-OVSP (Servicio Geologico Colombiano’s Observatorio Vulcanológico and Sismológico de Pasto) rapporte que le sismicité sur le Cerro Negro reste élevée.

Cerro Negro et Chiles, deux volcans tous proches. En jaune la frontière entre la Colombie (en haut) et l'Equateur.
Cerro Negro et Chiles, deux volcans tous proches. En jaune, la frontière entre la Colombie (en haut) et l’Equateur.

La zone active est entre les volcans Chiles et Cerro Negro.

Depuis le 29 septembre, environ 132 000 séismes ont été détectés dont 3200 ayant eu lieu le 4 novembre. Durant la semaine passée, les hypocentres sont situés entre 300 et 6300 m de Chiles et leurs profondeurs varient entre 3 et 9 km. Les magnitudes sont comprises en 0,7 et 4,6.

Le niveau d’alerte orange est maintenu.

  •  Kilauea, où s’arrêtera l’incendiaire coulée du 27 juin ?
Iles d’Hawaii (USA) – Altitude 1222m

 Oui, j’ai cédé à la tentation d’un titre racoleur…

Le HVO (Hawaiian Volcano Observatory) nous rapporte que, entre le 5 et le 11 novembre, le niveau du lac de lave monte et descend occasionnellement dans le cratère Halema’uma’u (l’un des cratères du Kilauea).

Les dépôts de cendres, petites bombes et cheveux de Pelé (tephras) se poursuivent autour de l’évent. Les petites particules peuvent parcourir plusieurs kilomètres. Les émissions de gaz restent élevées (source HVO – Hawaiian Volcano Observatory).

La coulée coule…

La coulée du 27 juin est toujours active. En fait, le front de coulée ne bouge plus, ce sont des lobes situés à l’arrière du front qui continuent de progresser latéralement. Une partie de la coulée active se situe à 450 de la rue principale de Pahoa (Village Road). De multiples zones sont actives aux abords de la Rue Apa’a et de la rue du cimetière. Quelques propriétés ont été touchées et l’une d’elle a été incendiée par la coulée.

… et les maisons brûlent.

Pour rappel, le cratère Pu’u O’o (zone est du volcan Kilauea) est en activité depuis le 3 janvier 1983. Depuis 31 ans, son activité est sans relâche.

  •  Mayon, il porte fièrement ses panaches blancs
Ile de Luçon (Philippine) – Altitude 2462 m

 Du 5 au 11 novembre, ce sont des panaches blancs (dépourvus de cendres) qui s’élèvent au-dessus du cratère du Mayon (source : PHIVOLCS – Philippine Insitute of Volcanology and Seismology). Environ 5 tremblements de terre sont enregistrés chaque jour.

Le niveau d’alerte est maintenu à 3 (sur une échelle de 0 à 5).

  •  Ontakesan, lent retour au calme
Honshu (Japon) – Altitude 3067m

 Entre le 5 et le 11 novembre, la couverture nuageuse rend les observations difficiles sur le volcan Ontake (source : JMA – Japan Meteorological Agency). Seuls des panaches blancs sont observés, ils atteignent entre 200 et 300 m de haut et se dispersent vers le NE, est ou SE

Le bilan de l’éruption du 27 septembre, est toujours de 56 tués et 7 disparus.

Le niveau d’alerte est maintenu à 3 (sur une échelle de 1 à 5).

  •  Popocatépetl, il est en forme
Mexique – Altitude 5426 m

 Entre le 4 novembre à 20h03 et le 5 à 01h30, le Popocatépetl connaît une série d’explosions produisant un panache continu de gaz, de vapeur avec de petites quantités de cendres. Ce panache atteint 1000 m de haut et se disperse vers le nord (source : CENAPRED – Centro Nacional de Prevencion de Desastres).

Le réseau sismique a également permis de détecter 191 explosions durant cette même périodes. Du matériel volcanique incandescent a été éjecté sur les flancs nord et est, jusqu’à 800 m de distance.

Des retombées de cendres sont rapportées à Paso de Cortes.

Paso de Cortes sous les cendres du Popocatépetl
Paso de Cortes sous les cendres du Popocatépetl

 

Le 6 novembre, un éboulement sur le flanc SW est enregistré sur l’une des webcam, ainsi que sur les données sismiques.

Un survol du dôme a permis d’estimer son diamètre à 250 m et son épaisseur à 30 m.

Entre les 7 et 11 novembre, les données sismiques indiquent une émission continue de vapeur, de gaz et occasionnellement de petites quantités de cendres.

D’autres explosions sont détectées les 10 et 11 novembre, entrainant des projections de tephras et la formation de panaches atteignant 1200 m de haut au maximum et se dispersant vers le sud st essentiellement.

  •  Shiveluch, dim dam dôme
Kamchatka (Russie) – Altitude 3283m

 L’extrusion (= mise en place) du dôme de lave sur le flanc nord du Shiveluch continue et s’accompagne d’explosions, de production de cendres, d’avalanches de débris chaudes et d’une activité fumerolienne (source : KVERT – Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team).

Une anomalie thermique est détectée sur le dôme via les images satellites du 1er au 3 novembre. La couverture nuageuse empêche toute observations les autres jours.

Le code couleur pour l’aviation reste à orange.

  •  Turrialba, sismicité en baisse
Costa Rica – Altitude 3340 m

 Le 7 novembre le OVSICORI-UNA (Observatorio Vulcanologico y Sismologico de Costa Rica – Univsersidad Nacional) indique que la sismicité a globalement bien diminué durant les jours qui viennent de se passer. Seul un évènement est enregistré le 6 novembre à 23h20, il dure 50 minutes.

Activité mondiale du 3 au 9 septembre

L’activité est bien fournie cette semaine, de l’ile lilliputienne la plus inconnue aux mastodontes médiatiques, faisons un tour d’horizon en cartes et vidéos.

Aujourd’hui je laisse la vedette à deux toutes petites iles volcaniques: Barren (en mer d’Andaman) et Manam en Papouasie Nouvelle Guinée. Pour qu’elles existent un petit peu dans l’esprit des hommes…

A l’opposé, je reviens faire le point sur le très médiatique Bardarbunga. Contrairement à ce que vous pouvez lire ou entendre, non, le Bardarbunga n’est pas à l’arrêt ! Explications ci-dessous…

Enfin, comme il est assez peu commun de maitriser sa géographie islandaise sur le bout des jökull(s?), je vous ai rajouté cartes et explications pour essayer d’éclaircir ce brouillard volcanique. Dyngjujökull, au scrabble, ça peut faire son effet. Et vous allez enfin comprendre où il est situé.

tableau 3-9
Tableau récapitulatif – C’est écrit trop petit? Cliquez dessus pour agrandir.
Ile de Barren, vit sa vie mais est surpris de temps à autre
Archipel d’Andaman (Inde) – Altitude 354m

 Le Darwinn VAAC (Volcanic Ash Advisory Centre) rapporte l’émission de cendres depuis l’ile de Barren. Cette information est basée sur un SIGMET émis le 9 septembre à la mi-journée. Un SIGMET est un « SIGnificant METeorological Informaion », message destiné aux aéronefs et signalant les phénomènes météorologiques dangereux.. Le panache étant peu développé, il n’a pu être identifiable sur les images satellites.

L’ile de Barren se trouve 1500km à l’est du continent indien, en Mer d’Andaman (dézoomez la carte ci-dessus pour visualiser)

Manam, pris en flag’ par images satellites
Papouasie Nouvelle Guinée – Altitude 1807m

 Des images satellites en date du 6 septembre montrent une propagation de cendres au dessus de l’île de Manam à 10h32 et 11h32. Le panache atteint 2100m de haut et parcourt 27 km vers le nord-ouest. Manam vient compléter le tableau des deux volcans de Papouasie Nouvelle Guinée dont j’ai parlé la semaine dernière : le Tavurvur (Rabaul) et le Bagana (plus discret cette semaine).

Manam
Manam, le Tavurvur et le Bagana
Aira, un volcan à hauts risques
Kyushu (Japon) – Altitude 1117 m

 Le niveau d’alerte 3 est maintenu par le JMA (Japan Meteorological Agency) sur la caldeira Aira (volcan Sakurajima).

L’Aira est toujours aussi explosif avec 41 explosions enregistrées entre le 1er et le 7 septembre. L’émission de cendres est rapportée par le VAAC de Tokyo mais elle n’est pas observable sur les images satellites et ce jusqu’au 9 septembre. Le 9 septembre, à 4h37, on peut enfin observer le panache sur les images satellites, il atteint alors 3300m et se dirige vers le sud. Une activité sismique est également enregistrée.

 Asosan, 1200 tonnes de SO2 par jour !
Kyushu (Japon) – Altitude 1592 m

C’est à cela qu’a ressemblé l’activité de notre bon Monsieur Aso cette semaine

Le 1er septembre, une éruption a lieu sur le cratère Nakadake, elle engendre un petit panache de couleur blanc cassé (on est très à cheval sur les couleurs en volcano…), ce qui suggère la présence d’un petite quantité de cendres (source : JMA : Japan Meteorological Agency). Ce panache atteint 1200 m de haut. Les séismes d’origine volcaniques sont importants : entre 48 et 92 par jour du 1er au 4 septembre ; et entre 55 et 129 par jour du 5 au 7.

Une éruption a également lieu le 6 avec un panache consécutif de 600 m de haut.

Le taux de SO2 émis est toujours notable : 1200 tonnes par jour.

Barbarbunga, non, il n’est pas à l’arrêt !
Islande – Altitude 2009m
Le site de l'éruption, en Islande
Le site de l’éruption, en Islande

 Entre le 3 et le 9, les émissions de lave, de gaz et une activité sismique élevée continuent dans le secteur de Holuhraun. Les observations de terrain montrent toutefois que la production de cendres est négligeable.

Des images radar montre une dépression de 0,5 à 1 km de large au niveau du glacier Dyngjujökull (situé à environ 2 km au sud de l’endroit où se déroule l’éruption). Le Dyngjujökull est un lobe glaciaire situé à l’extrémité septentrionale du Vatnajökull, l’énorme calotte de glace située au sud-est de l’Islande).

Le 4, l’activité effusive est constante et la coulée émise recouvre alors 10,8 km2. Le 5, deux nouvelles fissures sont observées au sud de la zone active. Ces fissures produisent de la lave, mais à un taux moindre que la fissure principale. Un panache de vapeur est observé ce jour-là, il atteint 460 m de haut.

Le 6, de grands changements sont observées au niveau du glacier situé au-dessus du Bardarbunga (le Vatnajökull) : une large zone, correspondant au plancher de la caldera du Bardarbunga s’est enfoncée. Il n’y a pas de signes d’éruption. Il s’agirait donc « seulement » d’une subsidence d’origine tectonique (disons « mécanique »).

Le Bardarbunga est situé sous le Vatnajökull et les fissures actuellement actives à Holuhraun en sont le prolongement.

Parallèlement, on remarque que deux petites dépressions sont apparues au niveau du Dyngjujökull (pointe nord du Vatnajökull), suggérant que de brèves éruptions sous-glaciaires ont eu lieu.

bardarZOOM
C’est vrai qu’on s’y perd un peu dans les jökull(s?) islandais. Dyngjujökull est un lobe glaciaire situé à la pointe nord du Vatnajökull

Le 7 septembre, le taux d’effusion sur la fissure principale est de 100 à 200 m3 par seconde… c’est pas mal. Ce jour-là, la coulée rejoint une rivière (Jökulsá á Fjöllum), de la vapeur est produite mais aucune activité explosive significative due à la rencontre entre l’eau et la lave n’est rapportée.

Les 8 et 9, les deux petites fissures méridionales, ouvertes le 5, semblent se mettre à l’arrêt. La totalité de l’ère recouverte par les coulées atteint alors 19 km2.

Le code pour l’aviation civile est orange.

Non, décidément, on ne peut pas dire que le Bardarbunga ait ni cessé, ni diminué en activité…

Bezymianny, pour qu’on ne l’oublie pas
Kamchatka Central (Russie) – Altitude 2882m

 Une activité sismique de faible intensité continue ainsi qu’une activité fumerolienne modérée. Une petite anomalie thermique est également rapportée par les données satellite (c’est un peu chaud). Bref, le Bezymianny n’est pas complètement au repos mais pas franchement actif non plus… Volcan « ni-ni ».

Fuego, un lahar de 75m et une route coupée.
Guatemala – Altitude 3763 m

Le 2 septembre, un lahar roule sur le flanc sud-ouest : 75 m de large pour 2,5m de haut. Cet écoulement boueux coupe la route qui relie Santa Lucia Cotzulmaguapa et les petits villages de Morelia, Santa Sofía, and Panimaché.

Du 3 au 9, le INSIVUMEH (Instituto Nacional de Sismologia, Vulcanologie, Meteorologia e Hidrologia) rapporte que des panaches de fumerolles atteignent de 300 à 600 m au-dessus du sommet du Fuego. Des explosions faibles à modérées avec expulsions de cendres ont lieu chaque jour avec des panaches de 500 à 800 m. On rapporte également de petites avalanches de débris, toujours sur le quart sud-ouest des flancs du volcan.

Les villages de Yepocapa (8 km au WNW), Sangre de Cristo (8 km au WSW), Panimaché I and II (8 km au SW), Morelia (10 km au SW), Santa Sofía (12 km au SW), Yucales (12 km au SW), et Porvenir (8 km au ENE), entre autres, subissent des retombées de cendres.

 Karymsky, discret
Kamchatka oriental (Russie) – Altitude 1536m

L’activité sismique demeure modérée à faible cette semaine. Un panache de cendres de 4000m de haut a pu être observé par satellite le 3, il s’est propagé 9km vers le ouest-sud-ouest. C’est donc une activité bien réelle mais relativement discrète. (source : KVERT : Kamchatkan Volcanic Erutpion Response Team)

Brochette de volcans, Pacifique nord
Brochette de volcans, Pacifique nord
 Kilauea, et la coulée ? Et ben… elle coule toujours
Iles d’Hawaii (USA) – Altitude 1222m

 Le HVO (Hawaiian Volcano Observatory) nous rapporte que, entre le 3 et le 9 septembre, le niveau du lac de lave monte et descend dans le cratère Halema’uma’u, restant entre 50 et 60 m en dessous des lèvres du cratère.

Les dépôts de cendres, petites bombes et cheveux de Pelé se poursuivent autour de l’évent. Les petites particules parcourent plusieurs kilomètres. Les émissions de gaz restent élevées, particulièrement le 2 (entre 3300 et 6700 tonnes de gaz par jour).

Quelques imprécisions dans le commentaire mais cette video donne une bonne idée de ce qui se passe à Hawaii.

Au niveau du cratère Pu’u O’o, il n’y a pas beaucoup de changement. Le 3, le niveau d’alerte a cependant était élevé du fait de l’avancée de la coulée du 27 juin. Le 10 septembre, elle avait parcouru 14,5 km et n’est plus qu’à 600 m de la lisière est de la réserve forestière Wao Kele. Contrairement à ce que l’ont pensait la semaine passée, elle n’a pas encore atteint les habitations. Elle devrait atteindre Kaohe dans un jour et demi et la route de Pāhoa d’ici 14 à 16 jours. Cette prévision est appelée à être revue constamment en fonction des obstacles que la coulée va rencontrer ou non durant son parcours.

Pour rappel, le cratère Pu’u O’o (zone est du volcan Kilauea) est en activité depuis le 3 janvier 1983. Depuis 31 ans, son activité est sans relâche.

Kuchinoerabujima, sur le pied de guerre
Iles Ryukyu (Japon) – Altitude 657 m

 A classer parmi les volcans « ni-ni ». Il montre des signes tangibles d’activité. Pourtant, il n’y a pas de manifestations « extérieures » de cette activité (explosions, panaches de cendres, coulées…)

Le niveau d’alerte est maintenu à 3. La sismicité augmente entre les 3 et 5 septembre et des panaches de gaz et vapeur sont fréquents. A surveiller donc.

Poás, l’impulsif
Costa Rica – Altitude 2708m

 Trois éruptions phréatiques ont eu lieu dans le lac de cratère du Poás (le lac naturel le plus acide au monde : pour rappel, son pH avoisine zéro). Ces éruptions associant eau et magma ont eu lieu de 27 août, à 2 minutes d’intervalle les unes des autres. L’une d’elle a généré un panache qui s’est élevé 200m au-dessus de la surface du lac.

Sur le Poás, ce type d’éruption a tendance à se produire de façon « impulsive », sans singes précurseurs et elles sont de courtes durées (5 à 10 secondes). Source : OVSICORI-UNA : Observatorio Vulcanologico y Sismologico de Costa Rica – Universidad Nacional.

Popocatépetl, activité continue
Mexique – Altitude 5426m

 L’activité est sismique et s’accompagne de l’émission de gaz dont de la vapeur. Le 7, un panache de cendres atteint 1000 m de haut et se dirige cap ouest-nord-ouest.

 Rabaul (Tavurvur), il récupère…
Papouasie Nouvelle Guinée (Nouvelle Bretagne) – Altitude 688m

 Du 31 août au 5 septembre, le Tavurvur, situé dans la caldeira de Rabaul, est demeuré plutôt calme. Toutefois, de la vapeur a pu être aperçue, s’échappant du sommet et prenant parfois des teintes bleutées. Des grondements sont perceptibles les 30 et 31 août.

La sismicité reste élevée avec une fréquence en nette baisse toutefois (10 évènements enregistrés par jour début septembre contre 80 fin août). Le Tavurvur semble donc marquer une pause par rapport à son coup d’éclat de la semaine passée (source : Rabaul Volcano Observatory).

Revendator, vapeur, cendres et explosions
Equateur – Altitude 3562 m

 L’IG (Instituto Geofisico) qualifie l’activité du Reventador de modérée avec des explosions et des tremblements de terre.

Comme la semaine passée, la couverture nuageuse rend souvent les observations difficiles. Toutefois, du 5 au 8 septembre, l’émission de vapeur ainsi que d’une faible quantité de cendres est mise en évidence. Dans la matinée du 5, une explosion engendre un panache et éjecte des blocs jusqu’à 500 m en dessous du cratère (flanc ouest). Une explosion est également détectée par caméra thermique dans la journée suivante. Le 7, des grondements sont entendus et un panache de 1000m de haut est observable. Le 8, c’est un nuage de vapeur contenant un petit peu de cendres qui est produit.

Une anomalie thermique est mesurée par satellite.

Santa Maria, spécialiste des lahars
Guatemala – Altitude 3772m
Palajunoj, aux pieds du Santa Maria
Palajunoj, aux pieds du Santa Maria

 Du 3 au 9, le Santa Maria connaît une activité fumerolienne (INSIVUMEH : Instituto Nacional de Sismologia, Vulcanologie, Meteorologia e Hidrologia). De plus, une coulée de lave active sur le flanc est continue de générer des panaches de cendres. Le 4, c’est une fine pluie de cendres qui se disperse à l’ouest dans le secteur de Palajunoj (18 km au SSW). Le 7 septembre, un puissant lahar est détectée grâce à sa signature sismique (avec mobilisation de particules de tailles fines jusqu’aux blocs : plus de 40 m).

Des odeurs de soufre sont également rapportées.

 Shiveluch, la croissance du dôme continue
Kamchatka (Russie) – Altitude 3283m

L’activité explosive et effusive continue au Shiveluch (KVERT : Kamchatkan Volcanic Erutpion Response Team). C’est la mise en place (extrusion) d’un dôme de lave (lave visqueuse) sur le flanc sud-est qui domine le dynamisme du Shiveluch actuellement : explosions modérées avec production de cendres, activité fumerolienne et avalanches de débris. Les données stellites montre la persistance d’une anomalie thermique dans la zone du dôme, ce qui est, somme toute, logique.

Le niveau d’alerte est maintenu à « orange ».

 Tungurahua, de nombreux villages sous les cendres
Equateur – Altitude 5023 m

 L’activité demeure modérée à forte (IG : Instituto Geofisico). Des explosions sont observées quotidiennement.

¡Esa es la mamá!

Le 3 septembre, les secteurs de Manzano (8 km au SW), Choglontus (13 km au WSW), Tisaleo (29 km au NW), Quero Alto (20 km au NW), et Quinchicoto subissent des retombées de cendres grises voir noires. L’après-midi de ce même jour, un écoulement pyroclastique dévale 500 m sous le cratère. Des retombées de cendres ont à nouveau lieu le 5 dans les villes de Manzano et Palitahua (6 km au SSW). A 12h10, un panache atteint 1500m et se disperse dans un quart sud-ouest.

Les 6, 7 et 8, plusieurs villages sont à nouveau touchés par des retombées de cendres noires : zones de Penipe (15 km au SW), Puela (8 km au SW), Pillate (8 km à l’ouest), Galán (au WNW), sud de Quero (20 km au NW), Palitagua (au SW), Manzano, Cevallos (23 km au NW), Mocha (25 km à l’ouest), Tisaleo et Bilbao (8 km à l’ouest).

Ubinas, l’éruption continue et c’est pas de la blague
Pérou – Altitude 5672 m

 Des panaches de vapeur s’élèvent du cratère les 3, 4 et 9 septembre. Une sismicité faible est rapportée. Un panache de cendres est observé le 5 à 8h58 atteignant 1000m de haut et se dispersant vers le sud. Un second se produit la même journée à 13h27 mais il n’atteint « que » 500 m de haut.

L'Amérique Centrale est immensément riche... de volcans
L’Amérique Centrale est immensément riche… de volcans

Le 8, ce sont 5 explosions qui se succèdent, la plus forte ayant lieu le matin et produisant un panache de 1200 m de haut. Le plus haut panache produit ce jour-là atteint 1900m de haut. Des retombées de cendres sont rapportées au sud.

Les 8 et 9, le VAAC de Buenos Aires (Volcanic Ash advisory Centre) passe le code couleur pour l’aviation à « orange ».

Le 9, les émissions de vapeur et gaz atteignent 7300 m de haut.

 Zhupanovsky, le fidèle petit dernier du classement
Kamchatka (Russie) – Altitude 2958 m

Selon le KVERT (Kamchatkan Volcanic Eruption Response Team) une éruption explosive d’intensité modérée se poursuit au Zhupanovsky. Le 1er, il produit un panache de 3500m de haut et se dirigeant vers le nord-ouest. D’autres panaches sont détectés le 4 septembre. L’anomalie thermique mesurée au sommet est persistante.

Le 7 septembre; le KVERT a pu observé 3 importants panaches : 10, puis 38, puis 72 km de long pour une altitude de 2500 à 3000 m.

En bref, l’émission de panaches y est casi-continue mais il n’est pas toujours aisé de les observer du fait de la couverture nuageuse qui masque fréquemment les abords du volcan.